Bonne année à la Team Kaamelott, qui partage ses œuvres, son talent, sa bonne humeur et sa gentillesse. Je ne peux pas citer tout le monde de peur d’en oublier mais si tu me lis, oui toi là, ne fais pas semblant c’est bien à toi que je parle: je te souhaite le meilleur et j’aime ce que tu fais et/ou qui tu es ;)
Voici l'autre cadeau que j'ai réalisé pour le SSK21, si vous prenez le temps de lire, j'espère que ça vous plaira :)
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Titre : De pointes et de cuirs.
Warning/Theme : Depression, trauma/ptsd
Résume : Guenièvre ne veux plus jamais se sentir impuissante comme elle là été durant sa captivité. Elle décide de prendre les choses en main pour assurer que ça n’arrive plus. Forçant, au passage, Arthur à gérer ses peurs et à lui faire confiance. #BadassGuenièvre
Ship : Arthur/Guenièvre
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C’est tout doucement et avec langueur qu’Arthur se réveille. Son bras s’étend de l’autre côté de la couche pour y trouver une place vide. Il se désole un instant, il aurait aimé étreindre Guenièvre et se rendormir dans ses bras, laisser le jour les attendre. Mais soit. Ces derniers temps, il n’est pas rare que Guenièvre soit la première levée. Il dort bien plus qu’avant et ne peut pas attendre d’elle qu’elle reste à ses côtés des heures durant, même si elle le fait la plupart du temps. Se réveiller l’un à côté de l’autre est un plaisir dont elle aime jouir autant que lui.
Mais il sait également l’angoisse qui peux lui prendre à se sentir enfermer entre des murs en pierres, ou bien le désir impérieux de profiter de ce dont elle a été privée durant des années. Et aussi attristé fût-il, il est déjà impatient de la voir s’extasier pour n’importe quelles occupations qui eurent trouvé grâce à ses yeux aujourd’hui, même si elles sont des plus banales ou anodines. Il refuse qu’on là moque pour son surprenant enthousiasme. Si lui-même avait été surpris au début, sa joie étant quelque peu absurde, il avait fini par saisir la gravité de la captivité de Guenièvre quand elle avait été prise d’une grande jubilation à pouvoir découper un fruit par elle même. Lancelot leur ayant interdit tout couteau ou outil tranchant lui avait-elle dit. Et ça n’était qu’un détail, mentionné avec banalité, un détail parmi des centaines dont il n’effleurait même pas l’étendue ni l’horreur. Alors sa joie était devenue synonyme de guérison, une guérison qui l’affectait lui aussi, quotidiennement, allégeant ses propres tourments.
Il s’étira et se dirigea vers la fenêtre de leur chambre, espérant l’apercevoir. Il ne la vit pas, mais ses yeux s’attardèrent sur les reflets dorés du soleil se répandant dans les plaines entourant la forteresse de ses beaux-parents.
Avec la forteresse de Kaamelott détruite, une retraite en Carmélide s’était annoncée comme une évidence le temps de reprendre pied et d’entamer les reconstructions. Celles-ci, par ailleurs, offraient un temps de répit plus que bienvenue à Arthur. Bien qu’il suspecte qu’on le laisse tranquille
suite à la finalité de son combat avec Lancelot et par ce qui s’en était suivi. Il n’irait point se plaindre de cette faveur, n’ayant ni le cœur ni l’esprit pour se replonger entièrement dans le rôle de souverain qu’on se borne de lui octroyer malgré sa réluctance. On lui en demande peu, on lui laissait du temps, de l’espace, sans pour autant l’écarter de quoi que ce soit. Suffisamment pour l’impliquer sans pour autant l’assaillir et il en est reconnaissant.
C’est un équilibre délicat, parfois ça n’est pas assez et Arthur se convie lui même dans les réunions qu’ils jugent bonnes de lui épargner la participation. Ça, c’est le plus simple à accommoder. La difficulté se présente quand ils en demandent trop. L’agacement, la colère et la fuite sont ses armes, et plus ils poussent, plus il résiste. Il est là déjà, c’était beaucoup, alors s’ils voulant que les choses aillent plus vite, qu’ils prennent eux même les choses en main, et si son avis ou son ordre est indispensable, ils ont bien compris qu’il leur faudrait attendre. On ne viendrait pas le pousser à faire.
Dans ces moments sa retraite se fait la plupart du temps auprès de Guenièvre, dont la relation qu’ils ont dessein de reconstruire ensemble est l’épicentre vers lequel sa volonté gravite sans jamais faillir. Il n’est pas rare d’entendre dire qu’elle est la seule chose gardant le Roi de Bretagne dans son royaume à peine reconquis.
Ils ont vu juste.
Et quand on représente le seul lien, ou du moins, le plus solide, le motivant à rester, on a tendance à être écouté. Il était devenu une habitude de venir la voir quand on avait un doute sur la disponibilité du roi de Bretagne avant de s’entretenir avec lui, ou pour savoir si on pouvait même venir s’entretenir avec lui. Trespasser son conseil c’était avérer un désastre plus d’une fois, alors on l’écoute, et si une affaire s’avère urgente, on lui en fait par à elle, la laissant lui transmettre le message au moment le plus propice.
Cette nouvelle dynamique qui s’est imposée naturellement ne convient à personne d’autre qu’eux. Arthur se fait une joie de s’abandonner aux décisions de Guenièvre dont la nouvelle autorité est séduisante. Autorité dont elle jouit grandement. Après dix ans enfermés, où la quasi-totalité de ses choix et désir lui ont été arrachés, elle a une certaine délectation à choisir, là où lui se passe bien de prendre des décisions la plupart du temps.
Un bruit l’extirpe de ses songes, il y a de l’animation dans le couloir. La voix de sa belle-mère partit comme un éclat, résonnant contre la pierre.
– Qu’on me les arrête ! Les poules et les pintades ça va un moment, mais les pigeons voyageurs c’est hors de question !
Il fronce les sourcils, qu’est-ce qui pouvait bien se tramer encore ?
Il s’habille rapidement, attache ses longs cheveux sans daigner les peigner et part à la suite du petit groupe. Heureusement, la voix de Séli est facile à suivre. Lorsqu’elle envoie un serviteur sur le terrain d’entrainement, il comprend que l’animation de cette matinée se passe là-bas et s’y dirige sans plus attendre, curieux.
Il s’arrête en chemin à la vue de Guenièvre, habillée plus modestement qu’à l’accoutumer, tenant un arc en joue entre les mains dont la flèche, qu’elle relâche, se plante au milieu d’une cible.
À ses côtés se tient son père, dont la voix s’élève pour donner des instructions, mais Guenièvre ne laisse pas le bruit la distraire. La nouvelle flèche qu’elle tire pénètre le bois juste à côté de sa sœur et Arthur se trouve aussi fermement planter sur place que la pointe dans la cible. Clouer devant une grâce qu’il ne connaissait pas à Guenièvre. Pas qu’elle ne le soit pas, gracieuse, simplement pas comme ça.
Il se trouve bien malheureux d’être privé de son admiration lointaine quand elle se retrouve dérangée par le serviteur venu récupérer une cage où se tiennent quelques pigeons. Finalement elle l’aperçoit et lui fait signe de la rejoindre, ce qu’il fait sans attendre.
– Qu’est-ce que vous faites ? Il demande.
– On tire à l’arc, c’est pas assez clair pour vous peut-être ? Léodagan lui dit.
– Si, et il s’adresse à Guenièvre, depuis quand vous faites du tir à l’arc vous ?
– Depuis toujours ! Son beau-père lui répond avec fierté, Guenièvre acquiesce.
– Ah ça non, je vous est jamais vu tirer à l’arc.
– J’ai appris quand j’étais petite. Elle lui répond et il cherche dans sa mémoire pour vérifier s’il n’a pas juste oublié cette information, mais non. Derrière elle Léodagan est rempli de fierté, et Arthur devine facilement qu’il doit être celui qui lui a appris.
– Vous ne m’en avez jamais parlé.
– Parce que j’aime pas ça. Elle lui répond simplement avec un petit haussement d’épaules.
Léodagan lève les yeux au ciel.
– Non, mais quand on est aussi précise dans ses tires, aimer ou pas ça importe peu. Vous vous rendez compte, il s’adresse directement à son gendre, elle aurait pu être une grande archère, une reine guerrière, mais non. Il fait un mouvement en l’air montrant sa frustration.
– Mais j’aime pas ça ! Elle lui répète.
– Oh oui, vous aimé pas ça, vous aimé pas ça, ça vous plaisait bien quand même quand vous caniez les poules et autre piaf à la con quand vous étiez petite.
– Oh oui bon !
Arthur se trouve plutôt surpris par une telle interaction entre son beau-père et sa fille. Une telle connivence est rare entre eux.
– C’est pour ça cette histoire de pigeons contre laquelle votre mère pestait un peu plus tôt ?
– Oui bon, j’ai pris quelques pigeons voyageurs pour en faire des cibles, j’en est laissé évidement.
– Et donc ! Vous avez fini de tuer tout le bétail ? Séli les gronde, arrivant d’un pas décidé à leur côté. Faut que je vous rappelle que sans poules ont à pas d’œuf ou vous allez me faire comme la dernière fois ?
– Comme la dernière fois ? Arthur s’enquit.
– Oh oui quand elle avait huit ans la petite, avec une peur bleue des oiseaux, on se demande bien pourquoi. Alors lui là, elle fait un signe de tête vers son époux, lui a appris à tirer à l’arc. Et elle avait décidé d’éliminer tout piaf qu’elle voyait, sous ses encouragements. Elle refait un mouvement de tête vers Léodagan qui sourit fièrement.
– Mais pourquoi ?
– Parce que j’aime pas les oiseaux. Alors au moins avec un arc, j’avais pas à les approcher pour les chasser. Et une fois mort bin c’est un peu moins dégoutant et ça ne revient pas piailler dans tout les coins.
– Je pensais que ça lui ferait passer sa peur des oiseaux, mais non, en même temps je peux comprendre, j’peux pas les encadrer non plus.
Aussi illogique et absurde la peur des oiseaux fut-elle, la logique était là et il comprenait enfin d’où venait l’animosité de Guenièvre pour les oiseaux. De son propre père.
– Peut-être, mais vous arrêter avec les pigeons voyageurs et les poules, allez donc en forêt il y en a suffisamment des piafs là-bas. Séli leur intima avant de repartir aussi rapidement qu’elle était venue.
– Et donc, Arthur commence, qu’est-ce qui vous à fait reprendre un arc si vous n’aimer pas ça et avez put vous passer de tuer tous les oiseaux du royaume durant nos années de mariage au point que je ne vous ai jamais vu avec un en main ?
– C’est pour Lancelot. Elle lui répond, le nom s’échappant froidement de ses lèvres. Il fronce les sourcils.
– Lancelot ? Qu’est-ce que vous comptez faire contre Lancelot avec un arc ? Il dit, peut-être un peu abruptement. Il n’y à pas de moquerie dans sa voix, plutôt une certaine peur.
Elle se tourne vers son père et d’un regard lui fait comprendre qu’il serait préférable qu’il parte. Avec un peu de réticence, il finit par céder non sans lancer un regard dur à Arthur, lui intimant prudence. Il suit les traces de sa femme, laissant le couple seul.
Tous deux attendent patiemment qu’il soit hors de portée, puis Arthur s’élance.
