Introduction
Bonjour à tous !
Bienvenue dans les Chroniques de Dimidum !
Vous trouverez ici la version corrigée et revue, ainsi que la suite des textes "La Fac".
N'hésitez pas à commenter, à donner votre avis, à m'écrire etc.
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Billet Provisoire
Bonjour à tous !
Simple question ; préférez-vous lire les Chroniques de Dimidum dans cet ordre-là, où les billets sont anti-datés, ou souhaitez-vous que je les classe du plus récents au plus anciens ?
Cordialement, la Biz
Chapitre 1
Les lunes de Dimidum étaient pleines en ce soir de Sabbat. Comme à chaque fois, d’immenses fêtes étaient organisées par les Mages et la Faculté n’y échappait pas. Chaque Sororité, même non magique, profitaient de l’occasion pour organiser des fêtes dionysiaques. C’était l’occasion pour les étudiants de toutes les espèces de se mélanger.
Nielbek arriva devant le bâtiment de la fraternité Omegomongus. La vielle bâtisse aux portes immenses vibrait déjà de musique. Il tenait sous le bras un balai, orné de motif de flammes, aux brins brulés, fumants encore. Il maugréa. Il était toujours le premier arrivé du groupe, ça devenait fatiguant. Il n’avait qu’une envie ; se saoulé toute la soirée. De toute façon, il ne pourrait rentrer qu’à pied avec son balai en rade. Il se posa sur les marches, sortit sa pipe et commença à la bourrer en regardant autour de lui ; les Omegomongus était une fraternité sportive, qui regroupaient ainsi de nombreuses disciples académiques et tout autant d’espèces. Il savait qu’il y aurait d’autres nains à ce sabbat, mais il n’avait jamais fait partie de ces pousseurs de fonte. Un brin chétif pour un nain, il avait néanmoins un physique types d’Orfèvres, seul son apparence dénoté avec les standards.
Un Centaure arriva en caracolant, deux Nymphes déjà bien enjoué sur son dos. Ses dernières étaient très peu vêtues, ce qui semblaient être une norme chez elles. Il s’arrêta devant l’escalier et bondit en haut de ce dernier. Les Nymphes criaient. Nielbek se boucha brièvement les oreilles et alluma sa pipe. L’obsession pour l’apparence des membres de Omegomongus le fatiguaient déjà. Une fumée bleue et une forte odeur de cannabis se répandit autour de lui. Il s’amusa quelque instant à faire des figures de fumées ; ça impressionnait toujours dans ce genre d’endroit où le contrôle de sa personne virait à l’obsession. C’était ironique, car leurs sabbats était les plus déjantés de tout le campus.
Ptolemn apparu devant lui dans un craquement sonore, de la fumée sortant du sol à chacun de ces pas. Putain, paye ta classe. La robe du sorcier dansait en mouvement ample à chacun de ces pas. Il portait des chaussures en cuir à bout pointu, un pantalon cigarette, et un duo chemise blanche et veston aux motifs ondoyant, parfaitement assortie à sa robe. Il avait discipliné son afro en une série de twists, agrémenté en leurs pointes par divers bijoux. Il s’approcha de Nielbek, qui éteint sa pipe.
-”Oh t’inquiète, tu n’étais pas obligé de l’éteindre”
-”Oarf t’inquiète, c’est par respect et puis ça sera déjà bien assez enfumé comme ça à l’intérieur, autant t’épargner ça quand on est dehors.”
-”C’est très noble à toi Nielbek, mais j’ai ma cape comme tu le vois”
-”Attends, c’est une cape en poils de Civette Spatiale ?! Mais ça coute une fortune !” Et dans tes cheveux, c’est des amulettes en Mydrilise ? Damase à ce que je vois ! Et je vois qu’on a sortie les émeraudes allléé!”
-”Bien joué, et je vois que tu as sortie ta tenue des grands soirs !”
-”Eh ouais mon gars ; la classique Bottes TN, tavu, le petit chino, la tit’ chemise, ambiance Lumberjack, la casquette assortie aux détails des lacets, j’ai même était fait faire ma barbe. Ça change de comment je me sape pour aller en cours hein ! ”
-”Attend, là, ta barbe est faite?! Ptolemn s’était reculé d’un pas et dévisageait du regard la barbe de Nielbek, une moue très dubitative sur les lèvres.
-”Quoi.” répondit sèchement Nielbek.
-”Nanan rien, c’est juste que… Ton coiffeur sait que ça s’hydrate une barbe ?”
-”Mais j’en sais rien moi, je vais chez les Orcs à côté du bâtiment de Minérologie, ils sont pas chers, t’a une bière servie pendant nan c’est tranquille.”
-”Ouais ok, alors déjà, tu vas mettre ça sur ta barbe, c’est un baume d’urgence, ça va t’aider à la discipliner un peu. Ça va sauver les meubles, et ensuite, je t’emmène chez le coiffeur la semaine pro. Laisse-moi t’offrir ça. C’est un centaure. Mais il s’occupe de touts les nains qui ont les cheveux crépus comme toi que je connais, il saura comment sauver… ça”... ajouta-t-il en agitant la main en rond autour de l’amas hirsute qui poussaient au bas du visage de Nielbek. Dans le même geste, il sortit une fiole au liquide ambré.
-”Ok, merci, j’vais essayer de faire genre tu m’as pas insulté, mais pourquoi tu m’offrirais un truc si cher ? J’t’ai fait quoi ? Tu veux quoi en échange ?”
-”OK, je ne vais pas te vannait sur la capacité de ton peuple à repérer les richesses et à se méfier. Mais sans toi, jamais j’aurai connu Eugénie !”
-”Mais gros, t’a connu Eugénie parce que je connais Zéli, c’était ma voisine du dessus, j’ai quasiment grandi avec elle. C’est sa faute si j’aime autant les engins volants. Et juste pour ça, tu veux m’offrir un coiffeur ? Et attend voir, c’est pour ça que tu t’es fait tout beau ce soir ? Wesh t’a le béguin de ouf pour elle !
-”Euh ouais, c’est Zéli qui a arrangé les choses pour ce soir, Eugénie n’aime pas trop les sabbats des Omegomongus, c’est trop décadent. Mais je n’avais pas d’idée de comment me rapprocher d’elle en restant respectueux, on n’a aucun cours en communs, on ne fréquente pas les mêmes bibliothèques, sans vous jamais je l’aurai rencontré”
-”Eh bien tiens, regarde justement qui arrive” l’interrompit Nielbek en montrant la pleine lune ; Zéli faisaient des figures aériennes avec sa Air-Board, tandis qu’Eugénie volait derrière elle, agrippée à un parapluie noir. Ptolemn soupira en souriant. Nielbek grimpa sur l’une des statuts de Sphinx qui ornait les escaliers, sortit des fumigènes de sa poche et les enflamma en sautillant. Zéli lui répondit en lançant moult cris, posant sa planche avec grâce sur le sol.
-”Yo Ptolemn, bien ou quoi ?!” lui lança Zéli en lui tendant la main. Elle portait sa touffe de cheveux roux en chignon haut maintenu par un bandana. Elle portait, elle aussi, une chemise rouge à carreaux, avec un pantalon cargo aux nombreuses poches. À ses pieds, de grosses bottes. Ptolemn lui rendit son check en souriant.
-”Parer à célébrer ce sabbat de fou ma Grande ?!” lui demande Nielbek du haut de son sphinx, tendant une pipe à son amie.
-”Et comment ! J’avais mon dernier examen écrit aujourd’hui, il me reste juste un oral la semaine prochaine, alors allons mettre fin à cette sobriété !”
Eugénie atterrie en faisant trois petits sauts. Elle portait un chapeau pointu violet, un voile rose pale qui descendait en cascade sur ses épaules et une robe longue droite pourpre. Les yeux de Ptolemn brillait. Nielbek et Zéli échangèrent des petits coups de coude en rigolant. Elle replaça son chapeau, et s’avança vers Ptolemn.
-”Bonsoir, désolé pour le retard, Zéli est une catastrophe quand elle se prépare en fumant, elle a essayé une dizaine de tenues.”
-”Bonsoir Eugénie. Ne t’excuse pas, ça m’a donné l’occasion de discuter avec Nielbek. Tu es très belle ce soir.”. Ptolemn souriait tendrement.
-”Bon aller, on va pas s’éterniser ici ! Go !” lança Zéli en grimpant les marches.
Les quatre amis pénétrèrent à l’intérieur du bâtiment. La musique était assourdissante. Un immense bar occupé tout un pan de la pièce. De nombreuses créatures y était accoudés, tenant plus ou moins bien sur leurs membres. Dans un coin, avait était aménagés divers fauteuils et canapés, où des sorciers faisaient découvrir des sorts à des Succubes, dans l’espoir de passé une nuit qu’ils n’oublieraient pas de si tôt avec ces créatures à la réputation dangereuse. Autour d’eux, un petit escalier descendait vers un bassin au centre de la pièce, où Nymphes et Sirènes dansaient en levant les bras. Si les Succubes étaient habillées courts, les Nymphes et les Sirènes étaient pratiquement nues. Un groupe de Sorcières, toutes divinement fines et musclées, se joint à elles en riant, entrainé par deux incubes à la peau pourpres. Des faunes observaient avec une attention toutes particulière la scène. La baie vitrée était ouverte ; dehors, un groupe de Centaures se livraient à un combat de lutte amical contre des Orcs. Près de l’immense feu, des nains s’était regroupés pour faire griller de la viande, assistés par d’autres sorciers. Ils faisaient tourner de longues pipes entre eux.
Eugénie se rapprocha de Ptolemn, un peu intimidée.
-”On dirait que le sabbat est déjà bien entamé.” lui souffla Ptolemn en lui offrant la protection de son bras. D’un même geste, Zéli et Nielbek allumèrent leur pipe.
-”Bon, on va vous chercher des soft à boire, vous voulez bien nous trouver un coin où se posait ?”
Ptolemn observa la pièce, ne sachant où se dirigeait. Eugénie tendit le bras :
-”Regarde, il y à une cursive en haut avec des tables et des fauteuils de libres, et je vois un pentacle de diminution sonore tout autour de la pièce, on devrait y être bien. Mais je ne sais pas où est l’escalier qui y mène.”
-”J’ai la solution lui répondit Ptolemn en souriant”. Ils se téléportèrent dans un craquement. La musique était beaucoup plus discrète en haut. La cursive était en fait en pente douce et monté en spirales vers la coupole du bâtiment. Eugénie éternua.
-”Pardon, je suis un peu allergique à la poussière de Pornaline.”
-”C’est ma faute, j’aurai dû te demander avant, désolé, je suis un peu nerveux.”
“Pourquoi” lui demanda Eugénie en cherchant une table libre. Ils passèrent devant un groupe de faunes qui fumait un étrange narguilé.
-”Euh et bien, je crois que j’essaye de t’impressionner. J’ai pensé à cette soirée toute la semaine, j’ai même failli rater mon examen de Botanique, je n’arrêtais pas de penser à toi. ON s’était vu que deux fois auparavant, au déjeuner, grâce à nos amis communs, mais je serai pas comment te le dire, tu m’a laissé une impression très agréable. Et je te trouve vraiment très jolie” bégaya Ptolemn. Il savait parfaitement ce qu’il voulait lui dire, mais il avait trop peur de la faire fuir en lui parlant de coup de foudre.
-”Oh, c’est mignon” lui répondit elle en souriant, un peu gênée. Elle avait le cœur qui battait la chamade. S’il savait ce qu’elle ressentait pour lui. Ils s’assirent sur le canapé en cuir foncé. Il y avait deux fauteuils du même cuir qui l’encadrait et une table basse. Cela devrait convenir à leurs deux acolytes.
-”Je vais envoyer Slama indique le chemin à Zéli” expliqua Eugénie en tapotant son chapeau. Ptolemn l’observa avec curiosité. Une petite salamandre sortit du chapeau en baillant. Regarda autour d’elle et s’envola.
-”Est-ce que c’est ton familier ?”
-”Oui, on a toujours eu des salamandres dans ma famille, une sorte d’héritage en hommage au dragon. Beaucoup d’Ihmils ont des reptiles pour familiers.”
-”Sympa. Je t’avoue que je ne connais presque rien sur le peuple Ihmils. Tout ce que je sais, c’est que vous avez des similarités avec les Asgyres. Il me semble qu’historiquement il y a eu une alliance pour vous accueillir à la suite des guerres, non ?
-”Oui. Les anciens Asgyres, quand ils ont appris le génocides qui étaient menés contre nous, on mit en place des vaisseaux d’évacuations. C’est la génération de mon arrière-grand-père et de mes grands-parents. Mes parents et moi-même sommes nés sur Dimidium. Nous n’avons pas connu la guerre, nous avons pu garder nos traditions et notre magies grâce au soutien des Asgyres. Nous remercions Gaïllah pour ça.”
-”C’était sa volonté de vous amener parmi nous. Si tu en as envie, j’aimerais beaucoup en apprendre plus sur ta communauté, et sur toi aussi si ça ne te dérange pas.” lui répondit Ptolemn.
-”En général, je n’en parle pas, c’est un peu un tabou. Mais nous sommes de la même religion, et j’en confiance en toi. Je te trouve très respectueux. Et même si j’ai grandi ici, et que je suis allée à l’école des sorciers, je n’ai pas vraiment eux l’occasion de fréquenter des Asgyres. Et surtout, tu es le premier Alchemist que je rencontre.”
Par son compliment. Il enchaina :
-”C’est vrai que les Alchemist ne sont pas nombreux. La plupart ont suivi des prophéties annonçant le Grand Plan et ont fuis dans d’autres galaxies. Mes parents sont Asgyres, ils ne croient pas à ces prophéties. Du coup ma famille est la seule de toute la planète à être Alchemist. J’ai grandi dans un cocon. Mes seuls contacts avec l’extérieur venaient des lieux de prières. Ce n’est pas très courant chez les Alchemist de faire des études en dehors du Cercle, mais j’ai la chance d’avoir des parents très ouverts, qui me soutiennent dans ce choix. Quant aux familiers, nous avons plus souvent des mammifères ici, et c’est le familier qui nous choisit. Du coup, je suis le seul d’une famille qui possèdent des chiens, à être accompagné par un chat. Mais Sumi ne s’est jamais laissé faire, elle à un sacré caractère” rigole Ptolemn.
