Les lunes de Dimidum Ă©taient pleines en ce soir de Sabbat. Comme Ă chaque fois, dâimmenses fĂȘtes Ă©taient organisĂ©es par les Mages et la FacultĂ© nây Ă©chappait pas. Chaque SororitĂ©, mĂȘme non magique, profitaient de lâoccasion pour organiser des fĂȘtes dionysiaques. CâĂ©tait lâoccasion pour les Ă©tudiants de toutes les espĂšces de se mĂ©langer.Â
 Nielbek arriva devant le bĂątiment de la fraternitĂ© Omegomongus. La vielle bĂątisse aux portes immenses vibrait dĂ©jĂ de musique. Il tenait sous le bras un balai, ornĂ© de motif de flammes, aux brins brulĂ©s, fumants encore. Il maugrĂ©a. Il Ă©tait toujours le premier arrivĂ© du groupe, ça devenait fatiguant. Il nâavait quâune envie ; se saoulĂ© toute la soirĂ©e. De toute façon, il ne pourrait rentrer quâĂ pied avec son balai en rade. Il se posa sur les marches, sortit sa pipe et commença Ă la bourrer en regardant autour de lui ; les Omegomongus Ă©tait une fraternitĂ© sportive, qui regroupaient ainsi de nombreuses disciples acadĂ©miques et tout autant dâespĂšces. Il savait quâil y aurait dâautres nains Ă ce sabbat, mais il nâavait jamais fait partie de ces pousseurs de fonte. Un brin chĂ©tif pour un nain, il avait nĂ©anmoins un physique types dâOrfĂšvres, seul son apparence dĂ©notĂ© avec les standards.Â
Un Centaure arriva en caracolant, deux Nymphes dĂ©jĂ bien enjouĂ© sur son dos. Ses derniĂšres Ă©taient trĂšs peu vĂȘtues, ce qui semblaient ĂȘtre une norme chez elles. Il sâarrĂȘta devant lâescalier et bondit en haut de ce dernier. Les Nymphes criaient. Nielbek se boucha briĂšvement les oreilles et alluma sa pipe. Lâobsession pour lâapparence des membres de Omegomongus le fatiguaient dĂ©jĂ . Une fumĂ©e bleue et une forte odeur de cannabis se rĂ©pandit autour de lui. Il sâamusa quelque instant Ă faire des figures de fumĂ©es ; ça impressionnait toujours dans ce genre dâendroit oĂč le contrĂŽle de sa personne virait Ă lâobsession. CâĂ©tait ironique, car leurs sabbats Ă©tait les plus dĂ©jantĂ©s de tout le campus.Â
Ptolemn apparu devant lui dans un craquement sonore, de la fumĂ©e sortant du sol Ă chacun de ces pas. Putain, paye ta classe. La robe du sorcier dansait en mouvement ample Ă chacun de ces pas. Il portait des chaussures en cuir Ă bout pointu, un pantalon cigarette, et un duo chemise blanche et veston aux motifs ondoyant, parfaitement assortie Ă sa robe. Il avait disciplinĂ© son afro en une sĂ©rie de twists, agrĂ©mentĂ© en leurs pointes par divers bijoux. Il sâapprocha de Nielbek, qui Ă©teint sa pipe.
-âOh tâinquiĂšte, tu nâĂ©tais pas obligĂ© de lâĂ©teindreâ
-âOarf tâinquiĂšte, câest par respect et puis ça sera dĂ©jĂ bien assez enfumĂ© comme ça Ă lâintĂ©rieur, autant tâĂ©pargner ça quand on est dehors.â
-âCâest trĂšs noble Ă toi Nielbek, mais jâai ma cape comme tu le voisâ
-âAttends, câest une cape en poils de Civette Spatiale ?! Mais ça coute une fortune !â Et dans tes cheveux, câest des amulettes en Mydrilise ? Damase Ă ce que je vois ! Et je vois quâon a sortie les Ă©meraudes allléé!â
-âBien jouĂ©, et je vois que tu as sortie ta tenue des grands soirs !â
-âEh ouais mon gars ; la classique Bottes TN, tavu, le petit chino, la titâ chemise, ambiance Lumberjack, la casquette assortie aux dĂ©tails des lacets, jâai mĂȘme Ă©tait fait faire ma barbe. Ăa change de comment je me sape pour aller en cours hein ! â
-âAttend, lĂ , ta barbe est faite?! Ptolemn sâĂ©tait reculĂ© dâun pas et dĂ©visageait du regard la barbe de Nielbek, une moue trĂšs dubitative sur les lĂšvres.
-âQuoi.â rĂ©pondit sĂšchement Nielbek.
-âNanan rien, câest juste que⊠Ton coiffeur sait que ça sâhydrate une barbe ?â
-âMais jâen sais rien moi, je vais chez les Orcs Ă cĂŽtĂ© du bĂątiment de MinĂ©rologie, ils sont pas chers, tâa une biĂšre servie pendant nan câest tranquille.â
-âOuais ok, alors dĂ©jĂ , tu vas mettre ça sur ta barbe, câest un baume dâurgence, ça va tâaider Ă la discipliner un peu. Ăa va sauver les meubles, et ensuite, je tâemmĂšne chez le coiffeur la semaine pro. Laisse-moi tâoffrir ça. Câest un centaure. Mais il sâoccupe de touts les nains qui ont les cheveux crĂ©pus comme toi que je connais, il saura comment sauver⊠çaâ... ajouta-t-il en agitant la main en rond autour de lâamas hirsute qui poussaient au bas du visage de Nielbek. Dans le mĂȘme geste, il sortit une fiole au liquide ambrĂ©.