– Lancelot ? Sa voix s’élève entre l’incompréhension et le reproche.
– Vous l’avez laissé partir, n’est-ce pas ? Il est toujours vivant, alors oui. Pour Lancelot.
– Et vous pensez faire quoi avec un arc et des flèches ? Partir à sa recherche ? Le tuer ?
– S’il le faut.
– Si vous pensez que je vais vous laisser parcourir la Bretagne en long et en large. Et puis vous ne faites pas le poids.
– Non, mais je compte pas parcourir la Bretagne en long et en large, c’est juste pour être prête s’il revient.
– Prête.
– C’est pour me protéger. Elle le coupe un peu précipitamment, il là sent angoissé, mais ne cesse pourtant de pousser.
– Vous protéger ? Mais vous êtes en sécurité ici, il y a des gardes, je suis là.
– Peut-être que vous êtes là maintenant, mais vous n’étiez pas là il y a dix ans.
Ses mots font l’effet d’un poignard à Arthur, la vérité fait mal, comme on dit.
– Je sais, je..
– Je ne veux plus me retrouver dans une situation où ma seule défense c’est de suivre sans faire d’histoire.
Bouleversée, elle part, prenant le même chemin que ses parents avant elle pour quitter la zone d’entrainement. Arthur ne la suit pas, sachant qu’il est allé trop loin, qu’il à été trop brusque. Réponse à ses propres peurs, à celle que Lancelot lui inspire.
La distance qu’elle garde entre eux pour le reste de la journée est comme une torture, et ce n’est qu’au soir alors que Guenièvre se prépare pour la nuit qu’il se permet une approche. Toquant à la porte de leur chambre, il s’approche doucement, mais garde une distance avec elle.
– Pourquoi ne m’avoir jamais parlé de vos compétences aux tires à l’arc ? Il lui demande simplement, avec légèreté. Ça n’est pas un détail commun, vous aviez peur que ça ne me plaise pas ?
– Non, même s’il est vrai qu’on attend plus d’une épouse, et bien, des trucs d’épouse quoi. Je ne pense pas que ça vous aurait rebuté en soi. J’avais juste peur que vous me demandiez de vous montrer, ou que vous alliez me demander de vous accompagner lors de vos batailles.
– Je ne vous aurais jamais demandé d’aller au front. Il sourit, amusé.
– Pas forcément au front. Ma mère accompagnait parfois mon père. Mais moi la guerre ça ne m’intéresse pas. Je vous là laisse volontiers.
Il s’autorise à se rapprocher alors qu’elle s’arrête à la fenêtre, elle regarde la lune un moment, puis se tourne vers lui.
– Je m’excuse pour tout à l’heure.
– Vous n’avez pas à vous excuser.
Son regard se porte à nouveau sur la fenêtre, et un silence qu’Arthur trouve pesant s’immisce entre eux.
– Pour ce qui est de.. De Lancelot. Je ne le laisserai pas vous approcher.
Elle se tourne à nouveau vers lui, ses yeux las.
– Je vous remercie de votre sollicitude. Elle lui répond froidement.
– Mais vous ne me croyez pas ! Il complète. Elle acquiesce.
– J’ai foi en vos intentions, mais..
– Mais pas en mes actions.
– Pardonnez-moi.
– Non, c’est bon, je comprends. Sa voix est un peu abattue, mais sans reproche. Il n’a pas été le plus fiable des hommes avec elles après tout, elle n’a aucune raison de le croire aveuglément. Encore moins quand lui-même est encore incertain sur ce qu’il compte faire la prochaine fois qu’il croisera Lancelot.
La conversation se clôt et tranquillement ils se préparent pour aller se coucher. Lancelot n’est pas là, son nom et son souvenir ne vont pas venir troubler à leurs petits rituels du soir.
C’est en pleine nuit qu’elle le réveille. Autrefois il aurait rouspété, mais aujourd’hui il a le temps, et il veut prendre le temps.
– Mon ami.
– Un souci ? Il marmonne.
– Je vous sens contrarié.
– Difficile, j’étais en train de dormir.
– Non, mais avant que l’on se couche.
– ça n’a pas d’importance.
– Je pense que si, je veux que vous compreniez.
Elle se rapproche de lui, sa chaleur rencontre la sienne délicieusement et il se tourne vers elle.
– Dites-moi. Il demande, l’incitant à parler de ce qu’elle a sur le cœur. J’ai envie de comprendre. Il l’invite quand elle reste silencieuse malgré son attention.
Il lui faut attendre encore un peu. Elle attrape sa main sous leur drap, elle est moite et anxieuse alors il la tient et la caresse entre ses mains usées, se voulant réconfortantes, se voulant là, pour elle.
– Vous savez, quand il est venu me trouver il y a une dizaine d’années. J’ai cru qu’il allait me tuer.
Cet aveu le surprend.
– Pardon ? Il veut s’offusquer, mais ne parvient qu’un murmure étranglé face à sa surprise. Il ne ferait jamais ça. Il complète maladroitement.
Il le défend, non pas parce qu’il doute de ce que Guenièvre lui dit, mais parce que même s’ils ont beaucoup changé, il n’imagine pas Lancelot capable de la tuer.
– Peut-être. Mais quand… Elle hésite. Quand j’étais partie avec lui dans la forêt. Il m’a dit, très clairement, qu’il préférait me tuer de ses mains plutôt que de me voir partir.
Arthur sent son sang se glacer.
– Pourquoi ne me l’avez vous jamais dit ? Il demande comme une supplication. N’en revenant pas.
– Quand vous êtes venu me chercher, la situation était déjà des plus humiliante, je ne voulais pas en rajouter, je ne voulais pas que vous me moquiez.
Il aimerait lui dire que c’est du non-sens, que jamais il n’aurait fait une chose pareille, mais ça aurait été un mensonge, parce que peut-être l’aurait-il fait, même sans le vouloir, malgré le tact et le temps qu’ils s’étaient accordé l’un l’autre après leur réunion.
– C’est moi qui vous ai humiliée. Il reconnaît, sentant le poids de ses erreurs passées et de son indélicatesse. Elle hausse simplement les épaules.
– Quand il m’a mené aux ruines du Roi Ban, j’étais terrifiée. Il n’était pas méchant, brusque, mais pas méchant. Mais j’étais persuadé qu’il allait me tuer, et je n’ai rien su faire d’autre que le suivre, espérant qu’il m’épargne. Je ne veux plus être passive. Si Lancelot revient, je ne serais pas passive. Je ne suis pas assez sotte pour croire qu’un arc me serait d’une grande utilité, mais je refuse de ne rien faire.
Elle porte ses mots avec un tel cœur, une telle ferveur, qu’il se s’en indigne de faire le moindre commentaire.
– J’ai toujours eu peur que s’il me recroisait, il me tuerait. Quand il m’a enfermé dans cette tour, j’ai attendu mon exécution. Puis j’ai compris qu’il ne me laisserait jamais partir de cette pièce. Plus jamais je ne le permettrais.
Il amène sa main à ses lèvres et l’embrasse. Une révérence à ses mots, une promesse.
– M’en voulez-vous de ne pas l’avoir tué ?
– Peut-être un peu. Pas vraiment. Elle rajoute. Le choix est votre, loin de moi l’envie de vous imposer quelconque acte.
– Vous pourriez.
– Le feriez-vous ?
Il hésite.
– Peut-être.
– Alors je ne vous imposerai rien. Si la décision n’est pas votre, vous finiriez par m’en vouloir. Maintenant, prenez-moi dans vos bras. Elle demande.
Il s’exécute et l’enlace, elle se blottit contre lui et il soupire de contentement. Si elle se rendort relativement rapidement, il lui faut un peu plus de temps. Son esprit cogite, il ne veut pas penser à Lancelot, mais tout ici le lui rappelle. Entre un royaume à terre qu’il faut remettre sur pieds, la population qui doit réapprendre à vivre sous un joug plus juste et de nouvelles lois, souvent les anciennes, la résistance qui se réorganise avec difficulté après avoir lutté pendant dix ans contre un système, dont la mission, désormais remplit, leur ouvre une multitude d’autres taches ardue pour reconstruire. Ici et là le nom de Lancelot revient, ce qu’il a fait, les inquiétudes sur ce qu’il va faire et ça l’insupportent.
Même Excalibur lui fait comprendre ce qui doit être fait. L’épée qui avait perdu ses pouvoirs s’enflamme à nouveau quand il la tire de son fourreau, s’ornant de flammes rouges comme à l’époque. Mais dès qu’il pense à Lancelot, il sent l’énergie y grandir, ses doigts picotes avec l’électricité qui crépite sous des flammes qui prenne une teinte bleutée par ci et par là. La puissance qu’il a ressentie lors de son combat avec Lancelot le rejoint. Si les dieux voulaient être plus clair dans leur message il leur faudrait descendre eux-mêmes lui dire de térasser Lancelot. De faire couler son sang sur les terres sacrées du royaume de Logres qu’il à osé parceller durant son règne.
Et maintenant il y a Guenièvre. Il comprend son point de vue, ne peut point la blâmer, au contraire, sa décision est des plus sensée. Mais il ne peut s’empêcher de se sentir seul à être l’unique personne n’ayant pas foi à tuer celui qui, autrefois, était son ami.
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Lorsqu’elle se réveille, Guénièvre est seule. C’est une chose rare pour Arthur de se réveiller tôt et encore plus de se lever tôt. Il est peut-être parti se soulager, mais après un temps d’attente à se réveiller paisiblement sous les draps chauds, elle comprend qu’il ne reviendra pas. Elle ne se rappelle pas de quelconque événement qui aurait pu le pousser à sortir du lit si tôt. Puis elle se demande si la conversation de cette nuit n’est pas responsable. Mais elle décide de ne point s’en soucier pour l’instant, elle doit se préparer pour la séance de tire à l’arc avec son père.
Elle ne le voit pas de la journée, personne ne là vu d’ailleurs et c’est alors que le soleil tombe bas dans le ciel qu’elle commence à s’inquiéter. Elle n’est pas la seule. Les esprits sont lourds, les regards soucieux. Tous, ou du moins beaucoup se demande s’il n’a pas enfin pris sa décision et est reparti pour ne jamais revenir, encore une fois. Il y a de nombreuses raisons pouvant expliquer son absence, pourtant c’est la première idée qui leur passe par l’esprit.
Séli s’en agace lors du repas du soir. S’il est parti à nouveau, et bien ils feront sans lui. Mais sa confiance et détermination est trahie par son époux.
– Et pourtant vous avez envoyé un grouillot vérifier qu’il n’avait pas remis l’épée dans le rocher.
– Oui, et bien il faut bien savoir, non ?
Guenièvre reste silencieuse, un peu distante, mais elle relève la tête quand elle entend une servante parler.
– Si vous parlez du Roi, je veux dire, l’autre Roi. Elle précise face à Léodagan. On là vu passer dans les cuisines prendre des vivres ce matin. Ainsi que quelques couteaux.
– Des couteaux ? Il a pas assez de son épée, il nous vole l’argenterie ?
– C’était plus des couteaux de travail que de la vaisselle Sire.
– Oui bon on s’en fou non ?
– Bin non, il les a pris pour en faire quelque chose non ?
– Il a dit qu’il partait chasser.
– Chasser ? Léodagan s’exclame. Il n’aime pas chasser plus que ça.
– Et pour faire quoi ? On le nourrit pas assez bien ici ? Quel culot.
