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S
Je déteste le S,
Depuis petite j’aime danser avec les mots
Mais le S me semble vil et a toujours sonné faux.
Ces mots au pluriel,
Ces souvenirs encré dans un tombeau,
Ces rappels que la vie est cruelle,
Ce ne sont que des pleurs de moins en moins nouveau.
Mon cœur refuse de s’enlacer a cette lettre qui évoque un « nous » où le monde prospère.
Je déteste le S,
Je déteste les sirènes, celles qui m’ont fait penser que jetait l’une d’elle,
Je déteste les saisons, celles qui me font perdre le court du temps.
Pour moi ce S est un fardeau,
Cette foutu lettre qui, avec une lame a coupé mon âme en deux, avant meme que je sache compter jusqu’à deux.
Mon sang et mes larmes coulent sur ce papier, peignant le chagrin dont j’essaie de me débattre avec entrain.
J’ai grandi qu’à moitié,
Avec la moitié d’un sourire,
La moitié de mes yeux,
La moitié de mon cœur mais le double d’une haine,
Une haine contre un monde qui m’interdit d’être entière.
Je déteste le S,
Cette foutu lettre accroché a mon nom qui ne veut pas disparaître,
Alors je me lève chaque matins, presque inerte, avec cette haine contre le ciel pour m’avoir fait naître.
L’artiste
Son parfum en disait long sur les poèmes qu’il m’inspirait,
Sa delicatesse massacre sans obscenité.
Il était l’art, et moi le pinceau qui peignait ses tableaux.
Il était mon roman, et moi l’auteur de ses contes.
Il hantais les jolies chansons qui parlaient d’amour, comme une symphonie qui me rappelais son nom.
Bloqué entre le présent et son regard.
Tout le charme de sa langue se situe là, dans l’ironie de l’antiphrase.
Elle
Elle se sentait seule avec ses idées noirs.
Personne pouvait imaginer ses pensées les plus abstraites.
D’une passionnante pensée d’une fin tragique qui elle, aimer tant l’idée.
Elle se sentais nulle pourtant elle ne l’était pas tant. Elle se détestait à travers les autres.Et les autres la détestait pour ce qu’elle était.
Peur de ce qu’elle imaginait parfois.
Ses poignés étaient écorchés par cette insignifiante lame si destructrice, espérant que chaque trait finisse la dernière ligne.
Son pouls était devenu enfin calme,
Seul ses larmes la réconfortai,
Avec seulement les anges de l’enfer pour pleurer avec elle.
Le chemin d’un rêve
Quand j’étais petite,
je voulais être astronaute,
Voyager dans l’espace, hors des horloges et des dates,
Me perdre entre deux étoiles
Sans jamais entendre le temps qui passe.
Quand je suis devenu adolescente ,
je voulais être une rockstar,
Brûler au centre d’une scène
Éclairée par le vacarme de mes rêves,
Laisser ma voix griffer la nuit jusqu’au silence.
Aujourd’hui je suis adulte,
Et mon rêve est d’en avoir.
On m’avait dit “plus tard tu verras, tout s’éclaire”,
Mais plus tard est venu, et j’attends toujours la lumière.
Alors j’apprends à rêver en marchant dans le noir,
À faire de mes petits pas perdus un nouveau départ.
Alors je marche à tâtons dans mes propres ombres,
Je ramasse des éclats de désirs tombés au sol.
Et j’apprends, doucement, à en faire une constellations.
Un ciel minuscule, mais à ma hauteur.
Jalousie maladive
En français on dit je suis morte de jalousie
mais en poésie on dit :
Ce soir-là, je t’ai vue, mais pas toi.
Regardant le ciel jusqu’à t’y perdre,
J’étais jalouse.
Des millions d’étoiles mais tu ne voyais qu’elles.
Moi, j’étais là, silence aux lèvres,
Le cœur en apnée dans l’ombre de tes rêves.
Tes yeux brillaient pour un monde où je n’existais pas,
Et chaque constellation me volait un peu de toi.
J’aurais voulu être la lumière qui te bouleverse,
Le souffle que tu suis, la nuit que tu traverses.
Mais je n’étais qu’un point flou dans ton décor,
Une plainte discrète au bord de ton aurore.