-âOk, merci, jâvais essayer de faire genre tu mâas pas insultĂ©, mais pourquoi tu mâoffrirais un truc si cher ? Jâtâai fait quoi ? Tu veux quoi en Ă©change ?â
-âOK, je ne vais pas te vannait sur la capacitĂ© de ton peuple Ă repĂ©rer les richesses et Ă se mĂ©fier. Mais sans toi, jamais jâaurai connu EugĂ©nie !â
-âMais gros, tâa connu EugĂ©nie parce que je connais ZĂ©li, câĂ©tait ma voisine du dessus, jâai quasiment grandi avec elle. Câest sa faute si jâaime autant les engins volants. Et juste pour ça, tu veux mâoffrir un coiffeur ? Et attend voir, câest pour ça que tu tâes fait tout beau ce soir ? Wesh tâa le bĂ©guin de ouf pour elle !
-âEuh ouais, câest ZĂ©li qui a arrangĂ© les choses pour ce soir, EugĂ©nie nâaime pas trop les sabbats des Omegomongus, câest trop dĂ©cadent. Mais je nâavais pas dâidĂ©e de comment me rapprocher dâelle en restant respectueux, on nâa aucun cours en communs, on ne frĂ©quente pas les mĂȘmes bibliothĂšques, sans vous jamais je lâaurai rencontrĂ©â
-âEh bien tiens, regarde justement qui arriveâ lâinterrompit Nielbek en montrant la pleine lune ; ZĂ©li faisaient des figures aĂ©riennes avec sa Air-Board, tandis quâEugĂ©nie volait derriĂšre elle, agrippĂ©e Ă un parapluie noir. Ptolemn soupira en souriant. Nielbek grimpa sur lâune des statuts de Sphinx qui ornait les escaliers, sortit des fumigĂšnes de sa poche et les enflamma en sautillant. ZĂ©li lui rĂ©pondit en lançant moult cris, posant sa planche avec grĂące sur le sol.Â
-âYo Ptolemn, bien ou quoi ?!â lui lança ZĂ©li en lui tendant la main. Elle portait sa touffe de cheveux roux en chignon haut maintenu par un bandana. Elle portait, elle aussi, une chemise rouge Ă carreaux, avec un pantalon cargo aux nombreuses poches. Ă ses pieds, de grosses bottes. Ptolemn lui rendit son check en souriant.
-âParer Ă cĂ©lĂ©brer ce sabbat de fou ma Grande ?!â lui demande Nielbek du haut de son sphinx, tendant une pipe Ă son amie.
-âEt comment ! Jâavais mon dernier examen Ă©crit aujourdâhui, il me reste juste un oral la semaine prochaine, alors allons mettre fin Ă cette sobriĂ©tĂ© !â
EugĂ©nie atterrie en faisant trois petits sauts. Elle portait un chapeau pointu violet, un voile rose pale qui descendait en cascade sur ses Ă©paules et une robe longue droite pourpre. Les yeux de Ptolemn brillait. Nielbek et ZĂ©li Ă©changĂšrent des petits coups de coude en rigolant. Elle replaça son chapeau, et sâavança vers Ptolemn.
-âBonsoir, dĂ©solĂ© pour le retard, ZĂ©li est une catastrophe quand elle se prĂ©pare en fumant, elle a essayĂ© une dizaine de tenues.â
-âBonsoir EugĂ©nie. Ne tâexcuse pas, ça mâa donnĂ© lâoccasion de discuter avec Nielbek. Tu es trĂšs belle ce soir.â. Ptolemn souriait tendrement.Â
-âBon aller, on va pas sâĂ©terniser ici ! Go !â lança ZĂ©li en grimpant les marches.
Les quatre amis pĂ©nĂ©trĂšrent Ă lâintĂ©rieur du bĂątiment. La musique Ă©tait assourdissante. Un immense bar occupĂ© tout un pan de la piĂšce. De nombreuses crĂ©atures y Ă©tait accoudĂ©s, tenant plus ou moins bien sur leurs membres. Dans un coin, avait Ă©tait amĂ©nagĂ©s divers fauteuils et canapĂ©s, oĂč des sorciers faisaient dĂ©couvrir des sorts Ă des Succubes, dans lâespoir de passĂ© une nuit quâils nâoublieraient pas de si tĂŽt avec ces crĂ©atures Ă la rĂ©putation dangereuse. Autour dâeux, un petit escalier descendait vers un bassin au centre de la piĂšce, oĂč Nymphes et SirĂšnes dansaient en levant les bras. Si les Succubes Ă©taient habillĂ©es courts, les Nymphes et les SirĂšnes Ă©taient pratiquement nues. Un groupe de SorciĂšres, toutes divinement fines et musclĂ©es, se joint Ă elles en riant, entrainĂ© par deux incubes Ă la peau pourpres. Des faunes observaient avec une attention toutes particuliĂšre la scĂšne. La baie vitrĂ©e Ă©tait ouverte ; dehors, un groupe de Centaures se livraient Ă un combat de lutte amical contre des Orcs. PrĂšs de lâimmense feu, des nains sâĂ©tait regroupĂ©s pour faire griller de la viande, assistĂ©s par dâautres sorciers. Ils faisaient tourner de longues pipes entre eux.Â
Eugénie se rapprocha de Ptolemn, un peu intimidée.
