Je passais la plupart des vacances chez ma grand-mère.
Mes parents venaient déjeuner le dimanche.
Le matin, nous préparions le dessert dominical :
Pas une mais la crème aux oeufs.
Claaaac ! Claaaaac ! Claaaaaac !
Fouetter les oeufs jaune d'or ou coquelicot avec le sucre :
Mousse aerienne aux reflets de sable.
Le lait couleur de paille chauffait doucement sur le feu avec une gousse de vanille, noire.
La cuisine, doucement s'imprégnait d'une odeur suave, gourmande et sucrée.
Claaac ! Claaac ! Claaac !
Mêler les oeufs avec le lait en le versant doucement et en fouettant sans cesse :
Creme mousseuse de soleil pâle d'hiver.
Ma grand mère, ensuite, installait sa crème dans un plat et le déposait délicatement sur la lèchefrite au bain marie dans la douce chaleur du four.
Je m'interrogeais alors :
"Pourquoi ce bain appartient à Marie ?
Pourquoi cette grande plaque lèche les frites ?"
Doucettement, L'alchimie entre Marie et les frites opérait :
Une bulle de vie et de tendresse enveloppait les cœurs et la maison.















