Actualité trans de Novembre 2025
On débute avec la France :
- L’association parisienne OUTrans a renouvelé son événement TransJam. Pour rappel une TransJam est une Game Jam, c’est-à-dire un événement à durée limitée dans le temps durant lequel les participant·es doivent créer un jeu vidéo (ou un concept de jeu vidéo) sur un thème donné.
Plusieurs équipes ont donc bossé pour créer des jeux, avant de les présenter et les faire tester au public lors de la troisième journée de l’événement. La présentation de chaque projet est dispo sur YouTube. Le lien sera dans les sources de l’émission pour celleux que ça intéresse.
- Qui dit novembre dit « quinzaine de la visibilité intersexe ». Le programme de cette édition 2025 a été particulièrement riche et varié, autant en contenus qu’en lieux. En effet ce sont divers bookclubs, expositions, rencontres, projections, ateliers, marches et rassemblements qui se sont déroulés dans près de 7 villes françaises.
- En parlant de belle initiative, l’association TRANSpire a lancé un nouvelle branche interne. Nommée « Front d’Action », elle aura pour but d’accompagner juridiquement et administrativement des sportifs et sportives trans, non-binaires et intersexes devant les fédérations sportives pour faire valoir leurs droits ! Le pôle prend à sa tête, Maho Bah, premier boxeur transmasculin à concourir en compétition officielle.
- Le Centre Hubertine-Auclert publie une étude alarmante révélant que les filles et les élèves LGBTQ+ sont les principales victimes de violences et cyber-violences sexistes et sexuelles à l’école.
Menée auprès de 4 000 élèves de collèges et lycées franciliens, l’enquête montre que 83 % des filles ont subi au moins une forme de violence psychologique et près de la moitié des violences sexuelles, tandis que les élèves LGBTQ+ y sont deux fois plus exposés que la moyenne.
L’équipe de recherche a vu je cite que « le double standard hétérocisnormatif, prédominant dans l’ensemble de la société, sévit avec vigueur dans les établissements scolaires » et que « les personnes LGBTQIA+, en particulier les personnes trans et non-binaires, sont les plus exposées aux violences parce qu’elles transgressent ces normes sociales dominantes ».
Ces violences entraînent honte, isolement et stratégies d’évitement chez les victimes, dont seules 25% demandent de l’aide.
Le rapport souligne l’urgence de mieux éduquer et responsabiliser les élèves pour prévenir ces comportements et combattre durablement les inégalités de genre et les discriminations.
- Direction le Royaume-Uni et le magazine Glamour UK, qui consacre son numéro annuel « Women of the Year » à 9 femmes trans influentes issues des mondes de la mode, de la musique, de l’écriture et du militantisme.
Parmi elles, vêtues du désormais célèbre t-shirt « Protect the Dolls », figurent Munroe Bergdorf, Shon Faye, Bel Priestley, Munya, Ceval Omar, Taira, Dani St James, Maxine Heron et Mya Mehmi, – pour être parfaitement honnête, je ne connais aucune de ces demoiselles –. En tout cas elles y sont toutes célébrées pour leur impact culturel et communautaire.
La magazine en profite pour mettre l’accent sur le contexte de montée des discours hostiles envers les personnes trans, et laisse la parole à ces dolls qui appellent à la protection, la dignité et à une action concrète pour permettre une solidarité et visibilité pour la communauté.
- Plus de 60 000 femmes au Royaume-Uni ont signé une lettre ouverte en soutien aux femmes trans et contre l’usage d’un « faux féminisme » servant à exclure les personnes trans.
Rédigée par le collectif Not In Our Name avec le Good Law Project, la lettre dénonce la montée de la rhétorique anti-trans dans le pays, alimentée notamment par des figures comme J.K. Rowling ou Graham Linehan, et rejette l’idée que les droits des femmes seraient menacés par les femmes trans.
