Stills of Emmanuelle Devos in Sur Mes Lèvres (2001)
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Stills of Emmanuelle Devos in Sur Mes Lèvres (2001)
Sur Mes Lèvres (Read My Lips) | 2001
Emmanuelle Devos as Carla in READ MY LIPS (Sur Mes Lévres, 2001) Dir. Jaques Audiard
Back with these two bastards again.
Funniest discussion of Paul and Carla in READ MY LIPS (2001).
Sur mes Lèvres (2001), dir. Jaques Audiard
(via https://www.youtube.com/watch?v=RUoahHeXqUw)
Mommy
Le bon plan de la semaine, tout le monde l’a deviné, on ne va pas en faire un suspense, c’est le plan où le héros, Steve, écarte le plan.
Je n’aime pas trop quand on emploie le terme « littéralement » (qui ne veut pas dire grand-chose mais sert à produire de l’emphase dans la phrase) mais, là, Steve écarte « littéralement » le plan !
La dernière fois, au cinéma, quelqu’un est sorti de la salle de cinéma pour nous demander s’il n’y avait pas un problème sur le format de projection. Je lui ai répondu que non, c’est un format spécial pour le film ! Il m’a dit : « ah ok, c’est fait exprès, c’est pour resserrer, enfermer les personnages », et il a fait le geste avec ses mains qui se rapprochent.
Bien vu ! Sacré spectateur, sacré Dolan ! Bien joué le coup du format de projection 1:1 ! Il me semble qu’il avait déjà un peu tenté ça avec Laurence Anyways mais bon, anyway ! C’est vrai que c’est pas très fin mais c’est efficace et gonflé, comme tout ce que tente Dolan. Et tout ce qu’il a le culot de tenter, ça fonctionne ! Donc, il peut bien nous balancer Wonderwall à fond les ballons, avec des ralentis en veux-tu-en-voilà, au cours d’une belle balade bucolique, en vélo pour les filles, et en skate pour Steve qui se lâche « littéralement » et écarte de la même façon les bords du plan !
Alors oui, c’est facile, c’est efficace, tout le monde l’a relevé, tout le monde a compris le message mais, tout le monde fait moins les malins pour distinguer quand le cadre se resserre à nouveau, puis qu’il se réélargit, puis qu’il se referme encore dans le film…
Moi ça m’a fait penser à tous ces films (souvent français), qui rétrécissent le cadre en utilisant par exemple la fermeture à l’iris… Genre, Rebecca Zlotowski dans Grand Central ou Jacques Audiart dans Sur mes lèvres… Ce n’est pas toujours le même principe, mais c’est gros aussi !
Moi ça m’a aussi beaucoup fait penser à un film récent qui utilisait le même principe : c’est L’Ecume des jours. Parce que le film commençait en format 1:85 sonore et technicolor, et se finissait « littéralement » comme un film muet en noir-et-blanc avec un format 1:33. Mais ça se faisait tellement progressivement (Gondry quand-même) qu’on s’en apercevait comme ci comme ça… Mais c’était poignant cette fin en muet et noir et blanc et avec un cadre resserré (déjà), comme si la pellicule était malade et qu’elle se battait elle-aussi contre le temps !
Je n’en n’avais pas fait un bon plan de la semaine à la sortie
mais ce cher Xavier Dolan m’a permis de rappeler cet épisode passé à la trappe de l’Histoire du Cinéma contemporain !
Merci Xavier, merci Boris, merci Michel,merci Mommy !