Les 6 moments clés de la métamorphose d’Anakin Skywalker en Dark Vador
Dark Vador, alias Anakin Skywalker, est un de ces personnages que même les plus réfractaires de la saga connaissent de réputation. Pourquoi ces deux hétéronymes pour un même personnage ? Découvrez en 6 moments clés l’évolution du personnage, de l’enfant prometteur au jeune homme ambitieux ; comment comprendre la transformation ahurissante de Jedi utopiste à incarnation même du mal ? Profil psycho d’un jeune qui a mal tourné.
1. Un enfant et sa mère
Anakin enfant, comme on le découvre dans La Menace Fantôme, est attachant, curieux et inventif. Avec un penchant pour la technologie, c’est un petit génie de la course aéronautique, un enfant jedi prometteur et prodigieux mais affectivement dépendant. Il est très attaché à sa mère, par ailleurs dépressive et réduite à l’esclavage, avec qui il entretient une relation fusionnelle. Il redoute donc l’émouvante séparation lors de son départ pour la formation de jedi avec Qui-Gon Jinn ; ainsi, dans le second épisode, il réagit fortement à la découverte de sa mort, et il est possible de discerner pour la première fois son côté violent et vindicatif. “Tous les tuer, femmes, enfants, je les déteste tous”, dit-il à propos de la tribu de pillards qui l’a assassinée.
2. Des mentors en guise de père
Anakin est un enfant sans père, sa mère raconte que sa grossesse n'a pas été naturelle : aucun homme ne l'a jamais touchée. Après la disparition prématurée de Qui-Gon, Obi-Wan Kenobi devient son nouveau Maître Jedi. L’apparition de ces figures paternelles vient répondre aux nombreuses questions que peut se poser un gamin dont le père n’est pas présent. Il tente de remplacer son père manquant par des individus-substituts, ses mentors. Les questions du père et du passage à l’adolescence sont récurrentes dans l’œuvre de Lucas (cf. Indiana Jones). Cela peut sans doute s'expliquer par sa biographie : le réalisateur a grandi dans une famille méthodiste, avec un père assez sévère, à qui il a toujours voulu prouver qu’il pouvait réaliser de grandes choses, sans jamais vraiment obtenir de reconnaissance de sa part. Georges Lucas développe ainsi une thématique œdipienne dans les deux trilogies.
Avec le second volet de la saga, on retrouve un Anakin complice avec Obi-Wan, mais aussi révolté et presque insolent, qui n’hésite plus à prendre la parole en public quand il est en désaccord avec son maître. Les grilles de lecture de l’univers freudien permettent d’interpréter les questions et les angoisses inconscientes du sujet en passe de devenir adulte. Avec l’abandon de ses substituts paternels, on dénote une angoisse de perte d’objet chez Anakin, principalement avec Padmé, l’amour de sa vie.
3. Un amour qui le mènera à sa perte
C’est clairement au cours de La Revanche des Siths, l’épisode III, que se joue la vraie métamorphose en Dark Vador. “Aucun regret tu n’auras. À la jalousie, l’attachement mène. De tout ce que tu crains de perdre, tu t’entraîneras à te détacher" le conseillait maître Yoda. Et pourtant, c’est par amour qu’il sombrera du côté noir de la Force. C’est en effet pour sauver Padmé qu’il décide se s’allier au Chancelier Palpatine. La peur de la perdre lui voile la face, la paranoïa l'envahit, et en pensant qu’elle puisse le trahir, il se montre même violent et détestable envers elle, au point d’être une des raisons de son décès.
4. Dark Vador, le Frankenstein de Palpatine
En prêtant allégeance au Chancelier Palpatine pour sauver Padmé, le personnage semble encore figé dans son obsession paternelle de toujours retrouver un mentor remplaçant. Il semble rester fixé à cette problématique de dépendance affective.
“Exécute l’ordre 66”, l’ordre d’assassinat de tous les jedis sera mené par un Anakin déjà complètement métamorphosé. On accède au point de non-retour, le moment ou Anakin disparaît sous Dark Vador. Sauvé par Palpatine après son combat contre Obi-Wan, il acquiert le masque et la tenue noire traditionnelle que l’on retrouve dans la première trilogie. Sa fidélité et sa soumission pour le chancelier s’accroissent encore.
5. Une relation père-fils comme rémission
Le chemin retour de Dark Vador vers le bien s’initie quand Dark Vador comprend que Luke est son fils. Celui-ci essaye par tous les moyens de le faire repasser du bon côté de la force, il l’appelle Anakin : “Ce nom n’a aucune signification pour moi”, “abandonne cette haine” ; ce à quoi Dark Vador lui répond : “C’est trop tard pour moi mon fils”. Néanmoins, quand l’Empereur est vraiment sur le point de tuer son fils, Anakin reprend le dessus et le sauve, au détriment de sa vie. Il dépasse son complexe d’attachement à sa figure parentale : Anakin tue son ‘père’ Palpatine afin de pouvoir devenir lui-même père et s’inscrire dans une filiation. Le paroxysme de sa libération se fait avec cet acte d’héroïsme. “Je ne t’abandonnerai pas ici, je dois te sauver ! –Tu l’as déjà fait, Luke”.
6. La mort comme libération
Selon une étude publiée dans un numéro de Psychiatry Research, Dark Vador présenterait même différents symptômes présents dans les troubles de la personnalité limite, borderline en anglais. En effet, Skywalker montrait des signes évidents d’impulsivité et de problèmes de gestion de sa colère déjà en tant que jeune Jedi. Son regard sur l’ordre des Jedis ne cesse d'osciller entre idolâtrie et trahison, il est sujet à une grande peur de l’abandon. Il fait face à des situations dangereuses et extrêmement stressantes, qui ne peuvent que nuire à son équilibre mental et le plongent dans une forme d’insanité et une métamorphose profonde de sa personnalité. Ce n’est qu’en sauvant son fils et au travers de sa propre mort que Dark Vador accède à la libération ultime : il redevient Anakin le temps de l’épique dernière scène de l’épisode VI.
Anna Pereira