– Peut-être qu’il a juste besoin d’un peu de temps seul. Guénièvre propose.
– Il a eu dix ans pour en avoir du temps seul.
Malgré l’explication, Guenièvre ne se sent pas rassurée alors qu’elle rejoint sa couche seule cette nuit. Les draps lui paraissent bien froids et la pièce bien silencieuse. De sa captivité elle avait gardé de bien malheureuses habitudes. Elle n’était plus habituée à dormir seule. Parfois elle pensait à Nessa, la petite était repartie dans sa famille au plus vite après leur libération, une chose qu’elle avait désiré faire tant de fois pendant toutes ces années de captivité forcer avec elle. Elle méritait sa liberté. Et Guenièvre se demandait parfois si elle aussi de son côté pensait à elle ou si elle préférait oublier cette expérience des plus terrible.
Quoi qu’il en soit, c’est l’épuisement qui la mena dans les songes cette nuit.
Quand Arthur ne revient toujours pas le jour suivant, elle ne peut empêcher l’inquiétude et les doutes de la prendre. Elle veut lui faire confiance, elle veut croire en ses promesses, mais la peur est plus forte. Peut-être est-il partie, sans elle, peut-être que la dernière nuit qu’elle à passer dans ses bras est réellement la dernière, si tel est le cas, elle regrette de ne pas en avoir profiter davantage.
S’il est réellement parti, elle songe un instant à le chercher, à aller le retrouver où qu’il soit. Mais s’il est parti sans elle, alors c’est qu’il n’a ni besoin ni envie d’elle. Ça a quelque chose de terrifiant, parce qu’elle l’aime, parce que malgré la distance et l’absence elle n’a jamais cessé de l’aimer, ne jamais cesser de penser à lui. Elle sait qu’elle pourra le supporter, mais pas de guetter de cœur.
C’est quelque jours plus tard qu’il revient enfin, l’exclamation de joie qui anime le château se tari rapidement avant qu’il ne franchisse les portes, tous ont bien compris qu’Arthur à besoin d’indifférence de leur part, plus il se sent voulu, moins il souhaite l’être.
Les deux époux se croisent dans un corridor, Guenièvre n’ayant pu s’empêcher de le rejoindre.
– Votre chasse a été réussie ? Il acquiesce et se laisse embrasser. Bien, je suis heureuse de vous voir à nouveau, mes pieds sont bien froids la nuit sans vous.
– Ah non ! Vous me les collez pas sous les cuisses cette nuit. Il proteste, et leur interaction est aussi naturelle que s’il n’était jamais parti.
– Vous verrez bien.
Son petit sourire joueur l’amuse alors qu’elle caresse sa joue en le dépassant.
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– Donc vous êtes partie à la chasse et vous n’avez rien ramené ? Séli critique alors qu’ils sont autour du repas.
– C’est vrai qu’on pensait que vous alliez nous ramener un peu de barbaque. Léodagan ajoute.
– J’ai laissé la viande pour un village qui était à proximité. Il soupire.
– Et pour quelle raison ?
– Bin ce n’est pas vraiment facile de ramener plus d’une centaine de kilos de viande tout seul. Je ne suis pas du bétail.
– Et bien quand vous étiez esclave, si, vous l’étiez. Sa belle-mère corrige.
– Vous êtes déjà un âne, fallait pas grand-chose pour finir la transition.
Arthur sourit, fatigué. Il ne répond pas, préférant croquer un morceau de pain.
– Qu’avez-vous chassé ? Guenièvre lui demande.
– Un ours.
– Un ours ? Arthur acquiesce. Vous n’avez jamais chassé d’ours sauf quand c’était absolument nécessaire.
– On peux pas dire qu’il y avait vraiment besoin en plus, avec les Burgondes qui logent dans le coin, les ours se sont retirer un peu plus loin on peut pas dire qu’ils nous dérangeaient. C’est que ça aime le calme ces bêtes-là.
Il hausse les épaules et ne poursuit pas sur des explications qui sont pourtant bien désirées en face.
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Plus tard dans la soirée, Léodagan rejoint son gendre dans l’arrière-cuisine juste au moment où il sort une peau de bête d’une bassine d’eau pour la placer sur un long et lisse rebord en pierre. Peau que Léodagan reconnaît comme celle d’un ours.
Sans prêter plus d’attention au maitre des lieux, Arthur se saisit d’une lame et commence à racler le surplus de chair et de gras qu’un dépeçage même minutieux n’aurait pas pu enlever.
Léodagan le regarde faire, il a le mouvement rapide et précis, alors qu’il nettoie la peau. Sa concentration est celle de quelqu’un qui à l’habitude, pour lequel un tel travail n’est rien.
– Alors c’est ce que vous faisiez durant toutes ces années ? Vous tanniez des peaux ?
– Hm. Il confirme, un peu absent.
– Et quoi ? Ça vous manque tant que ça ? Vous préférerez peut-être y retourner ?
Arthur hausse les épaules.
– Non parce que si c’est pour disparaître sans rien dire un jour, autant décarrer maintenant !
Il s’arrête et relève la tête vers son beau-père, surpris par l’animosité qu’il porte dans sa voix. Léodagan à le regard est dur et la posture menaçante.
– Je vous demande pardon ?
– Partir comme ça sans rien dire. Vous n’auriez pas pu lui dire que vous partiez chasser ?
Arthur reste muet. Ne sachant pas trop quoi répondre et sachant pertinemment que s’il répond mal ça pourrait s’envenimer.
– Parce que nous on s’en fou, partez donc si rester ici est une telle plaie, mais ayez au moins le tact de vous comportez correctement avec elle. Arthur ne peut cacher sa surprise ce qui arrache un sourire à Léodagan, il n’a pas le temps de répondre, celui-ci continue. Vous pigez pas en faites. Il s’amuse. Tout le temps où vous étiez parti, on s’est demandé si vous n’aviez pas juste pris la poudre d’escampette. Elle aussi.
– Elle sait que j’allais revenir. Guenièvre n’a pas paru troublée à mon retour.
– Je vous ai connu plus fin et perspicace.
Arthur se sent un peu bête alors qu’il réalise sa potentielle erreur.
– Pourquoi êtes-vous de nouveau avec elle ? Vous n’en avez jamais rien eu à foutre d’elle.
– C’est faux. il proteste.
– Oh épargnez-moi vos excuses, vous savez que c’est vrai, ce mariage n’était que diplomatique. Si vous reprenez la petite pour vous assurer le soutien de la Carmélide, sachez que ce n’est pas nécessaire. La Carmélide vous soutiendra, mais je ne vous laisserai pas à nouveau sa main.
– Mes intentions et sentiments sont sincères. Il baragouine, prit au dépourvu, il n’a jamais été douer pour parler de ses émotions, et s’il est désormais plus honnête, il n’en est pas moins timide. Mais il refuse qu’on l’accuse de se servir de Guenièvre pour des raisons politiques.
– Je l’espère pour vous, mais il faudra le lui prouver.
La menace pèse dans l’air autant que le silence qui s’impose. Arthur n’à pas à répondre, il sait que Léodagan ne plaisante pas et celui-ci sait que son message est passé.
– Si vous avez tant de doute sur mes intentions envers elle. Pourquoi n’y avoir pas mis un terme ?
– Parce que vous ressemblez à un jeune couple en train de se courtiser, et ce sans avoir perdu la connivence qu’un mariage d’une trentaine d’années offre. C’est rare. Ma fille connaît vos subtilités mieux que quiconque ici. Mais si vous n’êtes pas sérieux, alors abandonnez.
– Je le suis.
– Encore une fois, ça reste à prouver.
Après un moment Arthur reprend son travail sur la peau et Léodagan l’observe faire.
– C’est vous qui lui aviez appris à tirer à l’arc ?
– évidemment.
– Pourquoi ne l’avoir jamais mentionné ?
– A quoi bon ? Sans entrainement elle a beaucoup perdu et puis la guerre, ça n’a jamais été son truc.
Léodagan s’appuie sur une table et continue.
– Elle était vraiment bonne pourtant. À la base c’était pour l’aider à surmonter sa peur des oiseaux, puis je me suis rendu compte qu’elle était excellente. Mais plus je poussais pour en faire une guerrière, plus elle résistait. Puis son grand-père est intervenu, insistant qu’elle ferait mieux une épouse qu’une guerrière. Je n’ai pas poussé davantage. Il s’arrête un moment. Quand elle est venue me voir pour que je lui reprenne, j’ai été surprit je dois avouer.
– Et vous pensez que c’est prudent ? C’est pour Lancelot qu’elle fait ça.
– Je sais. Parce que vous avez pas été foutu de le canner.
Arthur relève la tête et lui jette un regard rempli de haine et de colère. Regard que Léodagan tient sans broncher.
– Lancelot est un excellent guerrier, c’est pas des flèches qui l’empêcheront de faire quoi que ce soit.
– Peut-être. Mais qui sait. Il vaut mieux qu’elle fasse quelque chose plutôt que rien.
– Je préférerais qu’elle ne le revoie jamais.
– Bin voyez je suis pas tout à fait d’accord. Il a passé dix ans à essayer de la séduire tout en ayant assez de bienséance pour ne pas la toucher. Vous ne pensez pas que ça pourrait le destabilisé de la voir prendre les armes contre lui ou les forces armées qui pourraient lui rester ? Parce que moi j’en suis persuadé.
– Hors de question ! Il exclame.
– Ah ! Parce que vous pensez que ma fille ne peut pas se débrouiller sur un champ de bataille ? Léodagan frappe sa main sur la table en bois, le bruit est fracassant, ponctuant son indignation et sa colère.
– Aah pardonne, mais non, non, je ne pense pas. Arthur lui répète. Toute cette discussion lui paraît insensée. Il sait qu’il à tort, c’est sa peur qui parle, ses craintes, l’envie de fuir ce qu’il ne veut pas affronter. Navré, mais la place de Guénièvre ce n’est pas en plein milieu d’une campagne militaire, et certainement pas contre Lancelot.
– Et bien vous seriez surpris ! Son beau-père lui affirme. De toute façon, vous avez pas le choix.
– Je sais.
Il reprend son travail sur la peau.
– Je sais.
Ça n’est plus qu’un murmure. Semblant satisfait, Léodagan quitte la pièce.
Une fois son travail fini Arthur plonge la peau dans une bassine d’eau pour la rincer, puis la place dans une autre cuve avant de nettoyer ce qu’il a sali. Lorsqu’il rejoint Guenièvre, celle-ci est déjà couchée.
Il la rejoint, mais n’ose l’enlacer. Les mots de Léodagan lui trottent dans la tête et il ne peut s’empêcher d’être inquiet. Guenièvre le sent et finit par le lui demander.
– Qui a-t-il ?
Il se redresse et se penche sur elle.
– M’en voulez-vous ?
– De quoi pourrais-je bien vous en vouloir ?
– d’être parti sans rien dire, comme si je disparaissais à nouveau.
Elle se place sur le dos et plonge ses yeux dans les siens, sa main vient caresser sa joue avec tendresse et il se presse contre sa paume.
– Bien sûr que non.
– Mais vous étiez inquiéte.
– Je suis toujours inquiéte.
Il s’assoit et saisit sa main pour en embrasser la paume.
– Je ne partirai pas sans vous.
– Alors vous voulez partir ?
