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raumlabor berlin, sauna @ gothenburg,
Even for temporary houses after a disaster, I always think the house has to be beautiful and the space has to be comfortable. Even a temporary house.
Shigeru Ban
Ressenti: sur place le 24.02
La simple idĂ©e de ne pas dormir dans un lit un vendredi soir me faisait apprĂ©cier ma chance dans la vie Ă 300 Ă l'heure. Mais il fallait bien se mettre dans la peau du projet et avec une mĂ©ga-couette, 2 sacs de couchage et mon meilleur pull je devais y arriver. J'avais choisi d'intĂ©grer l'Ă©quipe de l'entre-deux et une fois sur place avec mes affaires et mon petit inconfort, j'apprĂ©ciais encore plus l'espace: sans se sentir isolĂ©s, et malgrĂ© la porte ouverte, avec les quelques membres du groupe nous nous sentions chez nous, comme sur une terrasse ou une loggia. Et effectivement les "autres" qui passaient devant notre maison regardaient curieusement Ă l'intĂ©rieur et demandaient la permission pour mettre les pieds et jeter un coup d'oeil. Voici la premiĂšre confirmation de succĂšs: la maison fonctionne effectivement comme telle, elle met suffisamment Ă distance sans pour autant isoler, couper... MĂȘme si la terrasse reste bruyante et c'est peut-ĂȘtre tant mieux. L'entre-deux a aussi l'avantage d'ĂȘtre face Ă une fenĂȘtre orientĂ©e Sud, et, malgrĂ© le froid, la lumiĂšre Ă©tait prĂ©sente et suffisante. Les espaces communs se vivent bien: un coin cuisine, un coin pour discuter, un coin pour se dĂ©tendre (avec les balançoires et tabourets)... Bien que les deux premiers coins ne soient pas fabriquĂ©s par le Home for Less #1, la distinction spatiale sur l'Ă©tage est la preuve que nous autres humains savons nous approprier ce qui nous entoure pour qu'il fonctionne au mieux. Au moment du repas du soir, tout s'est fait trĂšs vite: quelques tables en longueur, quelques autres plats chauds et tout le monde se rĂ©galait. Encore une preuve qu'il ne faut pas forcĂ©ment tout prĂ©voir pour que les usagers de l'espace l'emploient au mieux. Pour le sommeil, nous avons dormi Ă quatre dans la piĂšce close de l'entre-deux (sur la banquette prĂ©vue Ă cet effet, et par terre), et une fois la porte fermĂ©e la chaleur est restĂ©e et moi-mĂȘme n'ai pas eu froid (que du contraire). Cette piĂšce est trĂšs bien fabriquĂ©e et une fois la baie fermĂ©e elle est excellente (=silencieuse). On s'y mettait la veille pour discuter tranquillement, si besoin Ă©tait... Et d'ailleurs les journalistes s'y sont placĂ©s pour les interviews. C'Ă©tait aussi trĂšs agrĂ©able de se rĂ©veiller Ă plusieurs, avec une lumiĂšre chaude (OSB aidant) qui remplissait la piĂšce, et avec tous les autres qui prennent le petit dĂ©jeuner Ă l'extĂ©rieur (de la maison)... S'il y avait eu un matelas et des sanitaires suffisants (si les sanitaires Ă l'intĂ©rieur de l'entre-deux fonctionnaient, par exemple), j'aurais pris plaisir Ă rester quelques jours de plus. Et mine de rien, on s'habitue au froid qu'il fait dans les communs. (la soupe, ça aide). Et allez: cette boĂźte en bois est beaucoup plus belle, agrĂ©able et bien pensĂ©e que ma chambre
Variation sur iglou.fr
Et si il sâagissait simplement de poser un espace sommeil?
JOUR & NUIT
On se sent plutĂŽt bien
Intimité contrÎlée et nuancée
SQUAT 123 @ BXL Rue Royale      Â
GrĂące Ă des gens que je connais qui connaissent des gens qui habitent au Squat 123, je me suis rendue Ă la table dâhĂŽtes du dimanche soir, le 25 fĂ©vrier, au 123 Rue Royale. Câest un vieux bĂątiment de bureaux que jâaurais facilement ratĂ© si je ne regardais pas mon tĂ©lĂ©phone. En entrant via le bar (il y a une deuxiĂšme entrĂ©e, celle des habitants,tout Ă fait âordinaireâ), on arrive dans une piĂšce commune, un peu comme un cafĂ©, avec plusieurs tables et des chaises, et de petits groupes des gens (EXTRĂMEMENT DIVERSIFIĂS) en train de discuter. Plusieurs personnes sont en train dâinstaller les casserolles du repas (avec une boite Ă sous prix libre), je propose dâaider et jâarrive Ă la cuisine commune du premier Ă©tage ou le repas se prĂ©pare. Elle est grande, un peu industrielle, et est juste Ă cĂŽtĂ© la salle de rĂ©union (regarder plan improvisĂ©). Le repas est dĂ©licieux, lâambiance assez tranquille (mais ce nâest visiblement pas toujorus comme ça), certains se connaissent et dâautres pas du tout.
CK, un architecte diplĂŽmĂ© de KU Leuven, habite ici depuis un moment, et aprĂšs avoir passĂ© 2 ans sans chambre Ă lui-mĂȘme il vit assez bizarrement le fait dâen avoir de nouveau une. En parlant de Home for Less, il sâexprime sur le fait que le projet crĂ©ait une structure beaucoup trop confinĂ©e pour un sans-abri, et quâune structure spatiale plus souple pourrait ĂȘtre une meilleure solution (il a en tĂȘte le fonctionnement du 123). Il mâexplique que pour vivre ici il faut ĂȘtre dĂ©jĂ sur la liste, connaĂźtre des gens, et en gros avoir le profil pour sâintĂ©grer Ă la communautĂ©. Il nây a ni organisation rigide ni direction ni chef: des rĂ©unions rĂ©guliĂšres permettent de faire le point, de prendre des dĂ©cisions, et de se structurer. Lâengagement de chaque personne est la condition pour que le squat fonctionne, car aucune obligation ne soude entre eux la soixantaine de personnes qui habite ici.
