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Work in progress Visages dans les rĂȘves.Â
âIl y a une porte fermĂ©e. Je dois passer devant pour accĂ©der au salon. DerriĂšre, ça pousse, ca frappe, ça gratte. Ca grogne. Parfois, le silence. En tout cas, je nâouvre jamais la porte. Je ne sais pas ce qui est le mieux entre le bruit et le calme. Au moins quand il frappe, je sais oĂč elle est.A chaque fois quâelle s'arrĂȘte pendant plusieurs jours, je suis partagĂ©e entre l'espoir qu'elle soit morte, et la terreur qu'elle soit sortie. Ne pas savoir ce qu'elle est est plus insupportable encore. Des Ă©coutes attentives, certaines nuits, quand il mâest impossible de dormir Ă cause de son tapage, mâont permis de dĂ©terminer qu'elle est massive, rampante, et peut ĂȘtre blessĂ©e. Sinon, comment une chose de sa taille et de sa force ne pourrait-elle pas exploser la porte de bois en un coup ?Certaines fois, ses interventions sont plus plaintives qu'agressives, et je ressens de la peine pour elle. Je compatis Ă son enfermement. AprĂšs tout c'est la seule chose qui se rapproche d'un autre ĂȘtre vivant ici. Mais je comprends Ă nouveau bien vite quâelle est sĂ©questrĂ©e pour une raison, lorsque ses hurlements et grognement reprennent de plus belle, jusquâĂ faire trembler les murs de la maison. â
âORGIE MACABREâ , 2017Â pour lâexpo Mondo Cannibalis, Le Mat Galerie, Montpellier.Â
âCoyote terrassant le vagina dentata avec un bĂątonâ, contribution for the Crack! Festival, 2017
Sheela na gig, contribution for the Crack! festival, 2017
âLoin des yeux, loin du coeur.â Â , 2014
âTa tĂȘte, ton geste, ton air. â Athens, 2017
âLa nature ignore les droitesâ 2017, AthĂšnes.Â
âCry a riverâ, dĂ©tail dâune toile brodĂ©e en collaboraiton avec Nils Bertho, dans le cadre du Workshop CC+0, Cu chi, Vietnam. 2017
âChicken Danceâ , 2017 Cu Chi, Â VietNam
âGreat Eyeâ, 2017, Cu Chi , Vietnam
Projet Jetlag âESAAA MOBILE session Quebecâ collab Chris Scarpa et Simon Thibert,  FĂ©vrier 2017
âLa nuit qui prend ta filleâ Mars 2017, dans le cadre du WorkShop PlusZĂ©ro Ă Cu Chi, Vietnam
âTourner en rond et progresserâ, FĂ©vrier 2017, Jardin des Possibles, MontrĂ©al ESAAA Mobile session QuĂ©bec Tourner en rond et progresser. Le chemin le plus long pour relier un point A Ă un point B, c'est de tourner en rond autour du point A, en spirale, jusqu'Ă heurter le point B . La spirale permet de tourner en rond et progresser. Le 17 fĂ©vrier 2017 j'ai marchĂ© en spirale dans la neige  pendant une durĂ©e que je n'ai pas mesurĂ©e. Le processus Ă©tait long, parfois difficile, et m'a plongĂ©e dans un Ă©tat de semie transe, pendant laquelle la seule chose Ă laquelle je pouvais penser Ă©tait mon geste. Ma marche. Lente, rĂ©pĂ©titive , toujours diffĂ©rente Ă chaque passage. Chaque cercle devenant plus grand, j'avançais incontestablement, mais d'une maniĂšre diffĂ©rente, dĂ©tournĂ©e. Tourner en rond et progresser. Je n'avais pas considĂ©rĂ© mon action comme un dĂ©placement jusqu'Ă ce que je sois rĂ©ellement en train de l'effectuer. Voir les diffĂ©rents Ă©lĂ©ments se rapprocher de moi au fur et Ă mesure de mes passages m'a fait comprendre que j'avançais vers eux.  Que je tournais en rond, et que je progressais. Plus je marchais, plus je faisais le parallĂšle entre ma marche, et un processus de crĂ©ation. Je suis partie d'un point prĂ©cis, avec une idĂ©e en tĂȘte de ce qu'allait donner mon action Ă la fin.  A force d'arpenter le mĂȘme pĂ©rimĂštre, je pensais le connaĂźtre par cĆur. Au niveau de l'arbre, je sais que la neige est moins profonde, alors je peux reprendre de la vitesse. Et je tombe dans un trou de neige qui n'Ă©tais pas prĂ©vu. Je suis surprise. C'est un peu pareil quand on créé. Le processus prends du temps, parfois on est ralentis, d'autres fois ça avance tout seul sans que l'on ai trop d'effort Ă fournir. Des nouveaux Ă©lĂ©ments viennent s'ajouter au cours de nos recherches, des problĂšmes, on doit composer avec. Accepter de voir la chose Ă©voluer dans un sens diffĂ©rent que celui que l'on avait dĂ©cidĂ©. LĂącher du lest. On s'arrĂȘte parfois, on prend du recul pour considĂ©rer tout le chemin parcouru, avant de s'y remettre.  On a quelque fois l'impression de stagner, mais on continue. Mais quand s'arrĂȘter ? Alors que je marchais depuis un certain temps,  sans aucun autre but que de marcher, (hormis peut-ĂȘtre d'effectuer une trace dans la neige ...) je me suis demandĂ© ce qui m'arrĂȘterait. Le froid ? Mon jean, aprĂ©s les passages rĂ©pĂ©tĂ©s dans la neige profonde, avait gelĂ© et m'empĂȘchait de plier correctement les genoux. Mais pourtant, plus je marchais, plus j'avais chaud. Ma respiration Ă©tait haletante, et j'ai ĂŽtĂ© mes gants et mon bandeau. La soif ? Je ne m'attendais pas Ă avoir si soif, soif au point d'envisager de manger de la neige pour me dĂ©saltĂ©rer. Chris ? Pendant que j'effectuais mon action, Ă quelques mĂštres de lĂ , Chris creusait lui aussi avec rigueur un escalier dans une butte de neige de 11 mĂštres de haut. Quand il aurait terminĂ©, dĂ©ciderais-je de m'arrĂȘter ? Un obstacle ? Au fur et a mesure de mes passages, je me rapprochais ostensiblement du trottoir, qui sonnerait la fin de ma rotation, car non recouvert de neige. Quand pourrais-je considĂ©rer que j'ai terminĂ© ? Si le lieu avait Ă©tĂ© plus grand, je pense que j'aurai tournĂ© pendant encore de nombreuses heures. A un moment, le rĂ©sultat final n'est plus important. Ce qui compte, c'est l'action au moment oĂč elle est en train de se dĂ©rouler. Ce qui en restera sera recouvert par la neige, dĂ©rangĂ© par les gens qui marcheront dedans. Mais l'action, elle, longue, ininterrompue, restera la mĂȘme.
Projet Jetlag âESAAA MOBILE session Quebecâ collab Chris Scarpa et Simon Thibert,  FĂ©vrier 2017
Astérolithes, 2016