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ANSELM KIEFFER pour Paul CELAN, au Grand Palais éphémère à Paris.
Le poète roumain meurtri par la Shoa, n’avait plus trouvé de mots en aucune langue pour dire sa douleur face à l’absurde du mal radical. il s’est jeté dans la Seine, laissant ces vers écrits dans la langue de l’ennemi parler dans le silence de sa mort.
Anselm Kiefer hanté par ce geste qui illustre l’horreur de l’histoire, remplit l’immensité du Grand Palais éphémère (10000 mètres carrés), par des œuvres plus monumentales que jamais. Certaines atteignent des surfaces de près de 100 mètres carrés, et même davantage… Les paysages dévastés regorgent des mots du poète dans une tension éblouissante entre le visible et l’invisible. Les vers de Celan semblent être inscrits sur la toile d’une encre de sang et de cendre, ravivant la mémoire des souvenirs les plus cruels.
Les poèmes de Celan sont très difficiles d'accès. On ne peut en saisir le sens, tant ils sont abstraits et fragmentaires comme chez Mallarmé dans ses poèmes ultimes. Il est parfois littéralement impossible de comprendre certaines métaphores. Il y a derrière chaque mot, l'incarnation de son traumatisme, de sa douleur, et pour cette raison, le poète détruit les mots, la langue, jusqu'à arriver à un point aveugle.
La peinture de Kiefer donne à voir l’invisible, elle l’impose comme un impératif auquel il est désormais impossible de se soustraire. Il est clairement perceptible que l’espace a influencé le choix des œuvres du plasticien. L’exposition est au premier abord un poil redondante, les tableaux “correspondent”, et se répondent dans une symétrie de propos presque parfaite. Le dialogue entre la terre brulée, ravagée par les hommes et l’infini des ouvertures et des interprétations qu’offre l’immensité du cosmos, se décline dans une palette de couleurs restreinte et sombre relevée par quelques touches dorées.
Et puis sur l’aile du bâtiment, comme tout naturellement atterri dans cet espace fait pour lui, un avion dont les ailes sont chargées de gigantesques livres calcinés. Les tableaux de bunkers, renvoient à des le citations de Celan, et l'avion est en fait un rappel explicite à un poème très connu, Pavot et mémoire. Fait de plomb, l'engin est à jamais cloué au sol, dans l'impossibilité de nuire.
Le maelstrom de matières, entreposées à l’arrière de l’exposition comme dans les ateliers de l’artiste, représente une masse considérable d'archives. Ce que Kiefer nomme l’Arsenal consigne ses vies antérieures et les mondes qui rôdent en chacun. Il y a comme une archéologie traversable à ce travail de mémoire et de reconstitution du présent, par une “fabrication” littérale de mémoire, portée par la matière elle-même.
Seule la porosité entre peinture et écriture permet à l’artiste de resserrer le propos de cette production un peu éclatée en apparence, qui pourtant travaille à renouer avec tout ce qu’il était impossible de vivre ensemble. L’expérience vécue dans le Palais Ephémère n’est pas seulement immersive, elle est paradoxalement la meilleure façon d’échapper à l’immanence très imposante de chaque œuvre.
>Pour d’autres expos Anselm Kiefer, c’est ici
Raymond Pettibon Only the Fine… (1991)
source: https://schau.tumblr.com/
Jacob Hashimoto (1973 - ).
Artiste américain d’origine japonaise, le monde de Jacob Hashimoto se compose de motifs en abondance.
De l’installation monumentale à la pièce murale, l’artiste joue avec les couleurs et le mix and match. Sa technique ? La fabrication artisanale de pièces qui rappellent le cerf-volant, assemblées ensuite pour créer un espace enivrant et éclectique. Associant une esthétique pop au style papier japonais, Jacob Hashimoto parvient à faire le lien entre ses deux cultures et nous transporte dans un monde parallèle à la fois enfantin et hyper graphique.
Source : http://www.artnet.fr/artistes/jacob-hashimoto/
Bananes au naturel.
Jak Arnould ©ADAGP
Acrylic on paper, 75 x 105 cm each, 2016. Nicolas Mathieu-Dosière
Images of self.
Trajectories of the eyes of volunteers observing their own photographic portraits.
https://www.adrienblondelphotography.com/works