Rencontré lors du salon de la lutherie à Montpellier en septembre 2014, pour acheter un DVD, Pierre Marie Châteauneuf, luthier, m’a présenté son travail et ses outils de communication. J’ai présenté mon cursus et mon savoir-faire en matière de communication graphique multimédia et nous avons convenu que je pouvais lui apporter mes compétences pour optimiser son site web et créer une identité graphique à partir de son logo.
Pierre-Marie Châteauneuf est un luthier basé à Montferier-sur-Lez. Il est installé dans son atelier en auto-entrepreneur. Sa marque se nomme PMC guitares avec pour baseline ‘‘Custom Handcrafted Guitars’’, qui signifie ‘‘Guitare Personnalisée Artisanale’’. C’est un artisan qui conçoit, fabrique, répare et améliore tout type de guitares (électriques, acoustiques, basses). Ses valeurs sont le sur-mesure, l’originalité, l’inédit, l’unique, le fait main et l’artisanat. Il travaille avec une association culturelle de Montpellier, Confluences, dans laquelle il donne des cours de lutherie, fait des conférences et des concerts avec ses instruments. Il intervient également dans des classes de CM2 pour expliquer son métier et faire des ateliers avec les enfants. Il travaille seul.
Il est membre de l'Association Professionnelle des Luthiers Artisans en Guitare et également membre de l'European Guitar Builders.
Il possède un site web (www.pmcguitars.com) de 1 000 px de large créé le 16 mai 2007. Son site est hébergé sur OVH. Il sert de vitrine où il expose ses guitares et son savoir faire.
Il possède également des pages sur les réseaux sociaux {Facebook (1 533 j'aime), Twitter (130 tweets-108 abonnés), Youtube (28 vidéos-60 abonnés-24 110 vues), Dailymotion (30 vidéos-4 abonnés), Myspace (140 abonnés), Reverb Nation (3 interviews), Audiofanzine (31 produits), Google Plus (69 abonnés)} grâce auxquels il relaie son actualité (le prochain salon auquel il va participer, la sortie de sa prochaine création) .
Il fabrique environ 10 guitares par an (entre 8 et 10).
Son chiffre d’affaire en 2014 est estimé à 30 000 € (à vérifier).
En dehors des copies de guitares standards, il dispose de 6 créations originales : La Blast, La Waukesha (inspiré de Gibson, ville de naissance de Lester William Polfuss), La Thelonious (inspiré de la Telecaster vintage), La Nomad, La Mamba et Le Byblos.
Étant donné que Pierre-Marie fabrique ses guitares à la main avec des machines à bois, traditionnelles, sans commandes numériques, sa production est limitée par sa capacité de travail. Son modèle économique est donc de vendre des guitares haut de gamme et de qualité. Si il fabrique une dizaine de guitares par an vendues 5 000€ chacune, son chiffre d'affaires théorique maximum peut être de 50 000€. Si il souhaite vendre plus, il doit donc, soit changer de méthode de travail, soit embaucher.
Son histoire démarre en 1992 où il commence à jouer de la guitare vers l'âge de 13-14 ans. Il habite en région Parisienne et va pendant une période au conservatoire. L'instrument lui plaît beaucoup et il se met à retaper les guitares de ses amis (la première qu'il répare est celle de son meilleur copain). En 1996, il postule pour Mirecourt, une école du nord-est de la France spécialisée dans la lutherie de violon, alto, violoncelle, ... Et également à l'ITEMM (Institut Technologique Européen des Métiers de la Musique) situé au Mans. Il n'est retenu dans aucune des 2 écoles.
Il fait donc une fac d'économie, histoire d’avoir un diplôme. En 2003 il réalise un stage chez Xavier Petit, créateur de guitares depuis 1995, basé en Haute-Marne. Ce stage de 5 jours, au cours duquel il fabriquera sa première guitare électrique (du morceau de bois à l'instrument), sera une révélation. Il continue à chercher sur le web des formations liées à la fabrication de guitares. Il trouve une formation de réparation de guitares acoustiques chez Claude Fouquier, à plein temps de 8 mois.
En 2006, il s'installe dans le garage paternel à Montferrier-sur-Lez pour fonder son propre atelier. Il crée sa marque PMC Guitares. Il développe sa personnalité esthétique et sonore au fil des modèles et des ans, en fabriquant seul et de manière artisanale, sans machine à commande numérique. Il retape également des guitares et construit des répliques de modèles cultes (Gibson, Fender). Il livre sa première guitare PMC en 2007.
En 2010, il reçoit la Bourse de l'innovation décernée par Les Internationales de la Guitare à Montpellier, pour l'une de ses créations "Le Byblos", un mélange entre l'oud (luth oriental) et la guitare. Cette guitare électro acoustique à 11 cordes se vend à partir de 3 500 €.
Sa clientèle est composée principalement d'hommes, passionnés, âgés de plus de 50 ans et qui ont des revenus confortables. Quelques exemples (Patrick Martin, guitariste rythmique du groupe de Death Métal Scarve, un professeur, des intermittents du spectacle, un jeune qui a dessiné son propre modèle, …). La plupart de ses clients se situent à Paris.
