Grand Hotel of Serre-Chevalier in Chantemerle, Alpine region of France
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Serre-Che Trail 2015 : le déluge
L'histoire du Serre Che Trail débute pour moi il y a un an, après avoir fini le Trail des Aiguilles Rouges où j'ai eu ce tellement gros coup de mou. Je voulais prendre ma revanche sur un parcours aussi exigent mais dans un coin différent. Et mes copains Marion et Nico avaient fait le Serre-Che Trail... alors je me suis dit pourquoi pas...
Après la pierra menta été (dont vous pouvez lire le récit de la première étape ici) je n'ai pas vraiment passé mon été à préparer l'épreuve de manière spécifique, mais j'ai eu l'occasion de faire pas mal de dénivelé au cours de la période estivale avec un stage d'alpinisme début août en Oisans, puis une semaine de randonnée en Vanoise (65km 5000D+), donc ces dernières semaines j'ai plutôt travailler la vitesse et peu le dénivelé pour compenser un peu.
Bon, la semaine du Serre Che Trail il a fait très beau. Généralement c'est de mauvais augure pour le week-end (oui je suis parfois superstitieux)... et là il faut avouer que c'était vraiment de mauvais augure. Samedi je pars de la maison sous un temps se dégradant à vue d’œil... direction la vallée de la Maurienne... oui c'est étrange pour aller à Serre-Chevalier depuis la région Lyonnaise... mais en fait non, peut être le savez-vous mais le tunnel du Chambon est fermé... et ça pose bien des problèmes à la vallée justement ! Obligé de passer par le col du Galibier.
Je ne l'avais jamais parcouru en voiture (et encore moins à vélo mais... un jour je l'aurai comme dit l'autre). Je suis donc passé par le sommet du col (et non pas par le petit tunnel) pour aller voir la vue... et constater que le plafond nuageux s'abaissait à vue d'oeil.
Je file chercher le dossard (merci Ludo pour l'accueil !) puis après quelques discussions je file à l'Hotel du Mont Thabor (c'est providentiel, j'adore cette montagne que j'ai parcouru déjà trois fois : une fois en rando, une fois en course, une fois à ski). Le dîner est passé en compagnie de Youyou du team Endurance Shop Besançon et certains de leurs clients. Je file au lit assez tard... pour me réveiller à 3h30. Premier coup d’œil dehors : il pleut.
Petit déjeuner de riz au lait cannelle maison... et je prépare mes affaires que je n'avais pas eu le temps de préparer la veille (pour la première fois). Vu la météo j'opte pour : - un t-shirt manche longue (Salomon CITYTRAIL) - un short S-Lab Twinskin - des manchons de compressions Compressport (j'ai pas de Salomon) + Chaussettes de la Pierra Menta - mes magnifiques Fellcross (une valeur sûre) - une paire de gants de soie - l'anorak d'alpinisme de Salomon (X-Alp)
Ma première galère : j'ai oublié mes bâtons chez moi. Je m'en suis aperçu la veille et je peux dire que cela m'a clairement mis un gros coup au moral... "heureusement" c'est le parcours de replis et le dénivelé sera moins important qu'initialement prévu. J'ai désespérément cherché des bâtons la veille (mais dans la première boutique il n'y en avait plus, et la seconde était déjà fermée...)
Je pars avec une réserve d'eau de 1l, et pour contrer le froid je choisi de mettre une couche supplémentaire dans mon sac à dos. Me voilà à l'échauffement... et il fait froid et il pleut... sans discontinuer depuis mon lever. Je discute dépité avec autre concurrent... les conditions vont vraiment être difficiles. Je m'approche du sas de départ après avoir fait quelques accélérations en côte. Le contrôle des vestes a lieu avant de nous entasser devant la ligne, je m'étonne de voir certains partir en t-shirt. De mon côté, je mets ma veste par dessus mon sac et je me place un peu en retrait de la tête de course, sous une seconde arche de support, pour éviter de prendre trop de pluie et j'avale un anti-oxydant. Frontale allumée, on entend le départ être donné timidement, et moi je m'enferme dans ma bulle et je passe l'arche de départ.