-âOn dirait que le sabbat est dĂ©jĂ bien entamĂ©.â lui souffla Ptolemn en lui offrant la protection de son bras. Dâun mĂȘme geste, ZĂ©li et Nielbek allumĂšrent leur pipe.Â
-âBon, on va vous chercher des soft Ă boire, vous voulez bien nous trouver un coin oĂč se posait ?â
Ptolemn observa la piĂšce, ne sachant oĂč se dirigeait. EugĂ©nie tendit le bras :Â
-âRegarde, il y Ă une cursive en haut avec des tables et des fauteuils de libres, et je vois un pentacle de diminution sonore tout autour de la piĂšce, on devrait y ĂȘtre bien. Mais je ne sais pas oĂč est lâescalier qui y mĂšne.â
-âJâai la solution lui rĂ©pondit Ptolemn en souriantâ. Ils se tĂ©lĂ©portĂšrent dans un craquement. La musique Ă©tait beaucoup plus discrĂšte en haut. La cursive Ă©tait en fait en pente douce et montĂ© en spirales vers la coupole du bĂątiment. EugĂ©nie Ă©ternua.
-âPardon, je suis un peu allergique Ă la poussiĂšre de Pornaline.â
-âCâest ma faute, jâaurai dĂ» te demander avant, dĂ©solĂ©, je suis un peu nerveux.â
âPourquoiâ lui demanda EugĂ©nie en cherchant une table libre. Ils passĂšrent devant un groupe de faunes qui fumait un Ă©trange narguilĂ©.
-âEuh et bien, je crois que jâessaye de tâimpressionner. Jâai pensĂ© Ă cette soirĂ©e toute la semaine, jâai mĂȘme failli rater mon examen de Botanique, je nâarrĂȘtais pas de penser Ă toi. ON sâĂ©tait vu que deux fois auparavant, au dĂ©jeuner, grĂące Ă nos amis communs, mais je serai pas comment te le dire, tu mâa laissĂ© une impression trĂšs agrĂ©able. Et je te trouve vraiment trĂšs jolieâ bĂ©gaya Ptolemn. Il savait parfaitement ce quâil voulait lui dire, mais il avait trop peur de la faire fuir en lui parlant de coup de foudre.
-âOh, câest mignonâ lui rĂ©pondit elle en souriant, un peu gĂȘnĂ©e. Elle avait le cĆur qui battait la chamade. Sâil savait ce quâelle ressentait pour lui. Ils sâassirent sur le canapĂ© en cuir foncĂ©. Il y avait deux fauteuils du mĂȘme cuir qui lâencadrait et une table basse. Cela devrait convenir Ă leurs deux acolytes.
-âJe vais envoyer Slama indique le chemin Ă ZĂ©liâ expliqua EugĂ©nie en tapotant son chapeau. Ptolemn lâobserva avec curiositĂ©. Une petite salamandre sortit du chapeau en baillant. Regarda autour dâelle et sâenvola.
-âEst-ce que câest ton familier ?â
-âOui, on a toujours eu des salamandres dans ma famille, une sorte dâhĂ©ritage en hommage au dragon. Beaucoup dâIhmils ont des reptiles pour familiers.â
-âSympa. Je tâavoue que je ne connais presque rien sur le peuple Ihmils. Tout ce que je sais, câest que vous avez des similaritĂ©s avec les Asgyres. Il me semble quâhistoriquement il y a eu une alliance pour vous accueillir Ă la suite des guerres, non ?Â
-âOui. Les anciens Asgyres, quand ils ont appris le gĂ©nocides qui Ă©taient menĂ©s contre nous, on mit en place des vaisseaux dâĂ©vacuations. Câest la gĂ©nĂ©ration de mon arriĂšre-grand-pĂšre et de mes grands-parents. Mes parents et moi-mĂȘme sommes nĂ©s sur Dimidium. Nous nâavons pas connu la guerre, nous avons pu garder nos traditions et notre magies grĂące au soutien des Asgyres. Nous remercions GaĂŻllah pour ça.âÂ
-âCâĂ©tait sa volontĂ© de vous amener parmi nous. Si tu en as envie, jâaimerais beaucoup en apprendre plus sur ta communautĂ©, et sur toi aussi si ça ne te dĂ©range pas.â lui rĂ©pondit Ptolemn.Â
-âEn gĂ©nĂ©ral, je nâen parle pas, câest un peu un tabou. Mais nous sommes de la mĂȘme religion, et jâen confiance en toi. Je te trouve trĂšs respectueux. Et mĂȘme si jâai grandi ici, et que je suis allĂ©e Ă lâĂ©cole des sorciers, je nâai pas vraiment eux lâoccasion de frĂ©quenter des Asgyres. Et surtout, tu es le premier Alchemist que je rencontre.â
Par son compliment. Il enchaina :
