[...] Le petit prince s'en fut revoir les roses. - Vous n'ĂȘtes pas du tout semblables Ă ma rose, vous n'ĂȘtes rien encore, leur dit-il. Personne ne vous a apprivoisĂ©es et vous n'avez apprivoisĂ© personne. Vous ĂȘtes comme Ă©tait mon renard. Ce n'Ă©tait qu'un renard semblable Ă cent mille autres. Mais j'en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde. Et les roses Ă©taient gĂȘnĂ©es. - Vous ĂȘtes belles, mais vous ĂȘtes vides, leur dit-il encore. On ne peut pas mourir pour vous. Bien sĂ»r, ma rose Ă moi, un passant ordinaire croirait qu'elle vous ressemble. Mais Ă elle seule elle est plus importante que vous toutes, puisque c'est elle que j'ai arrosĂ©e. Puisque c'est elle que j'ai mise sous globe. Puisque c'est elle que j'ai abritĂ©e par le paravent. Puisque c'est elle dont j'ai tuĂ© les chenilles (sauf les deux ou trois pour les papillons). Puisque c'est elle que j'ai Ă©coutĂ©e se plaindre, ou se vanter, ou mĂȘme quelquefois se taire. Puisque c'est ma rose. [...]