Nous ne sommes pas condamnés au retour du fascisme
Quand l'extrĂȘme-droite se prĂ©sente comme porte-parole des classes populaires - et plus particuliĂšrement de la classe ouvriĂšre - c'est Ă©videmment une escroquerie. Issue des milices patronales, financĂ©e par le grand capital, ennemie des organisations syndicales et des systĂšmes de protection sociale, l'extrĂȘme-droite a toujours Ă©tĂ© le bras armĂ© du patronat contre les salariĂ©s dans les pĂ©riodes de tension.
Il est urgent de dénoncer l'imposture. Mais pas seulement en paroles. Si cette escroquerie fonctionne au point de paraßtre déterminante dans un possible accÚs des lepénistes aux pouvoir, n'est-ce pas parce qu'elle s'inscrit dans une carence de la gauche ?
En France, comme ailleurs, c'est la descente aux enfers pour la classe ouvriÚre. Que ce soit en matiÚre de salaire, de stabilité de l'emploi, de leur place dans la société, les ouvrier-e-s sont systématiquement perdant.
Salaires
Qui aurait dit dans les dĂ©cennies prĂ©cĂ©dentes que nous arriverions, dans notre pays, Ă un stade oĂč il est officiellement reconnu que le salaire minimum ne suffit pas Ă subvenir aux besoins d'une seule personne ?
C'est pourtant ce qu'on peut constater depuis le 1er janvier 2016. Un-e salarié-e travaillant à temps plein au SMIC et n'ayant aucune charge de famille a pourtant droit à un complément de la part de la Caisse d'Allocations Familiales à hauteur de 132 euros par mois. On ne saurait mieux dire que le SMIC est scandaleusement bas. Et avec lui la plupart des salaires auquel il sert de référence.
Précarité
Dans nombre d'entreprises industrielles, mais aussi dans la logistique, et dans d'autres secteurs encore, la proportion de travailleurs intĂ©rimaires est trĂšs importante, parfois jusqu'Ă la moitiĂ© de l'effectif Ă certains moments. Il va sans dire que la classe ouvriĂšre est extrĂȘmement affectĂ©e par la prĂ©caritĂ© de l'emploi. MĂȘme ceux qui sont en CDI redoutent Ă juste titre les dĂ©localisations et les licenciements boursiers.
Statut social
Les ouvrier-e-s de l'industrie, du bùtiment, de la logistique, du transport, sont particuliÚrement concernés par les accidents du travail, y compris les accidents mortels. Les accidents mortels du travail sont en général mentionnés dans la presse le lendemain (en général sans les noms des victimes) puis c'est le black-out jusqu'à ce qu'on trouve quatre à sept ans plus tard un entrefilet à propos du procÚs. Pendant tout ce temps, les familles ont été laissées dans l'incertitude toujours, dans le besoin souvent. On ne saurait mieux souligner le peu de cas fait de la vie de celles et ceux qui produisent les richesses.
La production, les producteurs, ces mots sentent - malheureusement - mauvais aujourd'hui. L'hégémonie culturelle de l'écologie a fait basculer la production et les producteurs du cÎté sombre de la représentation sociale. La lutte contre un prétendu productivisme a remplacé la lutte des producteurs contre les détenteurs des capitaux. Quel retournement ! Si l'écologie est nécessaire et utile, doit-elle pour autant formater nos esprits y compris dans ses aspects les plus rétrogrades et irrationnels ?
Que faire ?
Il est encore temps de contrer l'escroquerie lepéniste avant qu'elle ne mÚne à la catastrophe.
Nous avons besoin pour cela d'une gauche ouvriÚre et qui se revendique comme telle. D'un candidat à la présidentielle qui mette tout en haut de son programme l'augmentation générale des salaires (SMIC mensuel à 1.800 euros brut, reconnaissance des diplÎmes, des qualifications et de l'ancienneté - progression du salaire aboutissant en fin de carriÚre à un salaire double du salaire d'embauche hors promotion), l'augmentation des retraites, la suppression de la CSG, des exonérations de cotisations dites patronales et du ticket modérateur. Sans oublier la retraite à 60 ans (55 ans pour les travaux pénibles). Et aussi le respect de la loi concernant l'usage des CDD et de l'intérim. Et enfin l'assistance - y compris juridique - aux familles et victimes des accidents du travail. Ce sont ces questions que nous devons mettre prioritairement au coeur du débat de la présidentielle. Elles concernent l'ensemble du salariat (90% de la population active, sans distinction de nationalité ni de religion).
Pourquoi ne nous engageons-nous pas sur cette voie ?
















