Petit One Shot se déroulant juste après l'arc de Tora, pendant les jours suivant la bataille contre son père et Jun. Après avoir laissé ses gênes prendre le dessus et lui faire perdre le contrôle de ses actes, elle avait finit par terminer hospitalisé, son corps trop faible ne l'ayant pas supporté. Hijikata lui de son côté, était bien décidé à faire son travail comme il le fallait, en bon policier qu'il était.
Hijikata avait toujours détesté les hôpitaux. L'ambiance morose et le calme constant qui y régnaient, leurs chaleur presque étouffante et l'odeur typique de désinfectant et de médicaments qui lui agressait les narines le mettait plus que mal à l'aise. Il n'en avait que de mauvais souvenirs et avait toujours fait en sorte de les éviter le plus possible.
Pourtant aujourd'hui, il était venu ici de son plein grès. L'incident qui s'était déroulé il y a quelques jours avait secoué le centre ville : plusieurs Yato s'était battus entre eux en pleine journée, ce qui avait finit par détruire un bon nombre de bâtiments et semer la panique auprès des habitants. Les auteurs avait finit par s'en aller avant l'arrivée du Shinsengumi, à l’exception d'une personne qui avait dû être transporté d'urgence à l’hôpital après avoir été retrouvé inconsciente et en piteuse état à l'issue de cette bagarre. C'était pour cette raison qu'il était en ce moment même entrain de parcourir ces longs couloirs résonnants. Il devait l'interroger sur ce qu'il s'était passé, et appliquer des sanctions si nécessaire.
Bien que Kondo-san lui ai affirmé que quelqu'un d'autre pouvait s'en charger, il avait insisté pour le faire lui-même, prétextant devoir de toute manière passer non loin de l’hôpital aujourd'hui. Un mensonge évident, étant donné que son emploie du temps indiquait clairement qu'il devait patrouiller à l'exact opposé à cette heure là. Son supérieur le savait sans doute mais n'avait pas rechigné et l'avait même encouragé à y aller, lui disant qu'elle « serait certainement contente de le voir ». Comme si il était là pour ça. Il venait uniquement faire son travail, rien de plus. Enfin, c'est ce qu'il continuait de se répéter à lui même encore et encore pour s'en convaincre.
La scène à laquelle il avait assisté quelques jours plus tôt pendant son jour de congé lui avait tout simplement glacé le sang. Tora, la gentille gérante de la supérette du quartier, habituellement serviable, douce et remplie de joie de vivre était devenue son exact opposé en l'espace de quelques secondes. Comme possédé, elle s'était jetée sur un des assaillants, un sourire carnassier bien différent de celui doux et accueillant qu'elle portait habituellement sur le visage, et l'avait tabassé avec une force surhumaine qu'il ne lui connaissait pas. Après avoir vu Seira en danger à cause de l'un d'eux, la rage avait pris le contrôle de son corps et il était clair qu'elle n'était pas consciente de ce qu'elle faisait, son regard complètement vide et l'envie de tuer qu'elle dégageait en étant la preuve. Hijikata savait qu'elle n'était pas elle même à ce moment là. L'expression terrorisé qu'elle afficha lorsqu'elle eut repris conscience et jeté un coup d’œil à ses mains ensanglantées ne pouvait quitter ses pensées. Elle avait l'air d'une enfant qui venait de se faire prendre entrain de faire une bêtise, sauf que cette fois-ci, la bêtise en question n'était rien d'autre que les bâtiments en ruines aux alentours et l'homme à moitié mort qu'elle tenait par les cheveux.
Hijikata s'était senti impuissant à ce moment là, incapable de faire quoi que ce soit hormis regarder la scène les yeux écarquillés.
Arrivé à l'étage désiré, il aperçut Seira au loin qui venait de sortir de la chambre au bout du couloir, appartenant sans aucun doute à celle qu'il venait lui aussi visiter. Même à plusieurs mètres d'elle, il pouvait voir à quel point elle semblait épuisé des récents événements, et sa théorie se confirma quand il la vit s'étirer et bailler à s'en décrocher la mâchoire, en prenant quand même le soin de vaguement mettre sa main devant sa bouche. C'est seulement quand elle remarqua sa présence qu'elle repris contenance en affichant une mine radieuse, comme pour cacher son évidente fatigue, mais ses yeux cernés la trahissais immédiatement. Elle trottina silencieusement vers lui pour ne pas gêner les autres patients de l’hôpital, les mains enfouies dans les poches de son kimono.
