ALBAN PANO LANCE UNE CAMPAGNE TRES PRECOCE, PLEINS PHARES ET PLEINE FANFARE /UNE MAJORITE MUNICIPALE SUR LE PONT AVEC SES GROS SABOTS...POUR SE FAIRE REELIRE, AU MEPRIS DE SON TRAVAIL EN COURS/ NERVOSITE SUR LE MARCHE/ET QUELQUES ELEMENTS DE CONTEXTE.
Oui, un peu de contexte, tout d'abord : quatre équipes devraient se présenter aux municipales des 15 et 22 mars 2026 à Chabeuil. Trois d'entre elles se sont déjà déclarées publiquement. Avec, par ordre d'entrée en scène : Olivier Dragon, dès janvier dernier, qui proposait par voie de presse (Dauphiné Libéré du 7 janvier 2025) une plateforme d'ouverture, centrale et centriste, à partir de sa position de leader du principal groupe d'opposition à la majorité d'Alban Pano au Conseil municipal de Chabeuil, à la tête de six élu.es. Les choses ont évolué depuis, avec l'éloignement de trois de ces élu.es, tentés semble-t-il par un rapprochement avec la droite d'Alban Pano. Mais le positionnement de l'héritier de la liste Pertusa, défaite en février 2022 (41,6%, contre 45,7% à AlbanPano) reste le même : offrir une alternative et ne pas laisser Chabeuil entre les seules propositions d'Alban Pano (tout à fait LR) et de Cécile Trempil, élue (12,7 % en 2022) très minoritaire au même conseil, portant à Chabeuil la parole de la gauche de la gauche. Cette avancée politique devait provoquer la prompte réaction de la même Cécile Trempil, annonçant très logiquement une liste de 'gauche écologiste et sociale' intitulée 'Chabeuil Echocitoyenne'. S'en suivirent deux pré-campagnes discrètes qui ont manqué converger au printemps et à l'été dernier quand, à l'initiative d'Olivier Dragon, ces deux groupes ont examiné l'idée de ne présenter qu'une liste face à Alban Pano, maire sortant. Bonne idée sans doute, fondée sur l'imparable donnée électorale suivante : au deuxième tour de l'élection de 2022, Pertusa/Dragon (1225 voix) + Trempil (qui s'était maintenue, 373 voix), ça faisait plus de voix que Pano (1346 voix), aussi simple que ça. Mais le groupe Trempil a cassé cette dynamique de convergence, pour des raisons sur lesquelles on reviendra dans un prochain article, formulant des exigences extravagantes eu égard à son faible poids électoral. Dès le début du mois de septembre, le rapprochement s'écrivait donc au passé, les deux listes reprenant leur marche propre.
Pendant ce temps Alban Pano lançait des consultations (qui conserver ? qui faire entrer ? On vous en reparle bientôt) qui aboutissaient mi-novembre au lancement de sa campagne par un intense pilonnage d'artillerie, vaste tractage, conférence de presse, video/réseaux sociaux, un tutti quanti assourdissant qui revenait à écraser les mouches avec des gants de boxe. Sur le pont de Chabeuil et sur le marché de la ville, les conseillers municipaux et les adjoints de la majorité laissaient tomber leur travail municipal en cours pour tracter, et tracter encore. On y revient plus bas, avec les anecdotes et les infos qui conviennent.
Et le quatrième candidat, alors ? C'est une candidate. C'est Lysiane Vidana, récente mairesse de Chabeuil, élue en 2020, et déposée à l'hiver 2021 par un putsch mené entre autre par... Alban Pano lui même, quittant la majorité avec laquelle il avait été élu pour pousser violemment à la démission (février 2022) la mairesse qui l'avait fait élire. A ses dires, Lysiane Vidana revient, et elle n'est pas contente, comme on dit, elle consulte, et ne doute pas de réunir la trentaine de noms qui convient. Revenir comment ? Par la seule voie qu'elle connaît finalement, l'élection. Revenir pourquoi faire ? 'Pour finir ce que j'ai commencé, pour répondre à la confiance que m'avaient largement manifesté les électeurs en 2020'. En bref, les oreilles de Pano, qu'elle connaît bien, vont siffler puisque le maire de Chabeuil apparaît comme la principale cible de la candidature Vidana. L'interview de Lysiane Vidana, qui ne s'est pas encore déclarée publiquement (ni presse ni communiqué) sera publiée ici dès la semaine prochaine. Mais c'est très clair : elle veut y aller.