Les communautĂ©s sont plutĂŽt organisĂ©es par Ă©tage: il y a donc 7 Ă©tages et 7 groupes, plus ou moins, mĂȘme si la division nâest pas aussi rigide. Chaque Ă©tage sâoccupe de sa propre propretĂ© mais tout le monde peut aller dans les cuisines de tout le monde (il y a une cuisine par Ă©tage), et cela explique la nĂ©gligence de la cuisine du premier Ă©tage auquel beaucoup de non-habitants accĂšdent depuis le RDC. LâĂ©tat des cuisines sâamĂ©liore jusquâau 7Ăšme Ă©tage, seule cuisine avec plusieurs personnes autour de la table⊠La diffĂ©rence entre chaque Ă©tage est sidĂ©rante: mĂȘme si la composition reste une subdivision en chambre et, Ă un coin ou lâautre, une piĂšce commune, les spĂ©cificitĂ©s de chaque Ă©tage sont splendides: lâun a une piĂšce de jeu pour les enfants, lâautre nâa pas de piĂšce commune mais de grandes banderoles pro-LGBTQI+⊠Certaines personnes ont dĂ©corĂ© les portes de leurs chambres, et un coup dâĆil furtif me permet de voir que, en plus de la taille qui varie beaucoup, chaque âespace intimeâ est radicalement diffĂ©rent et a Ă©tĂ© diffĂ©remment amĂ©nagĂ© par ses occupant.e.s.
        SQUAT 123 @ BXL Rue Royale      Â
GrĂące Ă des gens que je connais qui connaissent des gens qui habitent au Squat 123, je me suis rendue Ă la table dâhĂŽtes du dimanche soir, le 25 fĂ©vrier, au 123 Rue Royale. Câest un vieux bĂątiment de bureaux que jâaurais facilement ratĂ© si je ne regardais pas mon tĂ©lĂ©phone. En entrant via le bar (il y a une deuxiĂšme entrĂ©e, celle des habitants,tout Ă fait âordinaireâ), on arrive dans une piĂšce commune, un peu comme un cafĂ©, avec plusieurs tables et des chaises, et de petits groupes des gens (EXTRĂMEMENT DIVERSIFIĂS) en train de discuter. Plusieurs personnes sont en train dâinstaller les casserolles du repas (avec une boite Ă sous prix libre), je propose dâaider et jâarrive Ă la cuisine commune du premier Ă©tage ou le repas se prĂ©pare. Elle est grande, un peu industrielle, et est juste Ă cĂŽtĂ© la salle de rĂ©union (regarder plan improvisĂ©). Le repas est dĂ©licieux, lâambiance assez tranquille (mais ce nâest visiblement pas toujorus comme ça), certains se connaissent et dâautres pas du tout.
CK, un architecte diplĂŽmĂ© de KU Leuven, habite ici depuis un moment, et aprĂšs avoir passĂ© 2 ans sans chambre Ă lui-mĂȘme il vit assez bizarrement le fait dâen avoir de nouveau une. En parlant de Home for Less, il sâexprime sur le fait que le projet crĂ©ait une structure beaucoup trop confinĂ©e pour un sans-abri, et quâune structure spatiale plus souple pourrait ĂȘtre une meilleure solution (il a en tĂȘte le fonctionnement du 123). Il mâexplique que pour vivre ici il faut ĂȘtre dĂ©jĂ sur la liste, connaĂźtre des gens, et en gros avoir le profil pour sâintĂ©grer Ă la communautĂ©. Il nây a ni organisation rigide ni direction ni chef: des rĂ©unions rĂ©guliĂšres permettent de faire le point, de prendre des dĂ©cisions, et de se structurer. Lâengagement de chaque personne est la condition pour que le squat fonctionne, car aucune obligation ne soude entre eux la soixantaine de personnes qui habite ici.
Les communautĂ©s sont plutĂŽt organisĂ©es par Ă©tage: il y a donc 7 Ă©tages et 7 groupes, plus ou moins, mĂȘme si la division nâest pas aussi rigide. Chaque Ă©tage sâoccupe de sa propre propretĂ© mais tout le monde peut aller dans les cuisines de tout le monde (il y a une cuisine par Ă©tage), et cela explique la nĂ©gligence de la cuisine du premier Ă©tage auquel beaucoup de non-habitants accĂšdent depuis le RDC. LâĂ©tat des cuisines sâamĂ©liore jusquâau 7Ăšme Ă©tage, seule cuisine avec plusieurs personnes autour de la table⊠La diffĂ©rence entre chaque Ă©tage est sidĂ©rante: mĂȘme si la composition reste une subdivision en chambre et, Ă un coin ou lâautre, une piĂšce commune, les spĂ©cificitĂ©s de chaque Ă©tage sont splendides: lâun a une piĂšce de jeu pour les enfants, lâautre nâa pas de piĂšce commune mais de grandes banderoles pro-LGBTQI+⊠Certaines personnes ont dĂ©corĂ© les portes de leurs chambres, et un coup dâĆil furtif me permet de voir que, en plus de la taille qui varie beaucoup, chaque âespace intimeâ est radicalement diffĂ©rent et a Ă©tĂ© diffĂ©remment amĂ©nagĂ© par ses occupant.e.s.
IS IT REALLY BEST TO BUILD BOXES