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Copenhague - Anne-Caroline Pandolfo / Terkel Risbjerg
(Dargaud)
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CRAC !
Copenhague - Anne-Caroline Pandolfo / Terkel Risbjerg
(Dargaud)
Bienvenue au Danemark, pays des contes et des sirènes
Ode à la ville de Copenhague, à ses habitants et à l’enfance, la nouvelle bande dessinée de Pandolfo et Ribjerg démarre en fanfare au propre, au figuré et surtout dans un joli désordre! Selon un rituel immuable, la Garde Royale quitte le château de Rosenborg pour rejoindre Amalienborg à midi. Durant une demi-heure, elle défile à cheval, à pied et en musique dans les rues de la ville. Bloquée dans un taxi, Nana Miller, une touriste française fraîchement débarquée, tente de joindre son ado de fille restée à Paris. L’échange est compliqué. Nana a pris quelques jours de vacances sur un coup de tête, sans vraiment avertir sa fille. La musique, la gaieté et les embouteillages occasionnés par la relève de la garde n’arrangent pas les choses. Mais voilà que l’atmosphère change et se transforme en chaos total. Imaginez que le corps sans vie d’une sirène a été découvert du côté d’Amalienborg.
Commence pour Nana un séjour qu’elle n’aurait jamais cru possible, même dans les livres! En arrivant à son hôtel, elle découvre des employés et des voyageurs en sidération devant le poste de télévision, puis les voilà qui quittent en hâte l’établissement sans dire un mot. Les Danois en émoi sont en passe de se calfeutrer pour plusieurs jours dans un silence pesant. Presque tous car Nana est rapidement prise en charge par le seul habitant de l’hôtel à l’année, Thyge - prononcez « Thüü » - un géant sonore et remuant qui parle un français un peu folklorique. Pour compléter le portrait, il est le maître d’un caniche rose qu’il a appelé « Nom d’un chien ». Les présentations faites, entrons dans le vif du sujet.
Tant que l’énigme de la mort de la sirène n’est pas résolue, Nana ne peut pas rentrer chez elle. Afin d’accélérer les choses, elle et Thyge vont enquêter et suivre un premier indice : la jeune femme a remarqué à plusieurs reprises un individu louche traînant dans les parages…
Le scénario, émaillé d’avertissements au lecteur, et les dessins sont truffés d’humour. Voyez par exemple, dans les premières pages, cette famille de canards qui eux aussi défilent.
Terkel Risbjerg excelle à représenter sa ville et les corps en mouvement. Les plans alternent au gré des atmosphères, tantôt inquiétantes ou, au contraire, gaies et folles lorsque nos deux casse-cou de héros et leurs amis sont en scène.
Les dialogues sont un régal, surtout quand Thyge parle le français. La relation entre Nana et sa fille sonne très juste. L’histoire est rocambolesque et c’est ce qui fait son charme. Pandolfo et Risbjerg auraient eu tort de s’en priver dès lors qu’elle se déroule dans la patrie de Hans Christian Andersen, auteur de La Petite Sirène. Et qui dit contes, dit enfants : notre géant au grand coeur ayant conservé une part d’enfance en lui, il est d’une sincérité touchante quand il dialogue avec les gamins dans l’émission qu’il anime à la radio.
C’est à croire que Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg se sont amusés à réaliser cette bande dessinée. Sachant la somme de travail que cela représente, au niveau du dessin du scénario et des textes, ce n’est sans doute qu’une impression. Toutefois, il est à relever que Terkel a bénéficié d’une bourse du Staten Kunstfond, le Conseil des arts du Danemark, bourse qui a permis au couple d’envisager leur travail différemment pendant un an. Les artistes vous le diront: la pression est grande et obtenir le soutien d’une institution permet de respirer et d’avoir l’esprit libre pour créer. On le ressent à la lecture de cette bande dessinée que l’on referme en applaudissant.
Copenhague, Anne-Caroline Pandolfo, Terkel Risbjerg, Dargaud, 2024
Enferme-moi si tu peux. Pandolfo et Risbjerg
S’il est un musée peu ordinaire à Lausanne, c’est bien la Collection de l’Art brut qu’on nous envie dans le monde entier. Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg, fascinés par cet art particulier, se sont lancés dans une bande dessinée diablement bien construite où ils dressent le portrait de six auteurs d’art brut, dont le facteur Cheval et Aloïse la Lausannoise.
