"C’est que, répondit Socrate, nous parlions des choses qui ont des contraires ; à présent nous parlons des contraires eux-mêmes, c’est-à-dire des essences. Et il est évident que non seulement ces contraires absolus s’excluent les uns les autres, mais encore que toutes les choses qui, sans être contraires les unes aux autres, contiennent toujours des contraires, ne reçoivent pas non plus l’idée contraire à celle qui est en elles, et qu’à son approche elles périssent ou cèdent la place. Ainsi le nombre trois, qui n’est pas l’impair absolu, mais qui contient l’idée de l’impair, ne deviendra jamais pair tout en restant trois. De même l’âme qui entre dans un corps et y apporte toujours la vie, ne recevra jamais le contraire de ce qu’elle apporte, c’est-à-dire la mort. Elle est donc immortelle et par suite indestructible.
Platon, Phédon, texte intégral













