LES ACMC ENTRETIENNENT, NETTOIENT ET DÉGAGENT LE CANAL DES MOULINS EN AMONT DE CHABEUIL. RÉSULTAT : L'EAU PARVIENT ENFIN AU CENTRE ANCIEN DE LA VILLE (ET L'AGRION DE MERCURE EST DE RETOUR !)
Reportage photographique, qui illustre la forte campagne d'entretien du Canal menée par les Amis du Canal des Moulins de Chabeuil (ACMC) depuis plus d'un mois. La Véore est belle et pleine depuis quelque temps ; elle profite des bonnes pluies du mois de mai. Le Canal, qui prend son eau dans la rivière, profite de la bonne santé de la rivière et enregistre un bon débit entrant. Les Amis du Canal ont donc décidé une campagne poussée de travaux, pour que le Canal conserve ce bon débit le plus loin possible : désherbage soigné du fond du lit du Canal et déronçage des berges en amont de Chabeuil. Succès : l'eau est au centre ville ( au 7 juin, depuis plus d'une semaine, niveaux d'eau stabilisés). Et bonne nouvelle, sous forme de constat : le Canal n'est pas en ruine, pas 'fuyard' ou poreux ; son fond tient le coup et, dès lors qu'il est humidifié, profite d'un débit correct ; il retient et conduit l'eau. On retient également que la Commune, pourtant gestionnaire de l'ouvrage, n'a pas donné un coup de râteau dans l'opération (strictement d'initiative associative, donc), pas plus qu'elle n'avait inscrit le Canal au budget 2024, tant à la section Investissement, qu'à la section fonctionnement (où pourrait apparaître l'entretien du Canal).
Ouvrons ensemble le petit album (réalisé au tout début de juin) de la résurrection du Canal des Moulins de Chabeuil.
Rang 1, photo de gauche : amenée d'eau du Canal des Moulins, qui prend son eau dans la Véore. Bon niveau d'eau dans cette amenée, puisque la rivière profite d'un fort débit. L'échancrure qu'on voit à gauche de la photo, c'est précisément l'endroit où une très inutile passe-à-poissons, installée en 2016, prend son eau. A la suite des orages de la fin mai, un embâcle très sérieux s'était formé à cet endroit, gênant l'entrée de la passe-à-poissons. On voit ici que cet embâcle de grosses branches flottantes a été dégagé, sans doute par les services de l'agglo, responsable de la trop fameuse passe-à-poissons. Conséquence : on voit bien que le siphonnage de l'eau du Canal est puissant à ce niveau ; l'eau de l'amenée du Canal étant comme aspirée par la passe-à-poissons.
Remarque en passant : le débit entrant du Canal est sans doute supérieur à celui qui lui est autorisé par l'arrêté préfectoral de juin 2020 : 50l/s. Mais peu importe puisque le même arrêté précise bien que, pendant la durée des travaux d'entretien, un débit de 100 litres/s est permis, le temps d'évaluer les dits travaux. On est dans ce cas de figure, qui a permis aux ACMC d'entreprendre leur corvée en toute sérénité réglementaire. Les mesures effectuées par les ACMC à l'entrée du Canal indiquent justement un débit qui tourne en ce moment autour de ce fameux chiffre de 100 litres/seconde.
Rang 1, photo de droite : un ouvrage bétonné, dit 'demi-lunes' accélère l'eau du Canal, quelques centaines de mètres à l'aval de la prise d'eau. Il y a quelques semaines, l'eau qui entrait à gros volume dans le Canal y était très débordante. Ces demi-lunes sont en effet sensiblement affaissées dans le bas de leurs parcours et perdent de l'eau dans ce cas-là. Mais maintenant que le débit s'est ralenti, tout va bien, pas de fuites ni déversements. Bien sûr, ces demi-lunes seraient plus efficaces encore si elles étaient réparées.
Rang 2, grande photo, prise derrière la papèterie. Typiques des problèmes du Canal, ces plantes appelées carex, très solides, aux fortes racines, qui envahissent les bords du Canal par endroits, et qui finissent, si on les laisse faire, par obstruer totalement le passage de l'eau. La photo est prise après le passage des ACMC, et le débit du Canal est à cet endroit impeccable ; avant ça l'eau débordait largement dans le pré voisin.
Rang 3. Classique avant-après. On est à l'aval de la papèterie. A gauche, l'enchevêtrement des végétaux autour d'un arbre tombé et toujours pas dégagé : lierre, ronces, herbes hautes forment d'ordinaire un barrage solide, que les ACMC ont eu bien du mal à débroussailler. A droite, après le chantier, l'eau passe. C'est la levée de ce point noir qui a permis de rétablir un débit correct sur l'ensemble de ce parcours.