Mi-novembre, donc : blitzkrieg chabeuillois d'Alban Pano : distribution d'un document intitulé 'Continuons ensemble' dans l'ensemble des boîtes aux lettres chabeuilloises. Gros travail. Pas grand chose à dire d'une courte déclaration d'allure solennelle : épaisse typo noire pour la plupart, sur fond blanc, costard noir pour le patron dont le buste s'encadre dans une espèce de stèle. On a vu plus gai, plus engageant, et pour tout dire, moins...funèbre. Sur le fond, c'est banal et vaguement bavard, sans aspérité programmatique ni direction claire, centré tout simplement sur la personne du patron, qui déclare se représenter et vouloir...continuer. Pas renversant, mais accompagné d'une video solitaire sur les réseaux sociaux, relayée par ses soutiens dont pas mal de conseillers municipaux.
Le lendemain, lundi 17 novembre, parution d'un article dans le journal local, fruit d'une conférence de presse, moins lisse et monocorde, laissant passer un peu de lumière, dans un l'article où on peut lire entre les lignes que :
-'[son] accession à la tête de la commune s'était faite dans le contexte particulier d'une élection partielle, moins de deux ans après le début de son tout premier mandat politique. Celui qui était alors le plus jeune adjoint de Lysiane Vidana (...) avait fait partie des frondeurs'. Sous titre 1-'contexte particulier = l'élection anticipée de février 2022, sur fond de violence politique et de mépris de l'élection de 2020. Sous titre 2- 'frondeurs' = putschistes, qui après avoir constitué dans le plus grand désordre un groupe d'opposition, après avoir démissionné à grand bruit, ont poussé Lysiane Vidana à la démission.
En quelques mots, c'est toute la question de l'illégitimité politique d'Alban Pano, poison hérité de ses trahisons passées, que les chabeuillois n'ont pas oubliées.
-'ce Chabeuillois de toujours se félicite de l'apaisement de la situation politique'. Sous titre : rien de moins vrai : on en est à trois DGS (Directeur Général des Services, tour de contrôle de la mairie, le plus gros poste) en quatre ans. Pas un détail, n'est ce pas, dont un DGS éjecté après un recours de la préfète de l'époque, pour un 'recrutement hors classe' illégal. Faute lourde. L'inélégant fonctionnaire, surnommé 'Poutine' par les services techniques, avait tout de même eu le temps de recruter sa femme et quelques amis (au service Administration Générale et Solidarités, qui chapeautait le Centre Communal d'Action Sociale, le CCAS, rien moins). Sur ces sujets, les amateurs d''apaisement' (quelle farce!) se reporteront au rapport de la chambre régionale des comptes, qui se régale de la description informée du népotisme chabeuillois mis en place autour d'Alban Pano au début de son mandat. Savoureux point 3.6 dudit rapport, que je vous signale...Depuis, on parle anglais à l'étage du maire : burn out et turn over et ne venez pas parler d'apaisement à tous ceux et celles là.