-âCâest vrai que les Alchemist ne sont pas nombreux. La plupart ont suivi des prophĂ©ties annonçant le Grand Plan et ont fuis dans dâautres galaxies. Mes parents sont Asgyres, ils ne croient pas Ă ces prophĂ©ties. Du coup ma famille est la seule de toute la planĂšte Ă ĂȘtre Alchemist. Jâai grandi dans un cocon. Mes seuls contacts avec lâextĂ©rieur venaient des lieux de priĂšres. Ce nâest pas trĂšs courant chez les Alchemist de faire des Ă©tudes en dehors du Cercle, mais jâai la chance dâavoir des parents trĂšs ouverts, qui me soutiennent dans ce choix. Quant aux familiers, nous avons plus souvent des mammifĂšres ici, et câest le familier qui nous choisit. Du coup, je suis le seul dâune famille qui possĂšdent des chiens, Ă ĂȘtre accompagnĂ© par un chat. Mais Sumi ne sâest jamais laissĂ© faire, elle Ă un sacrĂ© caractĂšreâ rigole Ptolemn.Â
ZĂ©li Ă©tait accoudĂ©s au bar et les regardait discuter Ă lâĂ©tage. Ils Ă©taient mignons tous les deux. Elle espĂ©rait trouver un jour quelquâun avec qui partageaient de tels sentiments. La Salamandre dâEugĂ©nie se posa sur son Ă©paule et lui chuchota quelque chose Ă lâoreille. Elle acquiesça et chercha Nielbek des yeux. Elle aurait jurĂ© quâil se tenait debout sur le bar, il y Ă encore quelques secondes ; Slama lui mit un petit coup de tĂȘte et indiqua un immense Lycan. Nielbek Ă©tait en vive conversation avec lui, lui expliquant avec de grands gestes comme correctement utilisĂ© un Erguillet. Le Lycan lâĂ©coutait attentivement, hocha son Ă©norme tĂȘte. Il tenta une blague et se prit un coup de bottes sur le museau. Cela ne devait pas lâavoir trop blessĂ©, car il sourit de la rĂ©action de Nielbek, qui continuait de gesticuler. ZĂ©li rigola aussi. Nielbek avait grandi dans les mines, et elle sâĂ©tonnait toujours de sa capacitĂ©s Ă sympathiser avec des espĂšces aussi diffĂ©rentes de lui. Elle fit signe Ă la salamandre de veiller sur lui et de lui indiquer leur emplacement. Un VipĂ©ride sâapprocha dâelle. Sa peau jaune reflĂ©tait la lumiĂšre des candĂ©labres accrochaient au plafond.
-âQuâessst-ssce que je te sssers ?â
-â Hum, je vais prendre une biĂšre pour le nain qui ai avec le Lycan lĂ -bas, une rousse si tu as, moi je vais prendre un Snake Bite et deux jus de Betteraves sâil te plait. Je peux payer en Or ?â
-âPas de ssssoucis, jâai du change. âIl tourna complĂštement son corps pour attraper deux chopes et commença Ă tirer les biĂšres, puis regarda ZĂ©li en inclinant la tĂȘte. Il sortit sa langue bifide deux fois, posa le verre de biĂšre blonde/cidre devant elle et lui demanda :
-âSssuplĂ©ment venin ? Au fait, tu ne sssserai pas lâune des Mages qui a manifestĂ© dans le bĂątiment des Volalenns pour les droits LGBTQIA ?â
-âEuh si, on nâĂ©tait pas trop nombreuses, il y Ă quasiment une omerta instaurĂ©e par les fĂ©es sur le sujet. Mais on a eu un sacrĂ© renfort de la part des Harpenn et des Manticoreus. JâespĂšre quâon pourra faire en sorte de rendre notre SororitĂ© plus âfriendlyâ
-âContinue le combat ma ssssoeur. On a rĂ©ussssi il y Ă des annĂ©es chez les Sssmignya, et sssa Ă impacter tout le monde reptiliens. Une vĂ©ritable rĂ©volussssion. Je tâoffre tes cocktails, je te prĂ©pare quelque chose de sssympa pour les deux lĂ -haut.â
-âTu les connais ?â Le VipĂ©ride hocha la tĂȘte en commençant Ă prĂ©parer les cocktails.Â
-âLâAlchemist est en cours de Posstion avançés avec des doctorants, on est enssemble en TP mĂ©disscinale. TrĂšs respectueux, trĂšs mature pour sson age. Et sssa copine sssâest fait remarquer par sssa rĂ©activitĂ©. Une Lizzarde faizzait une crise dâhypothermie pendant un cours de desssin anatomique, et elle lâa tout de ssuite rĂ©chauffĂ© avec un ssort. Il nây avait aucuns autres reptiles dans la salle, et elle a eu la rĂ©action parfaite. Nos essspeces ne cohabite pas vraiment, alors quand quelque chose de poszitif se passent, tout le monde en parle dans la communautĂ©. Tiens, voila tes cocktails, je vais apporter sssa biĂšre au nain, ça fera 0.2ozs.â
 ZĂ©li dĂ©posa quelques pĂ©pites dâor dans la main Ă©cailleuses tendu du barman.