Zéli était accoudés au bar et les regardait discuter à l’étage. Ils étaient mignons tous les deux. Elle espérait trouver un jour quelqu’un avec qui partageaient de tels sentiments. La Salamandre d’Eugénie se posa sur son épaule et lui chuchota quelque chose à l’oreille. Elle acquiesça et chercha Nielbek des yeux. Elle aurait juré qu’il se tenait debout sur le bar, il y à encore quelques secondes ; Slama lui mit un petit coup de tête et indiqua un immense Lycan. Nielbek était en vive conversation avec lui, lui expliquant avec de grands gestes comme correctement utilisé un Erguillet. Le Lycan l’écoutait attentivement, hocha son énorme tête. Il tenta une blague et se prit un coup de bottes sur le museau. Cela ne devait pas l’avoir trop blessé, car il sourit de la réaction de Nielbek, qui continuait de gesticuler. Zéli rigola aussi. Nielbek avait grandi dans les mines, et elle s’étonnait toujours de sa capacités à sympathiser avec des espèces aussi différentes de lui. Elle fit signe à la salamandre de veiller sur lui et de lui indiquer leur emplacement. Un Vipéride s’approcha d’elle. Sa peau jaune reflétait la lumière des candélabres accrochaient au plafond.
-”Qu’essst-ssce que je te sssers ?”
-” Hum, je vais prendre une bière pour le nain qui ai avec le Lycan là-bas, une rousse si tu as, moi je vais prendre un Snake Bite et deux jus de Betteraves s’il te plait. Je peux payer en Or ?”
-”Pas de ssssoucis, j’ai du change. “Il tourna complètement son corps pour attraper deux chopes et commença à tirer les bières, puis regarda Zéli en inclinant la tête. Il sortit sa langue bifide deux fois, posa le verre de bière blonde/cidre devant elle et lui demanda :
-”Sssuplément venin ? Au fait, tu ne sssserai pas l’une des Mages qui a manifesté dans le bâtiment des Volalenns pour les droits LGBTQIA ?”
-”Euh si, on n’était pas trop nombreuses, il y à quasiment une omerta instaurée par les fées sur le sujet. Mais on a eu un sacré renfort de la part des Harpenn et des Manticoreus. J’espère qu’on pourra faire en sorte de rendre notre Sororité plus “friendly”
-”Continue le combat ma ssssoeur. On a réussssi il y à des années chez les Sssmignya, et sssa à impacter tout le monde reptiliens. Une véritable révolussssion. Je t’offre tes cocktails, je te prépare quelque chose de sssympa pour les deux là-haut.”
-”Tu les connais ?” Le Vipéride hocha la tête en commençant à préparer les cocktails.
-”L’Alchemist est en cours de Posstion avançés avec des doctorants, on est enssemble en TP médisscinale. Très respectueux, très mature pour sson age. Et sssa copine sss’est fait remarquer par sssa réactivité. Une Lizzarde faizzait une crise d’hypothermie pendant un cours de desssin anatomique, et elle l’a tout de ssuite réchauffé avec un ssort. Il n’y avait aucuns autres reptiles dans la salle, et elle a eu la réaction parfaite. Nos essspeces ne cohabite pas vraiment, alors quand quelque chose de poszitif se passent, tout le monde en parle dans la communauté. Tiens, voila tes cocktails, je vais apporter sssa bière au nain, ça fera 0.2ozs.”
Zéli déposa quelques pépites d’or dans la main écailleuses tendu du barman.
-”Garde la monnaie, on se revoit plus tard”
-”Meersssi”.
Chargé de ses trois grands verres, elle chercha des yeux un moyen de monté à l’étage. Deux centaures, l’un portant une Naïades sur le dos, le second une Succube, se dirigèrent vers un pentagramme de levage. Elle les héla et monta dessus avec eux. Les filles rigolaient fort, les centaures bandaient leurs muscles, et Zéli regrettait de ne pas avoir rallumé sa pipe pour masquer l’odeur de paille et de testostérones qui se dégageaient d’eux.
Arrivée à l’étage, elle se dirigea vers ses amis, qui rigolaient ensemble à présent. Elle aimait bien voir Eugénie essayait de contrôler son rire en se pinçant le nez, mais visiblement, Ptolemn prenait un grand plaisir à faire rire cette dernière. Elle s’assit avec eux, sur l’un des deux et rejoint leur discutions sur la mode.
Nielbek fut interrompu dans son explication du meilleur moyen de planer avec un Erguillet par la salamandre d’Eugénie, apporter avec sa bière par le Vipéride. Le Lycan leva son verre pour trinquer avec lui.
-”Au savoir des Nains, qui ont visiblement beaucoup à apprendre à des êtres des forets comme nous !”
-”Au Savoir des Nains” répondit Nielbek qui bu une grande rasade de sa bière et se tourna vers la salamandre ;
-”Tu peux prévenir les autres qu’on va se poser dehors pour fumer ? “ La Salamandre soupira et prit son envol. Alors qu’il allait descendre du bar pour suivre le Lycan lui proposa ses énormes pattes velues.
-”Wesh t’es sérieux là ? C’est offensant pour les nains.”
-”Oh pardon, s’excusa le Lycan à la fourrure noir. C’est plus une coutume chez nous, on est pas tous des Lycans Loups, et les grands comme nous propose souvent un coup de pattes aux plus petits, comme les Alotelos.”
-”Ok, j’ai compris la moitié des mots de ta phrase.” répondit sceptique Nielbek en grimpant sur le Lycan.
-”T’inquiète, je vais t’en présenter, tu pourrais bien plaire à mon meilleur ami, c’est un Alotelo, un renard quoi”
-”Wesh, chuis resté dans ma grotte trop longtemps moi, j’en ai jamais vu”
-”Ahaha, c’est presque normale. Lui répondit le Lycan en sortant par la plus grande partie de la porte. En fait, sur ce continent, il n’y à quasiment que des Lycans Loups, moi je viens d’une meute qui vivait dans le Grand Nord, et qui a émigré pour sa sécurité au Sud, du coup j’ai grandi avec des plus petits que moi. Je suis venue avec un de mes frères de meute étudié la Pharmacopée ici. Lui est en école d’Infirmier. Du coup de bases, vous voyez pas beaucoup de Lycan car la plupart font des études plus techniques ou directement dans l’industrie spatial, et on sort pas beaucoup de nos meutes.”
Slama arriva épuisait à la table d’Eugénie. Elle lui fit un signe de la patte avant, debout sur ces pattes arrière. Eugénie sortit de la nourriture de son sac à mains.
-”Qu’est-ce qui se passe ?” demanda Zéli, sceptique.
-”Eh bien apparemment, il y a eu une querelle entre fées qui la forcer à faire un grand détour, et après elle s’est prise une vague projetée par la queue d’un Sirène, et si j’ai bien compris, il est plus difficile de volé au-dessus des Orcs, car leur chaleur corporelle modifie les courants. Ah et Nielbek s’est lié d’amitié avec un Lycan, ils sont dehors et nous invite à les suivre.” répondit Ptolemn calmement. Zéli le regarda, interloquée.
-”Les Asgyres ont aussi des familiers avec qui ils communiquent par Télépathie, je lui ai montré comment faire avec Slama en t’attendant.” Zéli continua à les regarder, interloquée, mais souriante.
-”Tu devrais t’entrainer aussi” argua Eugénie. Tu pourrais peut-être y arriver ?”
-”Non merci, j’ai déjà un démon comme familier lol, et c’est assez spéciale. Il est toujours là, mais on le remarque pas tout le temps. >enfin vous, parce que moi je l’entends et je lui réponds” rigola Zéli.
-”C’est-à-dire ?” demande Ptolemn.
-”Dès que Zéli est là, cherche un chat noir ou un félin noir. C’est la forme de son démon dans cette dimension.” répondit Eugénie. Ptolemn regarda autour de lui, et remarqua que les dessous de verre représentait des chats noirs. L’un d’ntre eux lui fi un clin d’œil.
-”On le rejoint du coup ? Je mangerais bien un morceau ” demanda Eugénie en aidant sa salamandre à regagner l’intérieur de son chapeau.
-”Ooooh j’avoue, j’ai trop faim après cette pipe ! Et je fumerais bien avec des Lycans, ça peut être drôle.” Les trois amis se lèvent et se téléportèrent dans le jardin. Les Lycans sursautèrent en les voyant soudain apparaitre. Nielbek termina de tirer sur l’Erguillet et les accueillis en crachant une épaisse fumée :
-”Yoooo !”
-”Yooooooooo !” lui répondit Zéli en tirant à son tour sur le Erguillet, sortant un sachet d’herbes vertes, accueilli par une slaves d’aboiement et de hurlements de la part des Lycans. Ils étaient une dizaine, des Loups Gris, un immense Loup Noir, quelques Alotelos (Renard) aux pelages allant du gris au noir en passant par le roux et deux Arbiloups arborant encore leur pelage clair d’étés.
Nielbek, toussotant, présenta son groupe d’ami aux Lycans. Cané se chargea de présenter les Lycans à l’autre groupe. Zéli n’avait pas perdu de temps et commençait déjà à échanger son herbe avec d’autres, avachis sur le canapé. Eugénie était restée accroché au bras de Ptolemn, se sentant ridiculement petite à côté de Cané le géant. Scus, l’Alotelo murmura quelque chose, sur la pointe des pieds à l’Arbilouve et ils se dirigèrent vers eux.
-”Salut, moi, c’est Scus. Dit moi si je me trompe, mais tu es bien un de ces étudiants de Potionologie qui s’intéresse de près à son utilisation médicale ? Il me semble t’avoir vu réviser dans la bibliothèque universitaire de Médecine il y à quelque temps.” demanda Scus à Ptolemn. Cané releva grand les oreilles, visiblement intrigué. Ptolemn rigola et répondit :
-”Oui, c’est bien moi, je pensais pas mettre fait remarquer ? C’est parce que je ne porte pas la traditionnelle blouse ? J’étais venue chercher des informations sur la Belladone pour mon examen de Botanique.”
-”Tu t’interesse aux propriétés étendues de la Belladone ? “ S’étonna Cané en remuant la queue. Les deux jeunes mâles commencèrent à débattre de ce sujet, Scus les observant d’en bas. Pendant ce temps, son amie Arbilouve s’était approchés d’Eugénie. Elle posa sa main sur son cœur et se présenta :
-”Salut ! Moi, c’est Eya ! J’ai cru comprendre que tu avais faim ?” lui lança-t-elle d’un ton enjoué. Eugénie la regarda avec un air surpris. Eya était à peine plus grande qu’elle, sa fourrure Ivoire et blé était partiellement caché par des vêtements qui cachaient presque autant son corps que le sien. Et ce geste, elle n’avait jamais vu quelqu’un qui ne soit pas religieux l’effectuer. Elle lui répondit en souriant et en lui rendant son salut :
-”Salut ! Eugénie, comment tu sais que j’ai faim ?”
-”Je te prie de m’excuser, j’ai senti l’odeur de ton estomac et j’ai entendu tes gargouillements, et puis je pensais que c’était une manière sympa de sympathiser, désolé si j’ai commis un impair, l’école d’Inf’ m’a donné des réflexes un peu particulier.”
-”Non non il n’y à pas de mal, et tu as totalement raisons, tu sais où je peux trouver de la nourriture… ”
-”Adapté ?” termina Eya en lui adressant un clin d’œil.
-”Oui, rigola Eugénie”
-”Suis-moi, je vais ‘aider, et puis si ça te dérange pas on pourra en ramener pour les deux là” lui répondit Eya en indiquant de la patte Cané et Ptolemn, qui riaient déjà ensemble. Les deux jeunes femelles s’éloignèrent en direction des barbecues. Ptolemn suivie Eugénie des yeux, bien qu’engagé dans un débat passionné sur les évolutions possible de la Pharma si plus de travail de collaboration était effectué avec la Potiono. En dehors de Nielbek et Zéli, qu’il avait rencontré au cours de l’année, il n’avait pas beaucoup d’amis sur le campus. Cané non plus, en dehors de la communauté des Lycans. C’était agréable de pouvoir parler avec quelqu’un qui ne remarquait pas votre différence se dire les deux mâles. Zéli de son côté rigolait bien avec Nielbek et les autres Lycans, avachis, tous en tas sur le canapé. Quand elle remarqua une sirène toute seule dans un bassin un peu à l’écart. Elle s’excusa auprès du groupe et se dirigea vers elle. La Sirène la regardait avançait vers elle. Elle était assise sur un rocher, sa queue encore dissimulé dans l’eau. Zéli effectua un petit pas de danse :
-”Hé, tu es toute seule ?”
-”Oui, les sirènes de ma Sororité tenait absolument à venir, mais le bassin est trop chaud pour moi, j’avais besoin de me rafraichir” répondit-elle en montrant sa queue de baleine.
-”Et puis, dansé avec autant de mâles qui me regarde, j’aime pas trop.” ajouta-t-elle.
-”Je te comprends, c’est pour ça que j’évite de rester trop avec eux. Ils ont faim, c’est dingue. Ça fait quelques heures à peine que je suis arrivée, mais j’ai déjà l’impression que ça vire Bacchanales là-dedans. Mais je suis venue avec des amis qui n’aiment pas trop ce genre d’ambiance, et on a trouvé le groupe de Lycans là-bas, ils sont plus respectueux.”
-”Je suis entièrement d’accord avec toi. Pour moi, c’est un peu trop “hétéronormé”. Je serai bien venue vous rejoindre, vous avez l’air sympa, mais j’ai vraiment besoin de me refroidir. Je t’ai remarqué dès que tu t’es téléporté dans le jardin, j’aime beaucoup ton parfum.”
Zéli sortit sa pipe en souriant.
-”Parfum d’origine naturel : Tu fumes aussi ?”
-”Ça m’arrive, mais je prèfere être en bonne compagnie, comme maintenant par exemple” lui répondit la Sirène en sortant une drôle de pipe à eau. Elles se sourirent en allumant leurs calumets respectifs.
-”Comment tu t’appelles ?” demanda la Sirène.
-”Zéli, et toi ?”
-”Arylenn.”
-”Eh bien Arylenn, puis-je t’offrir une boisson pour accompagner ce moment ?”
-”Volontiers. Est-ce que ça te dérangerait de me ramener aussi une bouteille d’eau ?”
-”Pas de soucis ma belle, un cocktail en particulier te ferait plaisir ?”, lui répondit Zéli avec un clin d’œil. Arylenn lui sourit en ramenant ses longs cheveux verts derrière son oreille. Le regard de Zéli suivit le mouvement, puis coula sur ses clavicules, avant de revenir subitement sur ses yeux. Elle se mordait discrètement la lèvre. Cette sirène était magnifique. Elle avait des yeux bleu foncé qui pétillait, des taches de rousseurs aussi vertes que ces cheveux qui parsemait son visage rond et une bouche à croquer.
-”Surprend moi.”
Zéli passa sa langue sur ses lèvres et se dirigea à l’intérieur. Arylenn la regarda s’éloignait. Elle sourit en la voyant se retourner. Elle n’aurait pas pensé une soirée aussi agréable. Finalement les anciens avaient raisons, les pleines lunes de Juny étaient propices aux rencontres. Elle remit discrètement les deux gros coquillage qui composé son soutiens-gorge et maintenait son opulente poitrine, lissa son gilet en écailles. Elle profita de l’attente au bar pour se remaquiller discrètement.