Il possède 2 catégories de clients :
celui qui veut un modèle original issue de son catalogue
celui qui souhaite une réplique de modèle de grande marque existante tel que Gibson ou Fender.
Il vend ses guitares de 1 500€ à 5 000 €. Une guitare simple démarre à 1 500 € et une guitare avec flight case (étui pour la ranger) à 3 000 €.
Un article web dans « Premier Guitar », janvier 2013, écrit par Rich Osweiler.
Une interview vidéo plus un article pour le site « La Chaine Guitare » à l'occasion du salon Guitares au Beffroi, avril 2014, écrit par Pierre Journel.
Une interview pour le site « Laguitare.com », suite au Salon Graines de Guitare, juillet 2013, écrit par Jacques Carbonneaux.
Un article dans le mensuel «Guitarist & Bass Magazine»,octobre 2013, écrit par Patrick Dietsch.
Le marché des factures instrumentales et des accessoires est le marché principal de l’activité de PMC.
Le facteur d’instruments fabrique, accorde, entretient, restaure et vend les instruments de musique.
Le terme de luthier englobe la fabrication des instruments à cordes pincées (de la famille des luths) et à cordes frottées (de la famille des violons).
Le marché des factures instrumentales et accessoires était de 564 millions d’euros en 2011. C’est un marché en baisse depuis 2008 (- 16%) qui n’est pas épargné par la crise.
La vente d’instruments de musique était en 2009 de 850 000 instruments. Concernant la répartition en volume par type d’instruments, les guitares sont largement majoritaires et représentent la moitié du marché (toutes catégories de guitares : la guitare classique, montée en cordes nylon/ la guitare folk, montée en cordes métal/ la guitare électrique)
1er panorama des industries culturelles et créatives en France – nov. 2013
La lettre d’information de l’IRMA : le marché des instruments de musique)
Les guitares de luthiers représentent un infime pourcentage des ventes de guitares car ces instruments de grande qualité sont vendus plus chers que l'ensemble des autres guitares. Cette catégorie génère des faibles ventes en quantité.
C'est un marché de niche influencé par les courants musicaux alors que la guitare reste un instrument populaire.
La facture instrumentale est aujourd’hui composée d’un ensemble d’acteurs de différentes natures : industriels, artisans, fabricants, magasins spécialisés, magasins généralistes.
Trois grandes catégories se distinguent :
les entreprises artisanales, orientées principalement vers la fabrication, la réparation et la restauration des instruments haut de gamme
les structures « mixtes » du type magasin de musique, à la fois commerciales et artisanales qui assurent la vente mais sont aussi dotées d’un atelier de réparation / maintenance
l’industrie et grands ateliers de fabrication (Selmer, Buffet Group, Rigoutat, Maugein, Camac, Guitares Dupont, etc.)
Ces entreprises évoluent dans un contexte international de forte concurrence. Néanmoins la France occupe le 4ème rang mondial en matière de lutherie et de facture instrumentale, notamment grâce à un positionnement haut de gamme. (source : ITEMM)
1 - Les fabricants internationaux
Tout d’abord, il y a les grandes marques célèbres qui vendent leurs guitares en série.
Gibson, une marque américaine qui fabrique 100 guitares par jour dans son usine à Nashville et qui avait un chiffre d’affaires de 171 millions en 2006, dont 60% réalisé à l’export.
Fender, marque américaine également qui est considérée comme le premier fabricant mondial de guitare et qui compte 2 000 salariés. Son chiffre d’affaires en 2011 était de 700 millions de dollars dont 45% vendus hors États-Unis.
Ibanez, marque japonaise qui fabrique et vend des milliers de guitares à travers le monde. Autres marques de fabricants & vendeurs de guitares : Taylor, Martin, Godin, Takamine, Cort, Gretsh, Yamaha, Lag, Elypse, WSL, Studio 77).
2 - Les fabricants français de guitares en série
LAG qui fabrique ses guitares entrée de gamme dans son usine en Chine, celles de milieu de gamme dans son usine en Corée et ses guitares haut de gamme dans son atelier de Bédarieux, dans le sud de la France.
Vigier qui possède des partenariats de qualités avec des artistes célèbres comme Christophe Godin, Black Sabbath, Deep Purple, Led Zeppelin ou encore Simple Minds. Cette entreprise a été créée en 1980 par Patrice Vigier et possède depuis 6 employés et fabrique 400 guitares par an.
Custom 77 qui est à Lyon et qui produit des guitares vintages à des prix abordables.
Elypse qui est à Marseille. Créée en 2001.
WSL qui a été créée en 2004 et qui fait construire ses guitares en Chine.
3 - Les luthiers français artisanaux
Le nombre de luthiers professionnels ne cesse d'augmenter. Depuis le premier référencement en 1997 effectué pour l'élaboration de l'ouvrage "Luthiers et guitares d'en France", on pouvait recenser près d'une centaine de luthiers. La concurrence devient de plus en plus en rude sur un marché déjà très fermé ! En effet le site laguitare.com recense 1 757 luthiers dans le monde, dont 405 luthiers en France. Avec précisément 201 fabricants de guitare classique, 195 fabricants de guitare électrique et 131 fabricants de basse électrique. Le reste fabrique d'autres types de guitare telle que des ukulélés, des banjos ou encore des mandolines.