-'(...) le militant Les républicains, qui promet une liste chabeuilloise avant tout', sans politisation'. LR dépolitisé à Chabeuil, vraiment ? A l'agglo de Nicolas Daragon (LR), proche de Pano (LR) ? Au département (LR) où Pano est Conseiller départemental (LR) et même 8e vice-président depuis très peu ? Comment y croire quand le maire de Chabeuil transpire la politique partisane par tous les pores de sa peau de jeune élu. En moins de quatre ans, Alban Pano est passé de chômeur du secteur de la grande distribution à élu professionnel, ne devant au total son ascension dans le système de représentation local qu'à son engagement partisan chez les Républicains. Précisément. On ajoute qu'il est délégué de son parti dans la 3e circonscription de la Drôme, dont dépend Chabeuil. Et qu'il a été candidat LR (suppléant) aux dernières législatives de juin 2024. Pauvre résultat toutefois, finissant quatrième dans sa ville (754 voix, contre 1376 à UDI/RN, 1234 à EELV, et 793 au parti macroniste).
Le jour suivant la parution de l'article sus mentionné était jour de marché à Chabeuil. Et là, encore et encore, re-distribution d'un autre document, un flyer très succinct, toujours portant le slogan 'Continuons ensemble', toujours centré sur le seul Pano, mais porté par une bonne partie de l'exécutif, premier adjoint en tête, adjoint à l'urbanisme en couverture et les autres passant une tête à un moment ou un autre de la matinée. Y'en avait partout, pas moyen de les rater. Et le week end d'après, Alban Pano lui même commentait sur les réseaux sociaux des images où l'on reconnaissait une troupe nombreuse des élus de sa majorité : 'chaque porte à laquelle vous frappez (...)nourrit un peu plus notre projet pour Chabeuil'. A ce stade et devant le déploiement d'un tel barnum, la question est posée : devant un tel sans gêne, devant un tel mélange des genres (élu.es au travail ou candidat.es en campagne ?) : à qui les chabeuillois ont-ils donc affaire maintenant, sur leur marché ou ailleurs ? Ces élus de la majorité qui tractent tant et tant travaillent-ils pour leur commune, ou oeuvrent t-il à la ré-élection d'Alban Pano. Le premier adjoint est-il préoccupé de 'tranquillité' (sa délégation), ou se désoeuvre t-il à distribuer des tracts sur le marché de Chabeuil ? L'adjoint à l'urbanisme travaille-t- il à la préparation du PLU de la Commune, ou se soucie t-il de ses intérêts politiques et électoraux à venir (il est par ailleurs délégué Horizons dans la zone) ? Et le budget qui se prépare est-il un budget de campagne, ou un budget de travail pour la Commune ? Qu'en dit l'adjointe aux finances, hilare sur les images, tract en main ?
Parce que d'ordinaire, les maires sortants partent en campagne tardivement, toujours, c'est la règle. Ils disent en substance : 'je travaille pour la commune jusqu'au bout de mon mandat. Ma réélection dépendra de mes résultats, à la fin, le jour de l'élection'. Pas de cette élégance civique et républicaine pour Alban Pano, qui s'est jeté en campagne sans précaution, à grand renfort de communication, à grand déballage d'élus démonstratifs. Un début de mandat marqué par la crise politique et ses suites, un mandat écourté donc et qui se voit raccourci de quatre longs mois par une entrée en campagne trop précoce.
[Anecdote : mardi 18 novembre, 10 heures et des brouettes, sur la place du marché de Chabeuil. Froid vif. Olivier Dragon (O.D) distribue son premier document de campagne. Il est accompagné d'un Grand Type (G.T) vêtu d'un solide manteau de pluie dont les poches en forme de gibecières débordent de tracts. Survient un Policier Municipal Rablé (P.M.R) qui, suspicieux, demande : 'bonjour messieurs, vous distribuez des tracts ?
G.T (dans sa Ford intérieure, en silence) : non, on fait un tennis...
G.T : Non. Je crois pas, non...
O.D : Ah bon, je pensais que...
P.M.R : C'est interdit, je vous dis. Vous ne pouvez distribuer qu'aux limites du marché, là bas sur le pont, ou à l'autre bout de la passerelle.
G.T et O.D ont rangé leurs documents. Veulent pas d'histoires. Mais restent sur place. Dans la poche intérieure d'O.D : le texte idoine de la jurisprudence relative à la distribution de tracts sur les marchés. O.D, toujours discret et pas ramenard, se garde bien d'exhiber le texte protecteur de ce genre de libertés.