Zéli fendit la foule dénudé à l’intérieur pour atteindre le bar. Tout le monde étaient plus qu’alcoolisé. Elle n’aimait pas ce genre d’ambiance. Le Vipéride qui l’avait servi en début de soirée vint immédiatement à sa rencontre.
-”Qu’esst-sce qu’il te faut ?”
-”Écoute, j’ai rencontré une sirène et…”
-”Ssssay no more.” la coupa le Vipéride en effectua un petit geste de la main. Il sortit divers bocaux aux couleurs farfelus et lui composa un cocktails. Il déposa le breuvage ainsi qu’une gourde d’eau à côté d’elle.
-”Comment tu a su pour l’eau ?”
-”Une Ssssirène qui sss’éloigne pour rester dans le basssin arctic ? Elle à probablement sssoif en plus d’avoir chaud. Je connais mon métier mademoiszelle !” lui répondit-il en souriant.
-”Je te remercie, combien je te dois ?”
-”Csss’est pour moi. Par contre, j’ai remarqué que vous vous êtes éloignés avec ton groupe d’amis ; restez à l’écart, j’ai entendu parler d’une embrouille qui allait éclater. Je te fais sssigne sssi ssa dégénère, que vous ayez le temps de partir.” Elle le remercia en tapant deux fois sur sa poitrine, et se téléporta dehors. Arylenn sursauta en la voyant revenir si vite, avec une boisson bleu vif.
-”Le Barman nous a composé ça, il m’a dit que tu devrais apprécier.” De minuscules méduses flottaient à l’intérieur de la boisson. Un verre, deux pailles. Arylenn sourit.
-”Et du coup, tu étudies quoi ?”
-”Je suis en Soins des créatures magiques.”
-”Oh tiens, comme ma coloc !”
-”Et toi ?”
-”Démonologie, j’ai pas vraiment eu le choix, j’ai été choisit”
-”Wow, impressionnant, tu es la première Démoniste que je rencontre ! Tu es une sorcière du coup ?”
-”Et toi la première sirène avec une queue de baleine que je rencontre. Vous êtes toutes aussi belles ?”
-”Ahaha, tu cherches à me séduire c’est ça ? C’est vrai que c’est rare qu’on aille étudier aussi loin de nos tribus, mais on avait vraiment besoins de quelqu’un pour devenir vétérinaire avec out ce qui se passe.”
-”Si j’arrivais à te séduire, ça serai vraiment une bonne soirée. Du coup, tu viens d’où ? ” répondit Zéli.
-”Du grand Nord, et toi ?”
-”J’ai grandi ici. Nielbek était mon voisin, et j’ai connu Eugénie, la sorcière en pourpre que tu vois là-bas, pendant mes années à l’internat pour Sorcières. Après ça on est venue étudier ici, et ça m’a fait trop plaisir de retrouver mon pote Niel ! Et comme ça j’ai rencontré Ptolemn, il est cool. Et ce soir, on a sympathisé avec les Lycans. Quelques-uns sont en médecine, mais le groupe que tu vois partir en titubant sont tous en études Minéralogie. Mais depuis que je suis arrivé à la Faculté, tu es définitivement la meilleure rencontre que j’ai faite.” Arylenn lui sourit en regardant dans ses yeux. Elle posa ses lêvres sur l’une des deux pailles, prit une gorgée du cocktail et répondit :
-”Je n’ai pas trop eu l’occasion de rencontrer du monde en dehors des Leukosys, et je suis clairement pas très fan de leur mentalité. Je pense me prendre un bassin à moi en ville l’année prochaine. Histoire de pouvoir me retrouver. Alors faire ta connaissance, alors que j’hésitais à quitter ce clan, ça me conforte dans mon idée qu’il vaut mieux parfois avancé à contre-courant. On y fait de très jolies rencontres.”.
Eugénie observait la conversation au loin, heureuse de voir que Zéli faisait enfin une rencontre qui avait l’air sérieuse. Elles venaient de terminer de manger. Eya et elles n’avaient pas arrêté de papoter, assise sur deux chaises, observant Cané et Ptolemn qui n’arrivaient pas à finir leurs repas tant ils étaient épris dans leurs conversations. Il ne restait du petit groupe d’origine qu’eux quatre, Nielbek et Scus. Les deux petits mâles s’étaient lancés dans une conversations consistant à noter les différents mâles présent à cette soirée, y allant gaiment de leurs petits ragots acerbes. Soudain, Cané, Eya et Scus se redressèrent, leurs oreilles tendus. Cané s’était instinctivement rapproché de Eya, cette dernière tenant par le bras Eugénie. Scus se leva sur l’accoudoir du canapé. Tous trois étaient silencieux et humaient l’air. Ptolemn regarda Eugénie qui semblait désormais inquiète, puis Nielbek, qui fronçait les sourcils. L’ambiance venait de changer radicalement.
-”Mec, ça va ?” demanda-t-il alors à Scus.
-”Non, il y à quelque chose qui cloche. Ça sent pas bon.” lui répondit Cané en lui faisant un signe de la patte pour se regrouper.
-”On devrait partir, où est ton amie, la Sorcière ?” demanda Eya à Eugénie. Eugénie tourna la tête en direction du bassin. Slama sortit précipitamment de son chapeau. Le Vipéride qui les avait servis toute la soirée agitait sa langue en l’air. Slama fonça vers le couple de jeunes femelles. Alors que les deux jeunes femelles se rapprochaient de plus en plus l’une de l’autre, discutant, une nuée de Harpies commença à tourner autour de la fraternité. Slama commença à gesticuler devant elles ;
-”Je ne te comprends pas, essaye de mimer ce qui se passe.” lui dit Zéli.
-”Pas besoin, j’ai compris le message. Le Vipéride au Bar, il dit : BARREZ-VOUS.”. L’interrompit Arylenn. Slama hocha la tête vigoureusement. Zéli réfléchi une seconde et dit à Slama :
-”Mare des rêves”. La salamandre reparti en volant aussi vite qu’elle le pouvait. Arylenn observait les Harpies descendent avec appréhension.
-” La mare des rêves est à une vingtaine de minutes d’ici, elle est réputée pour être très froide, et c’est dans un coin tranquille. Il y à sabbat des Raskers pas loin, c’est très tranquille, et on pourra y chercher à boire. Ça te va ? “ Expliqua Zéli en se tournant vers Arylenn. Elle plongea et demanda :
-”Mais comment tu vas me suivre ? Tu devrais retourner avec tes amis, et on se rejoint au bord de la mare.”. Zéli rit, s’agenouilla à hauteur du bassin :
-”Non ma belle, je te laisse pas toute seule ce soir, j’ai ma planche, je peux voler à tes côtés.” Arylenn s’approcha d’elle et déposa un baiser furtif sur ses lèvres avant de plonger et de réapparaitre dans la rivière qui coulait en direction du campus un peu plus loin.
-”Tu viens ?” Zéli se mordit la lèvre en souriant, appela sa planche d’un geste de la main et se dirigea vers Arylenn. Elle sentait son cœur battre si fort dans sa poitrine ; en un an sur le campus, jamais elle n’avait pu se rapprocher autant d’une autre femelle. Elle se sentait tellement bien avec elle. Ce sabbat avait finalement quelque chose de magique.
Slama arriva en papillonnant des ailes, la gueule grande ouverte vers le groupe. D’une même voix pressées, Eugénie et Ptolemn s’écrièrent ;
-”On bouge maintenant, la mare des rêves.” Les Lycans levèrent des sourcils interrogatifs.
-”Je sais où c’est, suivez-moi !” répondit Nielbek en se levant du canapé. La troupe s’éloigna rapidement du bâtiment où des cris commençait à remplacer la musique.
Arylenn sautait régulièrement en dehors de la rivière, toujours au côté de Zéli, qui faisait glisser sa planche à la limite de la surface de l’eau, les deux femelles riaient, l’air et les embruns caressant leurs peau. Elles arrivèrent les premières à la Mare. Cette dernière était située au cœur de la frets, dans une clairière. Bien que les lunes éclairés le campus, des étudiants avaient disposé des lampions remplis de lucioles le long des arbres qui entourés la mare. L’ambiance avec quelque chose de magique. Les deux jeunes femmes s’arrêtèrent, essoufflées. Zéli sauta de sa planche et plongea dans l’eau. Elle était à moitié immergée. Arylenn s’approcha d’elle.
-”Mais, tu vas être trempés si tu coninue à avancer vers moi.” lui dit, surprise Arylenn.
-”Je n’en fiche, je ferai sécher mes vêtements. La mare est à une trentaine de minutes de marches, on a un peu de temps seules avant que mes amis arrivent.” lui répondit Zéli en s’enfonçant dans l’eau. Elle avait à présent de l’eau jusqu’au menton.
-”Mais tu vas attraper froid !” répondit Arylenn en s’approchant de Zéli. Zéli commença à nager doucement vers elle. Elle comprit alors.
-”Alors tu vas pouvoir te réchauffer dans mes bras…” termina Arylenn tandis que Zéli se réfugiait contre elle. Elles n’avaient pas réalisé leurs différence de taille jusqu’à être dans les bras l’une de l’autre. Zéli se détendit alors que la main d’Arylenn descendait le long de son dos. Sa queue l’a maintenant un peu en dehors de l’eau. Elle réalisa qu’elle ne s’était jamais senti autant apaisé que dans les bras de cette sirène. Arylenn caressa les cheveux de Zéli qui s’échappaient en bataille de son chignon. Elle avait l’impression que son cœur allait sortir de sa poitrine. Jamais elle n’avait ressenti d’attirance pour une autre Sirène. Mais cette sorcière lui faisait découvrir des sensations insoupçonnées en elles. Éclairé par la douce lumières des lucioles, les deux femelles s’embrassèrent tendrement.
Cané marchait au côté de Ptolemn. Ils étaient les deux plus grand du groupe et avait décidé de fermer la marche. Ils étaient à présent suffisamment loin du bâtiment des Omegomongus pour être en sécurité. Ils avaient repris leurs discussions avec toujours autant de passions. Ptolemn était heureux de cette soirée. Il s’était beaucoup rapproché d’Eugénie ; elle lui avait jeté des regards toute le soirée, lui souriant, venant lui demander s’il s’amusait autant qu’elle. Il se sentait vivant, amoureux. Jamais encore il n’avait ressenti des sentiments aussi fort pour une femme. Il sourit à Eugénie quand cette dernière se retourna. Cané lui
demanda :
-”Tu es amoureux de cette jeune sorcière non ?” Ptolemn le regarda avec des yeux surpris.
-”Désolé, je t’ai vu la regarder en souriant toute la soirée. Ton cœur s’emballe quand elle vient te parler, et tu as une odeur particulière. Et tu a l’air plus serein aussi quand elle est près de toi.” Ptolemn rigola. Il s’assura que les deux femelles étaient suffisamment loin devant eux pour répondre à Cané :
-”Oui, tu as raison, tu m’as eu mon frère. J’ai eu le coup de foudre pour elle quand je l’ai vu la première fois. En fait, Zéli et Nielbek ont pratiquement grandi ensemble, et Zéli et Eugénie se sont rencontré à l’internat. J’ai rencontré Nielbek le premier jour du cursus de Potiono. On a direct accrochés ensemble. Et c’est comme ça qu’il y à trois semaines, on s’est retrouvé à déjeuner tous les quatre ensembles. Et elle m’a éblouie. Je savais pas quoi dire, j’étais subjugué. La seconde fois qu’on s’est vu, c’est à peine si j’ai réussi à faire une phrase complète. Nielbek l’a remarqué, et il en a parlé à Zéli, qui a manigancé pour qu’on puisse se retrouver tous les deux ce soir. Je n’avais jamais autant passé de temps avec elle, j’ai l’impression d’être sur un nuage. ” Cané lui sourit en retour. Mon frère. Ces mots-là avait pour lui un sens fort. Depuis qu’il était arrivé dans la Faculté, il n’avait pas eu l’occasion de discuter avec des êtres à le peau aussi foncé que la sienne. Les codes de sa culture lui manquaient, et il était heureux de pouvoir les partagés avec cet humain, qui l’avait accueilli plus chaleureusement que les Lycans de sa promotion.
-”Je suis désolé de t’avoir accaparé une partie de la soirée, j’ai rarement l’occasion d’avoir des conversations aussi intéressantes et pointu avec quelqu’un.” lui répondit Canè en baissant les oreilles.
-”Oh non ne t’excuse pas. C’est pareil pour moi, je veux dire en dehors de Nielbek et encore, j’ai rarement l’occasion d’avoir des conversations aussi poussés. Et puis ça fait du bien de pouvoir rire de certaines choses, tu vois ce que je veux dire. Et en parlant de sentiment, tu as remarqué que la Renarde qui parle avec Eugénie a le béguin pour toi au fait ?”
-”Quoi ? Pardon ? Tu délires ? Et ce n’est pas une renarde, mais une Arbilouve. Et non, c’est pas possible, ce qu’elle me trouverait de toute façon non, tu te trompes, je t’assure, c’est pas possible, pas moi non. Je suis trop grand, trop noir pour lui plaire non non.”
-”Ouh là, ça fait beaucoup de mots pour me contredire. Alors primo, de tout les Lycans présent ce soir, y comprit votre ami Scus, tu es le seul à qui elle a apporté à manger. Elle est allée te chercher à boire toute la soirée, et elle te regarde sans cesse. Secundo ; tu n’es pas trop grand ou trop noir. C’est des conneries que les jaloux raconte. Tu es très bien telle que tu es, et c’est probablement parce que tu es si différent des autres Lycans que tu lui plais. Tertio : je vais pas te dire que tu devrais avoir plus confiance en toi. Moi-même il m’a fallu du temps pour m’assumer et me revendiquer. Je sais ce que c’est que d’être “le seul de son sous-genre”. C’est un processus qui prend du temps. Mais si tu as envie d’en parler, et que tu tesens pas de t’ouvrir à tout ça face à tes semblables, sent toi libre de le faire avec moi. Et s’il s’avère que j’ai tort au sujet d’Eya, je te paye un resto ! Et s’il s’avère un jour que j’avais tort, je te paye un resto ?”
-”Ahaha, ça va te couter cher ça mon frère, je suis encore un Lycan en pleine croissance ! Mais tu as peut-être raisons. C’est vrai qu’elle est jolie. C’est Scus qui me l’a présenté, on a grandi ensemble lui et moi, même si on vient de sous-espèces différentes, et qu’on a pris des chemins de vie différent. Ils font l’école d’infirmiers ensemble. J’aurai dû me douter qu’il avait une raison de faire ça”.
Eya et Eugénie avaient papoté toute la soirée. Eugénie adorait sa colocataire Zéli, mais ça n’était pas vraiment la Fille avec qui parlait de cuisine, et de mariage ou de futures familles. Eya partageaient cela avec elle.
