Misha LOBKO & Raymond BONI
"Honeymoon in Florence"
(LP. Centro Attivita' Musicali. 1981) [UA/FR]

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Misha LOBKO & Raymond BONI
"Honeymoon in Florence"
(LP. Centro Attivita' Musicali. 1981) [UA/FR]
André Jaume / Raymond Boni - Pour Django
CELP
1985
POST-SCRIPTUM 1002
AGITATION FRITE 3
Agitation Frite 1 et 2, Témoignages de l’underground français sont donc réédités par Lenka lente. Un troisième volume est sur le point de sortir, fait d’interviews pour moitié, mais aussi de textes cette fois, dont un TOP 607 commenté des meilleures productions en la matière. On en trouvera ici des extraits, régulièrement. Par exemple, des illustrations.
Raymond Boni - L’Homme Étoile
hat MUSICS
1983
POST-SCRIPTUM 916
MÉDIAPART, JEAN-JACQUES BIRGÉ
Il n'y a pas de meilleure source que de donner la parole aux protagonistes de cette saga protéiforme. Les entretiens révèlent des personnalités hors normes. Tous ces musiciens, échappant au business qui ne cherche toujours que la rentabilité, ont choisi l'authenticité et partagent ici leur passion. Qui aujourd'hui incarnerait l'underground ?
L'an passé je saluai le premier volume de ces témoignages de l'undergroud français recueillis par Philippe Robert. Le second volume justifie d'autant mieux ce sous titre d'Agitation frite que j'ignorais nombreux de ces nouveaux protagonistes convoqués par le journaliste dont les questions font toujours mouche. Ainsi, si cette fois je connaissais Gilles Yéprémian depuis le lycée, Henri-Jean Enu (Fille Qui Mousse) depuis Le Parapluie, Raymond Boni qui figure sur Urgent Meeting, Pascal Bussy qui chroniquait déjà Un Drame Musical Instantané au début des années 80, Pascal Comelade qui exposa en même temps que Nabaz'mob aux Musée des Arts Décoratifs, Richard Pinhas avec qui j'avais joué au Gibus et au Bus Palladium au sein de Lard Free, ainsi que Ferdinand Richard (Étron Fou Leloublan), Emmanuelle Parrenin, Pierre Barouh, Henri Roger, Romain Slocombe (Bazooka), Maurice G. Dantec, Michel Doneda, Marc Hurtado (Étant Donnés), Frédéric Le Junter, Kasper T. Toeplitz, Noël Akchoté, eRikM, David Fenech, Quentin Rollet, Didier Lasserre... J'ignorais Thierry Müller, Fabrice Baty, Denis Tagu, Véronique Vilhet, Lucien Suel, Michel Henritzi, Arnaud Labelle-Rojoux, Frank Laplaine, Lionel Fernandez, Emmanuel Holterbach, Frédéric Acquaviva, Francis Ibanez, Grégory Henrion, Arnaud Maguet. L'underground est grand, Philippe Robert serait-il son prophète ?
Il n'y a pas de meilleure source que de donner la parole aux protagonistes de cette saga protéiforme. Les entretiens révèlent des personnalités hors normes, même si un fil bleu blanc rouge révèle des noms communs. À retrouver souvent ceux d'Isidore Isou, Claude Pélieu, Captain Beefheart, Robert Wyatt, Christian Marclay, Otomo Yoshihide, Nurse With Wound, Sonic Youth, Phill Niblock, Eliane Radigue (aucun ne risque de figurer dans l'ouvrage), on peut se demander si cette toile d'araignée est un rhizome ou un monde parallèle où les plus indépendants ne feront tout de même jamais partie de la famille ! Les renvois d'ascenseur se sont produits il y a fort longtemps à l'instigation des journalistes et des programmateurs, forgeant la légende à répéter ce qui se disait alors dans la presse tant généraliste que spécialisée. Tout n'est forcément que storytelling, comme le montre si bien Shlomo Sand dans son livre Crépuscule de l'Histoire. Malgré cette conformité qui en vaut une autre, l'éclatement de ces marges est explicite. Tous ces artistes, échappant au business qui ne cherche toujours que la rentabilité, ont choisi l'authenticité et partagent ici leur passion. Certaines de leurs inventions ont été récupérées par les majors à une époque où celles-ci cherchaient encore la nouveauté, d'où une nostalgie suscitant l'engouement actuel pour les revivals. Qui aujourd'hui incarnerait l'underground ? A-t-il été remplacé par des chapelles communautaires ou la sono mondiale via les réseaux sociaux absorberait-elle toute démarche individuelle ?
L'année prochaine, le volume 3 de cette passionnante encyclopédie sera..., ..., ...
