VORTEX OF END-BLACK BLOOD KAPALA
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VORTEX OF END-BLACK BLOOD KAPALA
Vortex of End | Abhorrent Fervor | 24th September, 2021
French Black/Death Metal
Artwork by Héloïse Merlin
https://vortexofend.bandcamp.com/album/abhorrent-fervor
VORTEX OF END
[Ardens Fvror, Black Metal, France, Osmose Productions, 2019]
Vortex Of End - Ardens Fvror (Osmose Productions, 2019)
Vortex Of End - Abhorrent Fervor (Osmose Productions, 2021)
Unshakable Faith - UNE NUIT EN ENFER 2025
La bourgade de St Sulpice dans le Tarn s'ouvre aux ablutions métalliques le temps d'une nuit en enfer depuis 2003. La salle Renée Cassin en reçoit l'offrande par toute une équipe restée fidèle à un esprit authentique et sans concession, dont Loran le guitariste chanteur de Necrocult.
La trinité au départ de Castres était composée de Wåz, Carö et øim.
Quand nous arrivons une horde sombre s'engouffrait dès l'ouverture des portes avec Corporal Punishment comme maître d'introduction death metal de la soirée.
Formé en 2019 à Toulouse avec Morbid Angel, Death et Suffocation comme legs, le quintette a produit un EP « The New Plague » en 2023 et leur premier album « Inverted Demise » via M&O Music (dommage que sur leur bandcamp il n'y a que 30 secondes pour chaque titre), 11 titres hommage aux productions morbides des années 90.
De bonnes atmosphères crépusculaires sont distribuées dans leur sérail, parfois des longueurs mais le mérite et les intentions de faire vivre les tumeurs deathaliques, avec des dissonances Suffocatiennes, une lourdeur Morbidienne brutale.
Le chanteur ce n'est très clairement pas une armoire Ikea, mais davantage Normande, grand et cossu au physique il démontre une énergie vocale musquée pour rallier à leur cause death metal. L'on sent très bien le poids des carcasses qui se déchirent dans leurs riffs, tout comme la bestialité rythmique et un chant prompt à dégorger. Bien apprécié aussi la technicité noyée dans leur atmosphère permettant d’étendre un venin dont le poison résonne de malice.
Bastion d'un black/death occulte, la formation Vortex Of End née dans le nord-est de la France en 2005 (20ème anniversaire cette année tout de même), vient mordre telle une bête affamée.
Dans la brûlure d'une froideur suffocante, le quatuor exhorte une dynamique brute, nourrit aux flammes noires de Behemoth. Le groupe déchaîne sa chape de plomb, enchaîné à notre perception racée qui croule sous les coups de butoir des Polonais.
L'Egregore de Vortex Of End est recouverte de sang, libérant ses forces du mal qu'une horde riffique immole dans un brasier rythmique bestial. 2 trépieds sur scène vont vibrer des flammes qui prennent les formes maléfiques que le groupe incante et exhorte dans son black metal. C'est une messe froidement ébouillantée par les charmes corrosifs, virulents d'une tonitruance qui nous est apporté sur un plateau d'or gorgé de sang. L'on ressent la violence et une animalité maléfique.
Leur dernier album "Abhorrent Fervor" de 2021 est un exemple de la vague du Black Metal maléfique de la scène française, un chaos triomphant tant sur scène que sur disque.
« Ici les larmes mêmes n’osent pas surgir, de peur d’être instantanément congelées. » Pierre Benoît d'après ''Koenigsmark''
L'attraction naît souvent d'un goût esthétique subjectif, de ce que chacun peut clairement remarquer, mais si je pense à la musique, ce qui me fait me concentrer sur la singularité d'un groupe est certainement ce que je ne vois pas. Bien sûr, nous pouvons tous entendre une chanson, mais l'émotion que procure la vibration est sans aucun doute différente pour chacun, à tel point qu'il ne dira même rien à certains. Il est trop simple, banal et réducteur de s’arrêter à ce qui est évident. L'affinité naît nécessairement de ce qu'on ne voit pas, de l'esprit, de l'âme ; des éléments qui nous « obligent » à nous attarder en écoutant ; pour cette raison, quelqu'un s'arrêtera et d'autres partiront, même ceux qui sont peut-être restés au départ parce qu'ils étaient attirés par l'extérieur. Un occultiste sent la texture des sols d’obsidienne.
Le chanteur témoigne d'une énergie hargneuse avec laquelle l'on reçoit la bestialité et la solennité sans accusé de réception. Car à travers leur diablerie sonique il y a une grandiloquence à enfoncer avec agression une misanthropie, ce n'est pas une effraction, c'est tapé pour inonder dans un amas de souffre, violer le monde moderne et avec la hauteur de vue sur le chaos des enfers que l'homme a répandu. Le groupe nourrit le bûcher sans cesse, impossible d'éteindre ce brasier tant les musiciens sont transcendés de leur propre flamme, libellant une vaillance inébranlable avec du sang chaud sur de la glace noire.
Les flammes vacillent sur les trépieds, le groupe après avoir enivré les sources intarissables de leur haine irascible retourne gorger les profondeurs abyssales du tréfonds, avec encore la brillance de gloire du feu dans nos âmes noires dont il a pu faire admirer toute son essence.
Le sang était encore bouillant, la plèvre suppurante que Malhkebre fondé en 2001 en terres Occitanes adepte du « collectif » Les Apôtres de l'ignominie, provoquait les rites sombres.
Une nouvelle bestialité sonore faisait jour dans la nuit de l'enfer. Une rondeur de boucles black avec des relents putrides de death, un groove de crasse punk plein de perversion apposait son précipice de démence.