-”Eya, je peux te poser une question indiscrète ?”
-”Oui, vas-y”
-”Quand tu m’as parlé la première fois, tu as fait ce geste de la main sur le cœur, et j’ai remarqué que tu t’habillais toi aussi de manière pudique. Il y à une raison à tout ça ?”
Eya rigola doucement :
-”Je peux bien te le dire, je pense pas que c’est toi qui émettras un jugement de valeurs ; je suis orpheline et j’ai était élevé dans un couvent de Fées Soignantes. Mes sœurs ont décidé d’entrer dans les ordres et sont partis dans le Sud, mais j’ai préféré suivre un cursus d’Infirmière plus classique. J’ai grandi coupés des autres Arbiloups, mais quand je vois la plupart d’entre des miennes... Je sais pas comment expliquez ça, je ne me reconnais pas dans leurs comportements. Je ne comprends pas pourquoi elles sont si bruyantes. La seule personne avec qui j’ai réussi à être ai, c’est Scus. On étudie ensemble. Et à cause de son orientation sexuel, il se fait rejeter comme moi par les Lycans de ce pays.”
-”Je comprends. Merci de t’être ouverte à moi. Je t’avoue que je me sens aussi un peu seule. J’adore Zéli, on se connait depuis nos 11 ans, mais j’ai pas grand-chose en commun avec elle. Je serai très heureuse de pouvoir boire un thé de temps en temps avec toi !”
-”Avec plaisir ! Je termine mes examens le mois prochains. Après ça on pourra se poser en terrasse et nos béguins pour ces grands gaillards” lui répondit enjouée Eya, en se retournant pour sourire à Cané, qui lui rendit maladroitement son sourire.
-”Qu-est-ce que tu veux dire ?” demanda Eugénie en rougissant.
-”On est capable de sentir ce genre de choses en tant que Lycan. Même si à force je pense que Cané aurait besoin de sous-titres.”
Eugénie vérifia par-dessus son épaule si Ptolemn pouvait l’entendre et confessa :
-”Je crois que j’ai eu un coup de foudre pour lui. C’est Nielbek qui me l’a présenté et je sais pas, mon cerveau s’arrête de fonctionner quand il est là. Je me suis jamais intéressé aux mâles, j’étais trop concentré sur mes études et ma religion, mais lui… Il est parfait.”
Les deux femelles pouffèrent en s’enfonçant dans la forets.
Nielbek menait la marche, beuglant des chansons paillarde avec son nouvel ami Lycan.
-”On en a encore pour 5 min de marche à partir d’ici.”. Scus sortit deux champignons de sa veste, et en tendit un à Nielbek.
-”Tiens, c’est marrant et pas trop violent, je les gardais pour un moment spécial avec Cané, mais je pense qu’il n’en aura finalement pas besoin ce soir. Et puis j’ai bien envie de voir à quoi tu ressembles quand tu planes ; ça vomit des arc-en-ciel les nain gay ?” lui dit-il en lui enserrant l’épaule. Nielbek lança un regard interrogatif à son nouvel ami ;
-”Comment tu sais ça ?! J’en ai à peine parlé à Zéli. ” lui chuchota Nielbek en mâchouillant.
-”Ne t’inquiète pas, ton secret est bien gardé avec moi. J’en suis aussi. Et je sais pas si c’est pareil chez les nains, mais c’est délicat de faire son coming-out parmi les Lycans de ce continent. Ah et je le sais parce qu’on a passé la soirée à parler de mâles.”
Les deux mâles explosèrent de rire.
Le petit groupe était arrivé à la Mare. Zéli Arylenn se séparèrent dans un dernier baiser. Arylenn transporta Zéli dans ses bras jusqu’a un rocher. Zéli grimpa dessus et s’agenouilla et embrassa une dernière fois la belle Sirène. D’un claquement de doigts, en fi séchés sa robe. Ses cheveux s’échappèrent dans un petit soulèvement de vapeurs en une afro aérés. Arylenn interrompit la tentative de baiser en voyant Nielbek et Scus arrivaient en sautillant :
-”On va se revoir hein ?”
-”Bien sûr que j’ai envie de te revoir, j’ai envie d’apprendre à te connaitre !”
Zéli salua son groupe et leur présenta Arylenn. Cette dernière proposa d’aller chercher des boissons. Eya et Eugénie se proposèrent pour aider, mais Arylenn leur expliqua qu’elle avait accès à un bar secret dans le fond de la mare. Pendant ce temps-là, Cané avait trainé un tronc d’arbres pour en faire un siège, et Ptolemn allumait un feu pour réchauffer tout le monde. Scus et Nielbek courait dans les bois en riant. La soirée se terminait finalement dans une ambiance douce et agréable, qu’aucun n’aurait soupçonnés.
Chapitre 2
-”Meuf, je stresse tellement pour aujourd’hui” maugréa Eugénie en essayent d’ajuster son bandana sous son chapeau pointu. Zéli passa la tête par l’embrasure de leurs salles de bain, sa brosse à dents coincés dans sa bouche couverte de mousse et agita un doigt en direction de son amie : le bandana s’ajusta parfaitement sous le chapeau, les petites mèches de cheveux bien calés en dessous.
-”C’est impressionnant, depuis qu’on se connait tu as toujours eu plus de facilités que moi à coiffer les cheveux, comment ça se fait ? “ Demanda Eugénie en se tourna vers sa colocataire. Cette dernière cracha dans le lavabo et sortie de la salle de bain en frottant une serviette dans ces cheveux.
-”Bah faut dire j’ai eu de quoi m’entrainer ” une tignasse frisée rousse s’échappa de la serviette. “Je ne peux rien en faire, ils ont leur vie propre. Tu vois cette raie ridicule au milieu, pas moyen de la changer de place. Ça fait 25 ans que j’essaye de faire quelque chose de mes cheveux, et même la magie ne m’aide pas. Mais au moins, je maitrise bien la télékinésie en général. Dommage que je n’ai pas tes talents culinaires.”
Eugénie rie en lançant le café. Zéli enfila une robe longue noire à bretelles fines et vint s’assoir à côté de sa colocataire.
-”Bon, dit moi ce qui te fais peur.”
-”J’ai deux examens ; un en droit et juste après en Dragonisterie, et celui-là je le sens pas. J’adore les créatures magiques, mais les dragons, c’est une autre paire de manches. Ils m’impressionnent avec leurs capacités de télépathie et leurs immenses connaissances.”
-” Je te comprends, mais voit ça comme un avantage ; tu fais un double cursus en droits et créatures magiques, ça devrait les intriguer, tu as déjà des convictions très fortes. C’est une approche à l’opposé des autres personnes dans ton cursus, qui veulent juste travailler avec des dragons, je pense que ça peut jouer en ta faveur, surtout si tu tombes sur Apalala. Il appréciera ça, et puis, c’est juste un examen de physiologie non “
-”Euh oui, mais comment tu sais tout ça ?”
-”Bah tu sais, la Sirène qu’on a croisé au sabbat des Omegomongus ?”
Eugénie acquiesça en buvant une gorgée de café.
-”Bah on s’est bien rapproché pendant la soirée, avant que vous nous rejoigniez à la mare. Et hier on a passé la journée à discuter via boules de cristal. Elle stresse aussi pour l’examen, les dragons terrestres, c’est pas son fort. Je la rejoins pour manger à midi, si tu veux te joindre à nous ?”
Un chat calicot entra pas la fenêtre. Il portait dans sa gueule un petit morceau de papier.
-”C’est le chat de Ptolemn ?” s’étonna Zéli.
-”Hi hi, oui, il m’a envoyé des fleurs hier d’ailleurs, pour que je puisse me faire une infusion. Il avait peur que j’ai attrapée froid lors de la soirée. Je crois qu’il se passe quelque chose avec lui. Mais j’ai aucune idée de comment faire… ”
-”Faut dire, à l’école, tu n’étais pas très intéressée par les garçons. Je pense pas que ça soit très différent de mes relations, je pourrais peut-être t’aider ? Et je pense que tu as de la chance qu’il ait son propre appartement !”
-”Ouhla, on en est pas encore là ! Ah moins que tu n’aimes plus vivre avec moi ?” s’offusqua faussement Eugénie
-”Non, c’est pas ça, mais tu vois dans ma relation naissante, je me heurte au fait que les sirènes n’aime pas trop voir des terrestres trainées dans leurs souterrains et dans leurs bassin, et c’est donc un peu délicat de trouver des endroits où pouvoir parler tranquillement avec Arylenn. Au moins avec son propre appart, vous avez un endroit safe en dehors des ragots du campus. Je me demande à quoi ressemble son appart ; j’imagine un petit trou remplis de bouquins et de papiers, avec des fioles qui fument dans tout les sens.” Eugénie rougit en lisant le message :
-”Il organise une soirée chez lui, c’est une invitation officielle. Il précise aussi que tu es la bienvenue avec ton amie. Il possède une piscine reliée au réseau souterrains marins, au moins vous pourriez avoir de “l’intimité”. Et il demande ce qu’on fait ce midi.”
-”Et ça, ça suffit à te faire rougir ?”
-”En fait, Sumi à ajouter un commentaire télépathique, comme quoi il serait vraiment vraiment très touché si j’acceptais de venir le voir.” Eugénie termina son café et attrapa son sac à dos.
-”Honnêtement, je pense pas que Ptolemn tentera quoique ce soit d’inconvenant. Il est aussi religieux que toi, et je pense que c’est ce qui fait qu’il ne veut pas être dans une fraternité, il y à trop de dérives. On en reparle cet après-midi ? Tu m’envoies un hibou quand tu sors de ton examen, je passe la matinée à la bibliothèque, j’ai mon oral final de Démonologie cet aprem.”
-”Ça marche, bonne révision.” lui souhaita chaleureusement Eugénie. Zéli sortit de leur appartement, traversa un couloir recouvert de bois et ouvrit une porte qui donnait sur le vide. Elle tendit la main et sa planche de Airboard arriva à sa hauteur. Elle grimpa dessus et glissa jusqu’a sa destination. Elle aimait bien le campus de sa ville ; une grande rivière reliée tous les bâtiments pou permettre aux aquatiques de se déplacer. Il n’y avait pas de bitumes comme certaines universités modernes, ce qui en faisait un lieu de prédilection pour les Centaures et les Faunes. Ils se retrouvaient généralement en grands groupes avec des elfes et des fées dans les forets qui jouxtait l’entrée des mines. Elle s’amusait à chaque fois de voir comment la société avait changé. Il y à encore 50 ans, jamais on aurait pensé qu’un Centaure puisse faire des études de Minéralogie, où qu’un Nain face de la Démonologie. Ou encore que les Sirènes aillent dans les mêmes campus que les Harpies. Mais son université avait réussi à prouver au monde magique qu’une entente était possible, dans une société adaptée à tous. Alors qu’elle descendait doucement vers la bibliothèque souterraine, elle se fit quasiment renversé par un nain sur un balai. Il s’arrêta juste avant le mur et descendit péniblement de son engin. Zéli sauta agilement de sa planche, qui reparti dans les airs.
-”Bah alors Nielbek, tu testes une nouvelle monture ?”
-”M’en parle pas ma sœur, j’ai refait les branches de mon balai, t’sais comme je l’avais cramé pendant le dernier sabbat. Il pousse de ouf maintenant, faut que je raccourcisse le manche pour plus de maniabilité avant de me faire tuer. T’a pas idée comment je me suis fait insulter par les fées de ta Sororité en passant trop prêt de leurs douches. J’essayais juste d’éviter de rencontré dans une Harpie, elles m’intéressent pas de toute façon.”
-”Tu viens réviser tes potions ?”
-”Ouais, et toi, qu’est-ce-que tu fais ici ?”
-”Je suis lié à un Démon du 7e cercle, et il affectionne venir dans la bibliothèque des Nains, quelque chose avoir avec les anciennes énergies. On va en profiter pour bosser un peu avant mon oral.”
Zéli et Nielbek descendait l’escalier colossal qui menait dans les profondeurs de la bibliothèque.
-”Au fait, j’ai reçu un message d’un goéland. Eh la vache, c’est grand ces trucs-là, limite je pourrais le chevaucher pour aller au bar. Bref, le piaf m’apporte son message et ça dit un truc du genre Désole de t’importuner, je sais que c’est pas commun pour nos deux espèces de se côtoyer, mais je te vois passer tous les jours au-dessus de mon bassin et j’aimerais vraiment bien te connaître, et c’est signé, mais j’arrive pas à lire la signature tu crois que ta copine pourrait m’aider ?”
-”Ouuuuh mais c’est que tu fais tourner les têtes mon cher ! Écoute on à rendez-vous près de la clairière aux trèfles, dans la mare des songes t’sais à côté du bâtiment de philo à midi. Ptolemn et Eugénie seront là aussi, joint toi à nous et puis on verra bien”
-”Ils sont pas encore ensemble ces deux là ? Sérieux ça se voit qu’il la kiff grave, elle devrait tenter sa chance. Il me semblait qu’ils étaient super proche pendant le sabbat, mais je me souviens pas très bien de la fin de la soirée”
-”Ouais, mais tu connais Eugénie … ” Nielbek s’arrêta soudain. Il frissonnait.
-”Je crois que ton démon arrive, je me sens pas super bien… Tu sais où me trouver. Ça te dérange de me prendre sur ta planche pour aller à la mare, j’ai vraiment eu peur ce matin sur mon balai.” Demanda Nielbek, pâle comme un linge.
Un chat noir attendait en bas de l’escalier. Son ombre mouvante semblait faite de tentacules et de volutes de fumées, mais elle dégoulinait sur le mur.
-”Ouais pas de soucis. Et tu devrais voir avec Astros, le faune, il est doué pour les balais custom, c’est lui qui m’a refait l’alignement de ma planche. Allez je te laisse !”
Le chat souri. Le monde des vivants avait vraiment changé depuis qu’ils maîtrisaient le voyage spatial. Et cela allait permettre la réalisation du Grand Plan. Zéli était prometteuse et la Grande Instance avait déjà déterminé son rôle de chevalière de l’Apocalypse des mondes extra-terrestre bien avant sa venue au monde. Et en plus, elle faisait des grattouilles derrière les oreilles particulièrement appréciables.
Chapitre 3
Eugénie sortie de son examen de droit, les doigts encore tachés d’encre. Elle remercia son Dieu pour le sujet sur lequel elle était tombés. De l’analyse de texte de loi et un argumentaire à préparer quatre heures minus 2. Bien qu’elle ait eu terminé son sujet en avance, le Chronotemporalisateur à l’entrée de la salle d’examen l’amena très peu en avance de la sortie des autres élèves. Certains avaient l’air dépités. Elle n’avait pas le temps de s’apitoyer sur eux. Elle sortit sa baguette de sa robe et la leva vers le ciel. En un craquement, elle se téléporta devant le bâtiment de Dragonisterie. Elle vérifia sa tenue dans un petit miroir de poche sortie de sa robe ; tout allait bien. Elle sentait son cœur battre la chamade. Elle sortit un long kimono de son sac et l’enfila ; deux dragons volaient dessus dans un ciel étoilé. Elle l’enfila et fourra dans les poches sa baguette, son grimoire, un extincteur, une énorme boite de gâteaux à la viande, un crapaud. Et réfléchi quelques secondes et décida de glisser sa salamandre dans son chapeau. Elle avait créé un micro-univers à l’intérieur de ce dernier afin de lui apporter du confort.
