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@cheminsdeterre
En début de semaine, j’ai demandé à mon école si je pouvais retourner en stage et si j’aurais une attestation? On m’a dit que c’était à nous de choisir d’abord puis ensuite qu’ils ne pouvaient pas prendre de responsabilité et qu’il n’y aurait pas d’attestations. On m’a appelé pour me dire que je ne devais pas y aller. J’ai demandé ce qui se passerait si j’y allais quand même car ce n’est pas vraiment la periode à rater pour apprendre à mieux cultiver… On m’a répondu les directives. J’avais déjà appelé mon maître de stage pour lui dire mon envie de venir en gardant encore plus de distances que d’habitude. Il m’avait dit qu’il me laissait le choix et qu’il me tiendrait au courant des contrôles rencontrés en route. En gros j’ai compris que si j’y allais c’était sous ma propre responsabilité et que l’amende à payer c’était de ma poche que j’allais la sortir. Ma responsabilité se résumait d’un côté à l’envie de protéger tout un chacun qui ne fait pas partie de mon cercle proche et ainsi j’avais déjà pris des distances depuis un moment comprenant que c’était probable d’être porteuse sans être malade pour moi. De l’autre côté j’ai senti comme une évidence de participer au printemps dans les champs. Ne pas y aller était en contradiction avec le choix de suivre le rythme des plantes. Rester chez moi impliquait une page blanche dans mon cahier d’apprentissages et ce qui n’est pas fait en cette periode au champ aura des conséquences sur toute la saison qui suit et tous les légumes dont tout un chacun aura besoin pour se refaire une santé après. Je me suis retrouvée dans un questionnement de bonne élève… Moi qui parlait toujours en classe de Montessori étant enfant et qui était ressorti première de la classe sur le test bidon qu’on nous faisait faire à 11 ans à la surprise de ma prof qui voulait m’envoyer dans une école pour « moins bons élèves » ! Moi qui aie du mal à ne pas obéir aux règles et n’aime pas risquer des amendes ne serait ce que pour l’état de ma trésorerie actuelle mais qui aime jouer sur la limite de ce qui ne se fait pas d’une certaine façon mais peut se faire autrement. Moi qui assume cette année plus que jamais que je souhaite être une bonne élève car je me retrouve plus que jamais en accord avec mon choix de terre. Bonne élève de ma ferme surtout car je reste celle qui n’arrive pas à suivre 7 heures de cours assise et du coup pour ne pas recommencer à parler, j’ai commencé à lire des livres et écrire mon projet en écoutant le prof d’une demi oreille. Moi qui me surprend encore à vouloir trouver le bon stage ou préparer mes examens en avance car il ne s’agit plus d’examens mais de choix de vie. Et quand je faisais l’école buissonnière pour avancer mon projet à travers d’autres rendez-vous, c’était toujours la bonne élève qui voulait que son projet avance mieux en sachant que ce n’est qu’en petite partie que mon cerveau assimile en cours les apprentissages nécessaires. Alors qu’ai-je choisi ? Y suis-je allée ? A-t-on posé une table de trois mètres de long devant le chalet de Romuald pour manger comme des ministres ? A-t-on travaillé chacun avec des outils différents ? Ai-je vu la différence entre une tomate repiquée depuis dix jours et les autres ? Est-ce que le champ fait partie de mon espace de confinement en sentant l’espace restreint malgré le ciel ouvert ? Ai-je eu le bourdon à chaque rotonde ? Et qu’aurais-je alors noté sur mon attestation de sortie ‘maison’ ? Je ne serais pas transparente sur mon choix cette fois ci.. Je vous laisse répondre à mes questions sans essayer de trouver la ‘bonne’ réponse :) Ce qui est sûr c’est que ce choix pour l’agriculture m’a fait renaître en moi et que je suis soulagée d’avoir déjà choisi pour une autre vie dans cette periode où le monde se retourne. Que notre terre a grandement besoin de retour aux essentiels. Et que dans les rues entre premières nécessités, je regarde les bouts de terre en ville et que je me suis déjà retrouvée les mains dedans pour ne pas perdre pied.
21-3-2020
Le paradis des mauvaises herbes
Bio Corps Écriture Terre
Marie & Armelle se sont d’abord rencontrées en mouvement, dans la danse.
Le corps d’Armelle revenait des champs où elle avait commencé à cultiver des tomates coeur, des haricots amis et des histoires. Le corps de Marie cultivait la journée des textes pour ouvrir des dialogues critiques dans le champ de la danse. Aujourd’hui, le corps d'Armelle poursuit sa découverte entre l'école de l'agriculture, les champs et les fermes urbaines pour écrire l'espace de plantes et de mots. Marie a elle entamé une recherche sur la question des liens entre danse et paysage, dans la pratique et par l’écriture.
Ensemble, on découvre nos chemins de terre et de mouvements. On commence à avoir envie de créer un espace pour faire des liens entre nos écritures, nos pratiques et les personnes phares rencontrées sur nos routes.
Ce blog est l’espace nomade des chemins que l’on parcourt pour écrire ensemble le paysage et semer entre les pages blanches les graines d’un jardin d’errances vivifiantes.