Rémi Bragard X Alan Schmalz
Exposition du 4.5 au 05.08.2023
mardi – samedi (10-12h - 14-19h)
Bruit de Fond, 42 Rue Consolat, 13001 Marseille
Cet appartement est vide depuis plus de 40 ans, la dernière activité enregistrée ici n’est pas domestique, mais bien un lieu de travail avec bureaux et petits ateliers, l’espace était traversant jusqu’au boulevard Libération. On y fabriquait des prothèses.
Aujourd’hui il est ouvert au public pour présenter les travaux de Rémi Bragard et Alan Schmalz, sous le titre de « Sympathie Nerveuse ».
En mettant de côté quelques instants les notions scientifiques, c’est bien une sympathie mais qui est ici partagée, définitivement nerveuse. Il est question d’affinités, d’accointance. En étroite association d’idée et d’intérêts. D’analogie de structures, de dispositions, du partage
de certaines visions, de certains procédés.
Le système nerveux sympathique est responsable du contrôle d’un grand nombre d’activités automatiques de l’organisme,
telles que le rythme cardiaque, la respiration et la pression artérielle. Le sympathique agit pour préparer l’organisme à faire face à un défi de nature physique ou psychologique, accélère ou ralentit le métabolisme et régule la vie organique et végétative en ayant
une action sur les viscères par le biais de neurotransmetteurs comme l’adrénaline. Il intervient dans des situations d’alerte où, par exemple, il faut combattre ou fuir (fight-or-flight).
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Il serait peut-être question de diagnostique ou d’auto-diagnostique.
Il y aurait peut-être donc un.e spécialiste, (un.e amateur.rice ou un.e autodidacte c’est selon) certainement quelqu’un
(une personne ou plus) pour se pencher sur des éléments, des événements dont la nature, les causes (profondes) et les conséquences (immédiates) seraient, resteraient encore troubles. Il y aurait une personne (ou plus) attachée à l’idée de déceler quelques dysfonctionnements, à chercher une façon de les traiter et une méthodologie pour le faire.
Difficile de savoir à l’heure actuelle quelle serait la nature du dit trouble, des dits maux.
Si c’est une maladie, une affection de quelque sorte, si d’ailleurs même elles existent vraiment.
Il pourrait s’agir d’un dérèglement ou simplement de l’impression d’un dérèglement.
Peut-être tout cela ne serait que les effets embrouillés et confus d’une sensation indicible qui se nourrit d’elle-même. Résultat potentiel d’un temps trop grand accordé à se regarder le nombril depuis le derrière de la tête avec des yeux suspicieux-suspects comme des mouches sur un mur trop blanc.
Quoi qu’il en soit, les faits sont apparemment là. Les mots, leur terminologie quelque peu anxiogène pour le commun
des hypocondriaques et pour les autres curieux.ses du ciboulot, ont étés posés. Pas vraiment choisis. Plutôt utilisés pour se donner
une placebo contenance, un semblant de sérieux. Car le problème se doit d’être important. Certainement pour se faire peur,
ou pour s’impressionner. Pour fournir de la matière à analyser et disséquer, pour jouer à ce drôle de jeu des docteur.es et des patient.es. Des cobayes et des savant.es. L’ultime représentation d’un.e marionnettiste cyclothymique.
Pourtant la spécialiste, l’amateur.rice et l’autodidacte ne devraient pas être dupe. Ielles flairent la supercherie, la pirouette du faussaire, la virgule de l’imposteur.rice qui se met à douter de la crédibilité de ses machinations. De la crédulité de ses victimes.
De sa capacité à tout emporter avec lui.elle dans ses délires. Inquiet.e d’être démasqué.e, inquiet.e d’avoir quelque chose à perdre
ou pire encore quelque chose à trouver.
Les effets bénéfico-ludiques, thérapeutiques et cathartiques de la peinture et du bricolage auront été néanmoins tenté pour stimuler
les sujets dans leurs étranges états. Difficile de mesurer ici ou et comment cela aurait pu avoir une quelconque vertu.
Peu importe peut-être car le processus est enclenché. Faire marche arrière serait assurément salutaire mais la petite bête
qui loge au creux de l’estomac porte désormais un nom, ridicule et cruel certes mais néanmoins identifiable. Elle a une forme, une manière d’être, de fonctionner, un quotidien et des habitudes. Désormais elle existe et le nier serait une folie dangereuse tant elle est devenue maître dans ses capacités à se faire entendre et à se faire respecter.
Ne soyons néanmoins pas trop inquiet.es, pas trop pessimistes. Car la petite bête a certainement elle aussi des maux qui la rongent.
Alors plutôt que de se chamailler dans les méandres de nos tapageuses incompréhensions mutuelles, laissons nos petites bêtes respectives se nourrir les unes des autres. Jusqu’à s’entre-dévorer pour le plaisir de se voir disparaître ensemble. Jusque là où ça mène. Peut-être.
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Portrait of anxiety (from medicine man to a man of medicine)
Le voyage paradoxal de statuettes mésoaméricaines, absurde confusion des époques. Ces répliques de céramiques
datant de -500 à -800 BC étaient offertes aux docteurs prescrivant les antidépresseurs Etrafon. La compagnie pharmaceutique félicite et fidélise son client avec ces cadeaux. Le client décore son cabinet et par la même tente de crédibiliser son action
et d’impressionner ces propres « clients » en constituant un cabinet de curiosités à peu de frais.
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Découverte à la lueur d’une lampe poche au sous-sol d’un bunker d’un mur recouvert d’images de fleurs, en réalité
des paquets de graines collés avec soins.Autre jour, je trouve dans la rue plusieurs centaines de fiches, une collection entière décrivant les fleurs et plus largement le monde végétal. Période de confinement, découpe en plusieurs sessions
de ces fiches avec ma fille. Sa technique de découpe plus décontractée que la mienne laisse de la matière sur les contours
et permet de deviner ces fleurs disparues, la contre-forme devient plus intéressante et je me mets à découper moi aussi
de cette manière. A l’atelier les contres-formes sont réunies, collées et forment désormais une sorte de tissu végétal, ces fiches carrées sensées décrire la flore deviennent un bouillon psychédélique, les angles trop droits de ces fichiers se diluent dans une matière organique.
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Apparence, Pouls, Grimace, Activité, Respiration
La pulsation compte les secondes, à chaque heure et demi-heure, ce gyrophare d’ambulance se déclenche et diffuse une rotation bleue. Sur le même fonctionnement qu’une horloge Coucou, chaque demi-heure offre trois déclenchements, chaque heure le nombre de déclenchements correspondants à l’heure exacte.
Le score d’Apgar est un examen proposé par Virginia Apgar en 1953 pour évaluer les grandes fonctions vitales du nouveau-né dès sa première minute de vie et en apprécier l'évolution 3, 5 ou 10 minutes plus tard, ce test est encore utilisé aujourd’hui.
Il a pour but d’évaluer l’état des fonctions vitales du bébé et son adaptation à la vie extra-utérine. Cinq éléments sont notés à la naissance : la fréquence cardiaque, les mouvements respiratoires, la coloration de la peau (bleue en cas d'appauvrissement en oxygène du sang, ou trop pâle), le tonus musculaire, les réactions à la stimulation.
Chaque élément est noté de 0 à 2, le total pouvant atteindre 10.
Cette « horloge » est par définition une vanité contemporaine, par sa pulsation elle tente de nous rappeler que chaque jour en vie est une victoire.
(gyrophare d’ambulance modifié, inclusion résine, 110x30x12cm)