Chaque élément avait son importance. La vie était faite d’une myriade de composants qui ne pouvaient briller de tout leur éclat que lorqu’ils étaient main dans la main.
Tout comme l’esprit a besoin du corps pour s’épanouir, tout comme l’ombre a besoin de lumière pour grandir, sa création manquait d’un petit quelque chose pour devenir parfaite.
L’Elezéen soupira en avalant une gorgée de la boisson qu’il préparait avec minutie. Non, ça n’était pas encore cela. Chaque âme, protégée d’Hydaelyn, possédait une couleur, une texture, une odeur même, si l’on était assez expérimenté pour les voir et les comprendre.
Il en était de même avec sa boisson. Elle avait cette couleur chaude, cette odeur mielleuse et épicée… mais il manquait cette chose.
Cette chose qui serait le parfait reflet de l’âme qui allait la boire.
L’Elézéen soupira une seconde fois en reposant sa tasse en fer un peu chauffée. Un soupir plus long et plus profond que le premier, mais aussi plus doux.
Il cligna des eux en souriant tout seul, tel un enfant. La personne à qui il pensait offrir ce chocolat ne verrait peut-être même pas l’effort qu’il allait mettre durant la dernière demie-heure, pour l’accueillir avec ce chocolat chaud et odorant.
Haurchefant aimait ce moment où le Miqo’te, mouillé et détrempé par la neige ou la pluie froide du Coerthas, rentrait dans la demeure de pierres grises de l’Ishgardien, après une chasse ou une excursion dont lui seul connaissait les aboutissants.
Ses cheveux tressés et si bien attachés pendouillaient toujours de part en part, ployant sous le poids de l’eau retenue entre ses fins cheveux. Ses cils assez longs étaient lourds eux aussi, et l’Elézéen aimait voir ses yeux battre lorsque le feu avoisinant faisait tomber les petits cristaux qui s’y étaient formés.
Le meilleur, c’étaient les éternuements. Peu nombreux, ils gênaient toujours le lancier Miqo’te de telle sorte qu’il n’ait pas le choix de se détourner en haussant les épaules dans un petit grognement encore plus mignon que le petit bruit de nez qui l’avait précédé.
Haurchefant vit son sourire s’accroître et passa un grand coup de bras sur le plan de travail face à lui. Il savait enfin quoi mettre.
Prenant sa poudre cacaotée, il y ajouta les trois épices qui le représentaient le plus : le piment dur et brulant qui envahissait la bouche et attaquait la langue sur la première seconde ; la cannelle, qui gardait sa saveur en bouche lorsque le cacao se déversait dans la gorge. Et la cardamome, cette épice légèrement camphré qui donnait cette saveur de pin entêtante.
Il aimait cette combinaison qui reflétait la personnalité sauvage, dure, forgée dans la glace du Miqo’te qui n’allait pas tarder à rentrer. Il l’aimait aussi pour la subtilité qui pouvait s’en dégager puisque de chaque agression de papilles découlaient ensuite une fine caresse, comme celle du vent que déposait Spectral sur sa joue lorsqu’il passait comme une ombre à ses côtés.
Oui, les épices étaient parfaites. Il mélangea le tout dans son mortier dédié à la préparation du chocolat et moulu le tout avec amour.
Puis il prépara le lait chaud, chauffé au feu de bois et prenant cette teinte légèrement beige à la cuisson. Ce lait était parfait pour celui qui allait revenir harassé à la fin de sa journée – nuit plutôt – de travail. Fort en goût, robuste, affirmé. Tout comme sa personnalité.
Mais il manquerait toujours cette chose… Cette douceur dans son regard orange le matin lorsque le chat tombait de sommeil. Ce son ronronnant que faisait sa poitrine lorsqu’il voyait quelque chose de plaisant. Ce sentiment déchirant de bonheur que l’Elézéen ressentait en voyant les oreilles et la frimousse du Miqo’te trahir ses émotions alors que sa face restait stoïque.
Cette toute petite chose de rien du tout qu’il ne savait pas vraiment nommer, aussi.
Cette toute petite chose qui maintenait le tout ensemble, qui faisait briller ses composants jusqu’à leur paroxysme.
Cette chose, elle ne devait pas ressembler à Spectral. Elle devait lui ressembler, à lui. Il était le petit élément oublié de sa composition imparfaite. Une part de lui, qui offrait ce moment de réconfort et de paix à l’âme qui la boirait.