G.T : Sur la place publique, on distribue les documents d'opinion qu'on veut. Vous ne pouvez pas nous expulser, à moins d'un trouble avéré de l'ordre public. Pas moyen.
PMRAgacé : Sur le marché de Chabeuil, il y a un règlement intérieur qui dit que...
G.T : ...Y'a pas de règlement intérieur qui tienne. Il vous faudrait à la limite un arrêté municipal, et encore, il serait illégal...Et il faudrait en faire la publicité. Trouble avéré, je vous dis, y'a que ça.
P.M.R.A : Je vais être obligé de vous demander vos papiers d'identité, à tous les deux...
Il sort un calepin à spirale, microscopique et froissé.
O.D, très british : Hmmm, mon nom est sur le tract, là...Olivier Dragon. (Plus bas) Comme un...oui...
G.T : Ah moi, je vous donne pas mon identité. Je me demande pourquoi je ferais ça ...
P.M.R.A : Vous savez que je pourrais vous demander de me suivre à la gendarmerie...
O.D s'éclipse discrètement.
G.T : Et pourquoi on irait à la gendarmerie ? Sur le sujet des tracts, vous avez tort, on perd notre temps, vous et moi.
P.M.R.A (de plus en plus Agacé, voire Enervé) : Je vous dis que je pourrais vous emmener à la gendarmerie... Vous ne connaissez pas les textes de loi, monsieur...
Et rompt les rang, plante P.M.R.A.E au milieu de son marché interdit et se dirige vers la passerelle qui enjambe la Véore, où il s'adresse au toujours très Sympathique Premier Adjoint (S.P.A), qui distribue un tract de petit format qui appelle à la ré-élection d'Alban Pano (voir plus haut) :
Dis-donc, on vient de se faire virer à tort par la police municipale. Alors qu'on a le droit de distribuer sur l'ensemble du marché, tu sais...
S.P.A : Nonnon, faut rester en limite. C'est le règlement intérieur du marche, qui dit que...
G.T : ...mais arrêtez avec ce fichu règlement intérieur, qui ne peut pas s'appliquer. On a les textes dans la poche...
Chacun explique son cas, et expose ses raisons.
S.P.A, après un court moment de débat : 'bon, bon, je regarde ça, et je te dis. Je regarde les textes, moi aussi, pour vérifier. Et on voit ça, promis.
G.T : D'accord, on fait comme ça. Et faut calmer un peu ton shérif. Il s'énerve un peu trop vite...et les affaires de campagne électorale, c'est toujours touchy, faut du doigté, faut pas qu'il s'énerve comme ça.
Deux jours plus tard, en marge du Festiv'Jazz, S.P.A prend G.T dans un coin : 'bon...j'ai regardé notre affaire. On peut bien distribuer sur l'ensemble du marché, c'est clair. Alban tient juste à ce que ça ne gêne pas les commerçants...' G.T : 'on fait comme ça, alors...mais faut éviter les coups de pression, on n'est pas à Sainte Soline...' Sourire de SPA : 'non, pas encore...'][Cette anecdote et son heureuse conclusion est ici transmise à l'ensemble des équipes en présence pour les prochaines campagnes électorales : contrairement à un bruit qui avait couru ces dernières années, on peut distribuer dans tout le marché de Chabeuil. Sans restriction, mais fluide, cool.]
-Semaine prochaine : interview de Lysiane Vidana, qui déclare 'consulter, pour présenter une liste à Chabeuil'. Et ensuite, zoom sur la liste Chabeuil Echocitoyenne, gauche de gauche, comme on dit, ses raisons, ses moyens, ses motivations. Puis ce sera au tour de Bien vivre ensemble à Chabeuil, proposition 'centrale, progressiste et ouverte' portée par Olivier Dragon. Pour, mi-janvier, refaire un point sur la politique culturelle d'Alban Pano, appuyé sur un portrait politique du jeune maire de Chabeuil.