cru en la force extraordinaire de ce bourgeon matinal et minuscule, un bourgeon d'avant les bourgeons, d’indicible excès ; cru en la générosité de l'absidiole qui dessine une frontière parfaite entre le village et la campagne verte, une frontière en forme de monument, le village qui s'adosse avec douceur à l'exacte douceur de la nature ; cru à quelques noctuelles aveugles en lutte avec la chaleur qui se prolonge dans l'angle de la fenêtre, le battement de leurs ailes qui frappent à l’espérance d’une longue nuit d’été ; il y a des jours où les croyances du monde nous apparaissent vibrantes, en pleine lumière, les unes après les autres, nous guident, nous transportent, nous chantent le début de leur œuvre ; le monde alors connu nous offre la rumeur de ses énigmes
© Pierre Cressant
(lundi 1 mars 2010)













