Huit clos avec Sam Anipule.
Part 1
Février 2020. Le 20 pour être précise.
Je reçois un appel d'un numéro inconnu. On est dans les alentours de 20h50.
Je décroche par curiosité. La voix ne m'est pas inconnue. J'accepte le rendez-vous.
Et c'est là que débute l'épisode Sam, l'irrésistible jongleur des mots.
Au premier abord, il paraît profond, sincère, compréhensible. Sam a une vie bien remplie. Sam a de l'énergie.
Il te noie de compliments, le Sam. Il fait ça très bien. Te mettre en confiance, le Sam.
Mais ton intuition te parle. J'ai très froid chez lui. Je ne sais pas où me mettre. Je dors dans le canapé.
Quelque chose est étrange, chez ce Sam.
Très vite, tu es présenté.e à tous ses amis. Amis. Disons plutôt groupies. Qu'on flâte de temps en temps. Pour garder le contrôle.
Au cas où, un jour, on aurait besoin d'aide. De témoins.
Sam fait ça très bien.
Et ton intuition continue à te parler ; " C'est.. singulier ?"
2 semaines après votre rencontre, vers 01h00 du matin, un coup de fil de Sam.
Après une conversation intime avec Sam après une semaine de fréquentation, j'ai fait la grossière erreur de personne anxieuse de lui dire que j'avais peur qu'on me brise le coeur.
Sam a réagi. Sam a eu une relation adultère.
Sam est désolé. Sam préfère en finir même s'il m'aime de tout son coeur.
Le piège se referme petit à petit.
Je décide de pardonner Sam et de lui donner une seconde chance. Sam est humain, après tout.
Et je suis curieuse. Curieuse de découvrir ce Sam. Ce personnage magnétique.
Le comportement de Sam change.
Les petites remarques cyniques font leur apparition parmi les sporadiques marques d'affection.
Début du Premier Confinement.
Sam est changeant. D'un jour à l'autre, ses cris font place au silence. Et vice versa.
Comme il peut être intense ! Dirait-il.
Ah.. Sam.
Je m'occupe en dessinant, en cherchant du travail, je l'aide.
Nous mangions encore ensemble, on ne se disait pas grand chose.
Il parlait beaucoup. Souvent, je ne devais pas l'interrompre.
Ce fût quelque fois de bon conseil, les inepties se faisaient nombreuses.
Nos prises de tête s'entrecoupaient par des appels, à des amis. Pour confirmer ses dires.
Parfois les miens. Rarement.
" Tu ne comprends rien !"
" J'ai jamais eu autant de soucis avec quelqu'un qu'avec toi"
" Si je te dis ta gueule, casse-toi, tu me fais chier c'est pas pour t'insulter hein ! C'est parce que tu me saoules mais justement, c'est pour ça que je t'aime ! "
" Dégage "
" Tu es mon être humain préféré ! " ( après quelques insultes et suivi d'un petit rire enfantin )
Ma boîte à neurones commence à sâturer.
Je dissocie 20h par jour.
Je ne me coiffe plus. Ne me maquille plus.
J'ai perdu 5 kg.















