Ce soir la fête de mon village d'enfance bat son plein, de retour chez mes parents je dois aller y faire un tour, ma mère, siégeant au conseil de la mairie, m'a convaincu que ça serait bien pour son image que son fils aille y faire de la figuration.
Me voilà donc errant hagard dans les allées d'attractions tenues par de bruyants forains hauts en couleurs, assortis aux guirlandes clignotantes et lumineuses de leurs stands, criant plus fort les uns que les autres pour attirer le Marcel et sa copine, leur faisant miroiter le gain de somptueuses peluches a l'hygiène douteuse.
Le regard perdu, divaguant d'un groupe de jeunes prolos à l'autre, j'avance prudemment au milieu de ce défilé de survêtement Lacoste du siècle dernier, de chemise manche courte RG512 et autre jean blanc Kaporal. J'ai même pu apercevoir une sacoche Rodelle en parfait état de conservation, une relique.
Alors que je continue mon immersion dans ce monde étrange, qui semble figé depuis les années 80, une descente sur l'échelle sociale qui m'emmène à côtoyer les bas-fonds de la société. Je me souviens soudainement que ce village et canton a principalement voter FN au dernière législative, je prends conscience que je suis surement encerclé par une majorité de sympathisant d'extrême droite. A la répulsion que m’inspire cet attroupement, se mêle une part d'amusement et de curiosité, je prends plaisir à les dévisager et analyser leurs coutumes barbares. Ils semblent apprécier massivement la bière chaude et les frites grassement froides, les visages rondouillards et rubiconds, jeunes, vieux, mâles ou femelles, le sourire aux lèvres, ils se livrent à des pas de danses frénétiques sur des airs musicaux d'un autre âge, le disque usé ne ralentissant pas leurs cris et bonds chaotiques.
J'arrive à repérer quelques couples de bobos accompagnés de leurs progénitures. Ces derniers ont dû forcer leurs parents à les y accompagner, leur style contrastant totalement avec le reste de la meute, je sens leur gêne à se retrouver dans un tel lieu et leur réticence à se mêler à la cohue transpirant l'huile de friture et puant l'alcool de bas étage. On veut bien voter à gauche et défendre le démuni au cerveau moins développé, mais pas question d’embrasser son mode de vie ou de rater un reportage d’Arte sur les tribus du tiers monde.
Ils tiennent fermement leur gosse chacun d’une main et avancent prudemment en rang serré, se faufilant discrètement entre les attractions pour éviter d’être alpaguer par un manouche qui voudrait les inviter à sa baraque.
Je m’arrête contempler l’effervescence du stand de barbe à papas, où y gravite des dizaines de moufflets bruyants dans l'attente d'une confiserie servit par une grosse femme informe. Les gamins innocents la regardent plonger son bras sale et poilu dans la cuve tournoyante et en sortir une boule bancale d'une couleur bien artificielle, de ses doigts noirs et gluants elle va tenter de remettre en place la friandise surchargée qui essaie de fuir son macabre destin. Apprécier bien cette masse de sucre les enfants, demain ce sont des vers et une bonne salmonelle qui vont vous accompagner.
Le meneur de ces troupes est une caricature du ‘wedding DJ’, apathique au possible qui mime une chorégraphie rigide de la tête et du bras gauche et balance parfois au hasard un «aller !» ou un «Alors vous êtes chaud?». D’un âge indéterminé, entre 25 et 40ans, il est bien sur fan de musique populaire.
Je suis persuadé qu’il a volé la caisse de disque de sa mère et de son petit frère. Arriver à balancer autant de sons sans aucun rapport et avec une telle régularité est de l’ordre de l’impossible pour une personne dotée d’un minimum de réflexion : aucun style identique ne s’enchaine, et tous les tubes des années 90 y passent.
Mention spéciale au moment où, surement porté par la foule particulièrement réceptive, il s’est mis en tête de couper la musique pendant le refrain pour chanter les paroles de «here comes the hotstepper», à savoir «nanana nanana nanananaaaaa...» suivi sans transition d’un p’tit «think» d’Arettha franklin cette fois repris en chœur par la populace.
Malgré les vagues d’émotions contradictoires qui me submergent au cours de ces longues minutes de liesses populaire, je parviens à garder mon sang froid et à m’extirper du gros de la horde.
Cette cour des miracles chargée d’histoires et de mystères me fascine comme elle en a fasciné tant d’autres avant moi. Il faudra que je revienne.
Parvenu en périphérie de la fête je rencontre un groupe de jeune qui a pris du recul pour profiter pleinement de la performance scénique du DJ et se bourrer discrètement la gueule.
