Quand ton opérationnel parle d’un “paragraphe” du contrat au lieu d’un article.
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MONTREAL NOW (AND THEN): How Poetry Can Save Your Life
MONTREAL NOW (AND THEN): How Poetry Can Save Your Life
On Friday, May 3rd DC Books held its Annual Spring Launch as part of the Blue Metropolis Literary Festival at Paragraphe Books. Two new books of poetry were being launched by Eleni Zisimatos (Nearly Terminal) and Steve Luxton (The Dying Meteorologist) as well as Keith Henderson’s Sasquatch and the Green Sash(about which I had written in a previous column). As well, two poets who had published…
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Espacement des paragraphes et interligne dans Word
Rendez vos documents Word plus esthétiques et plus agréables à lire en réglant l'interligne et l'espacement entre paragraphes, notamment autour des images et tableaux. https://youtu.be/m8S5YY2hiaI Read the full article
Je profite de ma propre compagnie la plupart du temps (4/–)
ELLE M’EST ! La (re)belle rouquine fait son apparition, au détour d’un sentier, au détour d’un bivouac, elle a cessé de chasser le gingembre, elle vit pour elle désormais et saisit toutes les opportunités. Elle se réveille d’un long sommeil sans rêve, dans un lit d’hôpital, apeurée et effrayée. Elle se demande ce qu’elle fiche là, comment c’est arrivé, pourquoi c’est arrivé. Elle fait confiance à ses ennemis, et se méfie de ses amis. Elle sourit à l’absolu. Elle m’a écrit tu sais. Elle me demandait comment j’allais, c’est peu de choses et pourtant tellement. Elle voyage beaucoup, n’a pas le temps de se reposer, ne pense qu’à découvrir, découverte sur découverte, expérience sur expérience, déconvenue sur déconvenue. Elle me propose de la rejoindre, bientôt. La retrouver. Cette idée follement farfelue qui m’a traversé la tête des centaines de fois. Elle m’a écrit tu sais. Elle se sentait blessée, cette volonté de vivre, réconfortante. Elle n’a pas changé, elle vit là où les couchers de soleil sont agréables, elle vit là où elle se sent bien. Elle continue de profiter de sa propre compagnie la plupart du temps. Sans égoïsme, les gens sont incolores. Ils manquent d’individualité. Je pense sincèrement que cette fille transcende le réel. Elle est tout à la fois. Je n’arrive pas à penser à quelque chose de mieux que grandir avec elle. La voir au quotidien, l’avoir au quotidien, me semble désormais entrer en ligne de compte comparé à l’évasion, la liberté, la nature, la douceur, l’érudition. Cette fille est faite pour l’hiver. Elle est faite pour ouvrir grand les yeux, hurler devant un précipice, sauter dans les airs, dans le vide, crier sa joie, bousculer le monde, sourire aux inconnus, voler dans les magasins, chanter dans la rue, danser entièrement nue, vider son sac, le remplir de galets-richochets, éclater de rires, en sanglots, avoir besoin de mon épaule, le jour, la nuit, tard le soir, un livre entre les mains, les joues rouges, les yeux qui pétillent, la vie devant soi, cet acharnement pour la vie. Et moi, loin d’elle, cette nuit aspiré par les cieux, cette nuit à écrire, je me complais dans ce que j’aime, vivre.
Je profite de ma propre compagnie la plupart du temps (3/–)
Elle aimait bien se poser chez lui, travailler en prétexte ses cours qui ne lui plaisaient pas sur le canapé. Elle restait là, dans le confort d’une pièce avec lui, les rayons du soleil qui traversaient les vitraux, et coloriaient le sol en bois. Sa présence la rassurait quelque part, elle avait déjà exprimé son mécontentement, “d’avoir l’impression d’entendre plus sa respiration que ses mots.” Ils s’étaient mis d’accord pour trouver un moyen de passer plus de temps ensemble. Un soir, alors qu’ils étaient partis boire un verre dans les rues éclatantes de rosée, sur le chemin du retour, elle lui avait pris le bras pour marcher à ses côtés, d’un mouvement si innocent et délicat qu’il l’arrêta maladroitement au milieu de la route, “J’aimerais beaucoup avoir un peu plus de toi.” Une fois rentrés, ils reprirent à boire, en écoutant leur musique, se laissant bercer par elle. Après une première écoute inouïe de “Cosmic Dancer”, il voulut lui faire découvrir le très beau “Strangers” des Kinks. Dès les premières notes, elle s’était levée du canapé, “If I live too long I’m afraid I’ll die”, elle dansait doucement, debout au milieu du salon, la tête rythmée d’un côté et de l’autre, les bras en croix, les yeux fermés, elle tournait au fil des notes, au fil des paroles, elle se laissait transporter par la musique, éblouissante, fascinante. “Strangers on this road we are on. We are not two we are one.” Étourdie, debout au milieu du salon, les yeux humides, “c’est je crois la plus belle musique qu’il m’ait été donné d’écouter...” Elle lui prit la main et l’emmena dans la chambre, s’essuyant les yeux d’un revers de manche dissimulé. Joan Baez tournait en boucle pendant qu’ils étaient l’un contre l’autre. Ils partageaient quelquefois des moments de totale plénitude. Ces moments rares, où eux seuls se sentent en vie, ces moments qui n’appartiennent qu’à eux. Ils se retrouvaient quelquefois, avec l’envie irrésistible de faire l’amour tendrement, doucement et délicatement. Assise sur le bord du lit, il effleurait sa nuque de ses baisers, toute sa peau s’hérissait spontanément de plaisir. Elle penchait alors la tête, d’un côté puis de