PROJET PLASTIGO 2020 - 2021
Le projet Plastigo est parti de réflexions sur l'ère du ‘plastiglomérat’ dans laquelle nous vivons. Nos principales questions portent sur les enjeux de la production industrielle et sa résonance sur les territoires. Nos observations de la zone industrielle sont faites à partir du niveau du sol et de sa matière, dans la perspective du processus de changement provoqué par l'activité humaine et temporelle.
Notre objectif est de représenter ses matières à la fois in situ et de les rendre accessibles par des protocoles de télédétection comme la cartographie et les vues en direct.
The Plastigo project started from the reflection on the plastiglomerate era that we live in. Our main questions are focused on the issues of industrial production and how it resonates within the territory. Our observations of industrial area are made from the level of matter, from the perspective of the change that is triggered by the activity of time.
Our aim is to represent them both in situ and make accessible by remote-sensing protocols as mapping and the live views.
Schéma de la molécule Dioxine
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Notre projet « Plastigo » cherche à interroger cette matérialité de l’époque au travers des technologies de capteurs situé sur trois sites distincts, trois spots autour du Golfe de Fos nous semblant représentatif. Ces trois spots seront révélé lors de notre performance et installations filmé sur chacun d’eux au cours de l’été 2021.
Our "Plastigo" project seeks to question this materiality of the time through sensor technologies located on three separate sites, three spots around the Gulf of Fos appearing to us to be representative. These three spots will be revealed during our performance and installations filmed on each of them during the summer of 2021.
Ce projet est initié par les artistes :
Patrycja PLICH, Christophe GALATRY, Souad MANI, Philippe AUTRIC
Voir cartes IGN 31440T et 30440T Ouest-Berre et Fos-sur-Mer
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INTRODUCTION - IDÉE
texte de Matthieu Duperrex pour Plastigo
Comme les Modernes sont prodigues en matières inédites et en nouveaux sols ! La moindre promenade de plage nous fera dénicher des roches inattendues : un polystyrène d’ébène, une canette Saint-Jacques rouillée, des galets pneumatiques, un cristal de pétrole brut pétrifié, des tessons de terre cuite, des ciments méridionaux… Et parmi ces rebuts détritiques de l’activité humaine figurent en bonne place ces concrétions hybrides que l’on appelle « plastiglomérats ».
Technofossiles, alliages et matériaux polymères se disputent la préséance pour devenir les nouvelles pierres de rosette des stratigraphes qui cherchent à établir dans les couches sédimentaires cette nouvelle époque géologique « humaine, trop humaine » que l’on nomme Anthropocène, bien que nombre d’appellations alternatives se disputent ce sacre : Capitalocène, Plantationocène, Chthulucène, Écocène, Plasticocène… On a d’ores et déjà produit assez de plastique pour envelopper quatre fois la Terre de film d’emballage – l’émergence de cette Plastic Blue Marble a inspiré de nombreux artistes à l’interface de l’écologie et de la technologie.
L’originalité du projet « Plastigo » est d’interroger cette matérialité de l’époque au travers des technologies de capteurs : quelle science de la mesure pour des phénomènes écologiques qui configurent plastiquement l’air, le sol et l’eau ? Avec le Golfe de Fos et l’étang de Berre pour « zone critique » d’élection, P. Plich, S. Mani, P. Autric et C. Galatry se positionnent en artistes-enquêteurs entreprenant de révéler des plasticités paradoxalement invisibles, fantômes et monstres de l’Anthropocène auxquels nous familiariser, parfois malgré nous, pour continuer de vivre dans des milieux altérés. Ce faisant, ces artistes se rattachent au courant du « Sensory Art » qui explore savamment et poétiquement l’environnement au moyen de nouveaux épidermes : Rasa Smite & Raitis Smits (Fluctuations of Microworlds, 2017), Aline Veillat (Pas de deux en vert et contre, 2009-2012), Theunis Karelse (Assisted migration, 2013), Pinar Yoldas (An Ecosystem of Excess, 2014), Ivan Henriques (Symbiotic Machine, 2014), etc.