Il pleut vraiment des torrents dans les rues du Mônetier les bains... (allez voir les photos de Jean Michel pour vous rendre compte) alors autant rester concentrer, se placer dans le peloton, garder la tête basse et attendre que ça passe (comme dit Hugues de toute façon il n'y a pas de mauvais temps, il n'y a que des mauvais vêtements) Après un court passage en ville, nous voila sur le premier chemin et la première vraie section montante. Bardé de cailloux au début, on voit progressivement que la terre gagne du terrain sous l'influence de la pluie. Je me met au train d'un petit groupe de 4, on est un peu en dessous de ma vitesse ascensionnelle habituelle, mais la route est longue et je n'ai pas de bâtons... Je n'ai aucun moyen de contrôler mon cardio ou ma vitesse verticale... ma montre étant sous ma veste. Je vais donc tout faire à la sensation sur ce trail (pour une fois depuis fort longtemps !). Quelques virages en épingle à cheveux, les lumières de le ville sont en contre-bas, la nuit se tamise, mais la frontale est toujours bien nécessaire. Je double mon groupe de quatre pour me mettre dernière une féminine puis la doubler. Les lacets se resserrent et la nuit se lève petit à petit. Nous sortons des bois pour arriver sur un virage progressif à gauche sur une piste. C'est venté, très venté et très pluvieux... Trop pour certains. Je vois deux coureurs qui, arrivés au bout de cette section de la bosse, font demi tour en se retrouvant complètement exposé au vent et à la pluie. Je décide de continuer.
Je me répète en permanence : "alimente-toi, mange, pense à boire". Mais avec la veste "anorak" par dessus les flasques et par dessus les poches du sac... c'est vraiment plus difficile de trouver le rythme pour boire et manger. Je prends quand même une pâte de fruit Isostar (que j'adore !) et une barre énergétique (les gels j'en peu vraiment plus). Petit virage à gauche puis on voit une section montante, la fin de la première bosse approche et je me sens bien malgré la météo qui ne faibli pas. Le peloton s'est déjà bien effilé et c'est déjà bien éloigné des autres concurrents que je passe au sommet du col de Buffère. Des bénévoles commencent à y monter une tente et je les saluent... et les encourage parce qu'il faut vraiment vouloir sous ce temps là... (moi au moins je suis en mouvement).
J'attaque la descente. Je me dis que je suis assez rouillé (forcément il pleut !) pour ce début de descente. Mon objectif est de ne surtout pas me blesser, je prête donc une attention particulière à la pose de pieds et aux cailloux très humides. Progressivement, je me déplie de la montée, et j'arrive à allonger la foulée, puis à prendre bien mes appuis avant pied et à prendre de la hauteur et du dynamisme. Ma frontale se déloge de mon front, je l'attrape avant qu'elle ne tombe. Rangée dans ma poche kangourou... c'est parti ! La machine à descendre est en route, je me sens bien ! Ca va dérouler ! Je double pas mal de concurrents dans cette descente tout en restant prudent. Je n'ai aucune idée de mes temps de passage et je ne sais pas où on en est du kilométrage mais je prends vraiment beaucoup de plaisir dans cette descente. Nous passons un point de contrôle dossards dans la seconde partie de la descente.
La pente s'adoucit puis un virage à droite et nous voyons le ravitaillement. J'y lâche une de mes gourdes pour la faire remplir d'eau et m'éloigne pour une vidange. Lorsque je me retourne je vois tous les concurrents que j'ai doublé dans la descente repartir devant moi. Je prends néanmoins mon temps comparé à eux en mangeant un petit peu plus (fromage et pâte de fruit), le ravitaillement est pour moi une bonne opportunité pour m'alimenter, je ne me presse donc pas.