l’autre, se laissant embrasser dans le cou, les doigts qui remontent lentement la nuque, atteignent les cheveux, jusqu’au soupir de satisfaction. Elle s’allongeait, le haut découvert, afin qu’il puisse embrasser ses seins ronds, passer la langue sur ses tétons, les mordiller du bout des dents, elle possédait une telle sensibilité qu’elle ne pouvait que s’agripper aux draps avec ces doigts crispés pour contenir son plaisir. Dans un moment de complète admiration, elle éprouvait le désir hors du monde sensible. À son tour, elle le couvrait de baisers. Il aimait beaucoup la regarder. Elle était si belle, si splendide dans l’absolu, les longs cheveux qui frôlaient son ventre, les lèvres délicates qu’il sentait à peine sur sa peau. Il aimait le contact de sa peau contre la sienne. Elle aimait le contact de ses lèvres contre les siennes. Ils ne souhaitaient qu’eux. L’éphémérité du temps.
Je profite de ma propre compagnie la plupart du temps (2/–)
L’été arrivait, et elle était partie regarder les étoiles. La première fois qu’elle s’était assise dans l’herbe, elle avait quatorze ans, une fille de l’eau. Depuis le pont, elle connaissait chacune des constellations qui bordaient son hémisphère, une fille du ciel. Elle avait cette allure des filles qui profitent de leur propre compagnie la plupart du temps, elle ne se sentait ni trop seule ni trop accompagnée. Elle n’avait besoin de personne, pourvu que sa poche soit suffisamment grande pour y loger un livre. Elle déambulait dans les ruelles pavées et rosées, les ombres des lampadaires, et les gens moroses, sa veste en cuir, de noir vêtue. Elle n’écoutait jamais de musique en marchant, jamais elle n’avait été aperçue avec des écouteurs dans ses oreilles. La musique, elle la vivait seule avec elle. Elle aimait croiser le regard des garçons, les tenter peut-être, les provoquer. Un soir, elle était venue frapper à sa porte, un peu rouge mais le sourire aux lèvres, parce qu’elle l’aimait beaucoup. Elle aimait sa compagnie, lui qui était prêt à sacrifier certains moments de sa vie pour elle. Les fenêtres ouvertes dans la fraîcheur printanière, Janis Joplin emplissait l’air. Elle le tira dans la chambre, et lui ôta ses couches de vêtements. Elle s’assit sur le lit, en tailleur, et le fixa, debout et nu devant elle. Il se laissait regarder, lorsqu’elle commença à se caresser les seins, puis le sexe au travers de sa culotte en dentelle rouge. Et dès l’instant où ses gémissements se firent entendre, son sexe se durcit, se dressa, et les images de sexe avec cette fille passèrent dans sa tête à une vitesse inimaginable, il éprouvait des difficultés à contenir cette excitation, alors il se laissa aller et fondit sur le lit. Après l’avoir délicatement déshabillée, elle s’allongea de tout son flanc, les jambes écartées. Ses seins ronds, sensibles au moindre toucher, la langue lui faisait perdre ses moyens. Elle basculait la tête en arrière, s’agrippait aux draps, les poings serrés, pendant qu’entre ses jambes, il s’activait, à chaque mouvement de langue, son corps tout entier recevait cette décharge électrique qui précède la transe. Doucement, elle attrapait son visage entre ses mains, l’embrassait, et lui suppliait à l’oreille “Baise-moi.” Il était pétrifié de plaisir. Il était dans les bras de la fille la plus excitante qui soit, elle prenait le contrôle de tout son corps. Il sentait ses lèvres gonfler entre ses doigts, à chaque caresse, elle perdait un peu plus l’équilibre, son plaisir incontrôlable se répercutait sur le plaisir qu’il pouvait lui-même ressentir. Le sexe ruisselant de plaisir, les doigts n’avaient plus aucun pouvoir, elle voulait son sexe, elle voulait le sentir en elle. Elle lui attrapa les hanches, le suppliait. Il était sans défense, sa verge dure et gorgée de sang. Il exultait à chacun de ses cris, lorsqu’elle serrait les dents, se mordait les lèvres, sa mâchoire saillante, ses sourcils froncés, et de profondes inspirations. Dans ses va-et-vient, elle se crispait, levait son bassin, pendant qu’il se saisissait de ses hanches. Leurs corps nus ruisselaient de sueur, la pièce aux murs blancs devenait le théâtre de tensions, de desseins. Le sexe leur procurait à tous les deux cette sensation de flottement dans l’existence, sensation décuplée par le contact du corps de l’autre dans l’extase. Elle poussait des petits cris, fermait les yeux, tandis que lui restait silencieux, il l’observait gémir, belle dans l’erreur, splendide dans l’absolu, il se demandait comment l’orgasme fonctionnait, comment et par quels moyens elle l’atteignait. Il voulait comprendre cette fille qui se donnait à lui, cette fille qu’il admirait lorsqu’elle marchait, lorsqu’elle dansait, lorsqu’elle vivait. Dans la chaleur printanière, il ne pouvait rester silencieux. Il émit de petits cris crispés, entrecoupés de souffle coupé, bloquant son bassin, l’empêchant de bouger davantage le sien, de peur de perdre pied, de tomber sans fin dans cet inconnu trop court. Il s’étendit sur le côté, les bras en croix, les yeux fermés vers le ciel, le souffle haletant, éprouvant des difficultés à le reprendre. Elle, ne disait rien. Elle ne parlait que rarement après l’amour, elle avait besoin d’amour mais était incapable de l’exprimer autrement qu’allongée. Ce soir-là, elle était seule, lorsqu’elle était venue frapper à sa porte. Ce soir-là, elle était seule, lorsqu’elle l’avait de nouveau franchie.