Par le dispositif qu’il propose, les activités de transcodage et de marquage qu’il met en scène, le projet « Plastigo » réinvente le territoire tel que le définissent Deleuze et Guattari, à savoir comme relevant de l’acte : « le territoire est en fait un acte, qui affecte les milieux et les rythmes, qui les “territorialise”. Le territoire est le produit d’une territorialisation des milieux et des rythmes.1
1 Gilles Deleuze et Félix Guattari, Mille plateaux. Capitalisme et Schizophrénie 2, Éditions de Minuit, coll.
« Critique », Paris: 1980, p. 386.
*Docteur en arts plastiques, Matthieu Duperrex est chercheur associé au LLA-Créatis (EA 4152), Université de Toulouse-Jean Jaurès. Artiste-auteur, co-fondateur et directeur artistique du collectif « Urbain, trop urbain » (www.urbain-trop-urbain.fr), ses travaux procèdent d’enquêtes de terrain sur des milieux anthropisés et croisent littérature, sciences humaines et arts visuels ou numériques. Publications : Shanghai Nø City Guide (Toulouse, Urbain, trop urbain, 2012), Micromegapolis, lorsqu’une ville rencontre Gaïa (Toulouse, Urbain, trop urbain, 2013), Périphérique intérieur (Marseille, Wildproject, 2014), Voyages en sol incertain, enquête dans les deltas du Rhône et du Mississippi (Marseille, Wildproject, 2019).
Notre projet « Plastigo » est d’interroger cette matérialité de l’époque au travers des technologies de capteurs.
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SITUATION
Le pourtour du Golfe de Fos ainsi que son arrière pays, le canal de Caronte et les rives de l’Étang de Berre constituent un ensemble géographique livré depuis plus de 150 ans à une industrie chimique particulièrement lourde et polluante. C’est attaché à partir des années 1970 un énorme projet industrialo-portuaire et pétrolier conçu et piloté par l’État et le Port de Marseille (GPMM). Cette périphérie d’une des plus grande ville de France à en outre connu une des plus formidable urbanisation jamais vécu à ce point en l’espace d’aussi peu de temps entre 1969 et les années 2000. En effet l’échelle de cette métropolisation est pratiquement incomparable à d’autres zones urbaines et péri urbaines de grandes villes françaises ou européennes. S’ajoutent donc à toute une industrie principalement lié au carbone et peu assez respectueuse de son propre environnement un bouleversement des habitudes et des traditions d'échanges avec la nature ou plutôt de ce qui ‘fait encore nature’. Une nature réduite à des taches ou des zones d’interstices dans cette partie de l’Ouest-Berre et qui vient constituer une couche supplémentaire au dessus de différentes couches elles mêmes structuré et composé de pollutions qui vont de différentes particules fines comme la dioxine ou l’arsenic jusqu’aux déchets les plus divers (plastiques, métaux lourds, matériaux amianté...).
>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>> Les trois spots >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>
Les artistes présents dans ce projet sont dans un process, un work in progress, dont l’issue du travail se fera d’une part sur place sur chacun des trois spots et d’autre part dans des performances retransmises sur écran dans différents lieux à Marseille et Martigues. Les emplacements de ces spots ne sont donc pas identifié ici avec précision afin de garder l'effet de surprise et de dévoiler à temps les installations prévu sur chacun d’eux.
Schéma représentant les différentes approches du projet Plastigo, pour des publics situé sur place sur les spots ou devant des écrans à des distances hors du champs des performances.
PREMIÈRE RÉSIDENCE PLASTIGO 2020
>>>>>> Spot 01
- Tumulus -
Élément topographique du spot 01. De bas en haut : sud / nord
Éléments matériels du spot 01. (en cours)
©Chris Galatry janvier 2020
©Patrycja Plich janvier 2020
©Chris Galatry janvier 2020
>>>>>> Spot 02
- Route abandonnée -
Élément topographique du spot 02. De bas en haut : sud / nord
Éléments matériels du spot 02.
©Souad MANI janvier 2020
Schéma et croquis de conception d’installations in situ 2020. (en cours)
>>>>>> Spot 03
Élément topographique du spot 03. De bas en haut : sud / nord
Éléments matériels du spot 03.(en cours)
©Chris Galatry janvier 2020