Je reconnais parmi eux d’anciens camarades de classes, dont certains qui, quelques décennies auparavant représentaient les caïds du CM2, qui possédaient une cour de gosses qui les adulaient et les suivaient partout. C’est marrant de voir qu’ils n’ont pas changé, toujours assis sur la même jardinière en bord de route, toujours le même survèt’ Tacchini, les même TN, excepté l’aura de cador qu’ils projetaient à l’époque semble les avoir définitivement quittée. Ils puent l’ivrogne camés 10km à la ronde, le plouc qui n’a jamais bougé de son village, à part pour aller visiter la cité voisine dans le but de s’y ravitailler en weed et autres drogues qui les aide à traverser leur quotidien minable.
On discute et échange quelques banalités, ça me fait plaisir d’en revoir un ou deux et m’attriste de voir ce qu’ils sont devenus, de vrais loques en couple avec des grosses, mais tout va bien, ils vont manger à Flunch le samedi et ont réussis à acquérir leur golf gti, aboutissement d’un rêve d’enfant.
Une fille m’aborde et se présente, le sourire aux lèvres «mais oui tierry, je me souviens de toi tu trainais toujours avec untel et untel et t’avais des gros mouchoirs en tissu qui te suivaient partout», merde j’étais vraiment un repoussoir à gonzesses au primaire et au collège, d’ailleurs je ne pensais pas avoir laissé un quelconque souvenir à une fille.
Bref elle parait heureuse de me voir, elle est plutôt bien mignonne, ou c’est cette soirée glauque qui la fait sortir du lot. En tout cas je me souviens d’elle maintenant, et à l’époque du collège, c’était la jolie pimbêche qui avait, elle aussi, une vraie suite et ne se lassait pas d’envoyer chier les garçons qu’elle ne trouvait pas à son gout.
Je la vois maintenant entourée de tous ces niais, j’apprends qu’elle a fait un CAP coiffure, qu’elle a eu une relation difficile avec un mec avec lequel elle a vécu dans une caravane au fond d’un jardin avant de se séparer pour revenir au domicile parental et j’en ris intérieurement, quelle sacrée conne.
Elle a l’air de m’apprécier, on s’est mis à l’écart du groupe et on parle depuis un moment, je suis détendu et n’essaye pas d’en rajouter, sa norme est tellement basse que j’ai une marge énorme pour manœuvrer ma drague, je la laisse venir à moi docilement et décide de l’embrasser quand je n’ai plus envie de l’entendre parler.
Je croise le regard mi étonné mi énervé d’un des ex-caïds, le misérable gars, ça doit faire 10ans qu’il essaye de la serrer, et au vue de sa casquette Ralf Lauren toute neuve, j’ai l’impression qu’il voulait passer à l’offensive ce soir.
Trop tard, on marche déjà en direction de ma chambre, prétextant un bain de minuit. Je compte bien la souiller ce soir et ouvrir mon compte pour la saison estivale.
Je n’ai pas sous-estimé ses standards, la malheureuse a vraiment faim et n’a pas du croiser un vrai mec depuis longtemps, j’aurai pu baisser mon froc et sortir ma queue directement, le résultat aurait été le même.
La voilà donc allonger sur le dos s'offrant à moi dans la classique position du missionnaire, la pauvre gourde ne m’a toujours pas cernée et pense avoir à faire à sa racaille usuelle et ennuyeuse, loin du mythe du violeur de cave. J'entame donc son éducation sexuelle en l'agrippant par les cheveux pour la redresser, la mettre à genoux devant moi et lui caler ma juteuse pine au fond de la gorge. Elle semble surprise, son regard apeuré et implorant m'indique que c'est tout nouveau pour elle, mais après quelques coups de butoirs contre sa glotte je sens qu'elle se laisse aller à apprécier la sauvagerie de notre étreinte.
Le jus chaud et épais dégoulinant de son visage, elle cherche à reprendre la situation en main et présente à ma queue une chatte rosée et béante de désirs, non ma fille j’en ai pas fini avec toi. Je fous ma tête contre sa vulve le temps de lui donner deux coups de langue bien placée pour récolter la substantifique moelle qui s'écoule de son vagin, puis je la retourne et lui enfonce mon pieux tendu au fond de son trou du cul étriqué, elle n'arrive pas à réfréner un cri assourdissant, mélange de joie et de souffrance, caractéristique de la transe du débutant qui découvre les plaisirs de ce nouvel horizon.
Je vais finir par m'occuper de sa moule chaude et humide dans une position plus classique pour ses articulations, ses petits couinements étouffés sont couvert par la musique qui nous caresse les oreilles, nous sommes sur le matelas au bord de la piscine et pendant que je la laboure durement au clair de lune, le DJ nous constelle d’un set d’une qualité inégalable :
«Rednex - Cotton Eye Joe» / «Gala- Freed From Desire» / «Helmut Fritz - Ça M'énerve» / «Magic System - Ambiance A l’Africaine» / «PITBULL - I Know You Want Me»
et pour finir en apothéose sur son visage «Francky Vincent - Tu veux mon zizi», la synchronisation est parfaite.
Il faudra définitivement que je revienne, vivement demain soir.