Le roi Philippe la reine Mathilde de Belgique assisteront à la cérémonie d'abdication du grand-duc Henri et à l'accession du grand-duc Guillaume le 3 octobre 2025 à Luxembourg.
Le roi des Belges et le grand-duc de Luxembourg sont cousins germains.
Le premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde a présidé une réunion avec la commission qui prépare l'arrivée du Roi de Belgique
Le premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde a présidé une réunion avec la commission qui prépare l’arrivée du Roi de Belgique
Premier Ministre, Jean-Michel Sama Lukonde.
La RDC s’apprête à accueillir deux grandes personnalités de marque, en l’occurrence le Souverain pontife, Pape François, et le Roi Philippe de Belgique. C’est dans cette optique que le Premier Ministre, Jean-Michel Sama Lukonde, a présidé, ce mardi 31 mai 2022, à l’hôtel du Gouvernement, une importante réunion du comité préparatoire de ces deux grands…
Dans son allocution télévisée du 20 juillet, le roi Philippe a notamment dit : « Plus que jamais nous devons être à l’écoute de ceux qui souffrent en silence. » Pour faire droit au sens d’un énoncé, il ne faut bien entendu jamais le sortir de son contexte, qui était en l’occurrence une incitation à suivre l’exemple de celles et ceux qui avaient été « en première ligne » pour lutter contre la pandémie du Coronavirus en accompagnant, soignant, soulageant, voire guérissant les trop nombreuses victimes.
Dans un premier temps, on se demande pourtant si un discours si soigneusement préparé, sans doute rédigé, relu et corrigé par des plumes expertes, (rappelons que selon la Constitution belge, le roi ne peut poser un acte politique que s’il est couvert par un ministre) ne devrait pas éviter des illogismes, ne fussent-ils qu’apparents, dans la formulation même des pensées qu’il prête au souverain ? Sachant surtout que celles-ci seront entendues par des millions de téléspectateurs ? Si le roi avait dit qu’il fallait être à l’écoute de ceux qui souffrent, on aurait tout de suite acquiescé. Mais en ajoutant qu’il visait des personnes qui souffrent en silence, ne risquait-il pas d’en dire trop et de brouiller ainsi le message ? Car à vrai dire, qu’entend-on quand on est à l’écoute de quelqu’un qui souffre en silence ? Avec tous les égards dus à l’orateur royal, la réponse ne peut être que : rien. Car il est dans la définition même de ces silencieux de ne pas parler de leur souffrance, de ne rien laisser apparaître, surtout de ne pas la crier sur les toits. Dans ce cas, aussi sensible que soit l’écoute, la souffrance ne sera pas entendue, puisqu’elle sera tacite.
Or comme nous l’avons souvent démontré ici, dans la pragmatique de la communication, la logique rigoureuse n’est ni la seule norme, ni la plus importante. Parfois on atteint même de meilleurs résultats en y dérogeant, voire en y renonçant. Prenons le silence des victimes dont il était question dans ce discours. Imaginons qu’on se trouve sur les pentes enneigées des Alpes en Haute-Savoie. La perspective est comme on dit « à couper le souffle » et on ne perçoit aucun bruit. Tout à coup, le premier de cordée s’arrête un instant dans la montée, se retourne sur le spectacle époustouflant et dit à ses compagnons : « Écoutez-moi ce silence ! ». Va-t-on lui reprocher d’avoir dit un contresens ? Évidemment non, parce qu’on peut être tellement habitué à la pollution sonore de la vie moderne, qu’il faut une attention particulière, une écoute attentive, pour constater l’absence totale de bruit. Plus fort encore, prenons l’exemple d’un problème éthique qui secoue la société tout entière (pédophilie, euthanasie, consommation de drogues, violences faites aux femmes) et sur lequel on attend désespérément l’avis d’une Autorité civile ou religieuse, d’un ministre, d’un parti. Dans le cas où cette prise de position indispensable n’arrive pas ou tarde trop, n’a-t-on pas raison d’utiliser une figure de style en parlant d’un silence assourdissant ? Or, selon toute bonne logique et au sens le plus plat, ce n’est jamais le silence qui assourdit ou rend sourd. Pourtant, dans la mesure où l’oxymore arrive à mettre en relief à la fois l’attente intense d’une parole et l’absence totale de celle-ci, il exprime mieux le contraste que ne le ferait un raisonnement logique.
La contradiction apparente entre l’écoute et le silence sera à coup sûr passée inaperçue chez la plupart des auditeurs-spectateurs du message royal. D’autant qu’à la veille de la Fête nationale, remplis qu’ils sont plus de bienveillance que de sens critique, ils cherchent avant tout le sens général de la prise de parole. Ajoutons à cela que l’orateur, contrairement à une longue tradition dans cet exercice, se tient debout et n’hésite pas à souligner certains de ses propos d’un geste éloquent qu’au prétoire on appellerait un « effet de manche ». Et à la différence de certains journalistes, qui lisent sur leur prompteur des informations très intelligentes, mais visiblement sans les comprendre, le roi adopte une intonation juste, séparant bien les groupes de mots et les phrases et accentuant les mots pivots qui portent l’essentiel du message. Pas de doute, même s’il n’a pas écrit seul ce discours, même s’il s’est sans doute entouré de conseillers et diplomates divers, au moment de le prononcer, il est convaincant, parce qu’il pense visiblement ce qu’il dit.
Il n’empêche qu’un recours trop appuyé aux figures de style, métaphores et autres images fleuries mène parfois à l’incompréhension, voire à la risée. On se souviendra de ce dirigeant africain qui, après avoir constaté que son pays se trouvait au bord du gouffre, l’incita néanmoins à faire un pas en avant. Moins connue est la réflexion de cet élève, qui résumait l’histoire de son pays dans une rédaction en écrivant : chaque fois que la France fut ainsi décapitée, elle sut relever la tête. À la veille de la Fête nationale, le roi Philippe n’en était heureusement pas là. Et l’apparent paradoxe entre écoute et silence ne nous a pas empêché de l’écouter. En silence.
Le Roi reprend ses consultations ce mardi matin. Paul Magnette a donc demandé d’être déchargé de sa mission d’informateur lundi. Le Roi n’a pas encore accepté et réserve sa décision. En attendant, place aux consultations. ►►► Lire...