Les signataires affirment que les véritables dangers pour les femmes viennent de la violence masculine et non des personnes trans, rappelant les statistiques sur les féminicides et les violences sexuelles. Elles dénoncent également la stigmatisation et les discriminations que subissent les personnes trans, qui font face à des taux plus élevés de violence, de marginalisation et de difficultés d’accès aux soins ou à l’emploi.
La lettre appelle à refuser que les expériences des femmes soient instrumentalisées pour cibler les personnes trans, et soutient la contestation juridique en cours du Good Law Project contre les orientations discriminatoires de l’EHRC.
- Gibraltar interdit officiellement toutes les pratiques dites « de conversion ». La nouvelle loi érige en infraction le fait de proposer ou de tenter de modifier ou de réprimer l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne.
Excellente nouvelle !
- La Nouvelle-Zélande a interdit la prescription de bloqueurs de puberté pour les jeunes trans jusqu’en 2031, le temps de conclure un essai clinique britannique évaluant leurs effets. Cette interdiction ne vaut que pour les nouvelles prescription, les patient·es trans déjà sous traitement pourront continuer à y accéder. Et les enfants connaissant une puberté précoce et d'autres affections
du même type pourront également continuer d’en bénéficier.
Le gouvernement a affirmé que cette prise de décision repose sur des preuves solides – On ne sait pas lesquelles puisque si un médoc est censé être dangereux, tu l’interdit pour tout le monde, pas juste pour une poignée de gosses faisant parti·es d’une minorité –, mais des organisations comme la PATHA (la Professional Association for Transgender Health Aotearoa) dénoncent une mesure idéologique aux conséquences graves pour la santé mentale et le bien-être des jeunes trans, évoquant un risque accru de détresse, de dysphorie et de marginalisation.
L’asso’ souligne que ces traitements sont utilisés en toute sécurité depuis des décennies – on ne cesse de le répéter ! – et critique le fait de priver une population vulnérable d’un soin essentiel pendant 6 ans. Elle demande la publication du rapport de consultation et appelle plusieurs partis d’opposition à s’engager à abroger la décision.
En attendant, l’interdiction néo-zélandaise entrera en vigueur le 19 décembre de cette année.
- Suite d’une news de septembre : L’Albanie a adopté son projet de loi sur l’égalité des genres. Pour rappel elle permet d’élargir la définition juridique du genre au-delà des catégories traditionnelles de « femme » et « homme ».
- Le 20 novembre a marqué la journée du souvenir trans, aussi appelé TDoR.
Pour rappel, C’est une journée commémorative rendant hommage aux personnes trans et non-binaires qui sont décédées (notamment des suites de violences, de discriminations ou de crimes de haine) durant la période du 1er octobre 2024 au 30 septembre 2025.
Comme à l’accoutumée, j’ai déjà fait une vidéo dédiée, du coup je ne m’étendrai pas dans ce T-News. Si vous voulez un peu plus de détails, la vidéo est dispo sur la chaîne.
Très rapidement tout de même, cette année il y a eu au moins 385 personnes trans décédées (dont 281 liées à des violences). Ces chiffre sont bien évidemment en deçà de la réalité puisque c’est impossible de les récolter de manière exacte. D’ailleurs on s’est rendu compte que les chiffres des asso françaises recensaient non pas 2 décès (comme indiqué sur la plateforme internationale translivesmatter) mais 20 décès au moment où j’enregistre.
Comme chaque édition malheureusement, le profil des victimes est sensiblement le même. C’est-à-dire que ce sont les personnes transféminines, racisées et/ou TDS qui sont le plus ciblées. Fait nouveau cela dit, le nombre d’assassinats visant des activistes trans a plus que doublé en 2 ans. Ce qui montre une volonté de silencier les personnes qui œuvrent à l’obtention d’une égalité et de plus de droits.