« Tu as l'air encore plus morte que d'habitude. » lança le policier, directement après qu'elle ai atteint sa hauteur.
« Contente de te voir aussi, Toshi. »
Il ne tiqua pas à l'entente de ce surnom. Depuis qu'elle avait entendu Kondo-san l'appeler ainsi il y a un moment de ça maintenant, elle avait pris la mauvaise habitude de faire pareil, malgré les nombreuses fois ou il lui avait crié d'arrêter. Il ne prenait même plus la peine de le faire maintenant et préférait l'ignorer, sachant très bien qu'elle n'arrêterait de toute manière pas.
« Rentre chez toi, tu vas commencer à faire peur aux gens.
- Mais non t'inquiète pas ça va, j'ai juste l'impression de commencer à entendre les couleurs. » exagéra t-elle.
Le regard d'Hijikata s'arrêta brièvement sur le bandage enroulé autour du front de la jeune femme. Le remarquant, elle poursuivit :
« Oh ça ? Rien de grave, à part avoir gracieusement mangé le sol, je n'ai pas eu grand-chose. Bref, je suis contente que tu sois venue, j'attendais que Gin-chan arrive pour ne pas laisser Tora toute seule mais maintenant que tu es là je vais pouvoir aller me prendre un café à la machine du rez de chaussé. »
Sans lui laisser le temps de répondre, elle commença sa marche après lui avoir fait un bref signe en guise d’au revoir, mais s'arrêta net, comme si elle venait de se souvenir de quelque chose. Tout en posant sa main sur son épaule, elle le regarda droit dans les yeux avant de poursuivre :
« Au fait Toshi, je ne sais pas si tu es là pour lui rendre visite ou pour faire ton travail mais dans tout les cas fais attention, elle est bien assez mal en point comme ça, pas besoin de lui faire subir un interrogatoire qui la fera encore plus culpabiliser. » l'avertit elle. Elle ne semblait pas le menacer mais sa voix était étrangement sérieuse, contrairement à son ton sarcastique habituel.
« J'ai pas besoin qu'on m'apprenne à faire mon travail, surtout par toi. »
Seira se contenta d'afficher un sourire en coin en haussant les épaules et continua son chemin pour de bon cette fois, disparaissant au détour d'un couloir.
Après avoir frappé de plusieurs petit coup la porte, Hijikata prit une grande inspiration avant de poser sa main légèrement tremblante sur la poignée. Pourquoi se sentait-il si angoissé ? Il ne venait faire que son travail après tout, comme tout bon policier, il était de son devoir de venir questionner une de celle qui avait semé le K.O en ville, rien de plus. Alors pourquoi cette sensation de malaise ne voulait le quitter, comme s'il avait peur de voir ce qui se trouvait derrière cette foutue porte ?
Prenant son courage à deux main, il pénétra dans la pièce. La jeune Yato était bien là, assise sur son lit, le regard perdu dans le paysage que lui offrait la fenêtre de sa chambre. Hijikata ne manqua pas de voir les bandages enroulés autours de son coup, son front, son bras et ses deux chevilles, lui faisant se demander si elle pouvait au moins ne serait-ce que marcher. Il remarqua également que ses cheveux était inhabituellement lâché, détail totalement insignifiant qu'il se surprit d'ailleurs à avoir vu et encore plus à avoir pensé que ça lui allait bien, le moment n'étant pas du tout propice à ce genre de pensées. Quoi qu'il en soit, Seira n'avait pas menti sur son état et il ressentit un pincement au cœur en la voyant si amoché, elle qui avait toujours détesté la violence.
Bien qu'il n'ai pas été spécialement discret en arrivant, Tora ne semblait pas l'avoir entendu entrer dans sa chambre. Pour preuve, elle ne s'était même pas retourné pour lui faire face et avait toujours les yeux rivés sur la fenêtre, apparemment perdu en plein monologue intérieur. Il toussota légèrement pour lui signaler sa présence, ce qui fit sursauter la jeune femme qui daigna enfin se tourner vers lui. Seulement, au lieu de l’accueillir avec son stupide sourire habituel, seul une expression de tristesse se forma sur son visage.