Relancer la machine est un poil plus compliqué au sortir de cette pause de 3 minutes 30, mais je repars et au bout de 200m ça va mieux. Je reconnais alors le sentier sur lequel nous sommes : nous galopons au fond de la vallée de Névache et j'ai déjà parcouru ce "sentier des cascades" à deux reprises : une fois en rando avec Caro, une fois avec Stéphane en rando-course à la journée, cela me rappelle de bons souvenirs dont je me sers pour me remobiliser alors que l'on attaque la seconde montée. Au bout de quelques dizaines de mètres de dénivelé, je comprends que si je ne trouve pas une solution pour me redresser et soulager mon dos et mes cuisses je risque de souffrir beaucoup trop pour prendre du plaisir sur la fin de la course. Je me baisse donc à plusieurs reprises pour trouver des morceaux de bois à peu près droit et m'en faire une paire de bâton. Le premier casse rapidement... je le garde jusqu'à en trouver un deuxième quelques minutes plus tard. Pas très pratique, pas très élégant, mais ça fait le job. Je peux enfin pousser sur les bras, avoir une posture plus droite et reposer mes lombaires et mes jambons de cuissots.
Quelques dizaines de mètres plus loin je suis rejoins par un autre coureur et nous progressons alors de concert sous la pluie. Je garde mon rythme et trouve vraiment un second souffle grâce aux bâton. Nous croisons une première petite rivière et deux bénévoles sont là ils me signalent que mes bâtons sont très originaux et j'acquiesce avec fierté. Mon partenaire et moi commençons a bien discuter et il me dit que nous sommes "à la bascule" : nous venons de franchir la fin de la première moitié de la seconde montée, ce qui veut dire que au niveau de la dénivellation, nous sommes à mi-parcours, même si ce n'est pas le cas de la distance évidemment. Il lance alors "hey mais c'est faisable sous les 7h si on continue comme ça". Sachant que je vaisais plutôt aux alentours de 9 à 10h sur le parcours initial, cette estimation n'est pas délirante mais me fait peur à la vue des conditions du moment... Je préfère rester conservateur et j'annonce que la route est encore longue pour moi avant l'arrivée selon moi. Nous continuons à échanger et la conversation devient cocasse lorsque l'on passe aux prénom : "moi c'est Franck" lance-t-il, ce à quoi je réponds "Echanté Franck, Franck". S'en suit une seconde d'incompréhension de sa part... à laquelle je réponds "moi aussi je m'appelle Franck". Nous essayons d'estimer notre classement, Franck estime que nous sommes dans les 100, de mon côté je suis plus optimiste, je pense qu'on est dans les 50...
Le paysage s'ouvre alors que nous sortons de la forêt et il nous est impossible de voir le col que nous devons franchir : le plafond nuageux est vraiment bas. Nous relançons la cadence alors que nous passons tout près d'un lac et la pente se durcit à nouveau un peu : le répis était de courte durée. Peu après je croise avec plaisir Jean-Michel avec son appareil photo qui immortalise les conditions dantesques du parcours... et des coureurs ! Je lui demande où nous en sommes concernant le classement et le verdict est sans appel il nous dit "boh 30/35 un truc comme ça, mais sous les 40 quoi qu'il arrive". Cela nous donne du baume au cœur. Les dernières encablures avant d'arrivée à Porte de Cristol sont assez raides, et il faut vraiment appuyer. Nous passons la porte avec les encouragement de Fred B. de Trail Endurance Mag (que je remercie très chaleureusement pour les photos !). Ils nous glisse quelques mots pour nous réconforter et on nous annonce qu'on part dans la descente. Les premiers décamètres sont assez glissants et plein de grosse roc, puis nous enchaînons toujours sous une grisaille intense.