D’ailleurs en parlant de violences et volonté de silencier – même si ça relève plutôt des actualités américaines, je profite pour partager cette info ici : plus de 400 drapeaux trans ont été dérobés en pleine nuit sur le Boston Common, où ils constituaient un mémorial officiel pour le Trans Day of Remembrance. Le mémorial a été réinstallé dans un lieu sécurisé pour la commémoration du 20 novembre. La ville de Boston a réaffirmé son soutien à la communauté trans et poursuit l’enquête, mais aucune piste n’a encore été identifiée.
- La Commission européenne a rendu publique son document « Stratégie en faveur de l'égalité des personnes LGBTQI+ » pour la période 2026-2030. Dedans, la Commission guidée par Ursula von der Leyen, y renouvelle sa première stratégie adoptée en 2020.
Côté objectifs stratégiques, on retrouve :
Une volonté de protection.
Lutte contre les pratiques de conversion et les violences physiques, sexuelles et psychologiques subies par les personnes LGBTQI+ ;
Combat des discours de haine et des crimes motivés par la haine, notamment en ligne. (Avec adoption d’un plan d’action sur le cyberharcèlement d’ici 2026) ;
Garantie de la sécurité des personnes LGBTQI+ lors d’événements publics comme les marches des fiertés ;
Protection des personnes demandeuses d’asile et migrantes LGBTQI+ contre les discriminations et violences spécifiques ;
Une volonté d’autonomiser.
Amélioration de l’accès à l’emploi, aux soins de santé, à l’éducation et au logement pour les personnes LGBTQI+ ;
Renforcement des droits des familles queers se trouvant dans les situations transfrontalières ;
Facilitation de la reconnaissance juridique du genre basée sur l’autodétermination ;
Et une volonté de mobiliser.
Encouragement des États membres à adopter des plans d’action nationaux pour l’égalité des personnes LGBTQI+ d’ici 2027 ;
Renforcement du soutien aux organisations de la société civile et aux défenseureuses des droits des personnes LGBTQI+ ;
Création d’un forum politique LGBTQI+ en 2026 pour un dialogue structuré avec les parties prenantes ;
Et promotion des droits des personnes LGBTQI+ au niveau international, notamment en plaidant pour la dépénalisation des relations entre personnes du même sexe ;
Et, il y a aussi pas mal d’actions clés de prévues. Notamment :
la mise en place de diverses études,
la publication d’un rapport sur l’application de la directive sur l’égalité en matière d’emploi en 2026,
un lancement d’une campagne de communication sur l’Union de l’égalité en 2027,
un soutien financier accru aux projets et organisations défendant les droits des personnes LGBTQI+,
et une lutte contre les lois discriminatoires et les pratiques restrictives dans le monde.
On termine avec les États-Unis. Côté juridiction, nous avons :
- La Cour d’appel fédérale du 6ᵉ circuit (donc Kentucky, Michigan, Ohio et Tennessee) qui a rendu une décision plus que lourde de conséquences puisqu’elle autorise les élèves cis à mégenrer intentionnellement et de façon répétée leurs camarades trans, annulant ainsi la politique d’un district scolaire de l’Ohio qui considérait cette pratique comme du harcèlement.
La Cour estime que ce comportement ne constitue pas une « perturbation substantielle » de la vie scolaire, et qu’interdire ces pratiques nuirait aux élèves cis invoquant des motifs religieux ou « scientifiques ». – Rien que ça ! – Introduisant la notion inédite de « pronoms biologiques » – il fallait l’inventer ! –, elle protège le mégenrage des élèves trans tout en empêchant ces derniers et dernières de répondre de la même manière à leurs agresseurs…
- Le même jour que cette news, la Cours Suprême des États-Unis, via une décision en shadow docket, a donné raison à l’administration Trump en rétablissant l’interdiction pour les personnes trans d’obtenir des passeports comportant leur marqueur de genre correct (que ce soit «X», «F» ou «M»).