-âGarde la monnaie, on se revoit plus tardâ
 ChargĂ© de ses trois grands verres, elle chercha des yeux un moyen de montĂ© Ă lâĂ©tage. Deux centaures, lâun portant une NaĂŻades sur le dos, le second une Succube, se dirigĂšrent vers un pentagramme de levage. Elle les hĂ©la et monta dessus avec eux. Les filles rigolaient fort, les centaures bandaient leurs muscles, et ZĂ©li regrettait de ne pas avoir rallumĂ© sa pipe pour masquer lâodeur de paille et de testostĂ©rones qui se dĂ©gageaient dâeux.Â
ArrivĂ©e Ă lâĂ©tage, elle se dirigea vers ses amis, qui rigolaient ensemble Ă prĂ©sent. Elle aimait bien voir EugĂ©nie essayait de contrĂŽler son rire en se pinçant le nez, mais visiblement, Ptolemn prenait un grand plaisir Ă faire rire cette derniĂšre. Elle sâassit avec eux, sur lâun des deux et rejoint leur discutions sur la mode.
Nielbek fut interrompu dans son explication du meilleur moyen de planer avec un Erguillet par la salamandre dâEugĂ©nie, apporter avec sa biĂšre par le VipĂ©ride. Le Lycan leva son verre pour trinquer avec lui.
-âAu savoir des Nains, qui ont visiblement beaucoup Ă apprendre Ă des ĂȘtres des forets comme nous !â
-âAu Savoir des Nainsâ rĂ©pondit Nielbek qui bu une grande rasade de sa biĂšre et se tourna vers la salamandre ;Â
-âTu peux prĂ©venir les autres quâon va se poser dehors pour fumer ? â La Salamandre soupira et prit son envol. Alors quâil allait descendre du bar pour suivre le Lycan lui proposa ses Ă©normes pattes velues.
-âWesh tâes sĂ©rieux lĂ ? Câest offensant pour les nains.â
-âOh pardon, sâexcusa le Lycan Ă la fourrure noir. Câest plus une coutume chez nous, on est pas tous des Lycans Loups, et les grands comme nous propose souvent un coup de pattes aux plus petits, comme les Alotelos.â
-âOk, jâai compris la moitiĂ© des mots de ta phrase.â rĂ©pondit sceptique Nielbek en grimpant sur le Lycan.
-âTâinquiĂšte, je vais tâen prĂ©senter, tu pourrais bien plaire Ă mon meilleur ami, câest un Alotelo, un renard quoiâ
-âWesh, chuis restĂ© dans ma grotte trop longtemps moi, jâen ai jamais vuâ
-âAhaha, câest presque normale. Lui rĂ©pondit le Lycan en sortant par la plus grande partie de la porte. En fait, sur ce continent, il nây Ă quasiment que des Lycans Loups, moi je viens dâune meute qui vivait dans le Grand Nord, et qui a Ă©migrĂ© pour sa sĂ©curitĂ© au Sud, du coup jâai grandi avec des plus petits que moi. Je suis venue avec un de mes frĂšres de meute Ă©tudiĂ© la PharmacopĂ©e ici. Lui est en Ă©cole dâInfirmier. Du coup de bases, vous voyez pas beaucoup de Lycan car la plupart font des Ă©tudes plus techniques ou directement dans lâindustrie spatial, et on sort pas beaucoup de nos meutes.â
Slama arriva Ă©puisait Ă la table dâEugĂ©nie. Elle lui fit un signe de la patte avant, debout sur ces pattes arriĂšre. EugĂ©nie sortit de la nourriture de son sac Ă mains.
-âQuâest-ce qui se passe ?â demanda ZĂ©li, sceptique.
-âEh bien apparemment, il y a eu une querelle entre fĂ©es qui la forcer Ă faire un grand dĂ©tour, et aprĂšs elle sâest prise une vague projetĂ©e par la queue dâun SirĂšne, et si jâai bien compris, il est plus difficile de volĂ© au-dessus des Orcs, car leur chaleur corporelle modifie les courants. Ah et Nielbek sâest liĂ© dâamitiĂ© avec un Lycan, ils sont dehors et nous invite Ă les suivre.â rĂ©pondit Ptolemn calmement. ZĂ©li le regarda, interloquĂ©e.
-âLes Asgyres ont aussi des familiers avec qui ils communiquent par TĂ©lĂ©pathie, je lui ai montrĂ© comment faire avec Slama en tâattendant.â ZĂ©li continua Ă les regarder, interloquĂ©e, mais souriante.
-âTu devrais tâentrainer aussiâ argua EugĂ©nie. Tu pourrais peut-ĂȘtre y arriver ?â
-âNon merci, jâai dĂ©jĂ un dĂ©mon comme familier lol, et câest assez spĂ©ciale. Il est toujours lĂ , mais on le remarque pas tout le temps. >enfin vous, parce que moi je lâentends et je lui rĂ©pondsâ rigola ZĂ©li.
-âCâest-Ă -dire ?â demande Ptolemn.
-âDĂšs que ZĂ©li est lĂ , cherche un chat noir ou un fĂ©lin noir. Câest la forme de son dĂ©mon dans cette dimension.â rĂ©pondit EugĂ©nie. Ptolemn regarda autour de lui, et remarqua que les dessous de verre reprĂ©sentait des chats noirs. Lâun dântre eux lui fi un clin dâĆil.
