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TIKKOUN – Une image parfaite, une histoire caricaturale, une mise en scène pesante -voire pédante- pour une histoire beaucoup trop longue, d'un ennui qui n'en finit plus.
Le monde juif ultra-orthodoxe de Jérusalem, n'a presque plus de secret depuis la série Stissel, il fallait donc attaquer le récit de la vie perturbée de Haim-Aron à partir d’un angle qui déroute...
Suite à une résurrection inopinée, Haim qui est sauvé in extremis de la mort, va chercher “le Tikkoun”, la réparation de cette vie (vie = haim, comme son prénom) qu'il considère désormais comme obsolète. Il y a forcément une dimension de drame, sans laquelle aucune issue n'est envisageable dans cette routine écrasante. La rupture miraculeuse et/ou tragique ouvre sur la question de la liberté résiduelle de ces vies enfermées dans les carcans les plus rigides et les plus austères.
Le monde des livres, celui de la prière et de l’ascétisme est parfaitement décrit. L’absence de dialogues, de sons et de mots est frappante. En plus de la tradition écrasante, les silences emmurent encore chaque individu pour le confiner dans la plus grande des solitudes.
Il y a en réponse à cette double fermeture, le seul moyen de se dérober qui reste l’échappée par le rêve... Le cinéaste qui joue les virtuoses, mêle à la noirceur du quotidien, cette part onirique qui exprime les désirs complexes et refoulés de ceux qui vivent sous l’autorité d’un sur-moi hyper dimensionné. Le style du film s'y prête bien, mais le résultat reste assez médiocre.
Quoi que banale, l’idée de Tikkoun n’était pas mauvaise, l'image en noir et blanc très soignée est particulièrement adéquate à la mise en scène de la vie «des hommes en noir». L'ensemble était prometteur, mais au final il devient prétentieux. En effet; à défaut de bouleverser, le film ennuie, il est mal rythmé, on peine à tenir jusqu’au bout de ces deux heures sans suspense, et sans émotion.
NOTE 8/20 – Style et exotisme, violence larvée en demande de sublimation, déchirement de ses vies que tout invite à exploser... Les ingrédients du film dramatique finissent pourtant dans un récit linéaire ennuyeux et sans intérêt.
Ne fait pas Tu n’aimeras pas point qui veut, quand bien même la réflexion sur la place donnée au corps et à la limite de la spiritualisation de la chair, commence chez le boucher... voire, à l’abattoir.