Mais en guise de descente il s'agit en fait d'un tout petit bout de descente avant de retrouver un bon faux plat montant. J'annonce à Franck que j'ai un petit coup de moins bien (qui s'analyse facilement : on vient de passer les 3h de courses même si je n'en sais rien ! C'est mon coup de mon standard !). Je le laisse donc filer progressivement, mais sans jamais m'arrêter d'être à bon rythme. J'accuse tout de même le coup jusqu'au vrai début de la descente quelques centaines de mètres plus loin mais surtout 10 bonnes minutes (pour 1,6km et 150D+ tout de même) plus loin : le col des Cibières.et On affronte alors une superbe première partie de descente pour aller au Col de Granon : le chemin est presque intégralement en crête ou très légèrement sous la crête... et j'y croise un norvégien (Il s'était perdu ou quoi pour venir faire une course sous la pluie à Serre-Che) que je double rapidement. J'arrive alors au ravitaillement, j'y recroise Fred (mais comment diable as-tu pu faire aussi vite pour te rendre de La Porte de Cristol au Col de Granon ?! c'est un mystère pour moi !). Il fait quand même bien froid et je me réjouis de la soupe que Gaultier me sert à deux reprise. J'ai vraiment besoin de me réchauffer, mes bâtons de fortune sont une charge en descente et restent mouillé en permanence ce qui a pour effet de me congelé les mains. Je prends un peu moins de 5 minutes au ravitaillement mais ces minutes ont été très précieuses à la vue de la météo. Je demande avant de partir (et avant qu'on ne me moque une nouvelle fois de mes trouvailles de bâtons) le nombre de personnes passées par le ravitaillement et on m'annonce 44 : étant donné qu'il reste quelques personnes au ravito, une place dans les 50 est jouable... dans les 40 ça sera serré... mieux il ne faut pas y penser et je ne suis pas là pour ça ! Je relance la machine pour enchaîner la suite de la descente.
Cette seconde partie de la descente est plutôt roulante, entre cailloux et sentiers on devine que par beau temps la vue doit être magnifique vers la vallée. On est sous les beaux sommets que l'on imagine au dessus de nos têtes, puis on arrive çà la boucle : on passe devant un garde du PGHM bien à l'abris sous sa tente de fortune avec son chien, il encourage bien les participants... je repas et là nous affrontons la troisième section de cette descente : la partie vraiment raide. On entre en effet rapidement dans les bois c'est là que le sol devient vraiment glissant. Mais c'est aussi à ce moment que je suis contraint de ralentir légèrement la machine de descente : mes mains me font hurler de douleur à cause du syndrome de Raynaud.
Je me cale donc derrière deux coureurs au début de la descente et j'affronte les conditions en me concentrant sur mes mains et en déconnectant le cerveau : je fais confiance entièrement aux deux coureurs qui me précède. Le rythme est plus lent qu'à mon accoutumée... mais je n'ai guère le choix : il m'est impossible de forcer le pas ou le passage tellement mes mains requièrent mon énergie cérébrale. Plus on descend, plus l'air se réchauffe et à mesure que l'on s'approche de la vallée, mes mains vont mieux. Il se passe alors quelque chose d'inattendu à ce stade : la pluie commence à s'estomper ! Qu'à cela ne tienne : le sang est enfin revenu au bout de mes doigts. J'enlève donc les gants trempés et je double les deux concurrents que je suis depuis l'entrée dans les bois. Au bout de plusieurs longueurs je croise également un autre coureur aux prises avec la boue et les parties raides de la descente : il est en Altra et à l'air de bien glisser... je remercie vraiment mes Fellcross : des vraies bombes dans ces conditions horrible... et je n'ose pas imaginer à quoi va ressembler le terrain après que l'ensemble des concurrents soient passés !
En bas de la descente une petite surprise nous attend : une petite bosse, un chouille raide de 250m de longueur : j'en profite pour me ravitailler, le point de vu avec la table d'orientation n'a rien d'extra-ordinaire, c'est encore bien couvert ! Mais au moins il ne pleut plus même si l'air est encore chargé d'humidité. La fin de la descente dans les bruyères est bien raide et je manque de glisser à deux reprises au moins : je préviens les compadre derrière de bien prendre garde à ne pas se la coller... ça serai ballot à ce moment de la course.