– Je ne sais pas. Mais si je devais le faire, je vous voudrais avec moi. Si vous le voulez.
Elle l’attire pour un baiser et il se laisse mener, savourant ses lèvres justes avant de sursauter. Guenièvre vient de placer ses pieds froids contre sa peau.
– Oh ! Il gronde.
Elle rigole. Un fou rire qui sonne juste à ses oreilles alors qu’elle le cherche avec ses pieds, il l’évite et la repousse de son mieux.
– Faites attention, je vais me venger.
– Oh, mais faites mon ami, faites. Elle ricane.
– Vous l’aurez voulu.
Il se jette sur elle pour la chatouiller. Et alors qu’elle se tord dans tous les sens face à son assaut son rire n’en est que plus pur.
Dans l’excitation il l’attrape et l’enlace de ses deux bras, elle se laisse faire, ni opposant aucune résistance. Sa chemise est en désordre et son épaule découverte. Il s’arrête pour admirer, puis dégage sa chevelure pour y déposer un baisé, puis un autre, puis encore un autre.
Leur espièglerie laisse place à une grande tendresse. Ils s’embrassent, puis il l’embrasse, son cou, sa peau, alors qu’elle l’enlace, le ramenant à elle, rien que pour elle.
Ses mains parcourent son corps, explorent ses formes et ses courbes amoureusement.
Alors que sa main s’aventure sur sa cuisse, remontant lentement entre ses jambes, elle le stop, sa main sur la sienne et durant un instant il a peur d’être allé trop loin. Mais quand il la regarde, il peut voir son regard se poser sur la porte de leur quartier. Elle n’est plus avec lui, toute son attention s’est déplacée vers cette porte.
– Qui a-t-il ?
– Shh. Elle lui intime.
Il se tait. Reste immobile et silencieux alors qu’il se concentre sur la porte, sur les sons qui viennent de derrière. Quelqu’un monte les escaliers et il comprend que c’est la source de la peur soudaine de Guenièvre.
Il relâche son étreinte et sort du lit, elle essaie de le retenir, mais il ne la laisse pas faire.
– Ne me laissez pas.
– Je vais voir qui c’est.
Il se saisit d’Excalibur qui dans sa main s’enflamme mi-rouge mi-bleu et quitte la pièce, laissant la femme dont il est tombé amoureux se recroqueviller dans leur couche.
Elle se rassure quand elle l’entend gronder contre un serviteur, lui intimant que l’aile qui leur a été attribuée est interdite de passage la nuit à partir de maintenant.
– Vous n’aviez pas à l’engueuler parce que je me suis fait une frayeur. Elle lui dit lorsqu’il revient. J’ai été idiote.
– Vous n’êtes pas idiote. Il dépose son épée et la rejoint rapidement.
Elle l’attire dans une embrasse et il la sert fermement contre lui alors qu’ils se réinstallent sous les draps.
– C’est absurde.
– ça ne l’est pas. Et même si ça l’était, vous êtes la reine, il n’y a rien que vous ne puissiez demander, désirer, exiger qui ne pourrait être comblé.
Elle resserre son étreinte et marmonne une excuse qu’il balaie rapidement d’un baiser sur son front. Ça n’est pas la première fois que ça arrive, et ça ne sera probablement pas la dernière, il le sait, dix ans à entendre votre joelier monter les escaliers pour venir vous voir est une peur qui ne s’efface pas.
___
Qu’il désapprouve l’intention derrière son réapprentissage du tir à l’arc ou pas, importe peu. Il se montre même des plus encourageant à l’instant où il comprend pourquoi elle ne lui en à point parlé. Elle savait qu’il désapprouverait et avait peur qu’il mette un terme à ses entrainements. Comme s’il se permettrait de lui privé de quoi que ce soit, comme s’il oserait lui imposer quelque chose. Et puis ce n’est pas comme si Léodagan le permettrait de toute façon.
Presque tous les jours, elle part s’entrainer, pour perfectionner sa forme et ses mouvements. Elle gagne en rapidité et en force et progressivement Léodagan lui propose des entrainements plus complexe et difficile, entrainement qu’elle finit toujours par réussir.
Il se plait à venir la voir, même des heures durant sans jamais se lasser. Elle est belle quand elle est concentrée, elle là toujours été. À l’époque quand elle réalisait de somptueuses broderies et qu’elle restait près du feu à les réaliser avec grande attention elle était aussi magnifique qu’aujourd’hui avec un arc entre les mains, c’est juste qu’il s’était toujours refusé de voir. La regarder était dangereux. Quel idiot il avait été.
Ce jour-là, elle porte une cotte blanche assez modeste et par dessus un peliçon que le Roi Burgonge lui à fait confectionner dans l’art et la tradition de son peuple. Les couleurs chatoyantes et diverses des perles qui ont été brodées brillent sous un soleil timide. La fourrure d’hermines blanches qui en couvre l’intérieur et le col contraste avec les couleurs automnales. Le blanc a toujours sied Guenièvre, mais il trouve que les pigments étincelants des perles font ressortir ses taches de rousseur.
Ce peliçon est l’un des rares vêtements travailler qu’elle accepte de porter, préférant la simplicité après avoir été forcé de porter des parures du plus grand raffinement pour Lancelot. Elle n’en veut plus, ça lui rappelle trop les ruines du roi Ban. Mais pour le coup rien ne ressemble à l’artisanat burgonde. Arthur se demande d’ailleurs comment la culture de leur nouvel allié va s’associer à celle de la Bretagne.
– Vous avez vu ? Elle lui crie en secouant les bras pour capter son attention, comme si, du haut de sa colline, surplombant le terrain d’entrainement il ne gardait pas les yeux sur elle.
Elle vient de réussir à couper une corde en mouvement, ce qui est complexe et demande une grande précision, il le sait. Elle court vers lui et s’agenouille à ses côtés sur la tapisserie sur laquelle il est installé pour se protéger du froid de l’herbe.
– Regardez !
Elle lui montre la corde lestée qu’elle vient de couper et il s’en saisit pour l’admirer.
– Votre père avait raison, vous avez un talent exceptionnel.
– Ne dites pas n’import..
– Bon et alors ? On à pas terminé je signale ! Léodagan hurle d’en bas.
– On reprendra demain. Elle lui répond presque sèchement et son père bougonne un peu, mais n’insiste pas.
Il sait que ça ne sert pas à grand-chose, parce que quand elle rejoint Arthur sur la colline, elle n’en redescend pas avant un moment.
– Vous n’avez pas froid ?
Elle secoue la tête et se saisit du panier qu’Arthur a emmené.
– Qu’avez-vous pris aujourd’hui ? Oh ! Des figues.
Arthur sourit et se redresse pour l’aider. C’est l’un de leurs petits rituels, après l’entrainement de Guénièvre ils se rejoignent pour manger que tous les deux, généralement en extérieur. Il y a du vin, du pain, de la charcuterie, de la viande, du fromage, des légumes, des noix, des fruits. Tout ce qu’ils leur faut et tout ce dont ils pourraient avoir envie.
– C’est les premières de la saison, les figuiers ont été un peu paresseux.
Elle en saisit une et la croque à pleine dent, se penchant rapidement il parvient à gober l’autre moitié qu’elle tient dans les mains.
– Ma figue ! Elle proteste alors qu’il rigole gentiment face à son visage à la fois surpris et boudeur.
– Je songeais, ont pourrai passer aux forges plus tard.
– Pourquoi ?
– Un archer porte toujours au moins une arme secondaire, on pourrait réfléchir à ce qui pourrait vous convenir et vous le faire confectionner.
– Comme quoi ?
– Ça dépend, je pensais plus à une dague, mais on peut considérer d’autre option, comme peut-être une épée, un marteau, une hache.
– Mais je ne saurai pas m’en servir.
– Je pourrai vous apprendre.
– Et puis à quoi ça me servirait ?
– Il y a des moments ou l’arc pourrait ne pas être adapté. Si quelqu’un se rapproche trop près de vous, ou si vous n’avez plus de flèches.
Elle considère un instant puis acquiesce.
Le forgeron est des plus attentif à ce qu’elle pourrait vouloir, il lui propose des armes pour qu’elle puisse avoir une idée plus précise de ce qu’elle pourrait vouloir. Il lui fait des démonstrations aussi, comment utiliser telle ou telle arme. Un marteau de guerre lui semble une bonne option, mais elle ne se voit pas infliger ce genre de dégât, la coupure nette d’une lame lui semble plus acceptable. Alors elle opte pour une dague d’une trentaine de centimètres. Quelque chose de léger et facilement maniable. Elle se plait à entendre Arthur donner des instructions au forgeron pour des détails et des précisions dont elle ne connaît pas forcement la raison excepter que c’est pour rendre l’arme plus adaptée à sa main.
___
Il y à des choses qui en trente ans n’étaient encore jamais arrivé, et en toute honnêteté, Arthur aurait préféré que ça le reste. Parce que voir débarquer son beau-père alors qu’il dort paisiblement dans les bras de sa reine, dans une tenue quelque peu modeste, bien que caché par les couvertures est l’une des choses qu’ils auraient préférer éviter de vivre.
Celui-ci n’ayant aucun tact non plus, sa voix forte resonnant de façon assourdissante dans leurs oreilles encore endormit. S’extirpant de ses songes pour savoir ce qu’il en est, il n’a pas le temps d’en placer une pour protester un pareil réveil. À ses côtés Guenièvre émerge également.
– Bon alors, vous venez ? Elles ne vont pas se tirer toutes seules ces flèches.
Dans ses mains il tient un arc de couleur claire qui semble neuf. Il le tend à sa fille qui s’en saisit.
– Fait de bois d’if.
– D’if ?
– C’est l’un des meilleurs bois pour faire un arc, résistant, mais souple. Arthur lui précise alors qu’il observe l’arme. C’est un beau travail. Il constate.
– Il était temps que vous ayez votre propre arc.
– Vraiment ? Elle s’extasie.
– évidemment ! Alors vous venez ? Il est un peu différent de ceux que vous utilisez, il va falloir vous entrainer.
Guenièvre saute du lit avec excitation ce qui arrache un sourire à son père.
– Ne me faites pas trop attendre.
– J’arrive !
Il part de la chambre fier de lui.
Arthur regarde Guenièvre s’affairer pour s’habiller au plus vite.
– Vous savez, j’avais très envie de flâner avec vous sous les draps. Il lui dit, la mine encore fatiguée et les yeux prêts à se clore pour se rendormir.
Elle saute sur le lit, ou plutôt sur lui et il glapit sous la surprise, ce qui la fait rire. Elle l’enveloppe de ses cuisses et ses mains s’aventurent sur sa peau. Elle est si douce.
– Vous avez vu, un arc rien qu’à moi.
Elle se met en position et tire la corde, testant sa résistance et à quel point le bois se plie à sa force. Arthur l’admire avec plaisir, tout en défaisant les liens de sa robe de nuit.
– C’est normal, tout archer se doit d’avoir son propre arc. C’est un bel ouvrage.
Il la dénude et elle se laisse faire.
– Rester un peu avec moi.
– J’en est très envie, mais j’ai également très envie de le tester cet arc.
– Vous me mettez en compétition avec un arc ? Vous êtes injuste.
Il s’amuse alors que ses doigts caressent la peau entre ses seins, descendant tranquillement plus bas, toujours plus bas. Il passe sa langue sur ses lèvres.
– J’ai faim de vous.
