Et puis je bois de l’ébène. Je crois qu’il n’y a qu’à toi, qu’à toi à qui je souhaitais dire la cueillette des jonquilles, le temps suspendu, les douleurs enfantines. La vie, et partager mes secrets si tant est que l’on puisse en avoir. Tu es serpent. Froid. Sinueux. Qui arpente en silence, toujours, jamais, jamais là. Toujours un peu. C’est un bleu d’Espagne, l’air pourtant n’y est pas. Je me rappelle ce temps, lorsque je suis à demi-ensommeillée, où j’étais plus dure que le fer, seule en le voulant, déterminée et implacable. Je regrette un peu cette fille la, elle t’aurait fait tourner la tête et surtout, surtout, elle ne t’aurait jamais regardée. Là, les mains sont d’une finesse remarquable. Je suis entourée de figures, qui souvent me fatiguent. J’apprends. Moi, moi, j’ai du courage et plus jamais je ne veux être ramenée à toi. Par un songe, une note, un sourire. J’écrivais déjà ça à quinze ans, en plagiant de façon éhontée, Juliette. Plus jamais je ne veux être surprise à te croiser dans la rue, à croire qu’il s’agit de toi, et avoir le cœur en transe et les jambes qui ne soutiennent plus. Il y a plusieurs années de cela, c’est pour une autre que je m’infligeais cet état de merde. Le mois de mars est ainsi, c’est gravé, c’est inscrit. C’est mon poignet, les prunus qui explosent, les cerisiers du Japon fanstasmés. C’est rose poudré. C’est l’éveil, c’est trop tard. Moi, j’ai du courage, alors je fais de mon corps le plus vaillant des soldats. Du bleu, sombre et le temps que je perds. Il faut faire quelque chose. Je pense à Grace Jones et je me dis que je l’aime, elle et son ode au rythme. Et je ne sais pas ce que sera demain, ni l’après, ni dans “des mois”, mais au moins, je sais que je le vivrai, c’est au moins cela. C’est sombre et je t’emmerde, je m’adresse à moi, l’habitude d’être peu ou mal comprise, ça pousse à la résignation. Je ne crie jamais, pour crier, il faut savoir que l’on va être entendu.