A noter, tout au long : les propriétaires riverains sont de très bonne volonté et la plupart entretiennent le Canal qui traverse ou qui longe leur parcelle. Certes, l'entretien revient à la Commune (qui, depuis plus de trois ans, s'en abstient) mais les riverains mettent le plus souvent, en relation avec les ACMC, la main à la pâte. Sauf ici, sur la longue partie du Canal qui part de la papèterie et qui se termine au centre équestre. Là, comme on voit, la mauvaise volonté des (ou du) propriétaire.s se double de la négligence de la Commune pour rendre la tâche des ACMC plus ingrate encore. De fait, sur ce secteur : très gros boulot ces dernières semaines...
Rang 4, photo de gauche, prise au niveau du centre équestre, route de Combovin, à l'entrée de Chabeuil. C'est la zone de l'agrion de Mercure, espèce strictement protégée, qui n'avait pas vu d'eau depuis quatre ans. L'agrion avait disparu. A l'imparfait. Parce que notre célèbre bestiole est de retour, noire et turquoise, toujours aussi vive et gracieuse, aperçue ce vendredi sur son site de prédilection, sans toutefois prendre la pose photographiante. Elle n'a guère tardé, après que l'eau soit revenue. Là encore : Canal, pas mort, malgré le manque de soin (pour dire le moins) des institutions qui commandent à son destin. Canal pas mort, et biotope intéressant. Les ACMC saluent leur libellule favorite et voient dans son prompt retour un augure favorable.
Rang 4, photos du centre et de droite : entrée d'une partie busée, que les ACMC ont entrepris de dégager. Elle est située tout juste à l'amont de la chute d'eau qui faisait tourner une usine ancienne, tout à fait à l'entrée de Chabeuil, toujours route de Combovin. La grille qui protège cette chute d'eau était très encrassée, feuilles, calcaire, branchages, déchets de toute sorte, etc...Les ACMC, avec l'aide précieuse du propriétaire riverain ont nettoyé l'ensemble, grille et passage busé. Ces travaux ont par ailleurs permis de révéler une fuite importante de l'eau du Canal, qui empruntait semble-t-il une vanne de décharge dont personne n'avait décelé la présence. Le courageux propriétaire de l'endroit a très efficacement colmaté ce canal de dérivation. Au total, travaux et entretien font que l'eau passe maintenant bien l'obstacle, tant et si bien que les ACMC estiment à cet endroit le débit du Canal à 50 litres/seconde, tant et si bien que l'eau coule parfaitement dans le Canal, jusqu'au siphon qui est situé un peu en aval, qui passe sous le Merdary Nord et qui ouvre le parcours du canal le long des lotissements Orée du bourg 1 et 2. Sur ce parcours, le beau travail des propriétaires riverains, accompagnant celui des ACMC, a permis d'avancer assez vite : le fond du lit du Canal est propre et conduit l'eau jusqu'à l'entrée du hameau des Marceaux.
Rang 5, deux photos qui montrent le bon état du Canal, derrière les premières maisons du hameau des Marceaux. Pas mal de travail à cet endroit (champ d'orties prospères, acacias proliférants...), mais gros bénéfice : à cet endroit de son parcours, le Canal profite d'une pente assez bonne, qui lui permet, une fois qu'il est dégagé, de conduire son eau jusqu'au...
...rang 6, photo de gauche, quai de la République où l'on reconnait un des beaux lavoirs du quai et à l'entrée de la rue Rencurel, où le Canal devient souterrain et où il échappe aux bons soins des Amis du Canal. Mais il coule maintenant rue Bruyère, dans l'enfilade de la rue Rencurel et agrémente la chute de l'espace Oroeil (propriété municipale). Mais il butte plus loin dans le centre ancien, rue Villeneuve et rue des Remparts, où la crasse accumulée depuis trop longtemps le transforme en cloaque nauséabond, qui empêche l'eau de courir.
Moralité : voilà, on en est là : quand on s'en occupe, le Canal coule. Et quand il y aura moins d'eau dans la Véore, et ben...il y aura moins d'eau dans un Canal qui, au prix d'efforts accrus en amont (où il reste des points délicats, hors d'atteinte des seuls ACMC), coulera quand même, même affaibli. Dans le centre ancien (ou sur le chantier des silos sud, par exemple), il faut maintenant que la Commune dise ce qu'elle veut faire de cet ouvrage en complète déshérence mais qui, rappelons le, recueille les eaux pluviales de la ville. ce qui est loin d'être un détail...
LES ACMC FORMENT UNE ASSOCIATION DE SAUVEGARDE DU CANAL DES MOULINS, C'EST LEUR VOCATION PREMIÈRE. AVEC LE FIDÈLE SOUTIEN DE LEURS ADHÉRENTS, ILS NE LAISSERONT PAS TOMBER LE CANAL DES MOULINS, PATRIMOINE CHABEUILLOIS.