– Alors, permettez-moi de vous affamer jusqu’à ce soir. Elle se retire avec un sourire satisfait alors qu’il grogne de frustration à la voir partir.
Elle s’habille et avant de partir vient l’embrasser. Il l’attrape de ses deux bras pour la ravir de baiser qui la chatouille.
– Revenez-moi au plus vite.
– Je ne vais nulle part. Elle s’amuse. Ce n’est pas comme si elle partait pour un long voyage.
– Si, dès que vous quittez mes bras je me languis de vous.
– Je vous reviendrai.
Il la relâche et elle l’embrasse à nouveau avant de partir.
___
L’excitation est haute dans le château alors que chacun se prépare. Ils ont reçu un pigeon ce matin indiquant un mouvement de troupe d’un clan encore allié à Lancelot et le bruit court que l’ancien Roi pourrait bien s’y trouver.
Que ce soit le cas ou pas, de toute façon il leur faut s’y rendre, ceux-ci ayant délibérément attaqué des villages ayant rejoint le nouveau régime. Et si Arthur souhaite principalement réunir les clans par la voie diplomatique plus tôt que par la guerre il sait que pour certains ils n’auront pas le choix que de les soumettre et de les réintégrer par la force ou bien de les décimer.
Il n’y prend guère plaisir, mais l’enthousiasme environnant est porteur, une victoire sur ce clan pourrait faciliter les négociations face à d’autre. Arthur sait que son implication est importante, il est difficile de convaincre à une réunification si celui qui en est et sera à la tête n’est pas investi et présent.
Alors qu’il se prépare dans les quartiers qu’il partage avec Guenièvre la porte s’ouvre dans un fracas.
– Je viens avec vous !
Sa reine est là, déterminée, campée fermement sur ses pieds, sa dague déjà à la ceinture et son arc dans sa main. Elle a l’air farouche.
Il retourne à l’attache qu’il est en train de lier avant de répondre.
– Non.
– Comment ça non ? Ce n’est pas à vous de décider ! Je viens ! Elle l’interrompt.
Il lève à nouveau les yeux vers elle, surpris par tant de colère.
– Il est hors de question.
– Vous n’avez pas à m’empêcher de faire quoi que ce soit. Ça n’est pas un débat.
– Et si vous me laissiez finir ?
– Si c’est pour me sortir une excuse à la con, épargnez-vous.
Il se dirige vers la porte pour la refermer. Puis se rapproche d’elle et saisit ses mains, elle le rejette rapidement, le regard dur.
– Je ne vous empêche rien, mais si vous pensez que je vais vous laisser y aller comme ça.. Il la regarde de haut en bas.
– Quoi ?
– Deshabillez vous.
– Si vous pensez que c’est le moment. Il lève les yeux au ciel.
– Mais non, faites-moi un peu confiance.
Il s’avance vers un coffre de leur chambre et l’ouvre pour en sortir plusieurs pièces de cuirs noirs ainsi que des vêtements.
– Qu’est-ce que c’est ?
– Je savais que ce jour viendrait, et que sous aucun prétexte je ne pourrais vous convaincre de rester en sécurité. Alors si je ne peux avoir la garantie de votre bien-être entre ces murs, permettez-moi de l’assurer par une armure.
Déposant l’ensemble sur leur lit, il laisse à peine le temps à Guenièvre de la regarder. Ils doivent partir bientôt, elle aura tout le temps de l’admirer quand ils seront de retour, alors il la déshabille de lui même, elle le laisse faire.
– Une armure ?
– Bien sûr. Une en plaque serait trop lourde, je connais bien un artisan qui pourrait en faire une des plus légères, mais je ne sais pas où il est. Alors j’en est confectionné une en cuir.
– C’est vous qui l’avez faite ?
– Oui, c’est moi même qui suis tanné le cuir, cuir d’ours et de biche, la découpe, l’assemblage, les coutures.
Il saisit le plastron à deux mains pour le lui montrer.
– Alors c’est à ça que vous passiez vos journées parfois, où personne ne pouvait vous trouver.
– Entre autres. Il sourit. C’est une armure souple, mais des plus résistante. J’ose espérer que vous n’irez pas au corps à corps, mais si tel et le cas, elle résistera face à une épée. Mais avant de l’enfiler, il vous faut mettre ceci.
Il lui montre une longue cotte plus adaptée pour les combats, ainsi que des braies dont elle s’habille rapidement puis il l’invite à écarter les bras afin qu’il puisse placer le plastron sur son torse. Il l’ajuste, puis l’attache minutieusement.
– Comment vous sentez vous ? Ça n’est pas trop inconfortable ? Il demande, même si l’expression de Guenièvre est des plus admirative. Il prend un plaisir tout particulier à la voir ainsi.
– Non, au contraire. Pourquoi ne m’en avez vous jamais parlé ?
– Je n’ai pas fini les gravures et les ornements. Elle est parfaitement fonctionnelle autrement, mais je voulais la finir avant de vous la montrer. Cependant, les événements appellent à une révélation. Précoce.
Elle rigole et l’invite à continuer.
Qui aurait cru qu’une armure puisse sied à Guenièvre à ce point ? Certainement pas lui, et pourtant sa vue lui laisse un sentiment indescriptible. Elle le pousse hors de sa rêverie, l’incitant à la suivre. Et pour un instant il a juste envie de l’attraper, de refermer la porte derrière eux et laisser la guerre aux autres. Il a beau lui faire confiance, c’est tout de même la première bataille où Guenièvre ne se retrouvera pas dans les campements arrière, ceux les plus sécuriser, mais bien, à peu de chose près, sur-le-champ de bataille. Beaucoup de choses peuvent mal se passer, il le sait parfaitement. Et la peur qui l’habite ne se calmera que quand tout cela fera fini. Alors il prend sa suite sans attendre.
Les regards se tournent vers elle quand elle sort du château. C’est rare de voir une femme en armure et armer pour la guerre, et pour un instant elle hésite, elle sent qu’elle n’as pas sa place. La guerre est principalement un souci d’hommes et elle n’est qu’une femme, sans expérience aucune.
Mais juste alors qu’elle pense renoncer elle sent Arthur dans son dos, l’accompagnant, la supportant, affirmant sa légitimité. Elle n’est pas qu’une femme, elle est Reine. LA Reine.
Son époux vient se placer à ses côtés, sans la dépasser, restant son égal. Les regards se posent sur eux, tous deux sont vêtus d’une armure de cuir noir, modeste, discrète, mais n’attestant pas moins de leur statut. Ils se tiennent ensemble, ne faisant qu’un, comme les deux faces d’une même pièce. Si on ne les connaissait pas, on pourrait croire que ce jour n’est en rien exceptionnel et nouveau.
Arthur se penche vers elle.
– Ils vous attendent, c’est vous qui donnez le mouvement. Il lui murmure et elle le regarde, inquiéte.
– Mais c’est vous le Roi, c’est à vous de donner le départ.
– Vous avez pris une toute nouvelle position sur le trône, vous savez ? Ça fait des mois qu’ils vous écoutent et suivent vos décisions. Aujourd’hui c’est pareil, ils font plus confiance en votre décision de partir que la mienne.
Elle acquiesce puis s’avance d’abord un peu timidement, et à nouveau tous les regards se posent sur elle. Là où elle pense voir du doute chez eux, voir de la moquerie, c’est en réalité une grande admiration qu’elle observe. Leur attention est teintée de respect et d’attente. Un écuyer l’aide à monter sur son cheval et comme si c’était le signal tous commencent à faire de même. Léodagan est le second sur son canasson, il la rejoint rapidement.
– C’est excitant, pas vrai ?
– Un peu intimidant.
– Vous apprendrez à aimer ça.
– La guerre ?
– Non, le pouvoir.
___
Sur la route on est des plus attentif à elle et elle en est reconnaissante parce que c‘est malgré tout tout nouveau pour elle. On est patient avec elle lorsqu’elle pose des questions qui semblent pour la plupart être des évidences. Mais il n’y a jamais une once de moquerie, au contraire, tous lui montrent le plus grand respect et elle se rend compte que ce n’est pas parce qu’Arthur leur aurait ordonné, mais bien parce qu’elle semble le leur inspirer. Ça l’étonne.
– Je vous l’avais dit, vous avez pris une toute nouvelle position dans l’esprit des gens. Arthur lui dit en l’enlaçant plus proche dans la couche de fortune du petit campement qu’ils ont établi pour la nuit.
– Je n’ai pourtant rien fait de particulier. Elle chuchote.
– Je ne suis pas sûr que vous vous rendez compte de tout ce que vous avez fait ces derniers mois. Je crois qu’ils sont impressionnés par votre résilience et la façon dont vous avez décidé de gérer les choses.
Elle hausse les épaules.
– Vous êtes juste et honnête dans vos décisions et ils apprécient ça. Vous leur montrez du respect sans les prendre de haut, vous avez l’oreille attentive. Et en même temps vous ne vous excusez pas d’être ni de faire ce que vous faites. C’est quelque chose qu’ils attendent d’un souverain, ça leur inspire confiance.
– Je ne suis pourtant pas très confiante moi-même. Elle lui confie. Peut-être suis-je juste ridicule.
– Vous ne l’êtes pas. Prenez force en leur confiance en vous. Vous les avez convaincus, vous les avez conquis, ils sont là pour vous, comme je suis là pour vous.
– Vous ai-je conquis vous aussi ? Elle sourit.
– Vous en doutez ? Il lui demande avec honnête.
Il attrape sa main et l’embrasse puis la serre dans la sienne se voulant rassurante.
– et si je n’y arrive pas ? Je n’ai jamais tué un homme. Je n’ai jamais tiré sur un homme. Et si je me fais dépasser par ce qu’il se passe ? Et si jamais Lancelot est vraiment là, est-ce que j’y arriverai, à, je ne sais pas, même bander mon arc ?
– Si c’est quelque chose que vous voulez faire, je sais que vous trouverez la force.
___
Plus ils se rapprochent de leur ennemie, plus Guenièvre se sent anxieuse. Les mots de son époux, aussi réassurant soient-ils n’apaisent pas ses peurs et ses doutes.
Il dort paisiblement dans ses bras cette nuit, et elle se trouve incapable de se rendormir. Au loin dans le calme ambiant du campement elle reconnaît des bruits de pas dans la neige. Une biche.
Dans sa tour depuis sa fenêtre. Elle à eu le temps d’observer et d’écouter la nature, apprenant à reconnaître les sons. La faune se baladant autour de sa prison de pierre étant parfois la seule chose intéressante s’offrant à des journées toutes plus similaire et ennuyeux que les autres.
Le souvenir la rend mélancolique, alors elle se lève et saisit l’armure qu’Arthur lui a confectionnée. L’admirant à la lumière d’une bougie pendant un moment. Puis elle l’enfile, la lourdeur et la rigidité du cuir contre elle lui rappelant qu’elle n’est plus dans cette tour. Elle se tourne vers son époux, et caresse ses cheveux doucement. Jusqu’à ce qu’elle s’immobilise.
Il y a d’autres bruits de pas dans la neige, cette fois-ci ça n’est pas un animal, mais un homme. Elle reconnaît très bien le son parce qu’elle pouvait entendre Lancelot marcher dans la neige l’hiver lorsqu’il venait à la tour. Elle appréhendait chacune de ses venues.
Ça pourrait être quelqu’un de leur campement, mais elle en doute parce que le bruit est lointain discrètement elle saisit son arc et ses flèches et sort de la tente.