-âOn le rejoint du coup ? Je mangerais bien un morceau â demanda EugĂ©nie en aidant sa salamandre Ă regagner lâintĂ©rieur de son chapeau.
-âOoooh jâavoue, jâai trop faim aprĂšs cette pipe ! Et je fumerais bien avec des Lycans, ça peut ĂȘtre drĂŽle.â Les trois amis se lĂšvent et se tĂ©lĂ©portĂšrent dans le jardin. Les Lycans sursautĂšrent en les voyant soudain apparaitre. Nielbek termina de tirer sur lâErguillet et les accueillis en crachant une Ă©paisse fumĂ©e :
-âYooooooooo !â lui rĂ©pondit ZĂ©li en tirant Ă son tour sur le Erguillet, sortant un sachet dâherbes vertes, accueilli par une slaves dâaboiement et de hurlements de la part des Lycans. Ils Ă©taient une dizaine, des Loups Gris, un immense Loup Noir, quelques Alotelos (Renard) aux pelages allant du gris au noir en passant par le roux et deux Arbiloups arborant encore leur pelage clair dâĂ©tĂ©s. Â
Nielbek, toussotant, prĂ©senta son groupe dâami aux Lycans. CanĂ© se chargea de prĂ©senter les Lycans Ă lâautre groupe. ZĂ©li nâavait pas perdu de temps et commençait dĂ©jĂ Ă Ă©changer son herbe avec dâautres, avachis sur le canapĂ©. EugĂ©nie Ă©tait restĂ©e accrochĂ© au bras de Ptolemn, se sentant ridiculement petite Ă cĂŽtĂ© de CanĂ© le gĂ©ant. Scus, lâAlotelo murmura quelque chose, sur la pointe des pieds Ă lâArbilouve et ils se dirigĂšrent vers eux.Â
-âSalut, moi, câest Scus. Dit moi si je me trompe, mais tu es bien un de ces Ă©tudiants de Potionologie qui sâintĂ©resse de prĂšs Ă son utilisation mĂ©dicale ? Il me semble tâavoir vu rĂ©viser dans la bibliothĂšque universitaire de MĂ©decine il y Ă quelque temps.â demanda Scus Ă Ptolemn. CanĂ© releva grand les oreilles, visiblement intriguĂ©. Ptolemn rigola et rĂ©pondit :
-âOui, câest bien moi, je pensais pas mettre fait remarquer ? Câest parce que je ne porte pas la traditionnelle blouse ? JâĂ©tais venue chercher des informations sur la Belladone pour mon examen de Botanique.â
-âTu tâinteresse aux propriĂ©tĂ©s Ă©tendues de la Belladone ? â SâĂ©tonna CanĂ© en remuant la queue. Les deux jeunes mĂąles commencĂšrent Ă dĂ©battre de ce sujet, Scus les observant dâen bas. Pendant ce temps, son amie Arbilouve sâĂ©tait approchĂ©s dâEugĂ©nie. Elle posa sa main sur son cĆur et se prĂ©senta :
-âSalut ! Moi, câest Eya ! Jâai cru comprendre que tu avais faim ?â lui lança-t-elle dâun ton enjouĂ©. EugĂ©nie la regarda avec un air surpris. Eya Ă©tait Ă peine plus grande quâelle, sa fourrure Ivoire et blĂ© Ă©tait partiellement cachĂ© par des vĂȘtements qui cachaient presque autant son corps que le sien. Et ce geste, elle nâavait jamais vu quelquâun qui ne soit pas religieux lâeffectuer. Elle lui rĂ©pondit en souriant et en lui rendant son salut :
-âSalut ! EugĂ©nie, comment tu sais que jâai faim ?â
-âJe te prie de mâexcuser, jâai senti lâodeur de ton estomac et jâai entendu tes gargouillements, et puis je pensais que câĂ©tait une maniĂšre sympa de sympathiser, dĂ©solĂ© si jâai commis un impair, lâĂ©cole dâInfâ mâa donnĂ© des rĂ©flexes un peu particulier.â
-âNon non il nây Ă pas de mal, et tu as totalement raisons, tu sais oĂč je peux trouver de la nourriture⊠â
-âAdaptĂ© ?â termina Eya en lui adressant un clin dâĆil.