Elle regarda sa montre ; il était l’heure. Bien que le bâtiment de Dragonisterie fut un fait une petite bicoque tordus et pleines de portes, elle était très intimidée par le lieu. Elle poussa une porte ancienne et lourde et entra dans la prairie.
Elle soupira : au moins, elle n’aurait pas affaire à un Dragon d’eau ou un Géant des pierres cracheur de feu. Elle regarda autour d’elle ; derrière la porte se referma, ne laissa qu’un montant et la porte au milieu de la plaine. L’herbe était légèrement bleutée, de petites fleurs de différentes nuances de bleues poussaient de-ci delà. Un peu plus loin, il y avait un rocher. Elle décida de s’en approcher. Elle n’avait reçu aucune instruction pour son examen, contrairement à certains de ces camarades. Sur le rocher, il y avait un Instrutout. C’était un objet rigolo, un instrument capable de se transformer en n’importe quel instrument, parfaitement calibré. Elle le prit en mains et fut heureuse de voir que sa première forme était un Oud. Elle profita du calme pour en jouer quelques notes. Si le Dragon qu’elle devait rencontrer était trop loin, il ne l’avait probablement pas senti arrivé. Mais de la musique, ça l’attirerait. Rien ne produisait de la musique dans ce monde-là.
Son Oud produisait les harmoniques qu’elle ne maitrisait pas. Elle sentait une vague de nostalgie l’envahit. Elle commença à fredonner une chanson de son enfance. Un puissant courant d’air la fit s’arrêtait. Le Dragon venait d’arrivée. Elle s’agrippa fermement à son chapeau, l’Oud posait sur les genoux.
Balahuur. Je vous prie d’excuser mon retard, Mademoiselle, j’étais partie mangé.
-”Non non, il n’y à pas de mal, j’espère que je ne vous ai pas dérangé en jouant de la musique”
Non, je garde un Instrutout pour que les gens puissent me prévenir. Mais il y avait bien longtemps que je n’avais pas entendu d’Oud. Sur ma planète d’origine, c’était un instrument traditionnel. Vous jouiez un air Ihmil si je ne me trompe ?
-”Oui, ma famille est de cette tribu. Nous avons fui la planète il y à plusieurs générations, pendant la Grande Pandémie, mais un peu avant les Invasions Andromédienne.
J’ai vécu cette guerre malheureusement. C’était terrible, beaucoup de Dragons sont morts, certains on réussit à s’échapper grâce au renfort démoniaque. Nous devons beaucoup aux Sorcières. Nous sommes d’ailleurs quelques-uns à avoir émigré sur cette planète. J’estime qu’enseigner est un bien mince remerciement envers votre espèce pour ce qu’elle à fait pour nous. Si ça ne vous dérange pas, avant votre examen, j’aimerais que vous terminiez cette chanson. Chantez là avec votre cœur, je vous prie.
Eugénie déglutie. Son arrière-grand-père lui avait enseigné l’histoire de sa famille, comment eux et les dragons avaient partagé les montagnes, ce battant contre les Carétiens pendant des siècles. Elle lui devait de lui rendre hommage. Elle s’éclaircit la voix, et la laissa s’envoler en volutes mélodieuses, l’Oud lui répondant sa mélodie. Le temps autour d’eux changea ; un vent violent agitait la plaine, mais Balahuur les en protégea avec ses grandes ailes. Il grondait avec le rythme de la chanson, les yeux clos. La dernière note de la chanson resta dans l’air, en suspend pendant que le vent se calmait.
Merci.
Eugénie porta sa main droite à son cœur et s’inclina respectueusement.
Passons à votre examen ; il se déroulera en deux parties ; une analyse physiologique et un examen préliminaire pour vous orienter l’année prochaine vers un cursus d’études de la Dragonisterie.
Pendant de longues minutes, Eugénie répondit aux questions pointues du Dragon sur les caractéristiques physique de ce dernier. Elle avait l’impression de faire un sans faute.
Pourquoi les Carétiens nous chasser t-il ?
Cette question-là n’était pas au programme. Les dragons ailés des plaines était une espèce très répandue dans diverses galaxies, et Balahuur cherchaient ainsi à tester ses connaissances personnelles et son héritage culturels.
-”Les Carétiens pensaient que les Dragons étaient l’incarnation de leurs enfers, et que les exterminés irait dans le sens des commandements de leurs religions. On trouve des traces de cela dans leurs Évangiles. Ils ont mené des séries d’alliances économiques avec d’autres peuples athées afin d’atteindre les dragons d’autres régions du monde. Certains peuples pensaient que les cornes de dragons, les dents, les ailes, recelaient des propriétés thérapeutiques. Certains cultes de sorciers pensaient que les os de Dragons leur confèreraient suffisamment de pouvoir pour contrôler un démon. Tout ceci est faux, comme les Ihmils ont tentés de le prouver avant d’être à leur tour massacrer. Notre religion nous enseignes que tous êtres vivants, visibles ou non, est la création de Dieu, et que nous devons chercher à vivre en harmonie, et respecter chacune de ces créations.
Est-ce pour cela que vous avez choisi de faire un double cursus en droit et créatures magiques ?
-”Oui. Sur cette planète, notre peuple a enfin pu construire une maison où personne ne viendrait la persécuter, et même si la société de cette planète a beaucoup évolué, il y à encore du travail à faire dans l’égalité entre les espèces. Mes pouvoirs magiques me permettent de communiquer avec beaucoup d’espèces, et je compte leur offrir une voix pour les défendre. “
C’est très noble à vous. Mais pourquoi la Dragonisterie ? Vous auriez pu prendre Philosophie Centauresque en spécialité ?
-”Outre l’histoire personnelle de ma famille avec les Dragons, je pense que j’ai beaucoup à apprendre auprès de vous sur la manière de voir les lois. Vous êtes parmi les créatures avec la plus longue espérance de vie de ces mondes. Votre sagesse est un atout.
Intéressant. Je discutais avec les autres Dragons des différents élèves de ce cursus, mais vous êtes bien la seule à avoir un dessein qui pourraient réellement améliorer les mondes. J’apprécie grandement cela chez vous. Je pense que vous avez le potentiel pour cela. Vos résultats d’examens sont excellent pour le moment, je vais voir à basé un cursus d’apprentissage avec d’autres Dragons basés sur un système de dissertations. Je serai honoré d’être votre mentor.
-”Mais, ce genre de système n’est mis en place qu’à partir du master habituellement ? “
Oui. Mais il y à bien longtemps que nous attendions le retour de quelqu’un qui se ferait la voix de tous. Afin que votre esprit ne soit pas submergé par le temps que nous vous demanderons de consacré à notre discipline, nous utiliserons la “Salle-en-dehors-du-temps”.
-”C’est un honneur.”
C’est une grande responsabilité que nous vous confions. Mais nous savons aussi que vous êtes entourés des bonnes personnes. Vous pourrez compter sur cette étrange démoniste aux cheveux sauvages. Vos vies sont liées, tout comme l’est la mienne avec son démon.
-”Merci Balahuur”.
Je vais repartir en chasse. Mon monde vous ai ouvert à tout moment, venez donc jouer de l’Oud si vous avez envie de me parler. Et rendez hommage à votre Arrière Grand-Père. Adheraman. S’il est encore de ce monde, je serai ravie de le revoir.
Eugénie resta coite pendant que le Dragon prenait son envol. Elle se dirigea les jambes tremblantes vers la porte. À peine franchit, le chat Calico de Ptolem l’attendait devant.
-”Attend, je te prie de m’excuser une minute, il faut que je fasse quelque chose.”
Elle toqua trois fois sur son chapeau et la salamandre sortit.
-”J’ai besoin que tu rentres à la maison. Ne râle pas, c’est important. Va voir mon le grand Arrière et dit lui que Balahuur veut le revoir. Et ajoute que tout va bien.”
La Salamandre hocha vigoureusement la tête et déploya des petites ailes cachaient par le camouflage de sa peau tachetée. En un instant, elle avait disparu.
Le chat de Ptolemn poussa un petit ronronnement.
-”Tu n’as pas de message ?”
Le chat commença à avancer en oscillant de la queue.
-”Attend, c’est Ptolemn qui t’a envoyé pour me chercher ?”
Le chat se retourna avec un air outré, souffla du museau, haussa la queue, ferma ses grands yeux deux fois et continua sa marche.
-”Excuse-moi, je ne suis pas habitué aux familiers Asgyres. Je ne comprends pas encore très bien votre langage. Tu as décidé de m’accompagner ?”
Le chat répondit avec un roucoulement mélodieux. Eugénie le suivit en souriant elle avait hâte de le retrouver. Elle fit un détour vers un grand nichoir. Elle toqua deux fois contre le bois sombres de ce dernier et une petite chouette chevêche en sortie.
-”Bonjour, j’ai besoin que tu ailles remettre un message à Zéli Carboza. Elle devrait se trouver dans la bibliothèque des Nains. J’ai besoin que tu lui dises que : mon examen c’est incroyablement bien passé, et que j’ai plein de choses à lui raconter après son Oral. Dit lui que je suis en route pour la mares des Songes. Fin du message. Je peux te payer avec une boule de mélange asticots graines ?” La petite chouette hulula gaiment. Eugénie sortie de sa poche un petit emballage en tissus, et en tira une boule de graisse, d’asticots séchées et de graines diverses. La chouette la pris dans ses serres et s’envola. Eugénie la regarda partir en direction de la foret. Il avait plu presque tout le printemps cette année, et avec les examens, elle n’avait pas remarqué que l’été était arrivée. Mais avec ce dernier examen, elle reprenait conscience du monde qui l’entourait ; elle prit une grande inspiration et apprécia cette odeur fraiche par-dessus celle de la chaleur qui montait. Elle en savait pas encore pourquoi, mais cet été lui semblait très différent de tous ceux qu’elle avait déjà vécu, il y avait comme un parfum d’heureux changement dans l’air.
Chapitre 4
Zéli était assise à une longue table, elle avait posé son sac sur la table, à côté d’une lampe de style art nouveau en forme de champignons, parés de facettes de diverses nuances de verts et de gris. L’antique bibliothèque, finement taillé dans la roche, était étonnamment désertes. Le chat qui l’accompagnait s’était transformé en une panthère noir, au pelage si sombre qui absorbé toute lumière.
Ma chère Zéli. Comment te sens-tu à l’approche de cet oral ?
-”Nerveuse. J’ai entendu dire qu’il ne sera pas exactement le même pour les démoniste qui avait déjà était choisi par un démon” lui répondit-elle en croisant ses jambes, le pied droit au-dessus du genoux gauche.
Les rumeurs sont vraies. Ton examen sera différent, d’autant plus que tu es la démoniste la plus puissante de ce campus. Le but de cet oral sera d’évaluer ton niveau pour savoir et de tester ma maitrise. Je n’ai pas le droit de t’en dire plus malheureusement.
-”Malheureusement ?”
Oui, j’aurai bien aimé pouvoir tricher, et te faire passer cette étape. Pour moi, tu as accompli tout ce que le Grand Plan prévoyait pour toi. Mais c’est à ton professeur d’en juger. Et depuis toutes ces années, je t’ai vu prendre en puissance, choisir la sagesse plutôt que la violence. Et je t’aime bien.
-”C’est touchant ça mon cher Nehkurson !”
Bon, on est quand même pas là pour boire le thé, même si ça arrivera bientôt. Comment estimes-tu tes connaissances sur l’histoire des enfers et son organigramme ?
-”Tu me fais bucher ce sujet depuis qu’on se connait, du coup, c’est du par cœur. Je pourrais aussi développer sur le rôle des démonistes et leurs engagements ainsi que l’impact que cela peut avoir au sein de la hiérarchie.”
Excellent. Que sais-tu du grand plan ?
-”Que tu en parles depuis toujours, et que, quel que soit le choix que je fais dans ma vie, cela suit ce Grand Plan. Mais plus sérieusement, c’est une voix qui guident de nombreux êtres à des niveaux variés.
Très bien. Je constate avec délice que nous n’avons nul besoin de réviser plus, mais j’ai encore quelques questions à te poser ;
Le félin avait posé sa tête sur les genoux de Zéli, et semblait réclamer une grattouille derrière les oreilles. Elle s’exécuta en souriant.
Ton Amie Eugénie, demande lui de te parler de son examen. C’est important. Elle est importante pour toi d’ailleurs, as-tu idée de comment elle t’a influencé au cours de ces années ?
-”Honnêtement, j’ai jamais vraiment compris pourquoi ni comment on a fini dans la même chambre à l’école, mais je pense qu’on s’est toutes les deux beaucoup influencé. Je l’ai aidé à sortir de sa carapace, aujourd’hui elle commence même doucement à envisager de sortir avec un homme. Quant à elle, je pense qu’elle m’a retenu de partir du mauvais côté. Tu te souviens à quel point je pouvais chercher le conflit avec les professeurs ; sans elle, je pense que j’aurai été au bout de ces conflits, et par exemple, je n’aurai pas cherché à devenir une sorcière plus puissante. Je serai juste resté focalisé sur mes pseudo talents de démoniste. Je me rends compte maintenant que je n’étais clairement pas aussi puissante que je suis en train de le devenir. D’ailleurs, je me demandais si ça avait pas un impact sur le reste de ma magie ; j’ai de moins en moins de difficultés à jeter des sorts, j’ai plus besoin de réfléchir, c’est comme si ça coulait naturellement.”
Oui, c’est lié. Pas avec tous les démonistes, mais les plus puissants remarquent une augmentations de leurs capacités naturels, ça varie d’un individu à un autre.
“Jusqu’a où ça peut aller ?”
Je n’en ai aucune idée. Avant toi, je n’avais jamais eu un lieu aussi puissant avec un être de cette dimension. Il y à un lien rare entre nous. Et c’est pour ça que j’ai entièrement confiance en toi pour ton examen. Essaye de croire en toi comme je crois en toi, et tout te réussira.
-”Merci Nehkurson, je vais faire de mon mieux et puis ça nous permettra de vérifier la théorie de Grand Plan !” Zéli regarda l’horloge qui toquait au plafond.
-”Ouhla, il faut que j’y aille moi, Nielbek doit m’attendre. Tu m’as dit tout ce que tu avais à me dire ?
