Jusqu’à la Première Guerre mondiale, nous obéissions à l’autorité, puis nous l’avons respecté jusqu’à la guerre du Vietnam, où nous l’avons défiée. Aujourd’hui, avec les médias sociaux, nous croyons que nous sommes l’autorité.
Jusqu’à la Première Guerre mondiale, nous obéissions à l’autorité, puis nous l’avons respecté jusqu’à la guerre du Vietnam, où nous l’avons défiée. Aujourd’hui, avec les médias sociaux, nous croyons que nous sommes l’autorité.
Même dans les pays non démocratiques, le peuple a des pouvoirs démocratiques directs. Cependant, ces vents de changement facilités par Internet et les médias sociaux n’ont pas eu un effet que sur le printemps arabe.
Un vent fort se lève ici aussi. D’Obama, à Nenshi et Layton, des émeutes de Vancouver aux soulèvements au sujet de la taxe harmonisée, puis une brise du gaz de shale partant de New York, passant par le Québec sur sa route vers la France; les citoyens utilisent les médias sociaux de façon musclée.
La population demande une nouvelle relation avec la société. Martin Luther et l’invention de la presse écrite nous ont libérés d’une autorité centrale et nous ont guidés pendant plus d’un siècle vers une réforme de la culture occidentale. Les nouveaux médias nous libèrent des autorités expertes en tout genre et transforment la société en quelques décennies. Il n’est maintenant plus suffisant d’être informé, le peuple demande la parole.
Les libertariens célèbrent les pouvoirs de la démocratie directe et l’augmentation des libertés individuelles. D’autres sont aux aguets quant aux mouvements de masse générés par les médias sociaux, qui se débarrassent du passé sans égard à ce qui le remplacera. Pour les moins de 30 ans, cela ne représente même pas un changement, c’est la normalité.
Nous nous sentons maintenant habilités de différentes façons. J’imagine qu‘il doit être frustrant pour un médecin lorsque son expertise et son expérience lui indiquent une chose et que son patient lui dit : « mais en cherchant sur Google, j’ai trouvé… » Que cela lui plaise ou non, il entretient maintenant une nouvelle relation avec son patient. Il n’est plus le médecin paternel omniscient; il fait désormais partie de notre cercle, nous permettant de prendre des décisions relatives à notre santé. De façon générale, c’est bien, mais des exemples de personnes insistants sur leurs droits à obtenir des traitements non éprouvés ou même dangereux sont régulièrement mentionnés dans la presse.
Dans les industries, particulièrement celles qui se trouvent isolées des choix de leurs clients, nous commençons seulement à savoir ce que cette nouvelle relation signifie pour nous. Dans l’industrie pétrolière et gazière, nous nous accrochons à notre vieux modèle d’experts de l’industrie qui communiquent avec les experts du gouvernement et informent le public de ce qui est le mieux pour eux.
Cela ne passe pas avec un public armé de médias sociaux et l’acceptabilité sociale de nos activités est donc en péril. Des environnementalistes opportunistes élaborent des stratégies qui permettraient de souffler le vent du gaz de shale du Québec vers l’Ouest canadien et de l’industrie pétrolière et gazière vers l’industrie minière. Avant qu’ils y arrivent, l’industrie a besoin d’un engagement en la culture de changement en ce qui a trait aux communications, similaire à notre changement de culture après l’Exxon Valdez, en matière de santé et sécurité.
Le nouveau monde sera plus compliqué. Discuter avec nos consommateurs est bien plus difficile à contrôler que de simplement « livrer notre message ». Les attaques personnelles inévitables des opposants politiques dans les médias de masse sont désagréables. Toutefois, pour obtenir un équilibre entre les politiques environnementales et énergétiques, le public nous demande de prendre part au débat.