« Je me souviens qu'étant encore scolastique, je m'efforçais de retenir les noms de tous les objets qui tombaient sous mes yeux ou qui servaient à mon usage. Je croyais cette connaissance nécessaire pour étudier leur nature. Je relisais chaque jour quelques parties des raisonnements que j'avais brièvement notés par écrit, afin de graver dans ma mémoire les pensées, les questions, les objections et les solutions que j'avais apprises. Souvent j'instruisais une cause, je disposais d'une controverse ; je distinguais soigneusement l'office de l'orateur de celui du rhéteur ou du sophiste. Je calculais, je traçais avec de noirs charbons des figures sur le pavé. Je démontrais clairement des propriétés de l'angle obtus et de l'angle droit. J'apprenais à mesure la surface de la solidité des figures. Souvent je passais les nuits à contempler les astres ; souvent, accordant mon magadam, j'étudiais la différences des sons et je charmais mon esprit par la douceur de l'harmonie. »