Oui, ne t’inquiète pas. Mange bien ce midi, tu auras besoin de force. Je te laisse tranquille d’ailleurs, je reviendrais plus tard, tu as besoin de pouvoir te détendre avant de pouvoir te concentrer.
Zéli ramassa son sac et sortit en trottinant de la grande salle. Elle grimpa les marches trois par trois et se retrouva éblouie au dehors. Il faisait plus chaud que ce qu’elle avait pensé en s’habillant ce matin. Nielbek fumait la pipe avec d’autres Nains à l’ombre d’un chêne. Elle lui fit un signe de la main et appela sa planche par la même occasion.
-”Eh Zéli ! C’est la dernière fois que j’essaye de réviser un examen dans la salle au-dessus de celle où ton démon fait son apparition. J’étais littéralement hanté par des visions cauchemardesques. Heureusement que j’avais les cours de Ptolemn pour m’aider, sinon ça aurait été impossible.” Maugréa Nielbek.
-”Je suis désolé Nielbek, j’aurai bien fait ce rendez-vous chez moi, mais le règlement des Volalenn interdit les apparitions démoniaques. Ils ont même due déplacer notre chambre parce qu’elle produisait quand même trop d’émanations. Bref, on y va ? Tu as déjà commandé quelque chose à manger ?” s’excusa-t-elle auprès de son ami en montant sur sa planche.
-”j’ai reçu une chauve souris de Ptolemn, il ‘a dit que comme on serait tous réunis, il s’occupait de nous commander des sandwichs.” lui répondit-il en grimpant sur l’avant de la planche.
-”Elle est équipée d’un anti-chute de passager ta Board ?” lui demanda-t-il dubitatif.
-”Yep, Astros me l’a installé il y à quelques semaines. Faut vraiment que je vous mette en relations avant qu’il quitte le campus.”
-”Qu’il quitte le campus ? Pourquoi faire ?” demanda Nielbek en s’asseyant à l’avant, les jambes dans le vide. La planche s’éleva doucement tandis que Zéli lui répondait :
-”Oui, il avait commencé un cursus de Philosophie des créatures magiques, et il était hébergé dans la fraternité Terracid. Mais il a détruit sa chambre et faillit faire s’effondrer les galeries en bidouillant un moteur de moto spatial. Il s’est fait virer, mais a réussi à trouver un appart en ville. Pour payer son loyer, il a commencé à filer un coup de mains dans un garage, qui fait autant du spatial que du magique. Et là, ils lui ont proposé un joli contrat, avec un apprentissage pour pouvoir finir ingénieur mécanicien polyvalent dans quelques années. D’un côté, c’est cool qu’il ait trouvé sa voie, mais mon petit mécano va me manquait !” Expliqua Zéli en faisant onduler sa planche sur le dessus de la forêt. Nielbek ralluma sa pipe, tira deux longues bouffées dessus.
-”C’est vrai qu’il a de la chance. J’ai choisi Potiono parce que je trouvais ça cool, et tu connais mes frères, je passe inaperçu dans ma famille. Mais j’ai aucune putain d’idées de ce que je vais faire à la fin de mes études. J’ai pas envie de retourner vivre sous terre… ”
Une chouette chevêche surgit soudain des bois et vient se poser sur la casquette de Nielbek. Il s’effraya, lâcha sa pipe et plongea dans le vide, retenu par le bout de sa botte par le système anti-chute.
-”Par la barbe de mes aïeules !” jura-t-il. Zéli se retient de rire et lâcha un sortilège lasso pour faire remonter Nielbek. Elle se surprit du peu d’effort qu’elle eut à fournir pour remonter son ami. La petite chouette se nettoya rapidement le plumage avant de pépier son message. Zéli sortit une grosse chenille séché et lui jeta.
-”C’était un message d’Eugénie, elle est en route pour la mare, son examen s’est bien passé. On arrive dans 3 minutes environ, tu vas bien ?” Nielbek lui répondit avec un grand sourire :
-”C’était marrant ton truc !” Les deux amis rigolèrent, et Zéli plongea dans la forêt en slalomant entre les arbres.
Ptolemn arriva le premier à la Mare des Songes. Il eut tout juste le temps de poser son cartable qu’une roulotte tiré par un petit Centaure arriva. Un faune ouvrit la fenêtre et le héla :
-”Monsieur Flalem ! Bien le bonjour !” Le faune était très barbu et chevelu et sa toison rousse recouvrait la quasi-intégralité de son torse. Il était suffisamment petit pour loger à l’intérieur de ce qui semblait être une cuisine. Le centaure décrocha l’attelage de son dos et vient à la rencontre de Ptolemn.
-”Monsieur Flalem, encore merci pour l’occasion que vous nous offrez aujourd’hui, merci de soutenir nos projets ainsi !” lui dit-il d’une voie rauque. Il portait ses cheveux longs en un chignon et avait lui, aussi une impressionnante barbe rousse. Il portait un gilet de cuir brut. Contrairement aux autres Centaures, la partie équine de son corps n’étais pas celle d’un grand cheval ou d’un cheval de traits ; c’était celle d’un poney Shetland à la robe baie Tigré. Il portait des guêtres assortis à son gilet, avec de gros boutons en acier orné du même logo de sabots qui ornait leur caravane.
-”C’est normal Sheperd ! Vous avez toujours été de très bons locataires, jamais un retard, alors c’était normal que je vous aide à investir dans votre projet. Comment s’est passé cette première semaine ?”
Le faune pris la parole en enfilant un tablier. Pendant ce temps-là, le centaure avait ouvert la seconde partie de la charrette et était en train d’installer un four et un barbecue.
-”Incroyable ; aucun problème d’approvisionnement, le feu ne s’est pas éteint, et on a eu suffisamment de clients pour faire des bénéfices !”
-”Vous m’en voyais ravie !” Leur répondit Ptolemn en s’asseyant sur une pierre pour attendre ces amis.
-”Et aujourd’hui, c’est l’occasion de tester nos produits sur un nouveau public !” lui lança Sheperd en transférant des braises du four vers le barbecue.
Arylenn surgit de l’eau à côté de Ptolemn, qui sursauta.
-”Salut Ptolemn ! Oh pardon si je t’ai effrayé, j’ai nagé à toute vitesse pour être sûre d’arriver à temps !”
-”Bonjour Arylenn, ne t’inquiète pas je comprends que tu sois heureuse et pressée, j’ai cru comprendre que toi et Zéli vous étiez bien rapprochés” lui répondit-il avec un sourire.
-”Comment tu sais ça ?” lui demanda-t-elle en attachant ces longs cheveux en un chignon.
-”J’ai discuté hier avec Eugénie, elle m’a dit que vous aviez parlé la journée à parler et que c’était agréable d’entendre Zéli si heureuse.”
-”C’est vrai et puis c’est cool de pouvoir traîner avec des terrestres, je commence à en avoir ras le bol des Sirènes.”
-”Comment ça se fait ? Il se passe quelque chose ? Tu veux en parler ?”
-”Bah je sais pas trop si tu pourras comprendre, quoique… ” lui dit-elle en le regardant de haut en bas.
-”Bon le racisme chez les Sirènes c’est très vicieux. Ils sont racistes non seulement quand tu as une couleur trop différente du blanc, et c’est encore pire quand tu n’as pas une queue de poissons. J’avais aucune idée que je me heurterais à ça en arrivant dans ce pays, mais il y à une montée de l’extrémiste de la Fierté Syrèniennes. Et avec ça, il y à un véritable recul de l’acceptation des personnes LGBTQIA, alors moi qui sors avec une Terrienne, je commence à avoir peur. Dit toi qu’aujourd’hui, personne de mon espèce ne m’a adressé la parole. J’ai pas envie d’en parler à Zéli pour le moment, e peux te faire confiance ?”
-”Bien sûr. Je suis désolé d’apprendre ça. Je t’avoue qu’en tant que Terriens qui vit en dehors du campus je n’avais aucune idée de ce genre de réalité. Je peux qu’en partie comprendre ce que tu traverses, tu auras remarqué qu’il n’y à pas beaucoup de personnes à la peau ou au pelage Noirs sur le campus. Je prends conscience seulement depuis cette année des différences de niveaux sociaux qu’il y à dans notre société en fonction de notre couleur. Ça me dégoute. Écoute, si tu as besoin d’un endroit où tu peux te réfugier, tu peux venir chez moi, je suis connecté aux réseaux des rivières sous-terrains, j’ai en quelque sorte une chambre d’amis disponible. D’ailleurs j’ai fait abaisser la température de l’eau pour que tu puisses y être à l’aise pendant la soirée de demain.”
-”C’est très gentil à toi, mais de quelle soirée tu parles ?”
-”Oh pardon, j’ai envoyé les invitations ce matin, Eugénie et Zéli viennent, elles me l’ont confirmé et j’ai supposé qu’elles venaient avec toi. Je suppose qu’avec les examens, elle n’a pas encore eu le temps de t’en parlé. Je suis désolé, ça me semblait lisible que tu viennes, et comme je ne connaissais pas ton nom de famille, je ne savais pas où envoyé l’invitation… ”
-”Ahaha, c’est marrant que ça se goupille comme ça. J’accepte ton invitation, et du coup, je m’appelle Athapascanes. Et je vais réfléchir à ton offre, j’avais prévu de repartir dans ma tribu cet été, et puis j’allais chercher une grotte et peut-être un job pour l’année prochaine. Bref, on en reparle pendant la soirée de demain, il me semble que j’entends les deux nazebroques qui arrivent.”
La forêt résonnait en effets des rires de Zéli et Nielbek. La planche troua quelques branches en pénétrant dans la clairière. Zéli profita de l’élan de cette dernière et plongea dans la mare. Arylenn plongea avec le sourire. Nielbek toussota deux fois, toujours assis sur la planche et salua Ptolemn de la main.
-”Wesh maggle ! Bien ou quoi ? Eh ça sent bon ce qui vient de la roulotte !”
-”Salut Nielbek, tranquille et toi ? J’espère que tu as faim ! Ce que tu sens, c’est la Brisket fumée légendaire des frères Orkney ! Prêt pour ton oral de cet aprem ?”
-”Ouah heureusement que j’avais tes cours, sinon je me saurai gaufrer. “
Les deux jeunes femmes remontèrent à la surface, s’embrassant tendrement. Zéli releva la tête, ces longs cheveux frisant autour de son crâne.
-”Nielbek; si tu te lèves, tu pourras piloter la planche, essaye, c’est pas difficile. L’antichute restera actif avec toi”
Nielbek lui jeta un regard interrogatifs et se redressa. Il appuya son poids sur le côté gauche de la planche, qui bougea à peine. Il appuya plus fort, puis finit par se déplacer sur le bord extrême de la planche et y appuya des deux pieds, réussissant enfin à déplacer franchement cette dernière.
-”Ouais bon on sent que c’est ta planche et qu’elle est réglé pour toi !” lui cria en rigolant Nielbek. Arylenn, qui tenait toujours Zéli dans ses bras, en profita pour nager vers la berge et sauta d’un mouvement souple sur un rochet à côté de celui de Ptolemn. Les jeunes femme échangèrent un dernier baiser et Zéli se leva et siffla sa planche, qui glissa à ses pieds, permettant à Nielbek de descendre. Zéli renvoya sa planche et revint s’asseoir à côté d’Arylenn.
-”Au fait, Ptolemn organise une fête demain, ça te dit qu’on y aille ensemble ?”
-”Oui carrément, ça fera du bien d’être en dehors du campus. Ptolemn, tu sembles connaitre la roulotte là-bas, tu sais si elle sert autre chose que de la viande ?”. Le Centaure Sheperd retira ses gros gants, attrapa un grand menu et s’approcha du groupe :
-”Bonjours jeunes gens ! Les frères Orkney pour vous ouvrir ce midi : Mademoiselle, pour vous répondre : oui, nous faisons aussi du poisson, des insectes et des légumes. Chaque jour nous proposons un sandwich du jour avec ces ingrédients-là, et nous avons aussi nos burgers, avec des frites de pommes de terres, de racines, d’insectes et de crustacés disponibles !”
-”Vous servez du poisson ?! Démons des Mers, j’ai pas pu en manger depuis que je suis arrivé sur le campus, ça me manque tellement !” Zéli interrompit le duo :
-”Attends, pourquoi il n’y à pas de poissons servis chez les Sirènes ?”
-”Euh, c’est politique. Une sororité, affilié à des groupes extrémistes, a obtenu cette interdiction de la faculté. Les Serpendités et les sirènes comme moi doivent se rabattre sur des mollusques et des algues. “
-”C’est bizarre, il faudra que tu m’expliques un peu plus tout ça.”. Eugénie arriva devant le petit groupe. Ptolemn se leva le premier pour l’accueillir. Elle lui tend les mains en souriant. Il les prit dans les siennes, serra un peu et la salua :
-”Bonjour Eugénie, je vois que Sumi était avec toi ?”
-”Bonjour Ptolemn, oui, elle a eu envie de m’accompagner.” Eugénie retira une de ces mains de celles de Ptolemn et lança un salut au groupe de gauche à droite.
-”Salut Zéli, salut Arylenn, salut Nielbek ! Bonjour Messieurs !” Nielbek lui rendit vaguement son salut, trop occupés à lire le menu de la roulotte.
-”Salut Eugénie ! Alors, comment s’est passé ton examen ?”
“Super bien ! Mais j’ai super faim, je te raconte ça pendant le repas ?” lui répondit-elle. Elle n’avait pas retiré sa main de celle de Ptolemn. Ce dernier souriait bien plus que d’habitudes et deux fossettes venaient creuser ces joues. Son regard pétillait. Il releva les yeux et croisa le regard d’Arylenn, qui lui lança un clin d’œil. Alors que Zéli et Eugénie discutait du menu, Zéli capta le rad de Ptolemn, qui lui montra des yeux qu’Eugénie lui tenait la main. LA jeune femme ouvra les yeux en grand et regarda Arylenn, qui lui dit silencieusement J’ai vu, c’est trop mignon.
Nielbek prit la parole le premier :
-”Je vais vous prendre le sandwich du jour à la Brisket, supplément viandes, oignons, pas d’autres crudités, moutarde et crème de fromage, avec une portion de frites aux fromages.” Sheperd prit note. Arylenn continua :
-”Je vais vous prendre le sandwich au loup de mer, avec algues et crustacés.”
-”Comme vous aimez le poisson, je vous rajoute un supplément shirako ? Ça se marie bien avec le poisson grillé.”
-”Je veux bien, c’est le prix d’un supplément classiques ?”
-”C’est la maison qui offre, on n’a pas grand monde qui aime ça.”