« H-hijikata…-san. » Murmura t-elle.
Il entendit sa voix faiblir en prononçant cette dernière syllabe. Sans rien ajouter de plus, ses yeux s'embuèrent de larmes et elle éclata en sanglot, ce qui fit rater un battement au cœur d'Hijikata. Il ne s'attendait pas à cette réaction de sa part et la voir aussi triste le rendait étrangement mal. Embarrassé, il passa une main dans sa chevelure noire et vint s’asseoir sans un mot à côté d'elle sur son lit, essayant tant bien que mal de trouver les mots justes pour aborder le sujet sans la blesser d'avantage.
« On m'a raconté ce qu'il s'est passé… » Il n'eut le temps de finir sa phrase qu'elle le coupa.
« Pardon, je suis qu'un monstre, un monstre. Tout est de ma faute, j'ai toujours essayé de rejeter cette partie de moi mais j'ai échoué, je ne vaux pas mieux qu'eux. Je suis désolé Hijikata-san, je suis désolé…Si je n'étais jamais venue sur Terre il ne m'aurait jamais retrouvé et personne n'aurait été bless-
- De quoi est ce que tu parles ? Kondo-san m'a prévenu ce matin que tu t'étais retrouvé au milieu de l'incident d'il y a quelques jours alors je suis venu voir comment tu allais. Apparemment, des Yato serait passé dans les environs pour une histoire de vengeance ou quelque chose du genre. C'est une bonne chose que tu ai été là pour les retenir, aucun innocent n'a été blessé grâce à toi. »
Il avait très bien compris que ce n'était pas par hasard qu'elle avait été prise dans le combat et il était clair qu'elle avait dû faire quelque chose pour que deux Harusame s'en prenne à elle, surtout que la situation laissait clairement paraître que les trois Yato se connaissait parfaitement. Cependant, il préféra se taire. Ça ne lui ressemblait pas de ne pas être franc et encore plus de mentir, il le savait très bien mais il jugea qu'il n'était pas nécessaire de remuer le couteau dans la plaie en lui disant qu'il avait assisté à toute la scène et qu'il se doutait que quelque chose ne collait pas, ça ne ferai que la blesser d'avantage et il ne supporterai pas d'aggraver la situation. Hijikata détestait voir une femme pleurer, et Tora n'était pas une exception à la règle.
Une expression interrogatrice se forma sur son visage avant de pousser un soupir de soulagement, comme apaisé par sa réponse. Sans ajouter un mot, elle se contenta de doucement poser sa tête sur l'épaule du policier qui se tendis instantanément, essayant tant bien que mal d’empêcher ses joues de rougir alors que la Yato laissait couler les larmes qu'elle retenait depuis visiblement bien trop longtemps. Il n'avait aucune idée de ce qu'il se passait dans la tête de la jeune femme à ce moment là, de pourquoi elle se mettait dans un état pareil et de pourquoi l'incident l'affectait autant mais il n'ajouta rien, préférant lui offrir le peu de réconfort que pouvait lui offrir sa présence.
***
Combien de temps étaient ils restés ainsi ? Peut être un bon quart d'heure, voir même plus ? Il n'en savait rien. A force de pleurer, Tora avait finalement fini par s'endormir sur son épaule après s'être enfin calmé. Il semblerait qu'elle avait finis par sortir toute les larmes qu'elle le pouvait, se qui laissait penser qu'elle en avait gros sur le cœur depuis un long moment. Posant délicatement sa tête sur l'oreiller de son lit en prenant soin de ne pas la réveiller, Hijikata s'en alla vers la porte, décidé à partir. Seulement, alors qu'il s’apprêtait à sortir, il entendit son nom, appelé par une voix basse à moitié endormie :
« Hijikata-san… » Ses yeux étaient toujours fermé et sa voix presque inaudible.
« Mmh ? Qu'est ce qu'il y a encore ?
Merci. »
Un faible sourire apparu brièvement sur son visage, et, à sa vu, le policier détourna le regard, embarrassé. On dirait bien qu'il allait devoir trouver une bonne excuse pour n'avoir rien pu tirer de ce pseudo interrogatoire.
Tora : did you know that the food you eat becomes energy?? *punches air* boom! that's spaguetti. *punches the air some more* nachos. *jumps and kicks the air* and that's a cookie.