J’aime marcher dans les rues de Paris. Me perdre de temps à autre pour admirer ce que le touriste ne verra pas et rencontrer l’inconnu. C’est bien souvent dans l’inconnu qu’est caché le bonheur. Et aujourd’hui en sera la preuve.
Je remercie donc ce cher monsieur de 90 ans si cultivé d’avoir engagé la conversation avec moi ce matin, au pied du pont de Bir-Hakeim (en souvenir et mémoire de la bataille Bir-Hakeim durant la 2nde Guerre Mondiale).
Il ne payait pourtant pas de mine à première vue avec son sac plastique Monoprix et son manteau miteux.
Cela dit moi non plus. Avec mon appareil photo et mes carnets de notes je ressemblais à la touriste par excellence. D’où je pense sa première question: « Vous parlez Français mademoiselle? » “Alors permettez moi de vous conseiller de remonter la rue des eaux, si vous aimez l’histoire vous serez conquise. » Dès les premiers échanges, je compris alors que cet homme était un passionné d’Histoire de France et qu’il connaissait mieux que quiconque les rues de Paris.
Aussi fou que cela puisse paraître, je suis restée des heures avec lui -probablement parce qu’il me rappelait mon grand père-.
Nous voilà donc partis à discuter de Zola, Balzac, de grands philosophes, de politiciens.. tout en parcourant les rues du 16ème. Quoi de plus riche que de partager des moments ainsi avec des personnes si intéressantes.
Si ce monsieur avait enseigné dans nos écoles, ce n’est pas la Tour Eiffel que nous rêverions de photographier une fois à Paris, mais autre chose. Quelque chose de beaucoup plus profond, de bien plus parlant comme le pont de Bir-Hakeim par exemple.
Merci cher inconnu.













