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@vera-tran
L'ironie c'est : Rester en vie pour la personne qui te donne le plus sérieusement, constamment, implacablement envie de te tuer. Toujours. Encore. Jusqu'à la fin de toute chose.
Hanaé Mori, trop sucré, un désastre. C’était le mois de juin, avant de rencontrer l’homme de l’Est, le sibérien sans adresse, le plus grand parmi eux, Immortel depuis. Il y a eu Allure, pensant que par son biais, j’allais en avoir. Plus précisément, plutôt persuadée, un peu, que ça collait avec cette idée là. The Beat, comme si la vie allait suivre le rythme que je souhaitais imposer. L’eau de riz japonaise, si délicate et poudrée, qu’on ne trouve plus nulle part, en raison de son insuccès. Le parfum des pestes capricieuses, ramenée d’un pays lointain par mon père, très connoté, très “jeune femme en devenir” : beaucoup le portèrent une certaine année. Il y a le bel espagnol, tout de noir vêtu, sentiment de puissance et aura sexuelle démultipliée. L’eau de Londres, qui me suit, j’imagine une pluie fine, sans nuages pourtant, posée au creux de mon cou, le col du trench relevé. Un parfum d’hiver disait elle. Sache que je le porte nonobstant mon temps amoureux avec toi. Et puis il y a ce parfum, ce parfum auquel je reviens inéluctablement, nécessairement, et ce, depuis que je suis en âge d’en porter. Le parfum des 15 ans. Il se nomme Innocent. C’est marrant, c’est ce qu’on m’a volé, c‘est ce que je n’ai jamais été. Innocent.
Je pense à la Fille de la Savane, je pense à l’Eclat de Soleil, je pense à Elagabal et à l’absence de vie qu’on mène. Je pense à mes jambes trop courtes quand je souhaite les prendre à mon cou. Au bleu sombre du ciel avant que l’uchronie ne s’installe. A la débauche de bouffe et aux plumes qui claquent sous l’effet du choc. Je suis sa joueuse préférée. J’ai perdu une mèche dans la bataille de fumée. Je pense à V. et cette vérité : “le temps d’une ou deux heures, on peut être qui on veut”. Je pense que j’aurais pu passer les anneaux de Saturne à son doigt si elle l’avait voulu. Je suis sous la cendre, je suis en-dessous, jamais au-dessus, partout, partout, nulle part à la fois, tu vois, on ne me voit pas. Et puis lire un extrait d’Eluard sur la porte des chiottes d’une galerie marchande, entre Sand et Verlaine et trouver ça déconcertant, du Beau dans le lieu où se créer la fange. L’Eclat de Soleil parle de nausée, d’angoisse et de tristesse, j’ai ces yeux là, les yeux fatigués qui parlent pour moi, qui chuchotent : “tout ira bien”. Elle a besoin de repos, elle a besoin de larges épaules; mais pas les miennes. Non. J’aime pourtant ses yeux rieurs, je suis privilégiée, ils ne rient que pour moi, je crois. Je préfère l’orage au néant, au moins il se passe quelque chose. Loin. Mon voyage. Elle sera rentrée de l’Est depuis le temps. Et Proust et sa réminiscence olfactive. Et j’ai envie de faire catleya, si vous saviez. C’est un peu con de tout avoir, le potentiel et de ne rien avoir, à part le tranchant d’une analyse. Le niveau de sens. Ma gorge entre tes mains. Comme il est aisé de s’oublier. Comme il est aisé qu’eux croient que tout est centré. L’Homme Paon se cassera la gueule à force de faire la roue. Je déteste le dimanche, le repassage me ramène toujours à La Fille. Il y a la débâcle annoncée, c’est une question de jours, de semaines. Mets-toi à l’abri. Ça me fait sourire. Les vérités ne sont jamais prononcées dans certaines sphères, au sein de certains cadres, au sein des socles, fondateurs. Change. Cœur en miettes et corps de feu. La vie est une fête. Garde les paupières closes et avance. J’attends le Tigre. Et m’y noyer.