-”Moi je vais vous prendre un burger de Scarabées s’il vous plait, avec une portion de frites de pommes de terre et des anneaux de racines.” enchaîna Zéli. Pendant ce temps, Eugénie avait remarqué qu’elle tenait toujours la main de Ptolemn, elle rougit immédiatement. Il remarqua sa gêne et retira sa main. Il lui murmura :
-”Ne t’inquiète pas, ce n’est pas grave, je suis heureux de ce moment.” Elle ne décolora as. Arylenn et Zéli échangeaient des petits coups d’œil en souriant, amusé de la situation entre les deux humains. Nielbek quant à lui avait retiré sa veste et était en train de nouer une serviette à carreaux autour de son coup, par-dessus sa barbe. Ptolemn prit la parole.
-”Je vais vous prendre le lobster rolls, sans oignons s’il vous plait.”. Sheperd se tourna vers Eugénie, toujours pivoine :
-”Et pour vous mademoiselle ?” Eugénie bégaya. Zéli prit la parole :
-”La même chose quoi moi s’il vous plait”. Le Centaure reparti avec le tableau noir et annonça la commande. Nielbek se tourna enfin et s’exclama :
-”Waaah qu’est-ce qui t’arrive Eugénie ?”. Arylenn lui jeta un regard noir et s’aspergea d’un coup de queue, générant l’hilarité du groupe. Nielbek se secoua et Zéli claqua des doigts. Le Nain disparut dans un nuage de vapeur. Avant qu’il ait pu commencer à râler, le faune agita la cloche : le Centaure s’avançait vers eux en tenant un immense plateau sur lesquels reposait les boites avec les commandes du groupe. Il servit tout le monde dans l’ordre, et leur souhaita un bon appétit. Tout le monde commença à défaire les divers papiers. Alors qu’ils avaient prévu initialement de discuter pendant le repas, ce dernier s’avérait tellement gouteux qu’ils se turent. Nielbek fut le premier à terminer le repas et s’approcha de la roulotte. Le faune et le Centaure discutant en fumant la pipe. Ils se tournèrent en voyant arriver Nielbek qui s’adressa ainsi :
-”Merci beaucoup Messieurs. Vous m’avez offert le meilleur repas de midi que j’ai pu manger sur ce campus. Et pour un prix défiant toute concurrence. J’espère vraiment pouvoir vous revoir au plus vite. Que nos barbes restent grasse d’avoir aussi bien mangé. ”
Le groupe le regarda surpris. Jamais il n’avait vu leurs ami s’exprimait ainsi. Il poursuivit :
-”Et voici votre dû. Je vous prie d’accepter de garder la monnaie.” Il termina sa phrase par un énorme rot, gras et longs. Les deux cuisiniers le regardèrent avec respect et tendirent leurs mains. Nielbek y déposa une petite bourse en cuir, et ils se serrent les mains.
-”C’est un plaisir de vous avoir remplis la pense ! Que nos ceintures aient encore longtemps la force de soutenir nos ventres pleins !”
Eugénie était écœurée. Arylenn pouffait, Ptolemn prit la parole :
-”Attend, il se passe quoi là ?”. Zéli répondit :
-”Oarf, un truc de nains visiblement. Ils ont échangé les formules traditionnels et le salut qui est réservé à, je cite “ mise à terme du contrat pignoratif relevant des deux partis selon de contrat social du boustifailleur et du popotier “ en gros, c’est le compliment le plus élevé que se font les nains entre eux pour se remercier d’avoir bien mangé. “
-”Ok, c’est… intéressant”. Fit Ptolemn, quelque peu écœuré, comme Eugénie.
Le reste du groupe se leva à son tour pour payer, Zéli payant pour Arylenn. Pendant ce temps, Nielbek avait sortis un hamac de son sac et l’accrochais entre deux arbres. Arylenn vint à sa rencontre :
-”Tu vas faire une sieste ?”
-”Yup, une bonne bouffe comme ça, ça s’honore par le repos des braves. Une petite trentaine de minutes et je serai requinqués !”
-”Tu n’as pas peur de rater ton réveil ?”
-”Non, Zéli m’a offert une cafetière-réveil à pattes pour mon anniversaire. C’est mon objet magique préféré. Dans trente minutes, elle viendra me réveiller avec un café. Je l’ai appelé George.”
-”C’est rigolo, tu fais souvent des micros sieste ?”
-”C’est la base Cousine, t’es plus productif si tu gères correctement ton rythme de sommeil.”
-”En fait sur pleins de points les Nains ressemblent à ceux de mon peuple, c’est rigolo. Bonne sieste du coup” lui dit Arylenn en replongeant. Elle nagea quelques instants sous l’eau sur le dos et se dit que cet été lui réservait quelque choses de particuliers. Des courants froids circulaient depuis la dernière pleines lunes, et ce nouveau groupe d’amis avait l’air incroyable. Eugénie était en train de raconter à Zéli et Ptolemn comment c’était passé son examen, et ce qu’allait lui réserver l’année prochaine. Arylenn sortit de l’eau et s’assit sur le rochet de Zéli. Les deux jeunes femmes échangèrent un petit bisou. Zéli lui demanda silencieusement tu vas bien ? Arylenn répondit en murmurant :
-”Oui, je suis heureuse” elle prit la main de Zéli cette dernière lui sourit et continua la conversation. Eugénie demanda alors :
-”Et toi Arylenn, comment ça s’est passé ? Zéli m’a dit que tu étais nerveuse.”
-”Oui, j’avais vraiment peur de tombé sur un géant de feu par exemple. Moi, je suis tombé sur une jeune Vouivre ! J’ai pu répondre à toutes ces questions, et après elle m’a interrogé sur hum, ma tribu. Elle se demandait si nous avions encore des Vouivres. Je lui ai expliqué qu’elles avaient toute disparus quand le Démon est apparus.”. Nehkurson apparus à Zéli sous forme de panthère ; son pelage était orné d’un motif de squelette. Ta petite amie vient du grand Nord si je me souviens bien. On n’a plus aucune connections avec cette région depuis la Guerre de Sang Temps. C’est étrange qu’elle parle d’un démon qui y serait apparus. Si un démon y était, on le saurait. J’ai un mauvais pressentiment. Il va falloir te tu creuses cette piste. Et il disparut immédiatement après. Zéli regarda Arylenn. Nehkurson était le premier à la considérée comme sa “petite amie”. C’était son démon personnel, il devait s’avoir les sentiments qu’elle avait pour elle. Elle serra la main de cette dernière.
La cafetière à pattes de Nielbek s’extirpa de son sac. Ptolemn l’a suivi avec attention. C’était une petite cafetière italienne, pourvu de pattes mécanique. Elle tenait dans son anse une tasse cabossée en métal. Elle trottinant en fumant jusqu’au hamac de Nielbek. Ce dernier se retourna et la salua. Il bailla, ramassa ses cheveux sous sa casquette et s’étira. La cafetière sauta sur ses genoux et lui tendit la tasse. Il la prit en main et la cafetière commença à verser son café dans la tasse. Il la remercia et descendit du hamac. En un tour de mains, sans lâcher sa tasse de café, il plia le hamac et se dirigea ers ses amis.
-”Bien dormi ?” demanda Arylenn. Ptolemn était fasciné et amusé par la cafetière. Eugénie l’observait avec curiosité ; il était mignon quand il était fasciné par quelque chose.
-”Carrément, je me sens prêt pour mon exam’. Zéli, je te remercierai jamais assez pour cette cafetière !”
-”C’est aussi de la part de mes parents, ça fait 20 ans qu’on se connait, fallait bien fêté ça.” lui répondit-elle en ramassant son sac.
-”Je n’en avais jamais vu, c’est … fascinant comme objet.” s’émerveilla Ptolemn. Zéli embrassa Arylenn qui lui demanda :
-”Je peux te revoir à la sortie de ton examen ? On peut aller se boire quelque chose en ville ?”
-”Avec plaisir, je t’envoie un cormoran. Passe une bonne après-midi ma chérie.”. Arylenn arrêta Zéli avant qu’elle ne l’embrassa, la regarda dans les yeux, regarda ses lêvres, sourit :
-”Bon courage pour ton oral. Je crois en toi, ma chérie.” et elle l’embrassa. Elle salua ensuite ses nouveaux amis et plongea. Nielbek et Zéli se mirent en route.
-”Tu nous rejoins Ptolemn ? Nos examens sont dans la même zone.” demanda Nielbek.
-”Euh oui, je vous rejoins j’en ai pour une minute.” répondit-il en se tournant vers Eugénie. Nielbek et Zéli se regardèrent d’un air entendu et s’enfoncèrent dans la forêt.
-”Je voulais profiter de ce moment pour te parler : je suis vraiment heureux que tu viennes à mon anniversaire. Depuis le dernier Sabbat je n’arrête pas de penser à toi. Et je te promets de respecter toujours respectueux avec toi.” Eugénie lui prit les mains.
-”Et et euh, je, j’ai vraiment apprécie que l’on ait passé des heures à discuter hier. Tu es la personne que je suis le plus heureux d’avoir rencontré cette année.” Eugénie lui sourit. Les pommettes de Ptolemn était plus foncés, il rougissait ;
-”Moi aussi je suis heureuse de t’avoir trouvé, euh pardon rencontre”. Eugénie vira de nouveau au cramoisi. Ptolemn ri et déposa un baiser léger sur sa joue.
-”Je dois y aller, on se voit demain ?”
-”Oui oui, avec plaisir, et tu me diras comment ça s’est passé ton examen.” bégaya Eugénie. Ptolemn s’éloignait pour retrouver ces amis. Il effectua un petit pas de danse quand Eugénie le héla :
-”Au fait, je peux t’offrir quelque chose ?”.
Il se retourna et lui répondit en souriant :
-”Eugénie, tu m’as déjà offert un cadeau magnifique, chacun instants près de toi est un cadeau.” Et il s’enfonça dans la forêt. Il fredonnait. Eugénie souriant, toujours écarlate. Elle n’entendait que son cœur battre dans ses oreilles. Seule dans la clairière, elle tournoya sur elle-même, et sortit son parapluie de son sac. Elle le déplia et s’envola en riant. Elle avait hâte de voir ce que ces vacances allait lui réserver.
Chapitre 5
Ptolemn rejoint Nielbek et Zéli qui s’était déjà bien enfoncés dans la forêt.
-”Ça va mon gars ? Tu gigotes beaucoup là. Si c’est à cause ton pantalon trop serrés, j’ai quelque chose pour ça dans mon sac” suggéra Nielbek. Zéli lui mit une petite claque derrière la tête, faisant tomber sa casquette. Tandis que celui-ci la ramasser avec un air interrogatif, Zéli demanda :
-”Alors, ça se passe comme tu veux avec Eugénie ?”
Ptolemn avança jusqu’à arrivé entre ces deux amis.
-”Franchement, mieux que tout ce que j’avais pu rêver. Je vous remercierais jamais assez tous les deux. Et non Nielbek, je n’ai pas de problème à cet endroit-là, mais merci de t’en soucier, je commence à douter de ma capacité à danser maintenant !” Les trois amis explosèrent de rire et continuèrent leurs marches.
-”Je comprends pas pourquoi tu nous remercies à chaque fois. Je veux dire, j’ai pas fait exprès de te présenter Zéli, c’est pas pote d’enfance, j’étais juste content de la retrouver ici après son école.”. Argua Nielbek. Zéli poursuivi :
-”Nielbek à raison. Et je ne t’ai pas intentionnellement présenté Eugénie, c’était ma coloc de dortoir à l’école. Je pensais pas que vous vous entendriez aussi bien. Et si tu parles du dernier Sabbat, elle me rabâchait déjà les oreilles à ton sujet, c’est même pas un coup de pouce que je vous ai donné… ”
-”J’ai l’impression que sans vous, sans vos existences, jamais je n’aurai été capable de faire le premier pas vers une aussi jolie et intelligente jeune femme.”
Les trois amis sortaient de la forêt. Devant eux se dressé plusieurs bâtiments : une église de bois noirs, aux fenêtres obstruées, un nuage noir tourbillonnant au-dessus de son clocher ; un bâtiment cubique, trouée d’une multitude de fenêtres, et dont le toit était ornés d’encore plus de cheminées, et une petite maison en bois clair, avec un perron accueillant.
-”Let’s go pour le dernier examen de la saison ! Merde pour ton oral Zéli !” lui lança Nielbek en sautillant en direction du bâtiment cubique.
-”Toi aussi Nielbek !!! J’espère que tout ira bien pour lui, ça m’embêterait qu’il foire son année.”lui répondit-elle alors qu’il ne pouvait plus l’entendre.
-”Ne t’inquiète pas pour lui. Il fait le gars léger, qui semble n’en avoir rien à faire. Mais je t’assure qu’il a beaucoup changé depuis le début de l’année. Il a vraiment écouté mes conseils, il a changé sa manière de noter ces cours. Et c’est un oral d’orientation, ils veulent surtout évaluer vers quelle spécialité le dirigé l’année prochaine. ”
-”Il parait que les élèves qui n’ont pas le niveau ne sont même pas convoqués. Mais alors, vous pourriez déjà savoir le résultat de vos examens avant la date officiels ?”
-”Nous pourrions. Mais c’est comme en droit, il y à une sorte de limitateur de conversations et de mélangeur de rencontres. Les admis et les non-admis ne se croisent plus. Certains sujets de conversations nous sont impossibles à aborder. Notre esprit se met immédiatement à penser à autre chose. Avant que tu n’aies l’idée de dire que ça pourrait être un outil de manipulation des masses, ce type de sortilèges est réglementé par une commission indépendante, constitué de professeurs choisit de manière aléatoire, qui change à chaque examen, et qui se charge d’appliquer ce filtre au cas par cas. Et comme ultime précaution, tous les élèves sont convoqués à des examens le même jour, mais certains oublient subitement cet examen et vont vaquer à leurs occupations.”
-”Attends, ya un dernier truc qui m’échappe ? Comment tu connais tout ça, et comment ça se fait que tu ne rejoignes pas Nielbek ?”
-”Mes parents sont d’anciens professeurs d’universités et ont plusieurs fois participé à ce procédé. Et si je ne suis pas “convoqués” à cet examen, c’est parce que je l’ai déjà passé au semestre précédent, et c’est pour ça que je suis déjà une partie des cours du doctorat. L’année prochaine je validerais ma licence, mais j’entamerais déjà des cours d’un niveau Maître. Et en vérité, jusqu’à ce que Nielbek se dirige vers le bâtiment, je n’étais pas sûr qu’il soit admis, et je ne me rappelais pas avoir déjà passé cet entretien.”
-”Ok c’est carrément chelou. Du coup tu m’accompagnes à mon examen de démonologie ?”
-”Si tu veux. Après je rentrerais chez moi, j’ai encore plusieurs achats à faire. Tu penses qu’Arylenn apprécierais que je lui achète du poisson pour la soirée ?” Les deux amis se dirigeait vers l’étrange église. Diverses personnes, tous en toge noires ou violettes se massaient déjà devant.
-”Je pense que ça lui ferait plaisir, mais tu devrais directement lui demander ? Elle m’a expliqué qu’elle n’a pas vraiment d’amis par ici, je pense que le simple fait que tu penses à elle lui ferait plaisir. Et quand je suis arrivé, vous aviez l’air de bien parlé, on dirait qu’elle te fait déjà confiance.”
