Fin mai Madame Oka nous demandâmes de lui donner 3 créneaux horaires où nous étions disponibles en début de journée. Je ne compris pas vraiment la raison mais je fis comme les autres. Je finis par comprendre qu’elle nous prenait des créneaux pour la médecine du travail. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre alors je ne stressais pas trop.
On me donna donc un créneau début juin et un dossier très épais à remplir. Madame Oka se porta volontaire pour m’aider mais elle était si occupée que je dû le remplir toute seule.
Dans ce dossier, ils nous demandaient nos antécédents familiaux, nos vaccins… etc.
Puis, entre deux périodes de rush, Madame Oka me fit une description détaillée de ce que j’aurais à faire. C’était, encore une fois un peu infantilisant mais très rassurant.
Elle me donna un plan pour accéder au centre médical et me donna quelques informations en plus. Quand je rentrerais dans le cabinet, je devrais m’enregistrer avec le numéro qu’il y a écrit sur mon dossier. Puis je devrais me changer dans une tenue donnée par le centre. A ce moment, nous ne pourrions garder que notre culotte, rien d’autre. Si besoin je pourrais garder mon soutien-gorge s’il ne comportait pas de partie métallique. Elle me dit, pour me rassurer que je pourrais garder mon téléphone si besoin pour de la traduction.
Ensuite, elle m’expliqua que je devrais faire un test d’urine puis attendre dans la salle d’attente de faire le reste des tests.
Je lui demandais la teneur de ces tests et elle inspecta mon dossier. Elle sourit et s’exclama que comme j’étais jeune je n’avais pas grand-chose à faire et que cela devrait aller vite. Elle me dit ensuite que j’aurais des tests cardiaques, visuels et gynécologique.
Le test gynécologique me terrifiait, étant mon tout premier, mais je faisais confiance à la gentillesse japonaise.
Le jour j arrive, je me dirigeais vers le bâtiment les mains tremblantes. D’une part parce que j’étais terrifiée et d’une autre parce que j’étais à jeun pour la prise de sang. Une fois dans le bâtiment, tout se passa comme prévu. J’étais très contente d’avoir eu les informations part Madame Oka car il n’y avait aucune information sur quoi faire, ou alors je ne les avais pas comprises.
Je m’enregistrais et on me demanda d’aller dans les vestiaires. Je passais dans une salle d’attente ou une petite dizaine de japonaise toutes habillées d’un horrible pyjama beige attendaient. Lorsque je rentrais dans la pièce, toutes se retournèrent et me fixèrent.
Arrivée dans les vestiaires, je trouvais les pyjamas ainsi que des petits verres en papiers.
Les pyjamas étaient rangés par taille et chaque taille avait sa propre couleur. Le beige était la taille S, le bleu la taille M et le vert la taille L.
Il était évident que je ne rentrerais pas dans le S alors je pris le pyjama bleu. Je me sentais mal, c’était encore une façon visuelle de montrer que je n’étais pas dans la norme.
Je me changeais et mis mes affaires dans un casiers. Je gardais mon soutien-gorge de sport, me sentant plus confortable avec. Une fois changée, je suivie les autres femmes qui sortaient d’un autre vestiaire et me dirigea vers les toilettes.
Je remplis le verre en papier et le déposa dans une sorte de placard. Il y avait un peu de monde pour poser son verre alors je dû faire la queue, au milieu des toilettes, avec des étrangères, notre verre d’urine à la main…
Une fois cela fait, je me retrouvais un peu les bras ballants, ne sachant que faire. Je retournai donc à la réception et demandais quoi faire. L’infirmière, gentille mais ferme me dit d’attendre dans la salle d’attente qu’on appelle mon nom. Elle me fit aussi la remarquer que je ne pouvais pas garder mon soutient gorge et que je devais l’enlever. Ce traitre dépassait de mon pyjama et elle l’avait vu. La tête baissée, je retournai au vestiaire et fit comme elle me dit.