J'enchaîne alors seul les premiers remparts de la dernière bosse. Je retrouve un rythme de montée que je trouve tout à fait correct après ce temps de course et cette météo. En regardant le bilan, je suis en effet après 4h30 de course, capable de déployer un honorable 800m/h (mon objectif de constance sur l'hiver !). On croise alors plusieurs fois la route (ce qui me rappelle toujours Le Des bosses et des bulles "Attention aux crampons !" où on voit des trailer se passer le mot en arrivant sur du bitume). bon là je suis seul, ou presque : à chaque section arrivant sur la route on croise un petit bout de famille qui demande comment ça va ou applaudit. Je les remercie en disant que vraiment... c'est eux qui sont marteaux de venir se coltiner la pluie sans bouger (oui, nous au moins les coureurs, on a pas si froid quand on court !).
Mes armes toujours sous la mains je gravis tant que je peux les difficultés. En arrivant un peu avant les tronchets je croise un coureur, il n'avance pas bien vite. Je lui demande alors si tout va bien, ce à quoi il répond que... c'est moyen il s'est tordu la cheville dans le descente... puis lui donner du baume au coeur je lui propose mon saucisson que je viens de décapsuler : mine de rien ça fait un bout que l'on monte et je commence à avoir bien faim. Il le refuse et me laisse filer de l'avant. Au virage suivant je suis encourager par deux randonneurs et la vue vers les sommets du fond de la vallée, en direction de l'italie et de Briançon s'est presque complètement dégagé : on mesure enfin l'ampleur du Briançonnais et la splendeur du coin. C'est fort agréable... et les sommets sont bien enneigés : ça a posé plus haut !
J'arrive alors auprès d'un bénévole qui m'annonce : "aller plus que 13km et 3km avant le ravito". C'est la massue qui me plombe le moral. Je n'aurai préféré rien savoir. Je suis un peu claqué et amorti et me dire qu'il me reste deux heures à tirer et que la pluie peut nous retomber dessus avec le prochain coup de vent me fout vraiment le bourdon. Seul point positif dans la remontée vers le ravito après ce virage, je vois au loin Franck, il a l'air d'avoir pris un coup de moins bien lui aussi. Je force le pas, prend la cadence alors que la pente s'adoucit puis se ravive. Je relance sur la partie plus à plat... Dernière petite bosse et un faux plat descendant vers le ravitaillement. Je croise une petite fille qui m'annonce "38ème t'as gagné une place" : je l'interroge alors : "bah comment tu sais", ce à quoi elle répond : "t'es facile à reconnaître en vert et jaune". Je ris et je file me ravitailler 150m plus loin. Franck est au ravito. On se donne un franche poignée de main sous l'air béat des bénévoles. On fait vraiment cette course en toute amitié ! Je prends le temps de bien manger, re une petite vidange et je propose à mon comparse de finir ensemble ou du moins d'essayer (ça me donne du baume au coeur de continuer avec quelqu'un).
On arrive alors sur la partie de la course que j'ai HAÏS ! Oui vraiment c'était horrible ! Déjà parce qu'à partir de ce ravitaillement on a les concurrents du PTC "dans les pates" alors oui ça fait plus de monde... mais c'est rageant de les voir bien plus frais que nous, et ensuite, parce qu'après les deux virages qui suivent le ravitaillement on se retrouve sur un chemin 4x4 en faux plat montant, que l'on pourrait affronter en cadence sans soucis si on n'avait pas 35km et plus de 2500D+ dans les jambes... et surtout... dont on ne voit pas la fin mais dont on voit et devine la lonnnnnnnnnnnnngueur ! Alors oui, analysé après la course on se dit 4,2km et 250D+ c'est rien... mais là non c'était juste horrible ! Impossible de relancer convenablement... et ça paraissait long... mais long... Une vraie course d'escargots ! j'ai eu la sensation de me retrouver au dernier col de la patrouille des glacier en 2014 ! Au bout de 40 minutes qui m'ont paru durer bien plus on se retrouve au Col de Buffère (le premier col du parcours). Un mini ravitaillement y a été arrangé. J'y passe une minute et donne consciencieusement aux bénévoles mes précieux bâtons : "le plus beau cadeau que je puisse vous faire".
