Médias français, qui possède quoi? Le Monde diplomatique décembre 2025

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Médias français, qui possède quoi? Le Monde diplomatique décembre 2025
La convergence des cons ou la dissonance woke
Présentation de Comment être chrétien dans un monde qui ne l'est plus, Rod Dreher
Ports en vues
Novembre: le Musée d'art moderne André Malraux (MuMa) du Havre dévoile son exposition de l'automne et de l'hiver. Tandis que dans la ville, déjà , on accroche les illuminations de Noël, le musée a encore créé la surprise avec les 120 œuvres de Ports en vues suspendues aux cimaises de la mezzanine. Pensez donc, parler de ports et du Havre à ses habitants et à ses visiteurs, quelle gageure! Ne connait-on pas déjà tout? N'a-t-on pas déjà tout vu? "La chair est triste, hélas, et j'ai lu tous les livres..."
Novembre: contre les frimas et les rhumes de cerveau des blasés, le MuMa possède un remède réalisé à partir de ses réserves, de sa politique d'acquisition et de l'envie qu'elle suscite auprès de nombreux artistes et collectionneurs de lui faire don d'œuvres remarquables (qu'on se le dise!), exposées l'automne et l'hiver, comme Les Barques devant l'entrée du port de Toulon (Othon Friesz, 1929, don 2024) qui accueille les visiteurs, encadrée par une fresque originale de Simon Le Cieux, jeune artiste havrais, sorti de l'ESADHAR, à qui le musée a donné carte blanche sur fond vert. "Fuir! Là -bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres D'être parmi l'écume inconnue et les cieux."
Raoul Dufy: l'enfant chéri du MuMa ouvre la déambulation, avec une nouvelle acquisition du musée, Le Port du Havre (1902, achat 2025) qui dialogue pour quelques mois avec Fin de journée au Havre (Raoul Dufy, 1901, achat 2012) et Le Charretier, quai Colbert au Havre (Raymond Lecourt, 1924, don 2023), rappelant que si le port faisait négoce de café, de coton et de chocolat, le quai Colbert toujours existant était celui plus noir du charbon, là où l'ouvrier Jules Durand, figure emblématique de sa classe au Havre, déchargeait le combustible. Accusé de meurtre, piètrement défendu par l'avocat René Coty, il mourra à l'asile de Rouen, fou qu'il était devenu à force de mauvais traitements. On pourra lire, à l'occasion, Boulevard Durand, pièce d'Armand Salacrou (1960, Gallimard), dramaturge ami de Dufy, la boucle étant bouclée. "Un ennui désolé par les cruels espoirs, Croit encore à l'adieu suprême des mouchoirs."
Les vivants et les morts: novembre étant le mois de la communion des saints célébrée le 1er, Ports en vues fait la part belle aux créations d'artistes toujours de ce monde sensible, comme Alain Ceccaroli, Hassan Massoudy, Sylvestre Meinzer, Olivier Mériel, Noémi Pujol et encore Jacqueline Salmon et Pierre et Gilles présents ce 7 novembre lors de la visite de presse. Olivier Mériel, photographe de l'étrange, déclare que "le fantastique n'est intéressant que s'il est vraisemblable." Les représentations des bâtiments et des installations portuaires, les cheminées de la centrale thermique du haut de leurs 240 mètres, les conteneurs, les grues et les portiques, la zone industrialo-portuaire, autant d'objets que de lieux sont représentés avec brio par tous ces artistes, auxquels il faut ajouter JR qui a travaillé avec les dockers du havre, le défunt graveur CLEM qui fut l'un des architectes de la Caisse d'épargne et du Printemps du Havre, ou encore Philippe De Gobert, montré il y a quelques années par le MuMa lors d'une de ces fameuses expositions d'automne-hiver. Hassan Massoudy, à qui une salle est consacrée, a voulu, dit-il "créer une harmonie entre le travailleur et la machine." Tout y est vraisemblable. "Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe, Sur le vide papier que la blancheur défend, Et ni la jeune femme allaitant son enfant."
ZIP: ça n'était pas leur œuvre la plus homoérotique, que Dans le port du Havre (Frédéric Lenfant, 1998), et pourtant la photographie peinte du couple Pierre et Gilles (ce dernier étant le Havrais de naissance) se trouve dans la ZIP, la zone industrialo-portuaire, à ne pas confondre, donc, avec le zip d'une fermeture éclair que souvent leurs modèles auront actionné afin que de poser. Cette dernière œuvre est précédée de compositions de Jürg Kreienbühl, où la pollution pétrolière remplace la pollution nocturne des artistes précités. "Mais, ô mon cœur, entends le chant des matelots !"