( la suite, ici )
POST-SCRIPTUM 801
JEAN-FRANÇOIS PAUVROS / GABY BIZIEN, Pays Noir, SouffleContinu Records
Inédits avant cette édition, les trois morceaux de Pays Noir proviennent de sessions d'enregistrement datant de la même époque que celles du culte No Man's Land produit par Jef Gilson en 1976, puis réédité en vinyle par SouffleContinu Records en 2017. Remarquée en son temps par Actuel, Rock & Folk et Melody Maker, la tabula rasa qu'offre No Man's Land découle directement d'expériences libératrices mais accouchées par hasard, à en croire les intéressés. En effet, leur éveil à l'improvisation tous azimuts prend racine en dehors des cercles d'initiés associés à son milieu, ce qui rend la chose plus incroyable encore ! D'autant que le saxophoniste Evan Parker (alors déjà une sommité en la matière) la remarque en son temps, surpris par l'esprit novateur des Français !
Animés par la même ferveur que sur No Man's Land, et principalement à la guitare comme à la batterie (mais pas que, une fois encore), Jean-François Pauvros et Gaby Bizien inventent un incroyable chaos débridé de combinaisons instinctives, fruit d'une immense complicité née de journées entières passées à jouer, tout en essayant de transformer les déviances du rock en étincelles déstructurées et inédites, parfois très poétiques – ah, le chant final !
Porté par les ferraillements possédés de Gaby Bizien, Jean-François Pauvros s'impose sans aucun mal comme l'un des grands improvisateurs français à la guitare, aux côtés de Gérard Marais (Dharma Quintet, Stu Martin Trio), Joseph Dejean (Cohelmec Ensemble, The Full Moon Ensemble), Raymond Boni (tout comme Pauvros et Bizien, présent sur la liste de Nurse With Wound), Dominique Répécaud, Noël Akchoté et Jean-Marc Montera. En outre, ce duo possède une flamme et une folie qu'on ne retrouve guère que sur les enregistrements de Bill Orcutt / Chris Corsano, Arto Lindsay / Paal Nilssen-Love, Thurston Moore / John Moloney et Mesa Of The Lost Women !
Une sorte de no wave à la française et avant l'heure !
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Previously unreleased, the three tracks on Pays Noir come from recording sessions held at the same time as those for the cult album No Man's Land (FFL 026LP), produced by Jef Gilson in 1976, and published on vinyl by Souffle Continu Records in 2017. Singled out at the time of its release by Actuel, Rock & Folk, and Melody Maker, the tabula rasa of No Man's Land is the result of free-flowing experiments born of chance, if the two musicians are to be believed. Indeed, their approach to free improvisation was uninfluenced by those in the know of what was going on in such circles, which makes it even more incredible. To emphasize the point, the saxophonist Evan Parker (already a leader in the field) remarked on the album at the time, surprised by the innovation of the two Frenchmen.
Brimming with the same fervor as No Man's Land, mainly on guitar and drums (but once again, not only...), Jean-François Pauvros and Gaby Bizien invent an amazing unbridled chaos of instinctive combinations, which are the fruit of their immense complicity, born of days on end playing together, trying to transform the rebelliousness of rock into free-form sparks unlike anything heard before, and which are often poetic -- ah, that final song!
Carried along by the frenzied clatter of Gaby Bizien, Jean-François Pauvros emerges without doubt as one the great French improvising guitarists, alongside Gérard Marais (Dharma Quintet, Stu Martin Trio), Joseph Dejean (Cohelmec Ensemble, The Full Moon Ensemble), Raymond Boni (who, like Pauvros and Bizien, is present on theNurse With Wound list), Dominique Répécaud, Noël Akchoté, and Jean-Marc Montera. Furthermore, the duo has a crazy intensity heard only on recordings by duos such as Bill Orcutt and Chris Corsano, Arto Lindsay and Paal Nilssen-Love,Thurston Moore and John Moloney, and Mesa Of The Lost Women. A kind of French no wave ahead of its time.
( Jean-François Pauvros, par là, by there )
POST-SCRIPTUM 788
AGITATION FRITE 2 : PAR GRAND FROID, SUR LES FALAISES
Agitation Frite 1, Témoignages de l’underground français est donc sorti chez Lenka lente. Un second volume est en préparation. La forme en est la même : un peu moins d’une quarantaine d’entretiens dont la plupart, cette fois, sont inédits. On en trouvera ici des extraits, régulièrement. Par exemple, Raymond Boni.
EXTRAIT…
Toulon est une ville dure. J’y suis né et je l’ai quittée à 16 ans. C’est une ville où je n’ai pas été heureux mais où j’ai rencontré des gens. Des gens qui aimaient le jazz. Il y avait un bistrot dont le patron était un fanatique de ça et du football, un type qui m’a fait découvrir certains disques avant l’heure. Dix ans avant la mode, il connaissait Ravi Shankar. Puis le free jazz. Dans le jukebox, le plus mauvais disque c’était Jacques Dutronc, et c’était déjà pas mal. Il y avait aussi du Georges Brassens, du Nina Simone, du Ray Charles... Rien de mauvais. Et Albert Ayler, John Coltrane, Stan Getz, Lionel Hampton, les Jazz Messengers d’Art Blakey, Thelonious Monk, Charles Mingus, en 45 tours ! C’était extraordinaire. Il se passait des choses. Quand les Jazz Messengers venaient, on faisait une soirée intime, de bric et de broc, en faisant le bœuf avec les gitans qui passaient. C’était dans les années 1950 / 1960. Dans les bals, ils jouaient du free jazz sur du rhythm’n’blues. Maintenant c’est plus pénible, Toulon. Facho. Toutefois, il reste toujours des gens formidables.