Et puis je bois de l’ébène. Je crois qu’il n’y a qu’à toi, qu’à toi à qui je souhaitais dire la cueillette des jonquilles, le temps suspendu, les douleurs enfantines. La vie, et partager mes secrets si tant est que l’on puisse en avoir. Tu es serpent. Froid. Sinueux. Qui arpente en silence, toujours, jamais, jamais là. Toujours un peu. C’est un bleu d’Espagne, l’air pourtant n’y est pas. Je me rappelle ce temps, lorsque je suis à demi-ensommeillée, où j’étais plus dure que le fer, seule en le voulant, déterminée et implacable. Je regrette un peu cette fille la, elle t’aurait fait tourner la tête et surtout, surtout, elle ne t’aurait jamais regardée. Là, les mains sont d’une finesse remarquable. Je suis entourée de figures, qui souvent me fatiguent. J’apprends. Moi, moi, j’ai du courage et plus jamais je ne veux être ramenée à toi. Par un songe, une note, un sourire. J’écrivais déjà ça à quinze ans, en plagiant de façon éhontée, Juliette. Plus jamais je ne veux être surprise à te croiser dans la rue, à croire qu’il s’agit de toi, et avoir le cœur en transe et les jambes qui ne soutiennent plus. Il y a plusieurs années de cela, c’est pour une autre que je m’infligeais cet état de merde. Le mois de mars est ainsi, c’est gravé, c’est inscrit. C’est mon poignet, les prunus qui explosent, les cerisiers du Japon fanstasmés. C’est rose poudré. C’est l’éveil, c’est trop tard. Moi, j’ai du courage, alors je fais de mon corps le plus vaillant des soldats. Du bleu, sombre et le temps que je perds. Il faut faire quelque chose. Je pense à Grace Jones et je me dis que je l’aime, elle et son ode au rythme. Et je ne sais pas ce que sera demain, ni l’après, ni dans “des mois”, mais au moins, je sais que je le vivrai, c’est au moins cela. C’est sombre et je t’emmerde, je m’adresse à moi, l’habitude d’être peu ou mal comprise, ça pousse à la résignation. Je ne crie jamais, pour crier, il faut savoir que l’on va être entendu.
Quand j'y pense, je n'ai pleuré que des vivants.
A.D
Après #1
Après j’ai descendu les quelques marches de ton palier et je suis montée dans l’ascenseur. Appuyé sur “RDC”, j’ai collé mon front contre le miroir et j’ai soufflé si fort que j’ai vu de la buée apparaître. Vaincue. J’ai entendu le pas de quelqu’un et j’ai pressé le mien. Je suis arrivée dehors et j’ai marché, en flottant, si lentement, les pieds dans les flaques. Je n’ai pas croisé le chat, mon pote qui me parlait. J’ai levé la tête et je t’ai vue, postée à ta fenêtre du 6 ème étage, j’ai compris que j’avais compté. Après, je suis montée dans ma voiture, j’ai pris la rue de gauche, et tu étais toujours derrière ta baie vitrée. Je suis rentrée, je ne sais pas trop comment, j’ai été tentée par un platane. La radio en fond en espérant t’entendre. Je suis rentrée sans faire de bruit, j’ai fumé, espacées les unes des autres, trois cigarettes. Lors de la seconde j’ai regardé le ciel, désespérément vide. Après je me suis aperçue dans le miroir de la salle de bain, j’ai juste pensé que c’était triste, quelqu’un de triste. Je me suis assise sur le lit aux draps ikea à carreaux, qui changent du noir habituel, je me suis assise et j’ai enclenché un mouvement de balancier. Tête baissée, les doigts sur la nuque. J’ai compris. L’infinie tristesse des temps à venir.
Do it.
I will write about the following, leave one in my ask box.