Ce sont généralement de très petites entreprises dont 60 % n’ont pas de salarié. Pour une grande partie d’entre elles, l’entretien, la réparation et la vente constituent la majeure partie du chiffre d’affaires. La fabrication en tant que telle, ou la restauration d’instruments anciens, ne concernent qu’une minorité d’entreprises spécialisées. Elles nécessitent des savoir-faire qui ne s’acquièrent qu’avec une longue expérience professionnelle et technique. La réputation d’un luthier se construit souvent par le bouche à oreille, les rencontres avec les musiciens et sa capacité à mettre en œuvre leur souhait et leurs exigences.
La lutherie fait partie de ces métiers qui conjuguent art et artisanat. Comme pour tout métier d'art, très peu de luthiers réussiront à se faire un nom et une renommée nécessaire à une carrière florissante.
Un luthier professionnel met entre 150 et 200 heures pour fabriquer une guitare.
Les luthiers fabricants des guitares électriques sont les concurrents directs de PMC et ce sont également les plus nombreux.
Voici les références de luthiers français pour PMC :
Franck Cheval : 3 employés et fabrique 30 guitares par an
Daniel Friederich : Seul et fabrique 10 guitares par an
François Guidon : Seul et fabrique 10 guitares par an
Patrice Vigier : 6 employés et fabrique 400 guitares par an
Et quelques exemples de luthiers français :
Jean Marie Fouilleul (35270 Cugnen)
Mermet Guitare (34680 St Georges d'Orques)
Heaven Guitars (78121 Crespières)
Fabien Ballon (33530 Nazelles-Négron)
Paul Lairat (84350 Courthézon)
Sébastien Rouillon (88270 Valfroicourt)
Alquier Guitares (66270 Le Soler)
Stratégie concurrentielle
Les luthiers français, possesseurs d’importants savoir-faire, occupent une bonne place sur le marché haut de gamme mais ils sont confrontés à une concurrence issue de la production industrielle d’instruments de musique d’entrée de gamme en provenance notamment de l’Asie.
Les artisans ont été forcés à se repositionner sur le marché en développant des activités mixtes alliant réglage, réparation, commerce et service autour des produits de moyen et haut de gamme. Pour conserver leur avance, les entreprises artisanales doivent être exigeantes en terme de qualité, (à la fois sur du « haut de gamme » et du « sur mesure »).
Plus d’un tiers des Français (37% plus exactement) a appris au cours de sa vie à jouer d'un instrument de musique même si la plupart d'entre eux en ont abandonné la pratique.
18% des français sont des musiciens amateurs. 8% des français ont une pratique musicale dans un cadre collectif et 5% appartiennent à des formations musicales diverses. Le reste, soit 5%, compose de la musique sur ordinateur.
Globalement, les personnes qui se sont intéressées à la pratique d'un instrument à un moment donné de leur vie appartiennent aux catégories aisées de la population. Plus le milieu social est élevé, plus la pratique musicale est développée. Ainsi la pratique d'un instrument est plus répandue parmi les cadres et professions intermédiaires (46%) que parmi les employés (34%) ou les ouvriers (28%). Elle augmente avec le niveau de revenus (27% parmi les foyers aux revenus les plus modestes contre 44% parmi les foyers aux revenus les plus élevés).
C'est une pratique également plus masculine (42%) que féminine (33%). Ce sont par ailleurs les jeunes de moins de 18 ans qui pratiquent le plus à l'heure actuelle (18% jouent au lieu de 10% en moyenne).
Ils jouent tout type de musique. Les français jouent tout type de musique. Ils jouent pour 24% du Jazz ou du Blues, 24% du Pop Rock et 8% du Reggae. Les pratiques musicales sont parfois clivées selon les différentes catégories de la population. Les hommes ont une prédilection très marquée pour le Pop/Rock (34% de praticiens) et le Jazz (33%) par rapport aux femmes (respectivement 12% et 15% de praticiennes seulement !). Les Femmes, elles, se tournent plus volontiers vers le classique mais l'écart est ici moindre (59%, soit + 11 points par rapport aux hommes).
Les instruments les plus pratiqués sont la guitare 39% suivi du piano 31%. Il s'agit plus volontiers d'hommes (30%) que des femmes (12%) et de personnes appartenant aux professions intermédiaires (29%, points).
C’est avant tout un public de passionnés qui sont prêts à mettre beaucoup d’argent dans une guitare.
Contraintes & environnement juridique
La facture instrumentale est confrontée aux évolutions des normes et des nouvelles réglementations concernant la santé, la sécurité au travail, l’approvisionnement et le développement durable. Certains matériaux naturels habituels dans la fabrication des instruments de musique deviennent ainsi inaccessibles ou soumis à une réglementation très stricte. C’est le cas du bois de pernambouc utilisé dans la fabrication des archets ou plusieurs essences de bois des guitares et percussions. La recherche de matériaux alternatifs performants représente donc un enjeu majeur pour la filière.