La majorité conservatrice affirme, sans réelle analyse, qu’indiquer le sexe assigné à la naissance n’est pas discriminatoire et ne viole pas la loi administrative, ignorant ainsi les décisions précédentes qui soulignaient les dangers immédiats pour les personnes trans forcées de voyager avec des documents les exposant à de la violence, de l’outing et du harcèlement.
Il y a eu pas mal d’aller-retours et de suspense quant à la validité des passeports déjà mis à jour, avec une possible révocation – L’administration ayant collecté des données permettant d’identifier les titulaires trans et non-binaires. –. Au final, le site officiel gouvernemental Travel.State.Gov indique (au moment où j’enregistre) que « Tous les passeports sont valables pour voyager jusqu'à leur expiration, leur remplacement par le demandeur ou leur invalidation conformément à la réglementation fédérale. ».
- On n’est pas pas sur du juridique qui est acté, mais c’est suffisamment fucked up pour en parler : Le Department of Homeland Security propose une nouvelle règle qui autoriserait la collecte et l’utilisation de tests ADN pour déterminer le « sexe biologique » de millions de personnes (immigré·es, voyageurs / voyageuses, mais aussi résident·es et citoyen·nes) dans le cadre d’un vaste programme de surveillance biométrique incluant des scans rétiniens et des empreintes vocales.
Présentée comme un outil contre la fraude – bah ouais, il faut bien essayer de vendre le truc pour que ça passe ! – , cette mesure soulève de graves inquiétudes en matière de droits humains, de vie privée et de ciblage des personnes trans, intersexes ou gender non-conforming, ainsi que des femmes, en particulier racisées.
Elle permettrait au gouvernement de conserver indéfiniment des profils ADN, de refuser des demandes d’immigration ou d’asile, de « démasquer » des personnes en détention, et d’exercer une surveillance continue.
Des expert·es dénoncent une initiative « dystopique » proche d’un panoptique numérique, tandis que de nombreuses organisations médicales, juridiques et de défense des droits humains rappellent que de tels tests sont scientifiquement contestés, dangereux, et contraires aux principes de consentement éclairé.
Une période de consultation publique de 60 jours est en cours avant une éventuelle adoption.
- Bonne nouvelle ! Un tribunal fédéral de Philadelphie a annulé les assignations de l’administration Trump qui exigeaient l’accès à des données médicales extrêmement sensibles concernant des mineur·es trans suivi·es au Children’s Hospital de Philadelphie. Le juge a estimé que le gouvernement n’avait aucune base légale pour mener cette exploration dans les dossiers médicaux, rappelant que les soins concernés sont légaux en Pennsylvanie et que le droit constitutionnel à la vie privée des enfants et de leurs familles l’emporte largement sur les justifications fluctuantes du DOJ.
Dans le reste de l’actu USA :
- La Conférence des évêques catholiques des États-Unis a adopté une nouvelle politique interdisant formellement toute forme de soins d’affirmation de genre dans les hôpitaux catholiques, uniformisant ainsi des pratiques déjà courantes mais jusque-là variables selon les diocèses.
Les établissements catholiques, qui représentent la plus large part de l’offre hospitalière américaine à but non lucratif, devront cesser de proposer bloqueurs de puberté, hormonothérapies et chirurgies de transition, laissant de nombreux patient·es trans sans alternatives locales, surtout dans les régions où ces hôpitaux sont dominants.
Cette décision a suscité de vives critiques de la part de professionnel·les de santé, de défenseur·euses des droits et d’une douzaine d’associations catholiques.
- Autrefois terre d’asile, les États-Unis sont devenus le pays qui génère le plus grand nombre de demandes d’aide à l’exil selon l’ONG Rainbow Railroad, dont près des deux tiers proviennent de personnes trans ! Une évolution qui est directement liée au retour de Donald Trump à la Maison-Blanche et à ses mesures anti-trans.
Bien que certains États aient adopté des lois dites “sanctuaires”, de nombreuses familles jugent la menace transphobe désormais nationale et trop importante, portée par un mouvement idéologique plus large.