Musée d'art moderne André Malraux - 2, boulevard Clémenceau 76600 Le Havre - Tél +33 (0)2 35 19 62 62
Exposition du 8 novembre 2025 au 5 avril 2026 - Ouverture du mardi au vendredi de 11h à 18h, le samedi et le dimanche de 11h à 19h, fermé le lundi, les 11 novembre, 25 décembre 2025 et 1er janvier 2026.
www.muma-lehavre.fr
Fresque de Simon Le Cieux, Pierre et Gilles in situ: clichés Yann Le Razer
Femmes inspirantes: Marguerite Yourcenar
Marguerite Yourcenar n’est plus à la mode. Elle fut pourtant la première femme à être élue à l’Académie Française, qui n’est d’ailleurs plus à la mode. Grande romancière, elle était une latiniste et une helléniste qui parlait français. Ses personnages avaient une existence : s’ils étaient ses créations, ils avaient une date de naissance et Yourcenar célébrait leur anniversaire. Il arrivait à la romancière de se demander ce qu’aurait fait ou pensé un de ses personnages dans une situation où elle se trouvait. Avec elle, le verbe se faisait chair.
J’ai d’abord lu Mémoires d’Hadrien, son grand livre sur l’empereur romain de la pax romana, puis Alexis ou le traité du vain combat, sur lequel je m’arrêterai durant quelques lignes avant de revenir au précédent. Alexis est un homme marié, tiraillé de son temps, c’est-à -dire avant 1929, date d’écriture de ce premier roman publié à compte d’auteur, quand Yourcenar n’avait que 26 ans et qu’elle s’appelait encore Crayencour, son patronyme avant qu’elle n’eût choisi un habile anagramme pour pseudonyme. Alexis est une longue lettre adressée à son épouse, éloignée, une lettre d’aveu comme à cette époque on devait concevoir la révélation de son homosexualité, une inversion fautive, un égarement délétère, une débauche immorale.
En 1990, alors que j’avais 18 ans, les figures homosexuelles étaient peu nombreuses et l’on parlait d’elles de façon goguenarde et honteuse. C’est dans la littérature, grâce à Yourcenar, Montherlant, Gide, Peyrefitte et bientôt Mishima que des héros ordinaires inspiraient des jeunes garçons cherchant le réconfort d’une écriture compréhensive. Ils n’étaient alors plus seuls. La littérature apporte à une figure l’éternité que n’atteindra jamais un influenceur vite passé de mode.
Hadrien régna de 117 à 138 après Jésus-Christ. Epris du jeune Antinoos, son amant qui devint un canon de beauté dans la statuaire antique, il perdit celui-ci lors d’un voyage en Egypte. Par amour et voulant accomplir une prophétie, Antinoos se suicida dans une citerne près du Nil. Une ville fut construite à cet emplacement, portant le nom d’Antinoé. En 1998, vivant moi-même en Egypte depuis quelques années, mes pas de coopérant m’avaient porté dans le village chrétien de Bayadeya, d’où, un après-midi, mes compagnons et moi-même étions partis en felouque pour visiter quelques ruines sur l’autre rive. Au milieu du fleuve, notre mât se cassa net. Le vent qui s’engouffrait dans la voile gonflée faisait dangereusement tanguer l’embarcation qui s’était prise dans un amoncellement d’herbes, bloquant le gouvernail. Le felouquier se démenait pour éviter le naufrage. Un autre esquif vint à notre secours et nous déposa sur la rive opposée, au milieu de citernes de briques bientôt remplacées par quelques murs d’une cité antique abandonnée, dont seuls quelques linteaux dont les bas-reliefs aux motifs chrétiens résistaient à l’usure du sable et du soleil. Notre retour se passa sans encombre, mais nous regardions les tourbillons mortels du puissant fleuve avec crainte. Curieusement, on ne m’avait donné que le nom copte de ces ruines avant de les visiter : Ansena. Je restais longuement prostré en découvrant qu’il s’agissait d’Antinoé et que nous aurions pu nous noyer là où Antinoos avait péri. Je n’avais que 8 ans lors de l’entrée de Marguerite Yourcenar sous la coupole de l’Institut, et 15 ans lors de son décès. En France je fus proche d’un de ses petits-neveux, et en Egypte, je sympathiserais avec l’archéologue Jean-Pierre Corteggiani, un de ses amis des dernières années, à qui elle légua son aureus offert par ses amis de l’Académie. Autant de moments, d’occasions, de raisons qui m’ont rapproché de cette femme majeure qui reste une figure pour moi, qui sans doute, comme Marguerite Yourcenar, ne suis plus à la mode.
