Écrire un personnage avec un trouble mental
Dans le but de déstigmatiser les maladies mentales telles qu'elles sont communément décrites en RPG, voici une série de guides qui introduisent les différents troubles & les stéréotypes associés à éviter.
Troubles anxieux
Troubles de l'humeur
Troubles du comportement
Troubles de la personnalité
Troubles psychotiques
Trouble cognitifs
Troubles du développement
Troubles de la personnalité
Trouble de la personnalité limite (borderline) (TPL)
Le TPL, anciennement appelé trouble borderline, se caractérise par une immense difficulté à gérer ses émotions, donnant lieu à des crises émotionnelles et une instabilité relationnelle. Les personnes avec un TPL sont généralement hyperémotives et hypersensibles. Elles ont des fluctuations d'humeur extrêmes, peuvent paniquer ou s'emporter de manière imprévisible, ou prendre des décisions impulsives. L'image de soi est aussi fortement instable, avec généralement une grande peur de l'abandon et de la solitude.
En conséquence, les personnes TPL sont fréquemment sujettes aux automutilations et aux comportements suicidaires. Le traitement de ce trouble passe avant tout par la thérapie cognitive comportementale, et l'utilisation de médicaments n'est pas toujours efficace. Ainsi, on utilise généralement les médicaments pour traiter les comorbidités et non le trouble lui-même.
Idées reçues :
Les gens avec un TPL sont des manipulateurs → les comportements suicidaires laissent parfois penser à une technique de manipulation (« chantage au suicide ») néanmoins ils sont en fait liés aux difficultés de gestion des émotions : les émotions fortes déclenchent une détresse que les personnes TPL ont peine à gérer autrement que par des comportements destructeurs. Au contraire des manipulateurs, elles sont plutôt entières et ont du mal à dissimuler leurs intentions.
Personnalité limite et bipolarité, c'est pareil → les deux troubles sont similaires au niveau de la gestion des émotions et de l'impulsivité, néanmoins dans le TPL les sautes d'humeur sont rapides et passagères, tandis que la bipolarité est plus durable et moins liées à des facteurs de stress immédiats.
En savoir plus :
Trouble de la personnalité borderline, Psycom
Trouble de la personnalité limite, MSD Manuals
Trouble de la personnalité antisociale (TPA), sociopathie et psychopathie
Souvent confondus et utilisés de manière interchangeable, le TPA, la sociopathie et la psychopathie sont trois termes désignant des concepts distincts.
Les personnes avec un trouble de la personnalité antisociale font preuve de mépris à l'égard des autres et de la loi : iels ne respectent pas les normes sociales, en commettant par exemple des actes illégaux, en faisant preuve de violence, et/ou en mentant et manipulant pour obtenir ce qu'iels veulent. Iels font preuve d'impulsivité et ne pensent pas aux conséquences de leurs actes pour elleux ou pour autrui. Iels sont facilement agressifs, et n'éprouvent aucun remords, jugeant parfois que les victimes l'ont mérité ou qu'une société injuste justifie leurs actes. Iels manquent grandement d'empathie et peuvent être indifférents aux sentiments et à la souffrance des autres. Les comorbidités du TPA sont nombreuses : toxicomanie et addictions, troubles de l'humeur, troubles anxieux, TDAH, trouble borderline… Difficile pour ces personnes de prendre en compte les sentiments et motivations d'autrui, ce qui leur cause d'immenses difficultés dans la vie. De plus, iels sont sujets aux conduites à risque, accèdent difficilement à l'emploi, et peuvent nuire à leur entourage.
La psychopathie est un concept qui n'est pas inscrit au DSM-V, car encore très débattu au sein de la communauté scientifique. Il désigne, comme le TPA, des conduites antisociales, une irresponsabilité et une absence de scrupules moraux, mais intègre également une composante « interpersonnelle et affective » typique de la psychopathie et proche du trouble de personnalité narcissique (TPN). Ainsi, la psychopathie serait une forme aggravée du TPA ou une forme hybride avec le TPN, dans laquelle le manque de culpabilité, de remords et d’empathie serait couplé à un faible attachement affectif aux autres, la facilité à manipuler autrui, un charme superficiel… Mais aussi la difficulté à ressentir de l'anxiété et la froideur émotionnelle. Ainsi, il est courant d'entendre dans le langage courant que les psychopathes sont dépourvu·e·s d'émotions. Certaines définitions indiquent aussi qu'iels seraient moins impulsifs et plus réfléchi·e·s que les personnes avec TPA. La psychopathie est un concept encore flou, qui se confond avec d'autres troubles et qui, dans le langage courant, semble désigner à la fois des éléments cliniques et des éléments clichés tirés des comportements des tueurs en série. Difficile d'apporter une définition claire, ou même de comptabiliser le nombre de personnes psychopathes au sein d'une population, car les définitions sont inconsistantes. Nous déconseillons l'utilisation de ce terme en rpg.
La sociopathie au sens commun du terme désignerait les deux troubles précédents à la fois. Plus communément, on considère qu'elle est une expression possible du TPA. La plupart des caractéristiques listées pour la sociopathie reprennent celles du trouble de personnalité antisocial : mépris d'autrui et des lois, impulsivité, manipulation, agressivité, absence de remords. Comme pour la psychopathie, l'opinion l'associe communément au manque d'émotions.
Idées reçues :
Les criminels sont tous des psychopathes → C'est faux. Le taux de psychopathie en prison serait nettement supérieur à l'extérieur, néanmoins il est incorrect de qualifier tous les criminels de psychopathes : « Il y a des personnes psychopathes qui peuvent commettre des actes de délinquance, mais tout acte de délinquance n'est pas d'origine psychopathique, » indique le Dr Guillotte. De plus, tous les psychopathes n'ont pas de démêlés avec la justice. « De nombreux psychopathes ne seront jamais auteurs de passages à l'acte violents et seront plutôt sur un versant de la manipulation pour arriver à leurs fins. »
En savoir plus :
Trouble de la personnalité antisociale, MSD Manuals
La psychopathie - L’éclairage des neurosciences medicolégales, Jean Decety
Les « psychopathes » sont-ils tous des monstres ? Slate.fr
Describe It: Psychopathy and Writing Psychopathic Characters, ShonnaTheWhite
Trouble de la personnalité schizoïde
Chez les personnes présentant un trouble de la personnalité schizoïde, l'intérêt pour les relations sociales est absent. Iels n'ont aucun désir de former des relations avec autrui, même avec les membres de leur famille, n'ont pas d'amis proches ni de relations amoureuses. Iels préfèrent être seul·e·s avec elleux-mêmes et pratiquer des activités solitaires. Puisqu'ils ne suivent pas les normes des interactions sociales, iels peuvent sembler maladroits ou étranges, mais sont indifférents aux critiques comme aux compliments. Iels font rarement preuves d'émotions dans les situations sociales, même pas de colère lorsqu'iels sont provoqués, et peuvent sembler passifs face aux événements.
En conséquence, iels sont aussi fréquemment sujets à la dépression ou présentent d'autres troubles de la personnalité.
Idées reçues :
Trouble schizoïde et schizophrénie, c'est pareil → faux, même si les deux troubles comportent le préfixe "schizo" ils n'ont que peu de similitudes. Dans la schizophrénie, il y a des troubles cognitifs et des troubles de la perception (hallucinations, paranoïa, etc) alors que le trouble schizoïde n'en présente pas.
En savoir plus :
Trouble de la personnalité schizoïde, MSD Manual