Dear person I hate,
Dear person I like,
Dear ex boyfriend,
Dear ex girlfriend,
Dear ex bestfriend,
Dear bestfriend,
Dear *anyone*,
Dear Santa,
Dear mom,
Dear dad,
Dear future me,
Dear past me,
Dear person I’m jealous of,
Dear person I had a crush on,
Dear girlfriend,
Dear boyfriend,
Il perd.
Il a Steve Mcqueen, moi j’ai Daniel Craig. Il a la sagesse des érudits orientaux, j’ai parfois la fougue d’une jeunesse pas tout à fait morte. Lui, c’est un monument. En plus d’être un homme grand, c’est un grand homme. Quand la Fille en date m’a gentiment dégagée, sans égards ni correction, j’ai eu tout le loisir d’exercer ma réflexion quant à cette absolue nécessité vaine d’éprouver l’Autre. J’en suis arrivée à ce constat un peu triste, surtout vrai ; je n'ai compté, au long de mon existence, je n'ai été correctement traitée que par deux personnes, lui compris. Je crois que lorsque l’on a énormément souffert, lorsque l’on a un terrible besoin d’amour, on est tout à fait capable de tout donner, de ne rien recevoir et de trouver cela absolument normal. Le Rien. Le néant. L’unilatéral inconditionnel. Parce que le Rien, c’est déjà bien *paie ton slogan pour une campagne sponsorisée par le Conseil Régional Bourgogne Franche-Comté, j’aime le comté*.
En ce sens, putain de chien, l’Amour, le monde des sentiments, si on peut conceptualiser/clarifier un peu, ce n’est pas une oeuvre caritative. Ça ne doit pas être une putain d’oeuvre de charité. Si je donne, j’attends en retour. C’est normal. C’est donnant-donnant. C’est un échange, c’est équitable, ça devrait l’être. Parce que se faire enculer, c’est très bien, j’apprécie, mais à un moment donné, c’est lassant. Injuste. Laid. Ça fait saigner. Tout ça tout ça.
J’ai eu, en ce début d’après-midi, une altercation avec un chat étranger de nos services et non désiré sur nos terres, lui tout content d'avoir une tourterelle entre les crocs, moi pas toute contente de devoir chercher les bouts dudit volatile. Je suis allée récupérer des fringues au pressing et je me suis sentie puissante (ce n’était même pas mes vêtements, #wtf ?). Dans le hall du centre commercial, se tenait un stand de prestataire de service BTP, quand le jeune loup, commercial ayant revêtu son plus beau costard Jules, a voulu établir un diagnostic de mon habitation, je n’ai même pas menti en disant que je n’en avais pas, d’habitation. Ça me fait chier que Robert Dylan ait obtenu le Nobel. Le prochain Renaudot sera attribué aux Fréro Delavaga et un texte de Michel Onfray sera choisi comme épreuve au bac de philo. Je pense ponctuellement mais très souvent à Donald Trump et NKM, #wtftoo. J’essaie de réfléchir à mes sources de plaisir, de plaisir véritable : à part la cigarette, je ne vois pas.J’essaie de réfléchir à mes points forts, les domaines où à défaut d’exceller, je ne suis au moins pas ridicule, j’en trouve un : l’art du mensonge. Le ciel est d’un bleu espagnol, quelques rayons, brise légère, agréable. C’était une belle journée. C’était une belle journée, et je souris, parce que plus rien ne compte.
Mais je souris.
Merci à Nocibé, ma banque et La Redoute d'avoir pensé à mon anniversaire. Love U guys.
vera-tran
Watch the video : https://youtu.be/yaGigfw5L1I?list=PLCuEH5Tl2B8qY7VFNJ3_6hNVkLbAD9tc8 "La piscine" EP is available (digital/vinyl) : http://recordmakers.com...
Tu déprimes.
Le cœur manque de corps, quand il cogne tout sonne creux Tangue, vire de bord, le navire a pris feu Le pays brûle encore, de la fumée jusqu'aux cieux Oublions les mots morts, et, demain ira mieux
vera-tran
- Mais, putain, mais pourquoi t'as fait ça ?! - Parce que je t'aime.