Ensuite, j’ai passé quatre ans en Angleterre, puis je suis revenu à Toulon. J’ai vécu quinze ans à Paris, puis je suis redescendu à Marseille et enfin à La Redonne (magnifique petit village portuaire à un quart d’heure de Marseille – ndr) où j’habite depuis huit ans. Les musiciens n’hésitent plus à sortir de Paris, ville qui devient vraiment impossible à vivre. Il n'y a plus d’argent pour ce genre de musiques improvisées... Depuis deux ans, j’y joue à nouveau assez souvent, notamment aux Instants Chavirés. Ces quinze / vingt dernières années, j’ai surtout travaillé sur des musiques de spectacle. Quand on n’est pas à Paris, les gens n’appellent plus, les médias vous oublient. Peut-être même imaginent-ils qu'on fait la gueule ? C’est ridicule, mais c'est comme ça ! J’ai fait des tournées avec Joe McPhee aux États-Unis et une au Canada il y a déjà pas mal d'années. A l’époque, parce que j’étais timide, je n’ai jamais été fichu d’en parler alors que d’autres payaient pour jouer dans certains endroits. Je crois qu’aujourd’hui, si on a du blé, et qu’on fait de la publicité autour des disques, avec une somme d’argent bien gérée, et une musique assez bien réalisée même si sans génie, on peut devenir une star ! Je l’ai vu ces dernières années. Et j’ai négligé ce sens-là du business : on a dû considérer que j’avais mauvais caractère, que j’étais méprisant. J’aurais aimé que ça se passe autrement ; cependant je ne sais pas appâter, ce n’est pas dans mon caractère. Ça fait pas mal d'années que les journalistes, dans la presse spécialisée, ne font plus leur boulot. Ils parlent de gens qui savent mener leur carrière, mais qui n'ont rien à dire.
Si tu regardes l’histoire du jazz, beaucoup ne sont pas d'origine française : il y a des Italiens, des Espagnols, des Grecs, des Arméniens. Des gitans qui font du jazz pour pouvoir s‘exprimer. Socialement, ça s’explique. Marseille a beaucoup de charme. C'est une ville indisciplinée qui échappe au pouvoir, et j’espère que ça restera comme ça. On n’étonne pas le public à Marseille. Quand je suis arrivé ici, qu'est ce que j'ai vu ? Le dimanche après-midi, par grand froid, sur les falaises exposées au mistral, des gens face à la mer au lieu de regarder la télé. Quand on voit le spectacle de Marseille, on ne peut pas se prendre très au sérieux. Le Marseillais n'est pas étonné. Ici, on frime pour rigoler. Le Marseillais, à la différence du Parisien, a beaucoup d'humour avec ça. C'est sain..., ..., ...
( Raymond Boni, par là )
POST-SCRIPTUM 734
INAUGURER, VERNIR, MÂCHER, DIGÉRER, FUMER, ADMIRER, BOIRE, DANSER, PARAÎTRE, MOQUER, DISPARAÎTRE…
Version couleur (dans le livre elle seront en noir & blanc)de quelques-unes des 45 illustrations à paraître dans le deuxième volume d’Agitation Frite, témoignages de l’underground français, chez Lenka lente, en mai 2018, pour les cinquante ans de Mai 68 ! Entretiens avec Ferdinand Richard, Pascal Bussy, Marc Hurtado, Emmanuelle Parrenin, Raymond Boni, Lionel Fernandez, Denis Tagu, Gilles Yéprémian, François Tusques, Michel Henritzi, Ghédalia Tazartès, Joëlle Léandre, Kapser T. Topelitz, Henri-Jean Enu, Emmanuel Holterbach, Frédéric Acquaviva, Caroline de Bendern… Soit l’histoire du Front de Libération de la Rock-Music, Atem, Fille Qui Mousse, Étant Donnés, Tago Mago, Le Collectif Le Temps des Cerises, Hellebore, Toupidek Limonade, Look de Bouk, Sleaze Art, Sister Iodine, Éliane Radigue, In-Poly-Sons, Tonton Macoute, Henri Chopin, Isidore Isou, Mai 68, Zanzibar, Serge Bard... Avec un cahier critique (Barney Wilen, Cohelmec Ensemble, Workshop de Lyon, Igor Wakhewitch, Horde Catalytique Pour La Fin, Jacques Dudon, Jean-François Pauvros, etc.) en supplément !
Renseignements plus complets, ICI.