Apocalypse je me souviens
Ces deux âmes qui s'échinent à marcher sur un fil
à contrer les lourds crimes électriques sur la cime
ça leur fouette la face, ils vacillent ils titubent
manquant sans cesse de céder à l'appel du vide
Ces deux corps qui s'acharnent à charmer coûte que coûte
des soupirs insensés, sidérants, si secrets
de salaces murmures saluant les miroirs
d'innombrables narcisses flétrissent puis fleurissent
Ces sombres silhouettes si sordides qu'elles sont bêtes
des serpents presque simiesques, un humain maladif
la guerre engage des sages, gageant la paix future
mais l'avenir des hommes n'est ni sombre ni clair
Ces étranges lubies et la mort à tout prix
jouant dans ses filets enfermant toutes envies
étouffant notre sort pour respirer encore
j'ai beau courber l'échine, mon dos me fait souffrir
Ces grands yeux blancs immaculés sondent le vide
revenons à quatre pattes et puis à la cueillette
fêter le feux et nos dieux des peintures rupestres
car l'évolution n'est pas irréversible
Ces sorcières séniles satisfaites des sortilèges
qui rédigent la bible du démon des mémoires
et le Christ surveille les ébats des étoiles
le monde à l'envers, être sage une chimère
Ces colères tonnerre qui sévissent qui subissent
et dans sourciller suivent les torrents des ténèbres
la coque s'embarque alors sur le fil de l'épée
du sang sous les lattes et des sylvides dans les flaques
Ces faunes qui s'enfouissent sous des prières austères
la nature s'enfuit sous les jupes de son père
qui es-tu toi maintenant qui noircit lentement ?
les langueurs assassines s'insinuent sous les fripes
Ces lentes mélopées qui torturent, qui rapinent
si saisissantes qu'elles glacent, si frappantes qu'elles sanglent
et conflent les ritournelles, le sang dans l'air du temps
les nuages d'encre ont tous pleuré cette nuit.
Ces cieux révolus, rouges d'une rancœur inouïe
le suicide social peuple la ville idéale
et l'ombre sinueuse délite l'escapade
et l'aube et l'espoir croisaient l'enfer dans le fer
Ces joyeux saltimbanques par la mort arrachés
apocalypse je me souviens des lendemains de foire
où traînaient çà et là qui des bras qui du marbre
la grande roue s'ovalise et prend sa permanence
le vieux cyclope bègue veille ruines et cadavres
Ces faibles bourgeons morts nés aux Hespérides
oh ! Quand reverrons-nous les douceurs océanes ?
hélas, la mère est morte, avec elle les rêves
si tu éclos un jour tu seras condamné