Chauffant le tout, il rajouta alors une petite touche de son alcool favori. Un alcool mielleux, relevé d’une fine couche de crème brune macérée dans un jus cacaoté pendant quelques semaines puis glacée à même la terre enneigée du Coerthas dans une cave familiale.
Haurchefant remua longuement, amoureusement sa création. Il n’avait pas besoin de la gouter pour savoir qu’elle était parfaite. Onctueuse, odorante, épicée, douce, chaude…
Il entendit la porte s’ouvrir et l’ombre de Spectral s’étendre derrière lui. Il n’avait pas besoin de se retourner pour deviner le nez rougi par le froid, les yeux lourds de glace et sa stature fatiguée par la nuit de chasse.
« Bienvenue ! » lança-t-il en se retournant, une tasse de chocolat à la main et un sourire éclatant sur le visage « Une gorgée ? Il est parfait aujourd’hui. »
Le Miqo’te grogna et ses oreilles s’agitèrent plusieurs fois vers l’arrière comme pour signifier son intérêt.
Haurchefant retint un petit rire. Oh oui, il était parfait. Encore aujourd’hui.
Love me. Believe in me. Care for me. Support me and be with me as I grow. If I'm honest, I've forgotten what it feels like to dream of such things with childlike belief.
I think I need the reminder of what it's like to be loved the way I used to love so freely...
Gilneas never had large daily fits of sunlight, and black was horrendous in the heat. Unfortunately, black was also Caroline’s favorite color, naturally. Stormwind’s August was damp, sluggish, and overall an unpleasant experience only made worse by the fact that she hadn’t put forth the effort to talk about the sky or how the weather was to anyone in the city. Friends were far and few, the majority of them too eccentric to be considered reliable in the first place.
She was eternally grateful about her parents’ gift of housing inside the city-- a particularly light looking home with an interior of dark, dry, and bookish smells from the aging wood. The fact that she chose black curtains with interestingly dark symbols embroidered on them made her infamous in her housing row for being a witch. Of course, she wasn’t, but children dared to knock on her door and she enjoyed playing the faceless antagonist for their make-believe games. Her pallid, corpse-like appearance with her silvery-overcast eyes didn’t help much. But maybe she was subconsciously playing into the role. With not many people to socialize with, having that sort of mystique was something she secretly craved.
Today was no different, and she had planned upon staying inside for the remainder of the evening, but lacked the reading material to do so. Her errand for the night included passing by several taverns to get to the library inside the Mage District. A setback, indeed, and it took hours before she gathered the courage to do it.
Ducking beneath an oak tree for much-needed shade, her boots hit the grass of the Mage District. She neglected to cut her hair, the curling beginning at the tips and most of it covering her left eye. She tried to keep it intentionally short to avoid the mess of knots that she remembered her mother contending with. It was worse, now, because she had snugly fit her father’s top-hat onto her head. It matted her hair down in such a way that pushing it out of her eyes simply wasn’t possible. Up ahead, a mass of people gathered around the steps to the Recluse. The Recluse, to her, meant socializing. Socializing, of course, meant ridiculous small-talk that never amounted to anything more than a face to greet whenever you saw them. Not to mention that she hated how her face grew hot and how she couldn’t articulate information, like there was a disconnect between her brain and her mouth. Even when she went to noble gatherings in Gilneas, she disliked meeting and she disliked speaking.
All you’ve to do is walk past without looking, she was telling herself.
A top-hat in the crowd drew her attention, despite her best efforts. It was dangerously similar to her cousin’s. In fact, the man looked -exactly- like him. She stopped for a moment and she berated herself for doing so. She opened her mouth to call his name. It wasn’t him. She closed herself up and prepared to walk off again until she heard a woman’s voice, distinctly Gilnean, but not of the kind she associated with normally.
“Hey! You! C’mere, Oi’ve got a question for you.”
Caroline spun around and was greeted by a fiery-headed woman with brassy skin and an infectious smile. In her life she had never seen anyone with such a combination of skin-tone and hair-color-- or the muscles. The muscles. That simply wasn’t possible. Caroline scanned her over once and after a moment recognized the scent of brandy on her breath. Typical, but...she wasn’t. To Caroline, it felt like ages, but in reality it was only a mere few seconds until the woman spoke.
“He said Oi should kiss you. What d’you say?” She pointed at Halsay’s doppleganger.
Caroline didn’t get much of a word affirming or negating her position before it happened.