CE 25 NOVEMBRE 2012 A O2 ARENA, LONDRES
The Stones exceeded by 35 min. the time they were allowed to play and were fined 200 000 £.
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CE 25 NOVEMBRE 2012 A O2 ARENA, LONDRES
The Stones exceeded by 35 min. the time they were allowed to play and were fined 200 000 £.
THE DREAMER - Nicky Hopkins
Un morceau en solo de Nicky Hopkins, pianiste de session des Rolling Stones
(Source: voir http://rollingstoned.tumblr.com/post/29716632145/fbon - voir aussi http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3054 et François Bon)
INTERVIEW DE NICKY HOPKINS
(Source: voir http://rollingstoned.tumblr.com/post/29716632145/fbon - voir aussi http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3054 et François Bon)
ANGIE - Version instrumentale par Nicky Hopkins, Charlie Watts et Bill Wyman
(Source: voir http://rollingstoned.tumblr.com/post/29716632145/fbon - voir aussi http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3054 et François Bon)
Basically, a two guitar band, dira Richards toute sa vie : le binôme des deux guitares alternant leurs rôles sera la base des Rolling Stones.
Ian Stewart avait pourtant été le premier Stone officiel, répondant à la première audition tentée par Brian, surveillant son vélo par la fenêtre et posant son sandwich sur l’instrument. Stu est viré par Andrew Loog Oldham pour cause de bonne tête, sans réfléchir qu’en studio l’apport des claviers est indispensable.
Stu restera donc toute sa vie non pas seulement le logisticien des Stones, le directeur technique, autorité morale, mais leur pianiste de scène dès que ça bouge un peu, et qu’on va vers le boogie-woogie (l’écouter aussi dans Boogie with Stu de Led Zeppelin, puisqu’il accompagne le camion studio des Stones quand on le loue aux copains).
Les trois cruciales premières années, un des facteurs déterminant de l’explosion Stones c’est qu’ils enregistrent à Chicago et Los Angeles – tous les mixages des 45 tours se font chez RCA, un son auquel n’ont pas accès les européens, et la présence de Jack Nitzsche, premier dans ce rôle de pianiste arrangeur bricoleur.
Le studio Olympic ouvre à Londres en 1967, dispose à son tour d’une console analogique 8 pistes, et de ce moment les Stones enregistreront chez eux.
Nicky Hopkins a l’âge de Richards à 2 mois près, il a lui aussi reçu le baptême du Marquee avec Screamin’ Lord Sutch, le groupe phare des débuts, qui n’aurait jamais pensé se faire déboulonner par les Stones. Le grand type maigre et timide passe de groupe en groupe, et finit par rejoindre le Jeff Beck Group, ce sera sa première tournée américaine. Il est trop invisible, celui qui intitulera son disque solo The Thin Man Was A Dreamer. On ne se souvient pas assez qu’il joue sur les premiers albums du Jefferson Airplane et qu’il est sur scène avec eux à Woodstock.
Quand les Stones se lancent dans Satanic Majesties, l’époque est aux expérimentations studio. La première contribution pour eux de Nicky Hopkins sera We Love You (avec le bruit des portes de prison qui se ferment, et les Beatles dans le choeur). Et voir One + One pour son rôle dans Sympathy For The Devil.
Nicky Hopkins est indissociable des disques de la période de crête, Beggars , Let It Bleed, jusqu’à Exile. Il participera peu à la vie de tournée : la maladie de Crohn, qui lui gâchera la vie dès l’enfance et qui l’emportera à 50 ans. Il continuera pourtant ses enregistrements avec les Stones jusqu’en 1980... Ci-dessous la bande instrumentale d’Angie, avec Watts et Wyman, mais en amont de guitares et voix.
Il faut écouter le concert L.A. Friday en 1975 pour découvrir l’importance qu’a prise Billy Preston, celui qu’ont propulsé les Beatles (il est dans Get Back. Amusant de savoir que son énorme perruque afro cache un crâne chauve. Dans le milieu du concert des Stones, moment où on laisse se calmer l’affaire avec deux morceaux de Preston... accompagné par les Stones. Les Stones devenus de backing group d’un mercenaire... Richards dit qu’il finit par le virer lorsqu’il le voit arriver avec son ingé son. Mais, dans cette période trou d’air qui suit le départ de Mick Taylor, et Richards en permanence entre deux shoots, il fallait un point d’appui.
Les Stones ont dans chaque disque, et toujours à leur programme de scène, quelques morceaux lents. En 1971, ils découvrent la force supplémentaire que c’est d’avoir sur scène des cuivres, plus tard ils ajouteront un choeur (Lisa FIscher et Bernard Fowler totalisent chacun plus de vingt ans de Rolling Stones). Le statut de l’homme-clavier est alors démultiplié : en amont de sa propre partie d’orgue ou de piano, il est celui qui décide des arrangements, coordonne l’orchestre. Parce qu’on joue en grande formation, le jeu des deux guitares en avant sera plus libre, et Richards saura s’en amuser, trouver des contretemps.