L'ambiance est malsaine tant le groupe lance ses dissonances irrépressibles à la face. Une théâtralité est prégnante j'y vois un héritage gothique, le chanteur est grimé de noir sur l'ensemble de son visage, il tient une cravache. Son expressivité se lit dans son regard qu'il témoigne en écarquillant ses yeux jeunes et excités par sa croyance. L'on sent très bien la délivrance du mal reçu et que l'on s'inflige. J'avoue ne pas avoir perçu le message crypté que le chanteur annonçait. Je ressentais la foi que le groupe délivrait par résistance en un idéal d'existence et de soutien à une communauté underground. Mais qu'elles étaient les révélations ?
Les fruits de sa dévotion à son monde intérieur seront toujours le trésor le plus brillant et la récolte la plus durable. Souvent tu te demandes de ta légitimité, suis-je assez vrai, pur, racé, pour être présent en ce temple ? Pour acter et signifier ma présence rasséréné du joug en cette célébration rituelle donnant parole de feu à tous ces militants au suprême idéal. Ceinture à cartouchière, ''Heil Satan'' de rigueur, le masque tombe au fur et à mesure que le chanteur efface sa noirceur sur son visage. La liturgique musique contorsionne ses infamies bestiales depuis 2002, la parole du Saigneur est propagée par un terrorisme sonore actif. Tout comme les Norvégiens ont pris au 1er degré les disques de Venom le punk, Malhkebre célèbre la genèse black satanique avec les affres de Watain, Mayhem, Sarcofago, Darthrone, Deicide, Mütiilation, et le public reçoit le message malsain avec la même sidération que l'on retrouve dans la dissonance riffique. Le chant est rempli de salissure et de haine que les riffs malfaisants sèment dans une cascade cloutée de fer et d'acier rouillé. Le public est bousculé tant par la musique que par le chanteur, lequel a d'emblée débuté le concert dans la fosse avec un dictaphone, annonçant l'avènement, puis descendant plusieurs fois dans la fosse exhortant les brebis à ne plus se faire égorger par le loup, mais à devenir un loup parmi la meute. Là aussi des longueurs à traduire le flambeau démoniaque entre transe addictive et perpétuel chaudron sonore.
Le set sera long pour celui qui ne sera rentré que dans le trip, et ahurissant pour celui qui sera tombé dans le trve pour donner du sens à son existence.
Wåz a trouvé que cela manquait de ''scream'' aiguë tout en délivrant un exemple provenant des limbes heavyyyyyyyy jusqu'aux étoiles du glam, reprit par Carö en écho.
Au merch je trouve 2 vinyles oldschool, nous saluons le Christ de Mazamet : Carlos, en train d’essayer de me refourguer le vinyle « Don't Break the Oath » de Mercyful Fate à 40 balles ça fait cher la cartouchière, sheuuuuuuuu !
Puis les ténèbres...HELL MILITIA bombarde au napalm l'incarnation vibratoire d'un black metAl saillant, explosif et évocatoire. Voilà une pure Sensation forte car la violence n'est jamais latente, elle est brute.
Hell Militia se forme en 2001 par des membres de la scène Black Metal underground française. En 2001 après un split avec Antaeus, Eternal Majesty et Deviant, leur démo « The Second Coming - Reh' » en 2003 distribue le fer. Le premier album arrive en 2005 avec « Canonisation Of The Foul Spirit » via Total Holocaust Records. Suivra dans les décombres fumantes « Last Station On The Road To Death » en 2008 via Debemur Morti Productions, « Jacob's Ladder » en 2012 via Underground Activists.
Le groupe remue dans la plaie ouverte avec des couteaux tranchants et sales, son black metal orthodoxe est d'une sauvagerie au hurlement impitoyable, des riffs sinistres abattent leur densité dans le cloître de la salle devenu superbement maléfique. La quintessence de la soirée touche le haut des flammes les plus noires. Rien ne sera plus assourdissant que ce temple underground. abrasif. Ancrant son abyssale puissance souterraine pour faire planer une contagion de black-out cathartique. La sensation d'être la victime offerte en sacrifice, le corps musical est nu et d'une brutalité effrayante, avec un jaillissement abandonné d'énergie brûlante qui coule à travers chaque partie musicale, transcendée par des musiciens menaçants. Des entrailles des ténèbres se soulèvent la bourrasque Hell Militia, de sa chair conspuée par des hectolitres de sang sonique se charge une énorme puissance tellurique, des déchaînements d'accélérations battus entre une rythmique à l'enclume ''blastique'' et le fer dissonant de riffs éruptifs de violence. Le groupe entretient une audace, une révolte vivace dans l'ancre du sacré, pleine d'obscénités sombres et d'alternance animale. Il asphyxie l’impasse, le moindre doute pour assouvir sa bestialité définitive.
La Mort lève ses ailes claquantes, enserre les corsets des femelles dans un garrot de soie noire dont elle rugissent avec les bras levés, les poings ardents. Les hommes honorent le culte dans l'ostentation de remplir leurs poumons avec le grand air de cette possession démoniaque. Hell Militia déroule un concert qui fait honneur à sa stature et à sa longévité ( crée fin des 90's), déclenchant ses abysses sombres et dérangeantes. Son dernier album de 2022 "Hollow Void" fait claquer ses fers.
Des fragments mélodiques viennent percuter la cime des titres icebergs, avec juste la pointe qui sort, tissés dans l’ombre de détails subtils, et semés de traces de lumière éphémères et de nuits profondes. Le réel se peuple du subliminal de souffrance, de son hurlement de vitalité haineuse, c’est foudroyant tant le groupe agite un continent qui se révèle grandiose.
Merci à l'orga, Hell Militia, Malhkebre, Vortex Of End, Corporal Punishment pour cette Nuit En Enfer !
Vortex of End @ Underground for the Masses I, 6th April 2024
vortex of end-cascades of epiphanies