-”Merci pour tes conseils Zéli, je ferai tout pour me montrer digne de la confiance que m’accorde ton amie. Excuse-moi, mais pourquoi ne portes-tu pas de toges ? Je croyais que c’était la tenue réglementaire des Démonistes ?”
-”Ahaha, non, c’est un délire de mode, de petit bourgeois prétentieux qui se croit puissants parce qu’ils sont démonistes. La plupart d’entre eux n’a réussi qu’à invoquer un démon insignifiant. C’est le plus bas niveau des démons. Perso je préfère porter une tenue confortable, du coup, je suis un peu mal vue par eux.”
-”Je croyais que tous les Démonistes avaient un démon personnels, comme toi.”
-”Non, c’est très rare. Les premiers démons apparaissent pendant la maitrise et certains deviennent Grand Docteur sans avoir été choisis. Ce n’est pas le démoniste qui choisit, mais le Démon. Je vais devoir te laisser, déjà que je les fais jaser, si en plus il me voit trainer avec le seul Alchemist du campus, ils vont baver jusqu’à la fin des temps. On se voit demain du coup ?”
-”Ça marche, à demain ! Et puis bon courage pour ton examen !” Zéli le salua de la main en s’avançant dans l’église. Les autres élèves de sa promotion s’écartaient autour d’elle, comme si elle était une pestiférée. Cette attitude l’amusait. Elle descendit l’escalier qui démarrai sous l’imposant portique. Une fois arrivé dans l’amphithéâtre sous-terrains, elle fit signe à Skamos. Tout comme elle, il ne portait pas de toge. Il arborait un simple t-shirt noir en dessous de sa salopette en jeans usée. La peau pourpre de l’Incube luisait légèrement sur son crâne à la lumière des bougies présent dans l’amphithéâtre.
-”Coucou ma belle ! Prêt pour ce dernier examen ?”
-”Coucou mon chou ! Écoute oui on va dire ça. Ça me stresse un peu de savoir que mon sujet sera différent.”
-”M’enfin tu devrais pas, tu sais moi aussi j’ai un examen différent des autres, enfin je veux dire quoi, ça serait débile de me poser des questions sur un démon, duh” répondit-il de manière magistrale en indiquant ces cornes qui poussaient sur on crane.
-”J’avoue, ça serait un peu débile.
Un trou s’ouvrit dans le sol, fumant. D’immenses cornes rouges en sortir, suivie d’un crane dégarni, se terminant sur d’épais sourcils, juchés sur un nez écrasé, véritable pitons rocheux de ce visage anguleux mangé par la barbe. Seules de petites lunettes en demi-lunes venaient adoucir le tableau. Le démon continua de monter, révélant une grande paire d’ailes semblables à celle d’une chauve-souris.
-”Il se la raconte pas un peu, le professeur Alihskan, avec ces entrées ?” murmura Skamos, faisant ainsi pouffé son amie. Le démon portait un costume trois pièces à rayures noires et blanches. Il s’éclaircit la gorge et le silence se fit dans l’amphithéâtre.
-”Bonjour, votre examen va commencer ; vous serai interroger sur la question suivante ; “Quels sont les méthodes pour permettre à un démon d’apparaitre dans cette dimension ? Vous argumenterez vos papiers avec des exemples et vous terminez avec une rédaction libre sur quels démons souhaiteriez vous faire apparaitre, et pourquoi.”
Zéli et Skamos se regardèrent interloquer, quand toute la pièce se figea ; les couleurs disparurent.
-”Mais c’est quoi ce binz’ ?” chuchota Skamos à sa voisine. Seuls Zéli, Skamos et Alihskan avaient conservés leurs couleurs. Le démon, qui devait mesurer dans les 3 m, s’approcha d’eux et retira sa veste pour la poser sur la tête d’un élève bloqué dans le temps.
-”Vous deux. Cet examen est risible pour vous, c’est pour ça que vous subirez un oral. Skamos, votre Oral se passe dans le septième cercle, vous pouvez emprunter mon passage pour vous y rendre. “ Le jeune Incube se leva, et avant de sauter dans le trou au milieu de la pièce, salua son amie. Une fois partie, Alihskan s’assit sur la table, deux rangées plus bas que Zéli. Il était donc à sa hauteur. Une gigantesque panthère entra dans le monde noir et blanc. Son pelage était cette fois-ci un ciel étoilé.
-”Nehkurson ! Quel plaisir de te voir ! Je n’ai pas eu l’occasion de te le dire, mais ta démoniste est une excellente élève, ça sera un plaisir de l’évaluer aujourd’hui.” s’exclama Alihskan.
-”Je te remercie Alihskan, c’est vrai que je suis très fière d’elle. Peut-on commencé l’évaluation ?” ronronna Nehkurson. Zéli était choquée. Jamais elle n’avait vu Nehkurson aussi... Joyeux et détendu ?
-”Bien Mademoiselle. Ceci est une pure formalité ; pouvais vous attraper l’artéfact qui se trouve dans la dimension d’à côté ?” demanda Alihskan. Zéli le regarda, dubitative. Elle n’avait déjà pas l’habitude d’être dans un infra-monde, alors devoir invoquer quelque chose depuis une dimension parallèle pour le faire venir dans cet infra monde ? Elle regarda le démon droit dans les yeux et plongea la main à sa gauche. Sa main disparut à hauteur du poignet. Elle retira du néant un cœur de pierre, rouge, palpitant en craquelant. Elle l’observa une seconde.
-”Décrivez cet objet, je vous prie.”
-”C’est un cœur de Promessang. C’est l’objet qui né de la création d’un pacte entre un démon et un être vivant qui offre son cœur pour être aimé. C’est l’artéfact qui appartient à Aesma. Cette dernière étant une démone très puissante, son invocation sans protection dans ce monde pourrait causer son effondrement partiels. Néanmoins, elle à besoin régulièrement de pouvoir entrer afin de récupérer son due. La solution la plus courante est de créer une série de portails correspondant au lieu où se trouve son due. Le problème de cette technique, c’est que si le dû en question décide de s’enfuir via la magie, il faut recommencer l’opération. Cela demande du temps pour le démoniste et c’est une perte de temps non négligeable pour le démon. Une seconde technique, qui demande une grande force, est d’accueillir le démon en soi. Il peut ainsi librement se mouvoir et profiter des capacités naturelles de son hôte. Le risque étant qu’il peut être piégé à l’intérieur de ce corps par une série d’invocations. J’opterais personnellement pour un avatar dans l’infra monde et un portail dimensionnels. Le démon prendrait le corps de l’Avatar, limitant ainsi sa puissance. Via l’infra monde, il pourrait prélever son due sans que ce dernier puisse s’enfuir, et dans ce monde, le démon pourrait ainsi prélevé son due avec plus de liberté. De plus, le portail dimensionnels permettrait au démon de rentrer dans sa dimension sans avoir à dépendre d’un démoniste. Il serait ainsi totalement libre. Quant aux vielles rengaines des anciens démonistes, qui pensent que les démons sont dans ce bas monde pour abuser des vivants, je pense qu’elles ont été rendues caduque depuis la guerre de Sang-Temps et l’instauration du gouvernement. Il est temps maintenant d’instaurer une relation de confiance entre démons et démonistes et de travailler mains dans la main.” répondit Zéli. Elle se surprit elle-même d’avoir réussi à ressortir autant d’élément qu’elle avait condensé pendant son année d’étude. Alihskan applaudi doucement.
-”Admirable. Me feriez-vous l’honneur d’une démonstration ?”
Zéli regarda Nehkurson, nerveuse, il opina de la tête et demanda posément ;
-”Est-ce vraiment nécessaire mon cher ?”
-”Non, l’examen est pratiquement terminé, c’est plus pour la beauté du geste, et parce qu’un de mes doctorants a échoué à son examen. J’allais m’en occuper moi-même mais… ”. Zéli l’interrompit en faisant apparaitre une forme humanoïde dans la pièce. Elle ôta l’un de ces bracelets, et l’envouta en prononçant une incantation dans une langue aux sonorités impossible. Elle se leva pour s’approcher de l’être, le cœur toujours en mains, et glissa le bracelet au poignet gauche, et le cœur dans la partie droite de l’abdomen. L’être humanoïde se changea alors en une plantureuse géante, aux formes généreuses, une longue tresse de cheveux noirs reposant sur son imposant décolleté. Les traits de son visage, similaire à celui de Skamos, se formèrent en dernier.
-”Enfin ! Oh Nehkurson, il n’y avait longtemps que je ne t’avais pas croisé.” La géante s’avança vers Nehkurson, faisant claquer ses chaussures à talons sur le sol. Ce dernier baissa la tête et apprécia la grattouille de la géante.
-”Ma chère Aesma, toujours aussi plantureuse à ce que je constate” ronronna-t-il.
-”Ahaha, j’aime bien apparaitre avec des avantages, c’est rigolo” répondit-elle en soupesant sa poitrine. “Mais dit moi Alihskan, ce n’est pas l’examen de tes doctorants que tu as fait passer à cette jeune femme ?” poursuivi elle en venant s’appuyer sur l’épaule d’Alihskan.
-”Si si, mais regarde comme elle est douée la petite, je pouvais pas passer à côté de ce plaisir. Asmodeus t’a raconté comme son démoniste assigné là fait galéré ? Autant t’éviter ça ?”
-”C’est vrai que là je suis mieux lotis. Bon mes frères, c’est pas tout ça, mais j’ai du boulot, je filoche, on se fait un sacrifice à l’occasion ?”
-”Volontiers, je suis tranquille les deux prochains mois, et toi Nehkurson ?”
-”Ça dépendra des évènements de cet été, je vous tiens au courant.” Sur ces derniers mots de Nehkurson, la démone traversa le mur et s’évanoui.
-”Bien, Mademoiselle Carboza. Vous avez plus que prouvez vos capacités, et je commence doucement à comprendre pourquoi le Grand Plan s’intéresse autant à vous. Vous faire passer une seconde année de licence classique serait bien inutile. Je vous propose ceci ; via un chronotemporalisateur, dès la rentrée, vous entamez conjointement un cursus de deuxième et troisième année. Nous ferons le bilan à la fin du premier semestre afin de voir si nous continuons sur cette formule, où si nous vous faisons directement passé les examens pour entrée en formation de Maître. Je suggère aussi que vous puissiez participer à tous les TP, mais je laisse cette responsabilité à Nehkurson. Tu me donneras des rapports mon chat ?”
-”Pas de soucis grand fou, nous ferons cela autour d’une tasse de thé.” répondit en baillant Nehkurson. Zéli était sidérée de découvrir comment les démons se comportaient entre eux, c’était si… Chou ? Skamos revient dans la pièce à ce moment-là. Il avait gagné de la masse musculaire.
-”Votre examen s’est bien déroulé à ce que je constate Skamos” déclara Alihskan en observant la carrure de l’Incube.
-”Très bien même. J’ai pu récupérer un peu plus de ma puissance, le Grand Plan est satisfait de mes progrès.” répondit-il d’une voix rauque. Il revient s’asseoir à côté de son ami et murmura :
-”Tu parles, j’ai carrément tout déchiré !”
-”Bien, jeunes gens, comme votre examen est terminé, je vais vous ramener dans votre dimension. Passez de bonnes vacances, j’aurai plaisir à vous retrouver à la rentrée !” Sur ces mots, Alihskan claqua des doigts et tous trois revient dans leur dimension coloré. L’étudiant qui avait était recouvert de la veste du professeur s’effraya quand celle ci apparu sur lui. Alihskan la retira prestement, visiblement désolé et amusé de sa bêtise. Il se racla la gorge et l’ambiance studieuse repris dans l’amphithéâtre. Sans un mot, Zéli et Skamos se levèrent et quittèrent l’amphithéâtre sous le regard médusé de leurs comparses. Ils discutèrent en grimpant les escaliers.
-”Alors comme ça j’ai entendu dire que tu avais une petite amie ?” demanda Skamos en s’allumant une longue cigarette qui fuma immédiatement une épaisse matière noire.
-”Comment tu sais ça ?”
-”Entre Incube et Succube, on se raconte tous les ragots ma puce, c’est la base de notre milieu.”
-”Mais attend, tu n’étais même pas présent à ce Sabbat, d’ailleurs, tu étais où aux derniers sabbats ? Ça fait des lunes que je t’ai vues dans aucun sabbat du campus ?”
-”J’ai trouvé du boulot, je suis danseur pour le Karaplatz, je me fais des bons gros pourboires ! Faudra que tu y viennes un jour, je te payerais tes consos !”
-”Wow, c’est un endroit un peu… décadent non ?”
-”Oui totalement, mais si tu es sous la protection d’un’e Succube ou d’un’e Incube, tu es en sécurité, les clients ne te remarquent pas et tu peux profiter d’un tout autre type de soirées. Tu es ma seule copine dans cette formation, alors ça me fera plaisir que tu viennes !”
-”Je note l’invitation, je t’envoie un rapace pour te tenir au courant ?”
-”Ça marche ma belle, profite bien de tes vacances, j’espère que tu pourras avoir un peu d’intimité avec elle !” Il lui fit un clin d’œil appuyé. Zéli rigola en sortant du bâtiment. Son ami déploya une grande paire d’aile qu’elle ne lui avait jamais vu et s’envola. Elle le regarda quelques instants volé, puis se dirigea vers un puits. Elle remonta le seau et en sortit un poisson. L’animal frétillant vigoureusement dans sa main, elle l’enferma dans une bulle d’eau. Alors qu’elle se dirigeait vers la rivière, un chat noir apparus. Je suis fière de toi Zéli, tu nous as à tous prouver ton talent. Mais je ne suis pas sûre que tu feras le cursus de cette manière.
-”Pourquoi tu dit ça ?” demanda-t-elle au démon.
J’ai un drôle de pressentiment, je crois que cet été sera riche en aventures pour toi.
-”Si tu le dis... mon chat” ricana-t-elle en s’agenouillant sur le bord de l’eau. Elle y tapota trois fois, sous le regard outré de Nehkurson. Un cormoran vint à sa rencontre. Elle lui jeta le poisson, qu’il engloutit d’une traite.
-”Message pour Arylenn Athapascanes: je suis sortie de mon examen, ça s’est infiniment mieux passé que ce que je pensais. On se retrouve à la sortie du souterrain Nord ? Je sais pas où tu voulais aller boire un verre, et je m’en fiche un peu, je suis juste heureuse de pouvoir profiter de cette belle journée avec mon amoureuse. Fin du message.” Le cormoran plongea directement. Zéli se redressa et s’étira. Elle n’aurait jamais pensé que cette première année scolaire d’indépendance se passerai aussi bien ! Elle appela sa planche et s’envola en dansant sur cette dernière.