Ronnie Wood (qui était avec Nicky Hopkins dans le Jeff Beck Group) amène avec lui, le pianiste des Faces depuis l’origine, Ian McLagan. Pas compris pourquoi, après 5 ans de bons et loyaux service, les Stones l’évacuent, et recrutent par audition pour la tournée américaine de 1981. Chuck Leavell, américain et 10 ans de moins, des Allman Brothers, décroche le poste. Trente ans après, il est le 5ème Stones dans la hiérarchie, avec le bassiste Darryl Jones, mais jour un rôle bien plus décisif : il est l’armature musicale de Mick Jagger, en contrepoint à Richards et Wood. Lui qui fait faire ses vocalises à Mick, place les choeurs, décide des cuivres. En plus, il chante. Tout ce dont avait rêvé Billy Preston, mais sa bonne tête rondouillarde et barbue (fini, le licenciement pour délit de bonne tête) reste sagement derrière l’orgue multi-clavier. Le décès de Stewart en fait l’homme indispensable.
Reste l’éviction du timide et frêle Nicky Hopkins, qui apportait avec lui l’authenticité du Marquee, et ses inclassables sons saturés et flottants. Grand Nicky Hopkins (écouter ci-dessous la première version de Sister Morphine, quand le piano semble attendre le futur solo de Ry Cooder). Il finit par s’installer en Californie, puis à Nashville parce que sa compagne y tient un restaurant. Pas riche, Nicky Hopkins, après tout ce qu’il a fait pour tous ces inusables titres des Stones, dont un seul suffirait à dix vies ? Ben non, il était payé à l’heure, cachet présence studio, et vous repasserez pour le reste.
Un épisode de la vie des Rolling Stones par François Bon.
2007 (?) | leçon de blues, par Mr Keep Rigid
(Source: http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2950 - voir aussi http://rollingstoned.tumblr.com/post/29498921336/fbon et François Bon)
Compliquée, l’affaire Performance. Et d’un impact disproportionné à l’intérêt du film dans l’histoire de son art.
Côté Mick, par exemple. Le chanteur est une rock star, il est dépositaire de la part mythologique de son époque. C’était le cas du poète un siècle plus tôt, et bientôt cela passera dans les mains de l’acteur de cinéma. Trois grimaces de composition de Keith Richards pour Johnny Depp font plus de presse people que trois ans de X-Pensive Winos. La vacuité de l’acteur (pas Depp, en général) se prête bien à ce dépôt de l’imaginaire collectif. Pour le chanteur ou l’écrivain, pour cela on les préfère morts, comme Buddy Holly ou Jim Morrison. Donc Mick rêvera toute sa vie (plus maintenant, je suppose, mais il ne s’est pas plus exprimé sur ceci que sur le reste) de transporter sa propre mythologie dans un espace où elle serait honorée en tant que telle, et non pas comme ses copains Keith ou Charlie qui se considèrent d’abord comme musiciens, et de blues encore. Quand Mick renoncera à ses rêves d’acteur, il ne pourra se défendre d’aller perdre des quantités faramineuses d’argent (à notre échelle, pas la sienne) en se faisant producteur, ce qui est une autre façon d’accomplir le même rêve.
Et pourtant, sur un quiproquo de départ. Mick, le chanteur, le danseur, le concepteur est un fabuleux acteur de cinéma – dans trois films, One + One, Gimme Shelter (oh que oui), Cocksucker Blues. Le cinéma lui bâtit trois rôles basés uniquement sur l’ambiguïté de ce transfert : Performance, Ned Kelly, Aguirre ou la colère de Dieu. Seul le troisième, pour Werner Herzog, était un véritable défi à la fois au cinéma, au personnage, à la musique. Mais Mick, qui sait ce que c’est, en musique, l’affreuse et harassante contrainte du travail, calera en cours de route : c’est beaucoup trop dur. Herzog recommencera le tournage avec Klaus Kinski, nous laissant le film qu’on sait.
Maintenant, Performance. On est l’été 1968, dans ce passage en surplomb entre l’éviction de Brian, la crête qu’est Beggars Banquet, et ce qu’on nommera Stones Mach II, la reprise de la scène en 69. Donald Cammell trouve un artifice narratif, un méchant aux abois se réfugie chez une rock star en détresse, qui vit de façon décadente (ou plutôt : d’une façon qui puisse être considérée comme relevant de la morale rock’n roll, en outrage aux bonnes moeurs). Notamment parce que monsieur vit avec deux dames et font ménage à trois, tout est là.
Après, il y a longtemps qu’on avait les données principales. Keith Richards attendant au volant de sa Bentley, sur le parking des studios, que la journée de tournage soit finie et que se sépare le trio érotique, appât du film, que constituent Mick Jagger, Anita Pallenberg et Michèle Breton. L’actrice Michèle Breton (que Richards appelle « Mouche ») et une autre icône des sixties, Deborah Dixon, vivent avec Cammell une relation similaire – relation que Cammell avait déjà eue avec la même Deborah Dixon et Anita Pallenberg elle-même, avant qu’elle parte rejoindre Brian Jones. Le choix d’Anita Pallenberg par Cammell ne tient donc pas seulement à l’aura du Living Theater ou de Pasolini, mais à sa propre vie privée qu’il met en scène, et la résonance, un an plus tôt, de Brian Jones quitté pour Keith Richards.