Avec difficulté elle essaie de se faire aussi discrète que possible à marcher dans la neige alors qu’elle enquête sur ce son. Maudissant celui qui monte la garde de s’être endormi parce qu’elle aurait bien besoin d’aide. Elle se cache derrière un arbre alors que l’intrus approche du campement. Alors qu’il s’approche d’un feu mourant, elle aperçoit l’écusson de leur ennemi. Celui-ci tient une lame et s’apprête à tuer le garde endormi, alors sans attendre elle bande son arc et tire. La flèche vient pénétrer la cuisse de l’assaillant, qui, déstabilisé, manque son attaque et s’écroule dans un gémissement de douleur.
Elle se précipite alors pour attraper une corne et y souffle de toutes ses forces.
Comme un signal, une clameur s’élève autour de leur campement, l’ennemi voulait probablement effectuer une attaque-surprise, mais se trouve obligé de s’engager maintenant qu’ils sont repérés.
Le cœur de Guenièvre bat à tout rompre dans sa poitrine, mais elle se rassure alors que les siens s’éveillent au son de la guerre. Et leur clameur, bien qu’encore chancelante, est rassurante.
Elle entend son nom être hurler, et reconnaît la voix de son époux marquée par la peur. Évidemment, elle n’est pas à ses côtés. Mais elle n’a pas le temps de le rejoindre. Les ennemis affluent dans le campement.
Sa tenue sombre dans la pénombre de la nuit la garde cachée pour un petit instant. Ce dont elle est reconnaissante, ses mains tremblent de peur autant que ses jambes alors qu’elle essaie de se faufiler vers la tente qu’elle partage avec Arthur. Elle l’aperçoit enfin émerger de leur tente, Excalibur en feu dans la main. Il la cherche du regard et ne remarque même pas le soldat qui s’approche dans son dos, prêt à le frapper.
Alors elle n’hésite plus. Prise par la peur, mais aussi par une grande détermination, elle saisit une flèche, bande son arc, sa position stable et assurée, le regard ferme et précis. Arthur croise son regard juste au moment où elle relâche la corde.
La flèche le frôle pour se planter dans la gorge du soldat dans son dos. Arthur se retourne pour voir l’ennemi qu’il n’avait pas vu tomber puis se tourne à nouveau vers Guenièvre, bouche bée.
– Vous auriez pu me tuer ! Il hurle parmi le fracas de la bataille.
– Ce n’est pas ma faute si vous vous jetez devant mes flèches ! Elle lui répond en courant vers lui.
Ils s’attrapent le bras, se rassurant l’un l’autre en voyant qu’ils vont bien.
– Vous avez vu Lancelot ?
– Non.
– Vous avez fini de papoter ? Ce n’est pas trop le moment ! Léodagan leur hurle alors qu’il tranche la gorge du sot qui a osé venir affronter le Sanguinaire.
Il semble y en avoir beaucoup des sots, car nombreux sont ceux qui se rapprochent du couple royal. À croire qu’en dix ans les gens ont oublié le tranchant exceptionnel d’Excalibur. À vrai dire, c’est peut-être le cas. Mais entre ceux qui ne parent pas l’épée divine et ceux qui n’ont pas la force de tenir son onde de choc, Arthur fait vite cas des peu expérimentés. Dernière lui Guenièvre défend son arrière et ralentit l’ennemi. Aucune de ses flèches ne manque sa cible.
Dans le feu du combat, ils se retrouvent dos à dos se protégeant l’un l’autre dans un tandem diablement efficace. Jusqu’à ce qu’enfin les derniers ennemis tombent ou battent en retraite. Arthur se tourne enfin vers Guenièvre.
– Vous êtes blessé ? L’inquiétude dans sa voix est palpable. Elle secoue la tête et l’enlace de ses deux bras, s’accrochant à lui désespérément alors il fait de même, et l’entour de ses deux bras puissants pour la tenir contre lui, lui murmurant des mots doux pour la calmer des émotions qu’elle vient d’avoir.
– Il n’était pas là. Elle chuchote alors que des larmes d’adrénaline et de stresse coule sur ses joues.
– Je sais, je suis désolé. Ont le trouvera. Il dit pour la rassurer.
Il préférerait que cela n’arrive jamais, mais il sait également qu’il obtient rarement ce qu’il veut. Lancelot est là, quelque part, tapie dans l’ombre. Une menace, qui, Arthur le sait, finira par se déclarer, probablement à un moment inopportun. Mais dans l’instant il se refuse d’y penser, préférant couvrir sa reine de baisers tendres et réconfortants. Il fuit, peut-être, ou refuse de se laisser voler un instant en pensant au futur.
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Dans les jours qui suivent les mots courts, les récits se propagent. Le nom de Guenièvre effleure les lèvres. Guenièvre, la reine guerrière, naissant de l’adversité pour reprendre le royaume et le venger. Une chanson est même fredonnée sur ses exploits. La mélodie est portée par les vents et elle sait l’instant où la mélodie est arrivée jusqu’aux oreilles de l’ancien Roi quand une profonde angoisse lui serre la poitrine. La bête hibernante depuis des mois, s’éveille.
Voici l'un des cadeaux que j'ai réalisé pour le SSK21, si vous prenez le temps de lire, j'espère que ça vous plaira :)
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Titre : La question
Warning : /
Resume : Perceval est absent à la réunion de la table de ronde, Arthur, inquiet, le trouve finalement au Lac, blessé et dévasté.
Ship : Arthur/Perceval
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Dès qu’il se réveille Arthur à un mauvais pressentiment. Quelque chose sonne faux, comme si quelque chose était arrivé, mais il est incapable de mettre le doigt dessus. Ce n’est pas faute d’essayer. Si les mauvaises nouvelles arrivent généralement à lui sans qu’il le demande, cette fois-ci c’est lui qui les cherche. Cependant il ne trouve rien. Aucun pigeon n’est revenu avec les nouvelles d’une invasion ni pour annoncer la mort de quelqu’un. Les réserves de nourriture sont pleines et les cultures sont plutôt abondantes, aucune maladie ne s’est déclarer. Même Lancelot et Bohort s’étonnent de son inquiétude. Pour eux il n’y a aucun problème majeur, et il les sait prévenants et attentifs.
Pourtant ça ne le rassure pas. Cette inquiétude le suit jusqu’à la séance de la table ronde qui se tient ce jour et trouve sa réponse dans le siège vide qui se tient devant lui.
– Où est Perceval ? Il demande avant de s’asseoir.
On hausse les épaules ici et là.
– Je croyais qu’il était rentré.
– C’est embêtant en plus, le premier sujet du jour c’est le récit de la quête qu’il revient. Le père Blaise leur annonce.
– Mais il est bien rentré ?
– Je l’ai vu hier dans un couloir. Bohort précise.
– Nan, mais oui, il est rentré. Karadoc confirme.
– Une quelconque raison pour son absence d’aujourd’hui ? Léodagan demande, un peu acerbe.
– Peut-être à il attraper mal. Bohort propose. Et qu’il est au fond de son lit au moment même.
– C’est vrai qu’il n’avait pas l’air bien. Il n’a pas voulu manger. Karadoc appuie l’hypothèse.
– Peut-être qu’il avait mangé avant, il est rentrer tard si je ne m’abuse. Lancelot suggère. Karadoc hausse les épaules.
– Bon et bien qu’on envoie quelqu’un voir s’il n’est pas dans ses quartiers.
– On vas quand même pas l’attendre.
– C’est vrai, les séances de la table ronde sont déjà assez longues. Calogrenant ajoute.
– Et puis, il s’est probablement rien passé, il n’est pas descendu à la salle des coffres remettre quoi que ce soit. Lancelot précise.
– Il a probablement pas envie de dire qu’il a passé un mois à rien foutre. À nan, mais j’le comprends. Léodagan poursuit.
– Nan, mais ça suffit. C’est pas le sujet. Perceval est un chevalier de cette table, il doit raconter sa quête.
– Il n’empêche qu’il est en retard.
– ça arrive. Arthur conclut un peu mollement.
___
Toutes tentatives pour rationaliser s’effondrent quand on leur annonce que le Gallois est introuvable. À contrecœur Arthur fait poursuivre la séance de la table ronde, mais son esprit se trouve incapable de se concentrer sur les affaires du jour, bien trop pris par l’absence de son chevalier favori.
Il aurait dû s’en rendre compte plus tôt. Perceval ne manque jamais une séance de la table ronde quand il est là. C’est arrivé qu’il se dépêche de rentrer, même si la route devait se faire de nuit juste pour être là, autour de cette table. Mais surtout il ne manque jamais de venir le voir lorsqu’il revient d’un quelconque voyage et ce peu importe si Arthur est occupé ou pas. Ce qu’il trouvait à la fois agaçant et attachant. Il rouspétait pour la bonne forme quand Perceval le dérangeait, mais se sentait rassuré de le voir revenir sain et sauf. Maintenant c’est un moment privilégié entre eux qu’Arthur chérit parce que Perceval est aussi envieux de le retrouver qu’il ne l’est. Et là ça fait un mois qu’ils ne se sont pas vus. À l’époque Arthur l’aurait à peine remarqué, mais depuis qu’ils se sont rapprochés, le chevalier aux cheveux argent lui manque dès qu’il n’est pas à ses côtés. Leur relation balbutiante, couverte de secret n’est pas simple à naviguer pour eux. Perceval à besoin de temps, pas que ses sentiments pour lui soit faible, plutôt l’inverse, c’est surtout qu’il ne sait pas toujours comment les exprimer, ni n’ose les exprimer de certaine façon. Alors Arthur lui laisse le temps, il n’a pas besoin que Perceval aille à son rythme, lui peut très bien rester au sien. Mais chaque instant s’en retrouve un peu plus précieux.
Mais l’absence de ce rituel qu’ils ont n’est pas bon signe. Le chevalier reste introuvable et il sait que quelque chose cloche vraiment quand une de leur servante lui indique avoir vu le Chevalier marcher anormalement la vielle. Elle n’est pas vraiment capable de lui décrire sa démarche autre qu’elle était bizarre, ce qui n’est pas vraiment utile, mais additionné au commentaire de Karadoc cela l’inquiète. Alors, il se rend chez Merlin pour glaner des informations, peut-être que Perceval est revenu blessé et qu’on à manquer de l’informer. Mais cette piste s’avère être un échec. Merlin ne là pas croisé.
C’est de façon fortuite qu’il le trouve enfin, alors que la journée se rapproche du soir, en se rendant au lac pour y réfléchir. Quelqu’un y est déjà, et s’il ne reconnaît pas la tenue, les cheveux de Perceval sont particulièrement reconnaissables en eux même. Un souffle de soulagement le prend, mais se tarit bien vite quand il voit la position du Gallois alors qu’il se rapproche. Celui-ci est replié sur lui même, ses bras l’entourant, il semble misérable.
– Perceval ! On vous cherchait, vous avez manqué la séance de la table ronde ce matin. Il lui dit, son ton n’est en aucun cas réprobateur, bien au contraire, il essaie de mettre autant de chaleur qu’il peut dans sa voix pour contrer son inquiétude grandissante.
Plutôt que de se tourner vers lui, son chevalier sursaute et se renferme davantage sur lui même. Il ne lui répond même pas. Arthur s’approche, pose son pied sur le rocher sur lequel son compagnon se tient pour se pencher vers lui et poser sa main sur son épaule.
