03.22.26 Zeena Parkins and William Winant at Roulette Intermedium in Brooklyn
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03.22.26 Zeena Parkins and William Winant at Roulette Intermedium in Brooklyn
🌸 ᴍʀ. ʙᴜɴɢʟᴇ ᴛᴇᴀᴍ ᴏɴ ᴛᴏᴜʀ, ᴄᴀʟɪғᴏʀɴɪᴀ ᴇʀᴀ 🌸
Thurston Moore, Tom Surgal, William Winant Piece For Jetsun Dolma Les Disques Victo
POST-POST-SCRIPTUM 1057
16 - QUE POURRAIT BIEN RACONTER CE PROJET ?
Et s’il s’agissait d’un livre abordant les rapports entre jazz et rock (et vice-versa) d’une manière enfin inédite ?
03.30.25 Thurston Moore, William Winant and Tom Surgal at Knockdown Center in Queens.
POST-SCRIPTUM 932
AGITATION FRITE 3
Agitation Frite 1 et 2, Témoignages de l’underground français sont donc sortis chez Lenka lente. Un troisième volume est en préparation, fait d’interviews pour moitié, mais aussi de textes cette fois, dont un TOP 500 commenté des meilleures productions en la matière. On en trouvera ici des extraits, régulièrement. Par exemple, JEAN-MARC MONTERA (DEUXIÈME).
Cet entretien a été réalisé en mars 2018 afin de servir de notes de pochette pour l’album de L’Orchestre Inharmonique de Nice (L.O.I.N.) dirigé par Jean-Marc Montera.
Te souviens-tu de ton premier contact avec l’œuvre de John Cage ?
Mon souvenir le plus lointain avec John Cage remonte au début des années 1980 et se traduit par une frustration, celle de n’avoir pu me joindre à André Jaume et Christian Tarting, partis interviewer le compositeur à la Sainte-Baume, alors haut lieu de rencontres consacrées à la musique contemporaine. Publié dans Jazz Magazine, le fruit de cet entretien révèle la pensée surprenante de John Cage sur le jazz, le free jazz et l’improvisation. Étrangement, ce qu’on ne supporterait pas de quiconque, on le tolère de John Cage…
Mais qu’en est-il d’un contact musical à proprement parler ?
Par la suite, les pièces pour piano préparé ont été déterminantes dans mon parcours d’autodidacte dans ce genre musical qu’est la musique expérimentale. En tant que simple auditeur dans un premier temps ; mais aussi, un peu plus tard, en tant que musicien dans mon approche de la guitare préparée. Ces pièces (bacchanales, sonates et interludes, etc.) me servent encore aujourd’hui comme introduction à la musique expérimentale dans les cours de musicologie et médiation culturelle que je donne à l’Université d’Aix-Marseille.
Et sur une scène ?
Le premier contact « physique » avec une pièce de Cage s’est fait de manière impromptue, incongrue, comme il se doit ! En 2000, Sonic Youth était en tournée avec Goodbye 20th Century. J’étais à Paris et ils jouaient à Gand. L’occasion de voir mes amis américains et belges, notamment le pianiste Daan Vandewalle et l’organisateur du concert au Vooruit, Wim Wabbes, était trop tentante pour la rater : j’ai donc pris un train pour cette belle petite ville universitaire, certain que j’allais assister à un excellent concert. À ma descente du train, Wim m’a presque mis sa strato rouge dans les mains en me disant que Sonic Youth avait su par son intermédiaire que je venais au concert et qu’ils m’avaient « réquisitionné » pour être le quatrième, non pas pour une belote, mais pour jouer en double quartette une pièce de John Cage : « Four6 ». Ça tombait bien, je n’avais pas mon matériel, je ne connaissais pas la pièce et ne savais pas qui étaient les autres musiciens. C’est donc muni de la strato rouge de Wim, de quelques pédales prêtées par Jim O’Rourke et d’objets achetés au pas de course au bazar du coin, que j’ai attaqué la répétition de cette pièce avec Sonic Youth d’un côté, et William Winant, Jim O’Rouke, Daan Vandewalle et moi, de l’autre.
Alors ?
« Four6 » a réellement été une révélation. C’est une pièce superbe de complexité et de liberté, d’ouverture et de contrainte. Elle fait fonctionner simultanément les contraires, en offrant aux interprètes, à la fois la liberté que permet leur imaginaire, et la rigueur temporelle qu’impose le chronomètre. C’est un outil fantastique que j’utilise lors de workshops destinés à des musiciens qui n’ont pas ou peu l’habitude d’improviser, car il offre une structure (temporelle par le chronomètre, et sonore par les douze sons choisis par les musiciens) dans laquelle la créativité des interprètes peut s’exprimer totalement.
Depuis cette expérience, « cagienne » dans tous les sens du terme, j’ai participé à des manifestations autour des pièces de ce compositeur : tout d’abord avec Chris Cutler et Daan Vandewalle, trio à l’origine de l’Ensemble d’Improvisateurs Européens, formation dédiée à l’interprétation de partitions graphiques, devenu quartette en 2008 avec l’arrivée du violoncelliste Arne Deforge, Quartet Bad Boys avec lequel on a investi la totalité du Concertgebouw de Bruges pour une journée consacrée à John Cage.
Tu as aussi été un interprète de « Treatise ». En quoi diffère l’approche des partitions de John Cage et Cornelius Cardew ?
En 2001, j’ai donc fondé l’EIE (l’Ensemble d’Improvisateurs Européens) réunissant Hans Koch, Thomas Lehn (puis Taavi Kerikmäe), Hélène Breschand, Dan Vandewalle, Lelio Giannetto, Chris Cutler et Nicolas Dick (au son), ensemble dédié à l’interprétation de partitions graphiques, et plus particulièrement de « Treatise » de Cornelius Cardew. Nous avons abordé cette pièce sous différents angles – interprétation de seulement quelques pages, des 193 pages du recueil aussi, avec une vidéo et une time line défilante qui permettait au public de suivre le déroulement du rapport entre l’image et la musique jouée en direct… C’est une œuvre qui laisse toutes les libertés, et qui pourtant est d’une exigence..., ..., ...
( John Cage, par là )
Luc Ferrari - Cellule 75 (1998)