Violette Leduc, from “Thérèse et Isabelle,” originally published c. 1966

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Violette Leduc, from “Thérèse et Isabelle,” originally published c. 1966
-Violette Leduc, The Taxi
#MCtober (Late) Prompt - Halloween Costume
Violette showed up abit late on this year's Halloween .....
She dressed up as Strength, with little help from New Fifth Year's Scratch 😊😊
Photo of 16 year old Jean Genet. Handwritten dedication from him to Violette Leduc (Arras, April 7, 1907 – Faucon, May 28, 1972). She was a French writer.
Two forensic identification photographs were found. On one of them I am sixteen or seventeen years old. I am wearing a torn sweater under a Public Assistance jacket. My face is an oval, very pure, my nose is crushed, flattened by a punch during a forgotten fight. My look is blasé, sad and warm, very serious. I had thick, messy hair. Seeing myself at this age, my feeling was expressed almost out loud: “Poor little guy, you suffered.”
Deux photographies de l'identité judiciaire ont été retrouvées. Sur l'une d'elle j'ai seize ou dix-sept ans. Je porte, sous un veston de l'Assistence publique, un chandail déchiré. Mon visage est un ovale, très pur, mon nez est écrasé, aplati par un coup de poing lors d'une bagarre oubliée. Mon regard est blasé, triste et chaleureux, très grave. J'avais une chevelure épaisse et desordonnée. En me voyant à cet âge, mon sentiment s'exprima presque à haute voix: "Pauvre petit gars, tu as soufert."
(Journal du Voleur, Edition de la Pléiade, 1156)
https://denniscooperblog.com/spotlight-on-violette-leduc-therese-and-isabelle-1965/
La main déshabilla mon bras, s’arrêta près de la veine, autour de la saignée, forniqua dans les dessins, descendit jusqu’au poignet, jusqu’au bout des ongles, rhabilla mon bras avec un long gant suédé, tomba de mon épaule comme un insecte, s’accrocha à l’aisselle. Je tendais mon visage, j’écoutais ce que mon bras répondait à l’aventurière. La main qui se voulait convaincante mettait au monde mon bras, mon aisselle. La main se promenait sur le babil des buissons blancs, sur les derniers frimas des prairies, sur l’empois des premiers bourgeons. Le printemps qui avait pépié d’impatience dans ma peau éclatait en lignes, en courbes, en rondeurs. Isabelle allongée sur la nuit enrubannait mes pieds, déroulait la bandelette du trouble. Les mains à plat sur le matelas, je faisais le même travail de charme qu’elle. Elle embrassait ce qu’elle avait caressé puis, de sa main légère, elle ébouriffait, elle époussetait avec le plumeau de la perversité. La pieuvre dans mes entrailles frémissait. Isabelle buvait au sein droit, au sein gauche. Je buvais avec elle, je m’allaitais de ténèbres quand sa bouche s’éloignait. Les doigts revenaient, encerclaient, soupesaient la tiédeur du sein, les doigts finissaient dans mon ventre en épaves hypocrites. Un monde d’esclaves qui avaient même visage que celui d’Isabelle, éventaient mon front, mes mains. Violette Leduc, La Bâtarde, Galllimard, 1964
Violette Leduc - In the Prison of Her Skin - Panther - 1973
My desire, my refuge, my catastrophe.
~Violette Leduc