Roos, la petite trentaine, vient rendre visite à sa mère et son frère qui vivent dans un coin reculé de Norvège. Autant les retrouvailles avec le petit frère, Bengt, se font dans une effusion de joie, autant celles entre la mère et la fille sont glaciales. Roos et Bengt ont une relation presque sensuelle, très tactile du moins. Elle lui a apporté un cadeau: un amplificateur/enregistreur de sons que Bengt essaie presque aussitôt car Bengt se régale de faire de la musique avec toutes sortes de sons captés dans la nature. Il se sculpte dans la glace - une sorte de grotte couverte de stalactites glacées - un magnifique instrument grandeur nature. Si la musique fait partie de leur vie ce n’est pas pour rien, leur mère est pianiste. Mais Roos a choisi une autre voie, visuelle; elle est photographe. Le titre français “Sonate pour Roos” reste dans le thème musical alors que le titre original annonce la couleur, le dénouement: la disparition. Car si Roos est revenue cette fois c’est avant de disparaître, définitivement. Le film se construit autour des relations de Roos avec son frère, sa mère et un ami ex amant, enrichi des sons cristallins de Bengt ou la musique au piano de la mère et de photos instantanées que prend Roos dans cette nature si belle qui invite à la paix. Le néerlandais Boudewijn Koole filme avec délicatesse cette pré-disparition et on aurait presque envie de se perdre dans cette immensité glacée d’un blanc immaculé.