© Pandolfo-Risbjerg-Casterman 2019 pour cette image et les suivantes
Chacun a son chapitre qui relate sa vie cabossée. Les auteurs ont fait un travail de recherche et de synthèse qui frise la perfection. Et ils n’en sont pas restés là. Leur réflexion les a portés vers une analyse politique des normes qui auraient poussé, entre la fin du XIXe et le milieu du XXe siècle, ces êtres « faibles » à développer un talent artistique singulier qui leur permit de supporter leur condition. Et de nous apprendre que le spiritisme, par le biais des séances de table tournante, était pratiqué non seulement par la bourgeoisie, mais aussi par les ouvriers et les paysans ; à la ville, comme dans les campagnes.
Il faudrait se pencher sur ce phénomène, aller plus loin. Mais revenons à notre livre dont la préface est signée par Michel Thévoz, fondateur et conservateur honoraire de la Collection de Lausanne.
Dans un court prologue qui fait suite à une citation de William Blake, les auteurs, endossant le rôle du narrateur, nous dressent la liste des exclus d’alors: femmes, enfants, vieux, pauvres et malades ou pour faire plus simple, tout ceux qui n’entraient pas dans la catégorie «homme, blanc, cultivé et bourgeois». Parmi ces victimes, quelques énergumènes furent un jour touchés par la grâce. La grâce, vraiment?
La première histoire racontée est celle d’Augustin Lesage. A peine ce premier chapitre refermé sur sa vie jusqu’à sa mort, voici que ce dernier entre en scène dans le vide d’une double page. Par un coup de baguette magique, les auteurs ont installé le vieil homme, bien assis sur une chaise, les mains sur sa canne. Une voix off, celle conjointe des auteurs ou parfois de la scénariste seule, vont lui donner la parole, le questionner pour en savoir plus. Il va alors les/nous prendre à témoin. Lui non plus n’en pense pas moins des bourgeois, de ce qu’ils faisaient subir aux êtres différents. Mais voilà, des forces mystérieuses l’ont un jour mené à peindre. Arrive alors un nouveau personnage, une femme cette fois, qui elle aussi s’installe sur une chaise dans le blanc de la feuille.
Après quelques commentaires sur les propos de Lesage, elle se présente: Madge Gill, née en 1889, morte en 1961. Son histoire peut commencer et c’est elle qui nous la conte, interrompue de-ci de-là par les auteurs et par Lesage. La Madge Gill d’aujourd’hui – son fantôme – délivre un message digne d’une militante féministe sur la pratique de la broderie - dont la sienne si particulière - poétiquement illustré par Risbjerg, qui n’est pas sans rappeler un passage de Le Problème avec les femmes de Jacky Fleming.
Robe de Madge Gill © Collection de l’Art brut
© Dargaud / Jacky Fleming
Il en est ainsi au fil des six récits dans lesquels Risbjerg a bien rendu les atmosphères, les époques, les contextes, allant même jusqu’à intégrer des éléments qui nous donnent une idée du travail des six auteurs et l’envie de creuser. Plus le lecteur avance, plus il est pris dans la connivence, l’empathie des personnages les uns envers les autres, leur ton espiègle auxquels se joignent les auteurs. Et d’applaudir le scénario, le dessin, le texte. Car Pandolfo et Risbjerg ne font pas que donner la parole et rendre justice, ils prennent sous leur aile les six auteurs en leur permettant de rencontrer des pairs, d’être compris et de panser leurs plaies. On aimerait que ça dure encore et encore, que d’autres rejoignent et soient accueillis dans cet espace de bienveillance. On aimerait une suite tout aussi brillante dans sa construction.
Enferme-moi si tu peux / Anne-Caroline Pandolfo, Terkel Risbjerg. - Casterman, 2019
!RENCONTRE!
Demain jeudi 3 mai 2018 à 17h, rendez-vous au 2e étage de la Médiathèque Malraux pour une masterclass BD avec Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg.
La scénariste et le dessinateur reviendront sur leur travail de création de romans graphiques, notamment pour “La lionne : un portrait de Karen Blixen” (éd. Sarbacane, 2015) dont les originaux sont exposées au 2e étage de la Médiathèque jusqu’au 17 mai 2018 !
Inscription au 03 88 45 10 10 ou auprès de Langues & Littératures (2e étage)
A Leoa: Um Retrato Gráfico de Karen Blixen, é uma biografia”reinterpretada” da célebre autora dinamarquesa do século XX que nos deixou obras como África Minha ou A Festa de Babete. A autoria da banda desenhada é de Anne-Caroline Pandolfo e Terkel Risbjerg, os autores de O Astrágalo.