Quelle figure féminine vous inspire ? C’est à partir de cette question que les résidents et résidentes des quartiers Sud ont apporté leur témoignage. Ils nous content les femmes qui ont eu un impact sur leur vie : une mère, une sœur, une amie ou bien une personnalité d’hier comme d’aujourd’hui.
Cette exposition participative a été créée avec les habitants et les habitantes des quartiers Sud, et les portraits photographiques ont été réalisés par les étudiants en BTD photo du Lycée Saint Vincent de Paul.
Venez découvrir à la bibliothèque les portraits de ces femmes et ces hommes, ainsi que leur voix et leurs histoires, et découvrez ces récits touchants pour plonger dans un hommage vibrant à celles qui façonnent nos vies.
Le wokisme tue.
License to kill, a tribute to Charlie Kirk
Quand la mort d'un homme vous réjouit, c'est que votre âme n'est pas aussi bonne que vous le proclamez. J'accuse donc tous ces hommes et ces femmes qui ont trouvé leur compte avec l'assassinat de Charlie Kirk d'être des salauds, indignes de l'humanité dont ils se réclament.
Comme tout un chacun un peu intéressé par les Etats-Unis d'Amérique, j'avais déjà entendu Charlie Kirk dans ces face à face qui l'ont rendu célèbre, sur des campus déjà , où des LGBTQI+AZERTYUIOP à la chevelure colorée, souvent en surpoids, venaient tenter de jouter intellectuellement avec lui sur des sujets qui fâchent: l'IVG, Israël et la Palestine, Trump, le wokisme. Souvent, les piètres rhéteurs se rétamaient, non pas qu'ils fussent moins habiles, mais parce qu'ils n'étaient ni sincères ni logiques. Leur posture était une imposture et l'authenticité de Charlie Kirk pulvérisait leurs prétendus arguments. Ils en restaient sans voix, mais aigris.
En assassinant Charlie Kirk, ils ont voulu faire taire une autre pensée que la leur: les lâches! Oui, tuer est un aveu de faiblesse. Quitte à parler de rhétorique, c'est ce que dit Arthur Schopenhauer dans le livre qu'il lui consacre. Speechless, c'était le but du meurtrier et de ceux qui le soutiennent, tous complices, tous coupables de faiblesse violente. Speechless, ceux qui sont Charlie Kirk ne le resteront pas.
Que le gouvernement israélien ne touche pas aux lieux saints administrés par la France sous la férule de son Consulat général à Jérusalem!
Le témoignage de Benjamin Brière
Passionnant!
"La charia n'existe pas." Qu'est-ce donc que le droit musulman, ses sources et ses applications?
Pourquoi les retraites ne sont plus financées par des actifs qui n'auront jamais vécu et eux-mêmes n'auront jamais procréé et ainsi de suite. En toute logique, l'euthanasie vient réguler en partie le surplus de personnes âgées. Un vrai modèle de société où tuer est permis.
"Quand une mère peut assassiner son propre enfant dans son utérus, que nous reste-t-il à nous autres, entre nous? "
Paquebots 1913-1942, une esthétique transatlantique
L'art moderne a toujours à voir avec le développement technique. Au Musée d'art moderne André Malraux (MuMa) du Havre, la nouvelle exposition temporaire (du 26 avril au 21 septembre 2025) conçue avec le Musée d'arts de Nantes où l'exposition fut déjà très largement appréciée, s'attarde autour du paquebot comme objet dans l'art. En 2020, le MuMa, avec Nuits électriques, revenait sur l'apparition de la lumière artificielle, au gaz puis électrique, dans la nuit qui allait éclairer des scènes que, jadis, l'obscurité rendait impénétrables et donc jamais rendues par les artistes. En 2024, le MuMa toujours, avec Photographier en Normandie (1840-1890), rendait hommage au nouvel art que des découvertes encore techniques allait offrir à une muse plus moderne que ses soeurs aînées et classiques.