-âOui, rigola EugĂ©nieâ
-âSuis-moi, je vais âaider, et puis si ça te dĂ©range pas on pourra en ramener pour les deux lĂ â lui rĂ©pondit Eya en indiquant de la patte CanĂ© et Ptolemn, qui riaient dĂ©jĂ ensemble. Les deux jeunes femelles sâĂ©loignĂšrent en direction des barbecues. Ptolemn suivie EugĂ©nie des yeux, bien quâengagĂ© dans un dĂ©bat passionnĂ© sur les Ă©volutions possible de la Pharma si plus de travail de collaboration Ă©tait effectuĂ© avec la Potiono. En dehors de Nielbek et ZĂ©li, quâil avait rencontrĂ© au cours de lâannĂ©e, il nâavait pas beaucoup dâamis sur le campus. CanĂ© non plus, en dehors de la communautĂ© des Lycans. CâĂ©tait agrĂ©able de pouvoir parler avec quelquâun qui ne remarquait pas votre diffĂ©rence se dire les deux mĂąles. ZĂ©li de son cĂŽtĂ© rigolait bien avec Nielbek et les autres Lycans, avachis, tous en tas sur le canapĂ©. Quand elle remarqua une sirĂšne toute seule dans un bassin un peu Ă lâĂ©cart. Elle sâexcusa auprĂšs du groupe et se dirigea vers elle. La SirĂšne la regardait avançait vers elle. Elle Ă©tait assise sur un rocher, sa queue encore dissimulĂ© dans lâeau. ZĂ©li effectua un petit pas de danse :Â
-âHĂ©, tu es toute seule ?â
-âOui, les sirĂšnes de ma SororitĂ© tenait absolument Ă venir, mais le bassin est trop chaud pour moi, jâavais besoin de me rafraichirâ rĂ©pondit-elle en montrant sa queue de baleine.
-âEt puis, dansĂ© avec autant de mĂąles qui me regarde, jâaime pas trop.â ajouta-t-elle.
-âJe te comprends, câest pour ça que jâĂ©vite de rester trop avec eux. Ils ont faim, câest dingue. Ăa fait quelques heures Ă peine que je suis arrivĂ©e, mais jâai dĂ©jĂ lâimpression que ça vire Bacchanales lĂ -dedans. Mais je suis venue avec des amis qui nâaiment pas trop ce genre dâambiance, et on a trouvĂ© le groupe de Lycans lĂ -bas, ils sont plus respectueux.â
-âJe suis entiĂšrement dâaccord avec toi. Pour moi, câest un peu trop âhĂ©tĂ©ronormĂ©â. Je serai bien venue vous rejoindre, vous avez lâair sympa, mais jâai vraiment besoin de me refroidir. Je tâai remarquĂ© dĂšs que tu tâes tĂ©lĂ©portĂ© dans le jardin, jâaime beaucoup ton parfum.âÂ
ZĂ©li sortit sa pipe en souriant.Â
-âParfum dâorigine naturel : Tu fumes aussi ?â
-âĂa mâarrive, mais je prĂšfere ĂȘtre en bonne compagnie, comme maintenant par exempleâ lui rĂ©pondit la SirĂšne en sortant une drĂŽle de pipe Ă eau. Elles se sourirent en allumant leurs calumets respectifs.
-âComment tu tâappelles ?â demanda la SirĂšne.
-âEh bien Arylenn, puis-je tâoffrir une boisson pour accompagner ce moment ?â
-âVolontiers. Est-ce que ça te dĂ©rangerait de me ramener aussi une bouteille dâeau ?â
-âPas de soucis ma belle, un cocktail en particulier te ferait plaisir ?â, lui rĂ©pondit ZĂ©li avec un clin dâĆil. Arylenn lui sourit en ramenant ses longs cheveux verts derriĂšre son oreille. Le regard de ZĂ©li suivit le mouvement, puis coula sur ses clavicules, avant de revenir subitement sur ses yeux. Elle se mordait discrĂštement la lĂšvre. Cette sirĂšne Ă©tait magnifique. Elle avait des yeux bleu foncĂ© qui pĂ©tillait, des taches de rousseurs aussi vertes que ces cheveux qui parsemait son visage rond et une bouche Ă croquer.Â
ZĂ©li passa sa langue sur ses lĂšvres et se dirigea Ă lâintĂ©rieur. Arylenn la regarda sâĂ©loignait. Elle sourit en la voyant se retourner. Elle nâaurait pas pensĂ© une soirĂ©e aussi agrĂ©able. Finalement les anciens avaient raisons, les pleines lunes de Juny Ă©taient propices aux rencontres. Elle remit discrĂštement les deux gros coquillage qui composĂ© son soutiens-gorge et maintenait son opulente poitrine, lissa son gilet en Ă©cailles. Elle profita de lâattente au bar pour se remaquiller discrĂštement.Â
ZĂ©li fendit la foule dĂ©nudĂ© Ă lâintĂ©rieur pour atteindre le bar. Tout le monde Ă©taient plus quâalcoolisĂ©. Elle nâaimait pas ce genre dâambiance. Le VipĂ©ride qui lâavait servi en dĂ©but de soirĂ©e vint immĂ©diatement Ă sa rencontre.Â
-âQuâesst-sce quâil te faut ?â
-âĂcoute, jâai rencontrĂ© une sirĂšne etâŠâ
-âSsssay no more.â la coupa le VipĂ©ride en effectua un petit geste de la main. Il sortit divers bocaux aux couleurs farfelus et lui composa un cocktails. Il dĂ©posa le breuvage ainsi quâune gourde dâeau Ă cĂŽtĂ© dâelle.
-âComment tu a su pour lâeau ?â
-âUne SsssirĂšne qui sssâĂ©loigne pour rester dans le basssin arctic ? Elle Ă probablement sssoif en plus dâavoir chaud. Je connais mon mĂ©tier mademoiszelle !â lui rĂ©pondit-il en souriant.