- Une nouvelle étude du Williams Institute montre que les personnes LGBTQ+ sont nettement plus susceptibles d’être arrêtées, fouillées, harcelées ou faussement accusées par la police que les personnes non LGBTQ+, ce qui les pousse à éviter de contacter les forces de l’ordre même lorsqu’elles sont victimes de crimes.
L’analyse de près de 25 ans de données révèle des interactions marquées par des préjugés persistants, hérités d’une longue histoire de criminalisation et aggravés par la montée récente de lois anti-LGBTQ+.
Les personnes trans sont, sans surprise, particulièrement touchées. Cette méfiance envers la police entraîne une sous-déclaration des crimes, biaisant ainsi les statistiques et limitant l’accès à des ressources adaptées.
L’étude souligne aussi les impacts durables de ces violences sur la santé mentale des personnes et propose des pistes d’action pour lutter contre, dont des réformes juridiques, une meilleure responsabilisation des forces de l’ordre, un engagement accru auprès des communautés et un suivi continu des données.
- Une étude majeure publiée dans Infant and Child Development révèle que les enfants de parents trans ou non-binaires présentent un développement émotionnel et comportemental comparable à celui des enfants de parents cis, confirmant que – on le savait déjà ! – la qualité de l’éducation et non l’identité de genre du parent est le principal facteur de bien-être.
Malgré un niveau plus élevé de dépression chez les parents trans et non-binaires, dû à la discrimination et au stress social, leurs enfants n’en subissent pas les effets, suggérant l’usage de stratégies parentales spécifiques pour les protéger.
Ces parents se distinguent notamment par une communication ouverte, la préparation des enfants au stigma, la mise à disposition de ressources éducatives et l’exposition à des familles diverses.
Les chercheureuses de l’étude soulignent que ces pratiques pourraient inspirer toutes les familles confrontées à des pressions extérieures et aider les professionnel·les de santé, du droit et de l’éducation à mieux accompagner les parents trans et non-binaires.
- Dernière étude du mois, publiée cette fois dans leJournal of Pediatrics, qui confirme l’efficacité majeure des soins d’affirmation de genre pour les jeunes trans.
Chez 432 patient·es ayant débuté une hormonothérapie entre 2017 et 2024, le taux de suicide chute en moyenne de près de 70 % après 2 à 5 ans de suivi. Les interruptions de traitement sont extrêmement rares : seulement 7 jeunes ont cessé l’hormonothérapie, dont 4 en raison d’une évolution de leur identité (sans pour autant retourner vers une identité cis).
Ces résultats, cohérents avec d’autres études internationales comme on peut le voir régulièrement, contredisent frontalement les discours affirmant que ces soins seraient risqués ou entraîneraient des regrets massifs.
Les auteurices rappellent aussi qu’un essai clinique randomisé serait aujourd’hui contraire à l’éthique, compte tenu du consensus scientifique sur les bénéfices de ces traitements.
L’étude conclut à une association « stable et cliniquement significative » entre hormonothérapie et baisse de la suicidalité, due notamment aux effets psychologiques et physiques de l’affirmation de genre, et réaffirme que ces soins sont littéralement salvateurs pour les jeunes trans.
- GLAAD a sorti son rapport annuel – le vingtième ! – qui dresse le bilan de la représentation LGBTQ+ à la télévision pour la période de juin 2024 à mai 2025.
L’étude recense au total 489 personnages LGBTQ+ réguliers ou récurrents sur les séries diffusées en streaming, à la télévision câblée et sur les chaînes généralistes, soit une hausse de 4 % par rapport à l’an dernier. Toutefois, 41 % de ces personnages ne reviendront pas en raison d’annulations ou de fins de séries, ce qui menace la visibilité acquise.
Le streaming reste le principal moteur d’inclusion, tandis que la représentation baisse sur le câble et les chaînes plus traditionnelles.