Charles Demuth, Paquebot Paris, 1921-1922. Huile sur toile, 63,5 x 50,8 cm, Colombus, Colombus Musuem of Art @ Columbus Museum of Art, Ohio, Don de Ferdinand Howald
Mais, qu'est-ce qu'un paquebot peut bien offrir à l'art que la peinture de l'Arche de Noé, la représentation d'une galère, d'une Armada espagnole, d'un Radeau de la Méduse, n'aura pas déjà donné? La technologie fascine l'ingénieur, le quidam et l'artiste, dans ce qu'elle invente, dans ce qu'elle permet et le paquebot dont Normandie est le plus représenté dans cette exposition, non pas par chauvinisme mais parce son étrave fine, longiligne, tend autant vers la perfection d'ingénierie qu'artistique. A l'époque des inventions en "isme", le paquebot est le symbole de la modernité audacieuse, de l'attraction esthétique; c'est une ville flottante, condensé d'une société qui avance et qui se renouvelle. Le paquebot est l'ambassadeur d'une technologie nationale fière, d'un art déco qui s'impose, de la mode qui se montre en sportswear sur les ponts ou en robes de soirée à la nuit tombée lors des traversées, le tout magnifié par des affiches de réclame de graphistes qui inventent des lignes, des typographies. Le paquebot est une époque en soi.
Byron Company, Normandie dans la 5e avenue, photomontage vers 1935. Epreuve gélétino-argentique, tirage d'époque, 33 x 27 cm, Le Havre, French Lines et Compagnies, patrimoine maritime et portuaire @ Collection French Lines & Compagnies
L'exposition se décline en différentes étapes faisant la part belle aux photographies, dont de singuliers photomontages de la Byron Company (vers 1935), comme un collage à la Marx Ernst ou à la Jacques Prévert. On appréciera les affiches dont l'original de Cassandre, et des œuvres américaines rares de Charles Demuth et l'étonnant The Upper Deck de Charles Sheeler, qui est la photographie par l'artiste de la peinture qu'il aura réalisée d'un pont d'un bâtiment, émerveillé par l'objet en soi, sa peinture, la photographie de celle-ci. Le MuMa expose un grand carton de Jean-Théodore Dupas, Le Char de Poséidon (1934), destiné au grand salon de Première classe de Normandie et on reste émerveillé par les laques de Jean Dunand destinées au même paquebot. La Compagnie Générale Transatlantique (CGT) avait pour mission de relier la France aux Etats-Unis, et les grands noms de France, Ile-de-France s'ajoutent à celui de Normandie. La Transat, comme on l'appellera alors donnera aussi son nom à un élément de mobilier destiné à s'asseoir sur les ponts, le paquebot entrant aussi dans nos vies plus communes, comme un élément architectural des ports, grands vaisseaux invitant au voyage que des poésies de Blaise Cendrars, Jean Cocteau, Jules Supervielle émaillent entre les œuvres et les cartels d'explications.
Paquebots 1913-1942, Une esthétique transatlantique, Musée d'art moderne André Malraux, 2 boulevard Clémenceau 76600 Le Havre, +33 (0)235196262 muma-lehavre.fr
Du 26 avril au 21 septembre 2025, ouverture du mardi au dimanche de 11h à 18h, le samedi et dimanche de 11h à 19h, fermé le lundi et le 1er mai. Entrée libre le premier samedi du mois.
De mortuis nihil nisi bonum
Peut-on croire un instant que la volonté de Franciscus.Pont.Max. de reposer dans une chapelle de la basilique romaine de Sainte-Marie-Majeure est un acte d'humilité? A vouloir se distinguer jusque dans sa sépulture, alors que ses récents prédécesseurs avaient disparu dans les grottes vaticanes où une tiare ne dépasse aucune autre, le défunt pape ne pèche-t-il pas par orgueil, voulant se démarquer au-delà du seuil de l'humilité qu'on lui prête, en cédant tout autant au spectacle dont il se déclarait l"opposant, choisissant encore la communication au rite? « On n'exerce pas le pouvoir si on ne l'aime pas » devrait-on répéter au monarque de droit divin qu'est le pape catholique afin que, tel César à qui on offrait un triomphe dont les hourras ne devaient pas couvrir les "memento mori" du vain instant, le successeur de Pierre fût toujours conscient que l'Ordinaire de Rome n'est pas un homme ordinaire. De mortuis nihil nisi bonum, avait-on pour règle il y a encore quelques temps, mais François "aurait fait évoluer les règles." Ad majorem Dei gloriam.
Addendum: Quelques papes ont leur sépulture à Sainte-Marie-Majeure, dont un certain saint Pie V, pontife de la contre-réforme et auteur de la messe tridentine qui fut célébrée du concile de Trente au deuxième concile du Vatican, messe dont la célébration était autorisée par un motu proprio de Benoît XVI que François avait suspendu. On entendra bientôt les âmes de Pie V et de François ferrailler à propos du rite, la nuit, sous les voûtes de la basilique majeure. A n’en pas douter, cette proximité aura plu au défunt pape.