On finit par appeler mon nom et me donner un dossier à donner aux médecins que je rencontrerais. Puis on me dit d’aller à la salle B au fond du couloir. Mon premier test fut donc une radio de la cage thoracique. L’infirmière me fit entrer, me pris mon dossier et me dit de poser mes affaires sur une petite tablette. Je ne dirais pas qu’elle était méchante mais rapide et ferme.
Cela me fit un peu peur pour la suite.
L’examen terminé, elle me dit d’aller dans une autre salle et me dit le chemin. Je cru comprendre que l’examen suivant était l’examen gynécologique mais par peur, je ne compris pas. Je restais donc entre le couloir « Arthrose » et « Gynécologie » pour voir qui allait appeler mon nom.
Ce fut donc bien l’infirmière gynécologique qui m’appela. La salle était recouverte de rideau bordeaux formant un labyrinthe. L’infirmière pris mon dossier et disparu entre les rideaux, me demandant d’aller de l’autre côté.
J’y trouvais donc un petit placard à droite avec des lingettes et un panier et, à gauche le fameux fauteuil, entouré de rideaux. Je déposais mon téléphone dans le panier, jetais mon pantalon et ma culotte part terre et m’assis sur le fauteuil, tremblante.
Je vis deux paires de pieds s’activer derrière les rideaux et une voix commença à parler. Il me fallut quelques seconde avant de comprendre qu’elle s’adressait à moi. Puis des mains sans visages firent basculer le fauteuil et l’examen commença. Puis se termina. Je me rhabillai et repris mon dossier.
Je ressorti de ce dédalle de rideaux déboussolée et mal rhabillée. Je n’avais même pas eu le temps de leur dire que c’était mon premier examen gynécologique et j’avais très peur.
On m’indiqua ensuite un autre bureau et deux dames m’accueillirent. Le médecin était à son bureau et l’infirmière me parla d’une voix douce, me demanda de soulever mon tee-shirt. Encore déboussolée par l’examen précèdent j’enlevais complètement mon tee-shirt et vu deux paires d’yeux surpris. L’infirmière me rhabilla et le médecin écouta mon cœur.
L’examen gynécologique m’avait terrifiée et je me sentais honteuse de cette expérience de levée de tee-shirt.
Évidemment, comme un signe du destin, l’examen suivant était la prise de tensions. Ont dû me refaire le test deux fois pour arriver à des chiffres normaux.
Ensuite on mesura mon poids et ma taille et on me demanda d’attendre dans une autre salle d’attente.
Une infirmière m’appela 10 minutes après, et me demanda de faire un test de vision. Elle semblait pressée et ne m’expliqua rien. Je m’attendais à voir des lettres mais je ne reconnus rien. Je stoppai le test et lui demanda de m’expliquer. Son visage impassible se changea instantanément en un visage gentil et doux et elle m’expliqua ce que je devais voir. Il y avait des cercles noirs et je devais dire à quel endroit le cercle était rompu. A gauche ou à droite. Ne les connaissant pas, je fis des grands gestes enfantins avec mes bras. Ma fierté était partie au moment où j’avais fait la queue dans des toilettes avec un verre de pipi. Plus rien ne pouvait m’arrêter.
Je passai ensuite un examen pour voir mon audition ou on m’enferma dans une caisse insonorisée. Je ne compris pas les consignes du premier coup et l’infirmière du m’expliquer deux fois. Je commençais sincèrement à penser que j’étais stupide.
Puis on me fit attendre encore une fois, et bien évidement, je n’attendis pas au bon endroit et me reçut une plâtré de regards de travers avant de comprendre mon erreur.
La visite médicale se termina avec mon examen préféré, la prise de sang. J’allais enfin pouvoir manger et retrouver le confort de mon quotidien.
De retour dans le vestiaire, le contact de mes vêtements me fit un bien fou et je retrouvai mes esprits en m’habillant. La honte et la panique m'avaient fait rentrer dans un état second et cette experience reste flou dans ma mémoire.
On me prit mon dossier à la reception et je crois que je ne suis jamais partie aussi vite d’un bâtiment.