Je sais que l'arrivée n'est pas si loin : plus que 7km de descente environ. On reprend le chemin 4x4 de montée sur le premier kilomètre et demi. La pluie est bien loin maintenant, mais le sol est gorgé d'eau, les flaques sont abondantes et les cailloux glissant. Il faut faire attention mais le cheval sait qu'il rentre à l'écurie... et je sais que je vais être finisher. Je n'ai rien à perdre... et tout à lâcher. J'enquille donc les parties techniques avec plaisir, les passage dans la boue ne me font plus rien, mon pied se prend même dans un énorme bourbier dont je sors rapidement en appuis léger. Je regarde derrière moi, je ne vois plus Franck La descente se tortillonne et tournicotte. Je double bien des concurrents du Petit Tour des Cerces et probablement certains du Grand Tour aussi. Je me sens bien, je me sens mieux.
Je lance et je relance. Je sautille et je galope... jusqu'à entendre derrière moi un concurrent qui m'accroche. Il est à 5, 10 mètres. Je ne peux pas me retourner la descente est trop exigeante. Je mets donc un premier taquet voir s'il va suivre et il accroche. Là, non je ne suis pas d'accord : je ne me ferai plus doubler en descente alors que l'on approche de l'arrivée... on ne vient pas jouer sur mes plates bandes ! En arrivant sur la seule section vraiment forestière de cette descente je double trois autres concurrents et je prends garde à bien envoyer sur tous mes appuis. Le chemin se transforme bientôt en bitime. J'essaie de pousser encore un peu en arrivant dans le derniers kilomètre qui se déroule dans les rues de Mônetier les bains. Je me retourne, et je suis soulagé de voir qu'il n'y a personne à mes trousses.
J'accélère quand même à l'approche de l'arche, on me fait une dernière remarque sur mon style inimitable vert/bleu/jaune... et je passe la ligne d'arrivée !
6h41'09"
WOW ! Sous les 7h ! C'est juste fabuleux je ne m'attendais pas à cela. Je demande le classement et on m'annonce 35ème... inespéré !
Je me retourne pour voir arriver Sebastien : c'est lui qui me courrait derrière dans la descente : il arrive 18 secondes après moi en me félicitant d'avoir autant arraché dans les derniers kilomètres (son fils vient lui demander : bah alors tu l'as pas doublé ?" ce à quoi il a répondu un simple "bah non j'ai pas pu" qui m'a fait malignement sourire, on a chacun nos petites victoires et satisfactions !) Franck arrive moins d'une minute en suivant en 6h42'05" : on se félicite et remercie chacun de notre soutien mutuel.
Au final, une course magnifique, très réussie malgré le déluge... 37 DNF pour 186 arrivants... 16.5% d'abandons c'est bien à la vues des conditions... mais il y avait peu de partant... que des mordus !
Et sinon analyse les données sur MC... une course que j’ai au final vraiment pas si mal géré : j’ai été capable de me remobiliser aux moments important.
Ici l’altitude, la vitesse vertical et en orange le cardio (pointe à 184... au sprint final !)
Une course que je remettrais à mon programme... pour la voir sous le beau temps ! A découvrir : Le film :
Mon parcours sur Movescount (cliquer pour voir les stats)
Et surtout... ne manquez pas le STRAVA FLY BY où l’on voit que je suis (en orange) devant la première féminine (en rouge) jusqu’au 1er ravito... et qu’en fait ce sont les ravitos qui me mettent dedans pour la rattraper :) On y voit aussi les frère Symonds (en rose clair et foncé) qui me collent 1h50 :)
Serre-Chevalier : Arc-en-Ciel sur Briançon by Hervé Marchand Via Flickr: Vu depuis la vallée de la guisane
Interview par le journal La Provence
Interview par le journal La Provence
En vacances à Serre-chevalier j’ai reçu un message privé du journal La Provence qui m’a invité à une Interview, j’ai accepté avec plaisir ! Accompagné de Céline @celicelo, nous avons passé un agréable moment en compagnie de Johanna la journaliste venue tout spécialement de Gap pour nous rencontrer à Briançon.
Bonne lecture :
La-Provence-Parution-du-31-janvier-2015
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Serre-Chevalie,France
Serre-Chevalier./ France