– Perceval ? Il l’appelle.
Celui-ci tressaille au contact et fait un mouvement de recul, Arthur retire sa main immédiatement. Surpris par une telle réaction.
– Perceval ! Il l’appelle à nouveau, se penchant davantage pour tenter de capter son attention. Son comportement est des plus inhabituel. Et il comprend pourquoi quand il remarque sur sa joue des sillons de larmes, sa peau est encore mouillée et l’idée que son Chevalier est en train de pleurer lui fend le cœur. Qu’est-ce qui à bien put provoquer une telle réaction ?
– Parlez-moi bon sang ! Il dit, laissant son inquiétude marquer son ton.
– Sire.. Je suis désolé. Sa voix se brise, le sanglot est lourd et sa détresse prenante. De fraiches larmes coulent à nouveau sur ses joues et il se tourne à l’opposer de son Roi pour se cacher.
– Nan, mais il ne faut pas pleurer parce que vous avez manquer une séance de la table ronde. Il essaie, pour plaisanter, prit de cour.
Perceval secoue la tête.
– Je suis désolé. Pardon ! Il répète après un moment.
La sincérité dans sa voix brise Arthur. Qu’à t’il fait pour avoir à demander pardon d’une telle façon ? Il s’assoit à ses côtés.
– Qu’est-ce qui s’est passé ?
– J’ai échoué. Sa voix tremble et il se recroqueville davantage sur lui-même, la tête dans ses bras, ses mains crispées dans sa chevelure. J’ai échoué ! Il exclame avant qu’un autre sanglot le prenne, la secousse lui fait ramener une main sur son flanc. Ce qu’Arthur trouve des plus suspicieux. Pardonnez-moi. Il répète à nouveau dans un murmure suppliant.
– Je ne peux pas pardonner ce que je ne sais pas. Mais avant ça, êtes-vous blessé ?
Perceval secoue la tête, mais Arthur ne le croit pas, de sa main, il incite son chevalier à lever la tête et à la tourner vers lui. Il résiste, mais l’insistance de son Roi le fait céder. Ses yeux sont rouges et épuisés, ses traits son tiré et déformé par une peine immense. Il est également couvert d’égratignures dont le sang sécher craquelle par endroit.
– Vous vous êtes battu ? Perceval secoue la tête. Même pas une bagarre de taverne ? Il secoue la
tête à nouveau. Alors d’où viennent toutes ces éraflures ? Vous avez trébuché ? Vous êtes tombé de cheval ?
Perceval se détourne à nouveau, mais Arthur ne le laisse pas faire.
– Regardez-moi. Il lui demande gentiment, mais Perceval est incapable de lever les yeux vers lui. Regardez-moi. Il répète encore et si Perceval tente, jamais il ne croise son regard. Il l’évite, non pas par désobéissance Arthur remarque, mais plutôt par honte, comme s’il était devenu indigne de posé ses yeux sur lui.
Il tente de le faire se tourner davantage vers lui. Le mouvement, pourtant banal, fait glapir son chevalier.
– Vous me mentez ! Il lui affirme, peut-être un peu durement.
Perceval secoue la tête, mais maintenant qu’ils sont un peu plus face à face, Arthur peut voir des hématomes au niveau de sa clavicule, là où le vêtement rouge bien plus échancré que ce que Perceval porte usuellement laisse découvrir sa peau. Perceval lui ment et ça, ça l’énerve.
Mais son compagnon est bloqué dans un mutisme et est toujours incapable de le regarder, alors il essaie de se radoucir.
– Vous êtes blessé, montrez-moi. Vous pouvez lever les bras ? Il demande. Perceval acquiesce après un moment, cédant. Il s’exécute non sans difficulté, sous les encouragements d’Arthur.
Doucement il attrape les rebords de la tunique et aide son chevalier à la retirer. Il est surpris par la douceur du tissu, la matière est luxueuse et travaillée. Il n’a jamais vu Perceval porter pareil garnement tout simplement parce que ça lui serait trop cher pour sa bourse de chevalier. Lui-même porte rarement pareil ouvrage. Mais c’est peut-être la couleur le plus marquant. Perceval ne porte jamais de rouge, et encore moins un rouge flamboyant et profond, qui, il ne sait pourquoi lui rappel la couleur du sang. Il se garde de mentionner un tel détail, son attention est de toute façon prise quand il aperçoit quelques dégâts, mais c’est seulement quand le vêtement est jeté à terre et que Perceval est torse nu sous ses yeux qu’il peut vraiment attester de ses blessures.
Instinctivement son chevalier repose une main sur la zone qui semble la plus meurtrie. Là où un immense bleu recouvre son flanc et ses cotes. Une multitude de plus petits bleus, d’éraflures et d’entailles couvrent le reste de sa peau.
– Bon sang ! Vous vous êtes fait tabasser ? Il demande en frôlant les blessures de ses doigts. Perceval secoue la tête. Qu’est-ce qui s’est passé ? Perceval ! Dites-moi ! Celui-ci hésite, frottant ses dents entre elles avant de finalement céder.
– C’est quand j’ai été poussé hors du château.
– Quel château ?
Mais Perceval ne lui répond pas, se détournant, le visage marquer par la honte à nouveau.
– Laissez-moi regarder. Il insiste pour le retenir. Cette histoire l’intrigue, il a des milliers de questions, mais il sait qu’il doit se montrer patient.
Gentiment il repousse sa main et Perceval frémit alors que ses doigts se posent sur la blessure.
– C’est rien.
– ça n’est pas rien !
Doucement il examine la zone, appuyant un peu, essayant de voir l’étendu de la blessure, est-ce juste en surface où y à il quelque chose plus en profondeur dont il devrait s’inquiéter ? Ça ne lui prend pas longtemps pour découvrir la vérité, son chevalier gémit de douleur alors que ses doigts pressent un peu sa chair, et il peut clairement sentir que quelque chose ne va pas.
– Vous avez au moins une cote cassée, peut-être deux. Pourquoi n’êtes vous pas allé voir Merlin pour vous faire soigner ?
Perceval hausse les épaules et Arthur s’en retrouve ahuri.
– Les blessures c’est prioritaire, Perceval, vous le savez ! Vous auriez dû aller vous faire soigner dès votre retour. Plus de larmes coulent sur ses joues.
– Je le mérite pas
– Pardon ?
Perceval se détache à nouveau de lui pour se replier sur lui même, les sanglots toujours lourds, et Arthur reste abasourdi. Qu’à il bien put se passer ? Qu’a fait Perceval de si grave pour qu’il ne pense même pas mériter des soins ? Arthur se trouve incapable d’imaginer une raison. À la fois parce qu’il sait Perceval incapable d’atrocité, mais également parce qu’il ne voit pas, même dans le pire des cas, quelque chose qu’il serait incapable de pardonner à son chevalier. Il lui faut trouver une tactique pour le faire parler, parce que l’incompréhension est une torture en particulier quand Perceval est dans une telle détresse.
– Pourquoi êtes-vous venue au lac ? Il doit attendre un long moment avant que Perceval ne parle à nouveau.
– Pour me donner le courage de vous le dire.
– Pour me dire quoi ? Il supplie.
– Pardonnez-moi.
– Je ne peux pas pardonner ce que je ne sais pas. Ce château, c’était où ? Le château de qui ?
– Du Roi Pécheur. Perceval lui répond enfin.
Arthur se sent pris d’une émotion indescriptible, quelque chose qui le laisse froid au plus profond de lui même. Il connaît ce nom. La Dame du Lac lui en avait parlé. Personnage apparemment important pour la quête du Graal. C’est un détail dont il n’avait jamais parlé à personne. La quête étant déjà bien compliqué à concevoir pour ses chevaliers, il n’avait pas jugé bon de rajouter des informations qui pourrait les disperser de trop. Certaines informations il les donnait en temps et en heure et pas avant. Perceval aurait donc dû être incapable de lui sortir un pareil nom.
– Dites-moi. Qu’est-ce qui s’est passé ? Il presse.
– J’ai échoué.
– À quoi ?
– J’ai pas posé la bonne question.
Arthur aurait éclaté de rire si la voix de son chevalier n’était pas si douloureuse.
– jl’avais presque. Il couine. Le Graal..
Arthur est incapable de savoir si le vertige qui le prend provient de la potentielle perte du Saint Graal, ou bien du tourment qui marque la voix de son compagnon. Mais il se reprend, il veut, doit, en savoir plus.
– Pardonnez-moi Sire. Il supplie, mais n’y croise pas lui-même.
– Comment ça le Graal. Vous l’avez trouvé ?
Perceval hoche la tête.
– Mais je n’ai pas posé la bonne question. Il répète.
– En êtes-vous même sûr que c’était le Graal ? Perceval hoche la tête.
– Si ça l’était pas alors ça y ressemblait grandement.
Arthur trouve l’idée même encore inscencée, la possibilité que Perceval est vraiment put trouver le Graal ça lui semble improbable et pourtant, de tous les chevaliers, lui même comprit, le Gallois est celui qui semble le plus souvent trouver des pistes pour cette sainte quête.
– Racontez-moi. Vous étiez où ?
– Je sais pas.
Évidemment..
– Je cherchais un endroit où passer la nuit. Sur le chemin j’ai rencontrer un homme, malade, je crois, il respirait pas bien, mais il était bien habillé, comme vous, et avait une couronne. Il m’a invité dans son château.
– Celui du Roi Pécheur ? Perceval acquiesce.
– Oui, il m’à reçu, m’a demandé de me changer. Il montre la tunique rouge qu’il portait, donnant une explication à son Roi à pourquoi il était paré ainsi. M’a convié à un repas. Puis il m’a amené dans une salle. Il y avait plein de coupe, des belles, des banals, en bois, en fer, en or, avec des pierres précieuses. Il y en avait tellement, je n’ai pas compris pourquoi, mais il m’a dit, le Graal est ici, pouvez-vous le trouver ?
– Et vous avez choisi la mauvaise coupe ?
– Non, j’ai rien choisi.
– Pourquoi ?
– Parce que quand je vous avais demander a quoi on reconnaît le Graal. Vous m’aviez dit qu’il devrait y avoir quelque chose de pas commun. Quelque chose qui.. Qui.
– Qui en déclare le caractère divin. Il finit, se souvenant de la conversation qu’ils avaient eue il y a déjà longtemps. Il ne pensait pas qu’il s’en était souvenu. Perceval acquiesce.
– Oui voilà. Sauf que rien ne ressemblait à ça. Alors je lui est dit que le Graal était pas là. Il a souri et m’a guidé dans une autre pièce. Il y avait une boite au milieu et quand je l’ai regarder, toutes les bougies ont paru s’éteindre. Elles étaient allumées, mais il n’y avait plus de lumière. La lumière venait de la boite. Ce gars, il m’a demandé, quelle est la question ? Mais je savais pas quelle question poser. Je savais pas qu’il fallait que je pose une question. Sa voix se brise et il éclate dans un lourd sanglot.
Arthur se trouve muet face à un tel récit.
– J’ai essayé, j’ai repensé à tout ce que vous avez dit sur le Graal, mais je me suis pas souvenu de quelle question je devais poser. Je suis trop bête.
