☞ LA DANSEUSE
☞ 1h52 ✍🏼 Stéphanie Di Giusto
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☞ Le film #LaDanseuse est un film doté d’une grande ampleur artistique, avec de jolis plans de vue, et surtout le projet audacieux et plutôt réussi de madame #DiGiusto de nous montrer Loïe Fuller sous son portrait le plus réaliste. Les costumes, les paysages, les seconds rôles, et presque tous les dialogues sont réussis, agréables, harmonieux. C'est un film beau, presque splendide, de ce qu'il montre et de la manière qu’a Mme Di Giusto de nous le montrer.
Mais, au milieu de cette adaptation habile et si adroite de deux grandes danseuses d’un temps, j'ai discerné un bémol (deux, enfaite).
Qu'est-ce que c'est que ce casting ?
Je suppose que Monsieur Ulliel est agréable à regarder pour certains et certaines, il a un air timide touchant, de drôles de fossettes. J'imagine que Stéphanie Sokolinski ressemble étroitement à la vraie Loïe Fuller, j’imagine qu’elle a donné de sa personne pour ce film.
J’avais eu envie de voir ce film pour madame Sokolinski (appelé Soko), j’avais cru ressentir une force chez elle, une sensibilité, une certaine grâce. J’avais presque eu envie de la connaître.
Malheureusement, la façon qu'a la jeune femme de retranscrire les émotions escompées est mal jouée. Mal organisée, peu cohérente. Venant d'une Amérique des années 1890, totalement appauvrie, perdant tout juste son père, sortant de la seule campagne qu’elle n’ait jamais connu, nous aurions du ressentir une femme paradoxale, d'un côté portée par l'envie de réussir, propulsé par ce tour d'hypnose où elle apparaît comme une fleur avec sa robe (normalement blanche dans la réelle histoire), où le public l'apparente à un papillon ; mais dans un autre sens, nous aurions dû ressentir sa faiblesse, ses doutes, son amour pour sa danse ainsi que son amour pour Louis.
Commençons par Louis, interprété donc par le charmant -mais bien fade ici- Gaspard Ulliel (sur lequel je ne m’arrêterai pas, tant son jeu est insipide et hésitant à mon goût) l'idylle que Loïe construit avec lui paraît totalement factice. Elle n'a pas l'air de ressentir plus d’amour pour lui qu’elle n’a d'amour pour la danse, si bien qu'au moment de la mort de celui-ci, Gabrielle (assistante et amie de la danseuse) à l’air encore plus attristée que la concernée.
Ensuite, j'ai trouvé les émotions de la danseuse incohérentes. Certes, elle tombera sous le charme d’Isadora Duncan, mais pourquoi n’a t-elle pas plus de hargne pour sa danse soudainement ?
Alors qu'après cinq minutes d'hypnose, elle a trouvé assez de confiance et de force en elle pour traverser l'Atlantique et se battre jusqu’aux portes de l’Opéra, soudain la venue d’une douce, fragile, et majestueuse danseuse vient changer toute sa détermination et réduire sa passion à néant ?
J'ai donc trouvé ses émotions confuses, son rêve a soudain l'air de tomber en lambeaux lorsqu'il est en face de cette Isadora. Peu réaliste ...
Je n'ai pas non plus très bien cerné si la perversité que j'ai ressenti d’Isadora envers Loïe était justifiable par l’histoire vraie entre ces danseuses. Je n’ai pas compris les émotions d’Isadora (peut-être est-ce le but), et l'impact qu'elle a eu dans le film a été trop bref pour ma part, son passage a été trop transparent, ou pas assez subtile. Quoi qu’ai essayé de nous faire passer Lily-Rose Depp -et avec le manque de confiance évident d'une jeune actrice de 16 ans-, j'ai néanmoins ressenti une émotion de son côté, une réelle envie de bien faire, peut-être mal dirigé ou pas assumé.
En résumé, je dirais que ce film explose de beauté, illumine, et il serait presque prêt à m'émouvoir, si seulement la personnage principale avait été mieux choisie, mieux joué, mieux honoré. Car non, une sempiternelle moue narquoise, dégoutée et offusquée, ajoutée à une vague angoisse ne suffisent pas à adapter l’aspect tourmentée de Loïe Fuller, il y à 115 ans de ça.
(Mélanie Thierry, toujours remarquable, la jeune mademoiselle Depp, à suivre pour voir).