Cammell laisse l’héroïne circuler. Depuis un an, elle et Keith se contentent de l’inhaler. Pendant et après le tournage, seringue.
Ce qu’on savait, c’est la violence de la réaction, côté Keith Richards, à un tournage qui expose avec complaisance ses scènes de baise entre Pallenberg et Jagger. Ce qu’on n’imaginait pas, c’est comment dans son autobiographie Life, parue en 2010, 40 ans plus tard, cette violence est intacte, brûlante, correspond aux pages les plus raides du livre.
Contre Cammell d’abord, fils de riches, manipulateur, destructif envers qui manifeste des qualités qu’il n’a pas. I really didn’t like Donald Cammell, a twister and a manipulator whose only real love in life was fuckin other people up. Et l’étrangeté de ce passage, où Keith analyse qu’un tel comportement destructif ne peut que se retourner contre soi-même. Cammell se suicide en 1996, on le savait. Que Richards rapporte dans son autobiographie, clairement et tranquillement : there’s nowhere else for you to go, the best thing you can do is to take the gentleman’s way sont ses dernières paroles à Cammell, deux ans avant son suicide, c’est comme – vingt-cinq ans après – imposer peine de mort pour vengeance.
On n’est pas dans du léger. Mais il y a deux autres choses, qui motivent ce billet.
La première, c’est comment Richards, dans cette rage froide, lâche cette phrase sur l’anatomie de Mick Jagger, she had no fun with the tiny todger. I know he’s got an enormous pair of balls, but it doesn’t quite fill the gap. Désolé de s’arrêter à cela, mais : - Richards fait de son autobio une opération vérité, mais on sait bien que ses états de conscience sont régulièrement flous, pour le moins. Mais le journaliste qui l’enregistre sait immédiatement la mine explosive qu’il détient. N’importe quel nègre avec un peu de déontologie se serait abstenu de reproduire cette phrase. Elle défraiera la chronique à elle seule plus que le livre tout entier. Pire : cette année 2012, où il aurait fallu que les Stones se recollent et tournent, Jagger demandera et obtiendra – mais seulement en avril, donc trop tard – des excuses officielles et formelles de la part de Richards pour cette phrase. Oublions-la (et photo ci-joint prises par Anita Pallenberg elle-même sur le tournage de Performance, Mick avec Michèle Breton, pour juger sur pièce). Ce qui est signifiant : 40 ans après, l’attaque la plus dure de Richards envers Jagger tient encore à la scène de Performance. Il dit, encore plus clairement : it probably put a bigger gap between me and Mick than anything else, but mainly on Mick’s part, not mine. And probably forever. Tout le destin ultérieur et définitivement bicéphale des Stones tiendrait donc à ce type qui attend dans sa voiture, sur un parking vide, sa femme qui ne vient pas, s’amuse avec son meilleur copain. Et qu’on le note bien : la jalousie qui s’exprime dans Life, 40 ans après, ne concerne pas Anita Pallenber (Keith qu’il n’est pas un jealous guy, qu’Anita avait sa vie, et que lui-même ne s’est jamais privé, voir par exemple dans Cocksucker Blues la grande fille noire qui l’accompagne dans la tournée, ou ce qu’il dit de sa propre relation avec Marianne Faithfull). L’adultère évoquée avec rage et violence dans Life concerne explicitement le couple Jagger-Richards. - mais deuxième élément, et qui nous vaut, dans tout autre registre, une des plus magnifiques pages de Life. On revient à Robert Fraser, le galeriste qui fera avec Keith et Mick de la prison après l’affaire Redlands. Il semble que, ces temps-ci, Keith n’ait plus de pied à terre londonien (son appartement de Saint-John Wood toujours occupé par Linda Keith ?), il loue à Fraser pour la durée du tournage, mais dit dans Life que finalement il n’avait pas déménagé, il a donc loué l’appart avec le propriétaire. C’est à Mount Street, c’est l’été et survient un orage violent. Rafales de vent parmi les gens qui s’enfuient, le ciel est noir. Richards est derrière la fenêtre, et une fois de plus lui viendra la phrase noyau (penser, on l’a découvert aussi dans Life, que toute sa vie il a tenu un journal) : Threatening my very life today. Alors les accords viennent, la majeur, si majeur, et puis do dièse mineur – aberrant. You’ve just to recognize the set ups when you hear them. A lot of them, like this one, are accidents. Une des plus belles et immenses chansons des Rolling Stones, Gimme Shelter, sera aussi née de la frustration du parking, et de la tambouille Cammell pour Performance, où se casse définitivement le binôme articulaire du groupe.
Un épisode de la vie des Rolling Stones par François Bon.
ROLLINGSTONIA: ROLLING STONES PARTY PACK
(Source: voir http://rollingstoned.tumblr.com/post/29297997704/fbon et François Bon)