Ses mains se crispent davantage sur son crane, ses ongles se plante et griffe et la disgrâce de son échec l’en fait trembler. Arthur lui attrape une main, elle tremblote dans la sienne, cherche à s’enfuir, mais il là retient. Si ça avait été lui quelle question aurait-il posée ? Et si le pondue de ce qui à été perdu est immense, il ne se sent pas de porter la faute entière sur son Chevalier, parce que comment le pourrait-il ?
– On peut y retourner. Vous seriez retrouver le chemin ? Perceval secoue la tête.
– Il a disparu.
– Comment ça ?
– Le château, il a disparu. J’ai été poussé dehors, quand je me suis relevé, le château était en train de disparaître, et là où j’étais ne ressemblait à rien de la où je suis venue. Il éclate dans un nouveau sanglot. J’ai pas posé la bonne question, il a dit que je n’avais pas posé la bonne question. Je suis désolé Sire.
Il se tourne vers Arthur et saisit l’une de ses mains des siennes pour implorer son pardon, encore et encore.
– Ne me haïssez pas.
Le froid s’engouffre en Arthur en entendant cette supplication. La force de ce mot pèse sur son cœur. Haïr. Comme s’il était capable de haïr son chevalier. Est-il si dur et intransigeant au point que Perceval est peur d’être hais ? Il s’énerve certes. S’avère être injuste par occasion. Laisse sa frustration s’exprimer avec, parfois ou peut-être trop souvent, peu de douceur et de tact. Mais il lui avait aussi montré de la douceur, de la patience, de l’amour, plus encore aujourd’hui.
Ça lui fend le cœur peut-être même davantage que d’imaginer avoir perdu le Graal pour aussi peu qu’une question. N’a il pas comprit depuis le temps à quel point il est important pour lui ? Peut-être n’a-t-il pas été assez démonstratif.
– Pardon, pardon. Il répète sans cesse.
– Perceval, ça suffit. Il le supplie. Venez là.
Il l’attire a lui avec douceur, mais fermeté. Perceval résiste, mais il insiste jusqu’a ce qu’il puisse l’envelopper de ses bras. Il semble si fragile dans son embrasse, si vulnérable et chancelant. Il est incapable de l’enlacer en retour, mais Arthur ne s’en soucie point.
– écoutez-moi ! Écoutez-moi Perceval. Il répète pour être sur de capter l’attention de son chevalier, même si celui-ci a enfin cessé de parler. Vous haïr ? C’est peut être la chose la plus idiote que je vous est entendu dire de votre vie.
– J’ai failli..
– Perceval, vous n’avez pas failli. Cette question que vous n’avez pas posée. Moi même je ne la connais pas.
– Vous auriez su.
– Peut-être pas, je ne suis pas infaillible.
Perceval s’extrait de son étreinte pour secouer la tête.
– Ne dites pas ça.
– C’est vrai pourtant.
Des larmes coulent toujours sur les joues de son compagnon et Arthur n’est pas sur de ce qu’il peut faire pour le calmer définitivement. Alors dans un premier temps il vient les essuyer de ses pouces. C’est lui qui devrait s’excuser. S’excuser d’avoir placé une telle importance sur cette quête si bien que son chevalier favori en viendrait à négliger sa propre santé sous prétexte qu’il a échoué. Comme s’il était que le seul à ne pas avoir réussit quelque chose qui parfois semble à Arthur tout bonnement impossible à réaliser. Mais il n’a pas le temps de dire quoi que se soit, Perceval saisit de ses deux mains celle d’Arthur pour y déposé un baisé, une révérence.
– ça ne l’est pas. Il répète.
– Vous avez décidé de me contrarier aujourd’hui. Il lui dit, la plaisanterie dans la voix. Il aperçoit un début de victoire quand un très bref et mince sourire s’étant sur les lèvres de son chevalier.
Arthur le tire à nouveau à lui et colle son front contre le sien. Caressant un peu ses cheveux pour l’aider à se détendre. Enfin Perceval croise son regard. Il est toujours troublé, mais au moins il ne se détourne plus. Au contraire, il semble chercher quelque chose dans son visage. Pris d’une envie, d’un désir qui le ronge depuis un mois, Arthur l’embrasse. Un baiser chaste et doux, juste comme Perceval aime, comme ils ont l’habitude.
– Pourquoi n’êtes-vous pas en colère ? Il lui demande.
– Parce que vous valez plus à mes yeux que le Graal. Alors, ne vous tourmenter plus jamais, tant que vous me revenez sauf.
Cher.e Utopya6, je viens te souhaiter un très joyeux réveillon,
plein de joie , d'amour et de chaleur humaine.Et bien sûr une montagne de cadeaux...que tu sois en famille ou en petit comité l'important c'est la qualité des personnes, pas leur nombre. 🎉🎁🎄🌟💫
Grosses pensées fraternelles et pleines d'amour pour ceux.celles qui sont seul.es ! 💔🎄💫🌟
Demain c'est la grande révélation, j'en profite une dernière fois .
Tu as été mon.ma p'tit.e lutin et j'ai kiffé notre correspondance... j'espère que toi aussi .☃️❄️⛄🙏
Demain c'est Noël qu'il t'apporte tout le bonheur du monde .💓🌈💫🌟
Une dernière ( ou pas hein 😉) douceur
Nage d'agrumes sablés chocolat.
Pour 4 personnes
Temps de préparation 45 min
Temps de cuisson 20 min
Ingrédients :
.pour la nage
.2 pomelos.
2 oranges.
1 pitaya.
1 combava.
40 g de sucre roux.
1 pincée d'agaragar.
pour les sablés
.120 g de farine.
60 g de beurre.
40 g de poudre d'amande.
40 g de sucre roux.
1 jaune d'oeuf.
1 pincée de cannelle.
3 cuillère(s) à soupe de cacao
Préparation
1.Mélangez la farine et le beurre mou coupé en dés.
Ajoutez le sucre roux, la poudre d’amande, la cannelle, le cacao et 1 pincée de sel.
Liez la pâte avec le jaune d’œuf et 2 c. à soupe d’eau tiède.
Formez une boule, couvrez de film étirable et laissez reposer 1 h au frais.
2.Préchauffez le four sur th. 5/150°. Etalez la pâte, puis découpez de grands sablés à l’aide d’un emporte-pièce.
Disposez-les sur une plaque garnie de papier sulfurisé.
Faites cuire 10 à 15mn en surveillant.
Placez les biscuits sur une grille et laissez refroidir complètement.
3.Pelez à vif les pomelos et les oranges, découpez-les.
Récupérez le jus.
Pelez le pitaya, coupez-le en dés.
Lavez le combava, râpez une petite pincée de zeste.
Découpez le combava.
4.Mélangez le jus des agrumes (oranges, pomelos) avec le sucre roux, le zeste de combava et la poudre d’agar-agar.
Portez à ébullition.
Retirez du feu.
5.Disposez les fruits découpés dans 4 assiettes creuses, versez le sirop par-dessus et laissez tiédir. Placez au frais 1h. .
Servez la nage accompagnée des sablés.
Astuce :
La nage de fruits est ultra-light, et le sablé est facultatif. Vous pouvez également en réaliser de différentes tailles, ce qui permet à chacun de choisir, selon son appétit et sa gourmandise.
Good vibes for you 🌈
Ton Secret Santa. ❤️🎅🎄🎁🌲
Dernier soir avant de savoir qui tu es !
Bon j'ai quelques petits soupçons 😈 sache que moi aussi j'ai adoré notre correspondance 💜💜 le secret santa ça crée des amitiés et ça c'est cool 🥰
Le réveillon était en moyen comité, mais, plus que tout, il y avait ma petite cousine, une gamine incroyable, 2 ans de malice, de bêtises, de douceur.
Je ne connaissais pas la nage de fruits mais ça a l'air vraiment succulent 🥰🥰
Je te souhaite une bonne nuit ou une bonne matinée de Noël, selon l'heure à laquelle tu verras ma réponse 💚💚🎄
C'est plus un message pour ton secret santa que pour toi, mais je suis tellement impressionné par la dévotion de cette personne que je me permet de lui écrire via toi.
Qui que tu sois, tu n'as pas seulement était le Secret Santa de Utopya6 mais de tout le fandom. Ça a été un réel plaisir de voir votre correspondance à tous les deux ! Tu es vraiment une personne magnifique.
❤ sûr toi et ❤ sûr ta vie
Secret Santa ce message est pour toi 💜✨ je confirme tous les propos tenus ici 👉👈
J'ai bien travaillé avec les lutins on finalisent ton cadeau.
Du coup entre la RL et le pôle nord ben pas très présente...
Mais je pense bien à toi. J'espère que cette semaine c'est bien passé et que tes rêves se réalisent !
Bon week-end et good vibes for you 🌈
travailleurs hehehe...)
Cookies moelleux de Noël.
Ingrédients :
220 g de farine standard
190 g de sucre roux ou cassonade
120 g de beurre demi-sel
1 CAS de beurre de cacahuète
1 œuf
1,5 cac de levure chimique
100 g de chocolat noir concassé ou en pépites
1 CAS de mélange d’épices « Pumpkin Spice », ou à défaut, d’un mélange « pour pain d’épices »
CAS = cuillère à soupe ; cac = cuillère à café.
Durée de la recette :
10 min. de préparation
10 min. de cuisson au four à 180°C
Recette des Cookies de Noël, moelleux à cœur, croustillants à l’extérieur :
Sortir le beurre 10 minutes à l’avance. Préchauffer le four à 180°C.
Mélanger le beurre demi-sel, le beurre de cacahuète, et le sucre roux dans un récipient. Bien fouetter pour obtenir une texture souple et crémeuse.
Ajouter l’œuf, puis incorporer la farine, la levure, les morceaux de chocolat et le mélange d’épices « La Citrouille ». Mélanger le tout rapidement sans trop travailler la pâte.
Sur une plaque de cuisson recouverte de papier sulfurisé, former et déposer des petites boules (une bonne cuillère à soupe environ), les aplatir légèrement.
Enfourner 10 bonnes minutes environ. Il ne faut pas faire trop cuire les cookies, au risque d’obtenir des biscuits trop secs et croquant, et non moelleux. Les cookies doivent être encore légèrement pale, et les bords doivent tout juste commencer à se colorer en brun.
Sortir la plaque du four. Les cookies sont encore mous au toucher. Laisser refroidir 5 à 10 minutes avant de les décoller, les cookies vont se raffermir.
Régale toi cher.e Utopya6
C’est prêt !
Les cookies se conservent très bien quelques jours dans une boite au sec à l’abri de la lumière, si vous ne les dévorez pas dans l’instant !
A bientôt
doivent tout juste commencer à se colorer en brun.
Sortir la plaque du four. Les cookies sont encore mous au toucher. Tu peux utiliser des emporte-pièces pour des cookies ludiques et sympas.
Laisser refroidir 5 à 10 minutes avant de les décoller, les cookies vont se raffermir.
C’est prêt ! Régale toi 😋
Les cookies se conservent très bien quelques jours dans une boite au sec à l’abri de la lumière, si vous ne les dévorez pas dans l’instant !
Ton Secret Santa 🎅🎄🎁
T'es vraiment un sucre c'est incroyable 🥺🥺 hâte d'être au 24, je te souhaite d'avoir tout plein de cadeaux !
Quand à moi un rêve d'enfance se réalise : j'ai adopté deux rats ! Paupiette et Lancelot (deux femelles oui oui).
Trop hâte de tester les cookies, j'adore le beurre de cacahuète !