Je profite de ma propre compagnie la plupart du temps (1/–)
IT’S BEEN A FUCKING YEAR ! Bien veillante de me le rappeler, la Frisée. En suivant la logique américaine exposée par Sylvain Tesson : se décider à écrire uniquement après avoir expérimenté la vie. Ces foutus auteurs français qui font l’inverse et qui croient pondre des livres à la volée, écoutez donc ce bon vieux Jacques ; “j’affirme que le monde des sens est à l’origine de toute compréhension humaine.” Irrémédiablement, le vagabond va chercher la montagne, la vallée des cinq sens. Le vagabond – sa technique ? Très vagabonde, très élastique, selon les dispositions où il se lève le matin... Il est capricieux. Terrible démangeaison d’inconnu qui lui fait faire des folies. Au surplus, lui-même, il ne se voit pas toujours très bien. C’est ce que j’en ai retenu cela dit ! Le cadre est beau, ça manque terriblement de culture, on y planterait bien quelques donzelles, on commencerait bien des nouvelles noires, avec du suspense, de l’horreur et des armes, des drames, des histoires d’amour qui partent en sang, Et on tuera tous les Affreux ! Tandis que l’autre écrit sur les pirates, on essaye d’être publiés nous, ça vous traverse pas l’esprit ? Il me faut une idée, une ingénieuse idée, une idée splendide, qui sort du commun, qui sort de mon imaginaire. L’inspiration, elle ne vient pas subitement, elle s’apprivoise, elle se force, il faut la faire venir l’inspiration, Picasso le faisait bien lui, ce génie ! On pourrait aussi écrire sur quelques-unes qui ont marqué ces dernières saisons, Celle qu'on mystifie sans remords, Celle qui parle agréablement, Celle qui suce divinement bien. On a quelques exemples, voyez-vous ! Malheureusement, aucune n’occupe encore mon esprit. “Il était seul, méconnu, heureux, et proche du cœur sauvage de la vie. Il était seul, jeune, obstiné, libre, seul dans un désert chargé d’air vif et d’eau saumâtre, parmi la moisson marine des coquillages et des algues, dans la lumière gris pâle du soleil.” Alors évidemment, il existe le thème du Songe, que l’on peut compléter périodiquement, mais c’est très difficile de parvenir à un niveau d’abstraction totale du monde qui nous entoure, et produire des textes constamment différents. Le film de trop de Tarantino ressemble aux textes sciemment identiques... La contradiction essentielle à l’écrivain, on y revient à nouveau : choisir lui fut impossible entre le bonheur de vivre et la nécessité d’écrire. UN BON COUP D’PIED AU CUL, OUAIS ! Je crois que sans égoïsme, les gens sont incolores ; ils manquent d’individualité. La lecture avant la vie. Mériter le monde. Être fait pour l’hiver. Excité par le futur. Mourir de mélancolie. On peut mourir de la mélancolie, m’a-t-on dit, de la nostalgie, où tu t’abandonnes, dans une sorte de solitude, de dépression. On s’imagine dans un autrefois et on s’y noie. C’est dramatique les histoires d’amour, ce doit être pour cela que beaucoup - moi compris - décident d’en écrire. Je crois sincèrement que l’on peut glisser un peu d’amour dans chacun de nos écrits. C’est aisé, un peu de poésie : “Je m’ennuie la nuit sans toi, les beaux jours parfois c’est toi.” Je ne pense pas être perdu, ou seul. Je profite de ma propre compagnie, la plupart du temps. Je me complais dans ce que j’aime, vivre.