A G.Floy lança este álbum no XIII Festival Internacional de Banda Desenhada de Beja, no dia 27 (sábado), pelas 16h15, no Teatro Municipal Pax Julia, com a presença dos autores. Para o mesmo dia, está agendada uma sessão de autógrafos.
Segundo a editora, o livro será distribuído em livrarias durante o mês de junho.
Clique nas imagens para as visualizar em toda a sua extensão:
Eis a sinopse da editora:
Anne-Caroline Pandolfo e Terkel Risbjerg – os autores de O Astrágalo – apresentam um retrato audacioso e imaginativo de Karen Blixen, a autora de “África Minha” e “A Festa de Babete”, uma das mulheres mais livres e originais da primeira metade do século 20, e que deixou uma marca indelével e complexa na cultura do seu país, a Dinamarca.
A vida (ou as vidas) da Baronesa Karen Blixen desfila à nossa frente neste álbum. Desde uma infância com um pai adorado mas muito ausente, um aventureiro nunca satisfeito, e com uma mãe encerrada na mentalidade conservadora da Dinamarca do final do século XIX, até uma aventura desesperada para escapar a um destino que lhe tinha sido traçado, burguês e aborrecido: aceita casar com o Barão Bror Blixen, e tomar as rédeas de uma plantação de café no Quénia… onde descobrirá uma paixão louca, o seu grande amor africano… até ao seu regresso à Dinamarca e à sua coroação como autora literária famosa.
O livro terá lançamento no Festival de BD de Beja, dia 27 de maio, pelas 16h15 no auditório do Teatro Municipal Pax Julia (Largo de São João, no centro de Beja), com a presença dos autores e com uma sessão de autógrafos.
Anne-Caroline Pandolfo e Terkel Risbjerg trabalham juntos há alguns anos, em adaptações à banda desenhada de livros vários, e em projectos próprios. Anne-Caroline Pandolfo é ilustradora e argumentista; um encontro fortuito com produtores de filmes leva-a a realizar duas curtas-metragens animadas para crianças, e isso vai encorajá-la a continuar esse trabalho criativo na banda desenhada. Terkel Risbjerg é um artista dinamarquês que estudou cinema e filosofia em Copenhaga, e acabou por se fixar em França, onde trabalhou alguns anos em animação, tendo trabalhado nomeadamente em Le Chat du Rabin e na série Yakari. Juntos, assinaram já cinco romances gráficos: O Astrágalo (já editado pela G.Floy), bem como Mine: Une Vie de Chat, Le Roi des Scarabées, e mais recentemente Perceval, adaptação do Romance de Perceval, publicado nas Éditions Le Lombard – e este A Leoa. Para o seu próximo projecto, adaptarão para BD o célebre romance Serena, de Ron Rash.
“Redescoberta pelo grande público pela ocasião da estreia do filme Out of Africa (1985), a autora dinamarquesa não se pode reduzir a um único romance. E é isso que demonstram Anne-Caroline Pandolfo e Terkel Risbjerg com A Leoa. Morta aos setenta e sete anos, Karen Blixen no fim apenas viveu dezassete anos na sua fazenda de Mbogani! (…) Um álbum que não é bem uma autobiografia no sentido estrito, mas sim um álbum que retoma os princípios do conto, em que a singularidade do destino da heroína é entendida através do olhar das fadas totémicas que se aproximaram do seu berço e zelaram para que ela se tornasse quem acabou por ser.” – Chroniques BD Gest
Para uma interessante entrevista dos autores ao célebre programa de TV Francês La Grande Librairie! apresentado por François Busnel, vejam este vídeo:
A LEOA: Um Retrato Gráfico de Karen Blixen Anne-Caroline Pandolfo (argumento) & Terkel Risbjerg (desenho) G. Floy Formato álbum, 20,5 x 28, capa dura, 192 pgs. a cores. ISBN: 978-84-16510-35-1 PVP: 17,99€
nota: imagens cedidas pela editora.
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A Leoa, um retrato gráfico de Karen Blixen #bandasdesenhadas #annecarolinepandolfo #terkelrisbjerg A Leoa: Um Retrato Gráfico de Karen Blixen, é uma biografia"reinterpretada" da célebre autora dinamarquesa do século XX que nos deixou obras como