Parmi ces 489 personnages, seuls 6,7 % sont trans. (Soit 33 personnages au total, à raison de 7 hommes trans, 24 femmes trans et 2 personnes non-binaires.) Ce qui représente malgré tout une augmentation de 9 personnages par rapport à l'année précédente.
La majorité (à savoir 33 %) de ces personnages trans étaient blancs. Et la plupart – plus de la moitié en fait – ne seront pas reconduits. Soit parce qu’on était sur une mini-série, soit parce que la série a été annulée prématurément. Je pense à 9-1-1 : Lone Star, The Umbrella Academy ou encore à Clean Slate (et son unique saison !).
GLAAD appelle les diffuseurs à maintenir leur engagement en faveur d’une représentation inclusive et durable, essentielle pour refléter la réalité des communautés LGBTQ et contrer ainsi la montée des discours haineux.
- Zohran Mamdani, malgré de nombreuses campagnes républicaines tentant de le discréditer, a été élu nouveau maire de la ville de New York, avec une investiture prévue le 1er janvier 2026.
Soutien vocal des causes trans durant toute sa campagne, il a promis de défendre les personnes trans, notamment :
en faisant de la ville une « ville sanctuaire »,
en étendant et protégeant les soins d'affirmation de genre,
en créant un bureau des affaires LGBTQIA+ pour allouer des millions aux programmes de logement pour les jeunes et les adultes queers,
et en consacrant 57 millions de dollars aux centres médicaux offrant des soins d'affirmation de genre et 8 millions de dollars supplémentaires au développement de ressources nouvelles et plus étendues.
A noter également que Mamdani, lorsqu’il était représentant de l’État, était favorable à l’abrogation de la loi anti-vagabondage de l’État (aussi connue sous le nom « Walking while trans ») – qui est une loi que la police utilisait pour harceler et arrêter des personnes trans sous prétexte de lutter contre la prostitution –. Il a également coparrainé la loi sur la reconnaissance légale du genre, qui a permis de créer l’option neutre « X » et simplifier les démarches de changement de genre pour les personnes trans et non binaires sur leurs documents officiels. Et il a aussi soutenu une loi d'État visant à protéger les personnes trans et à interdire aux agents de l'État et aux professionnel·les de santé de collaborer à des enquêtes menées hors de l'État concernant les personnes recevant ou dispensant des soins d'affirmation de genre.
En somme, on est sur un gros win pour New York !
- En parlant d’élection municipale, ce n’était pas le seul résultat positif puisque pas mal de démocrates pro-trans ont gagné. Et on a même eu l’État de la Pennsylvanie qui a vu sa toute première maire trans, ouvertement out, être élue. Erica Deuso – c’est son nom ! – a battu son adversaire républicain en obtenant 64 % des voix.
- La chanteuse et compositrice brésilienne Liniker a marqué l’histoire en devenant la femme ouvertement trans la plus récompensée aux Latin Grammy Awards, avec 4 trophées à son actif après ses victoires pour l’édition 2025. (Pour info, les Latin Grammy Awards sont des prix musicaux annuels récompensant l’excellence dans la musique latino-américaine, en langue espagnole ou portugaise.)
Déjà pionnière en 2022 en remportant son premier Latin Grammy, elle a été distinguée cette année pour sa chanson « Veludo Marrom », la « meilleure performance urbaine en portugais » et son album pop contemporain « Caju ».
- La version allemande de GQ a décerné le titre de « Woman of the Year » à Indya Moore, acteurice, mannequin et militant·e trans américain·e, connu·e notamment pour son rôle d’Angel Evangelista dans la série Pose.
- On continue et termine avec une bonne nouvelle : La chanteuse Chappell Roan a annoncé le lancement de son organisation « The Midwest Princess Project » consacrée au soutien des jeunes trans. Plus de 400 000 dollars ont déjà été récolté grâce aux efforts de collecte de fonds organisés lors des récents concerts éphémères de l’interprète de « Pink Pony Club ».
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