-âJe te remercie, combien je te dois ?â
-âCsssâest pour moi. Par contre, jâai remarquĂ© que vous vous ĂȘtes Ă©loignĂ©s avec ton groupe dâamis ; restez Ă lâĂ©cart, jâai entendu parler dâune embrouille qui allait Ă©clater. Je te fais sssigne sssi ssa dĂ©gĂ©nĂšre, que vous ayez le temps de partir.â Elle le remercia en tapant deux fois sur sa poitrine, et se tĂ©lĂ©porta dehors. Arylenn sursauta en la voyant revenir si vite, avec une boisson bleu vif.
-âLe Barman nous a composĂ© ça, il mâa dit que tu devrais apprĂ©cier.â De minuscules mĂ©duses flottaient Ă lâintĂ©rieur de la boisson. Un verre, deux pailles. Arylenn sourit.Â
-âEt du coup, tu Ă©tudies quoi ?â
-âJe suis en Soins des crĂ©atures magiques.â
-âOh tiens, comme ma coloc !â
-âDĂ©monologie, jâai pas vraiment eu le choix, jâai Ă©tĂ© choisitâ
-âWow, impressionnant, tu es la premiĂšre DĂ©moniste que je rencontre ! Tu es une sorciĂšre du coup ?â
-âEt toi la premiĂšre sirĂšne avec une queue de baleine que je rencontre. Vous ĂȘtes toutes aussi belles ?â
-âAhaha, tu cherches Ă me sĂ©duire câest ça ? Câest vrai que câest rare quâon aille Ă©tudier aussi loin de nos tribus, mais on avait vraiment besoins de quelquâun pour devenir vĂ©tĂ©rinaire avec out ce qui se passe.â
-âSi jâarrivais Ă te sĂ©duire, ça serai vraiment une bonne soirĂ©e. Du coup, tu viens dâoĂč ? â rĂ©pondit ZĂ©li.Â
-âDu grand Nord, et toi ?â
-âJâai grandi ici. Nielbek Ă©tait mon voisin, et jâai connu EugĂ©nie, la sorciĂšre en pourpre que tu vois lĂ -bas, pendant mes annĂ©es Ă lâinternat pour SorciĂšres. AprĂšs ça on est venue Ă©tudier ici, et ça mâa fait trop plaisir de retrouver mon pote Niel ! Et comme ça jâai rencontrĂ© Ptolemn, il est cool. Et ce soir, on a sympathisĂ© avec les Lycans. Quelques-uns sont en mĂ©decine, mais le groupe que tu vois partir en titubant sont tous en Ă©tudes MinĂ©ralogie. Mais depuis que je suis arrivĂ© Ă la FacultĂ©, tu es dĂ©finitivement la meilleure rencontre que jâai faite.â Arylenn lui sourit en regardant dans ses yeux. Elle posa ses lĂȘvres sur lâune des deux pailles, prit une gorgĂ©e du cocktail et rĂ©pondit :
-âJe nâai pas trop eu lâoccasion de rencontrer du monde en dehors des Leukosys, et je suis clairement pas trĂšs fan de leur mentalitĂ©. Je pense me prendre un bassin Ă moi en ville lâannĂ©e prochaine. Histoire de pouvoir me retrouver. Alors faire ta connaissance, alors que jâhĂ©sitais Ă quitter ce clan, ça me conforte dans mon idĂ©e quâil vaut mieux parfois avancĂ© Ă contre-courant. On y fait de trĂšs jolies rencontres.â.
EugĂ©nie observait la conversation au loin, heureuse de voir que ZĂ©li faisait enfin une rencontre qui avait lâair sĂ©rieuse. Elles venaient de terminer de manger. Eya et elles nâavaient pas arrĂȘtĂ© de papoter, assise sur deux chaises, observant CanĂ© et Ptolemn qui nâarrivaient pas Ă finir leurs repas tant ils Ă©taient Ă©pris dans leurs conversations. Il ne restait du petit groupe dâorigine quâeux quatre, Nielbek et Scus. Les deux petits mĂąles sâĂ©taient lancĂ©s dans une conversations consistant Ă noter les diffĂ©rents mĂąles prĂ©sent Ă cette soirĂ©e, y allant gaiment de leurs petits ragots acerbes. Soudain, CanĂ©, Eya et Scus se redressĂšrent, leurs oreilles tendus. CanĂ© sâĂ©tait instinctivement rapprochĂ© de Eya, cette derniĂšre tenant par le bras EugĂ©nie. Scus se leva sur lâaccoudoir du canapĂ©. Tous trois Ă©taient silencieux et humaient lâair. Ptolemn regarda EugĂ©nie qui semblait dĂ©sormais inquiĂšte, puis Nielbek, qui fronçait les sourcils. Lâambiance venait de changer radicalement.
-âMec, ça va ?â demanda-t-il alors Ă Scus.
-âNon, il y Ă quelque chose qui cloche. Ăa sent pas bon.â lui rĂ©pondit CanĂ© en lui faisant un signe de la patte pour se regrouper.
-âOn devrait partir, oĂč est ton amie, la SorciĂšre ?â demanda Eya Ă EugĂ©nie. EugĂ©nie tourna la tĂȘte en direction du bassin. Slama sortit prĂ©cipitamment de son chapeau. Le VipĂ©ride qui les avait servis toute la soirĂ©e agitait sa langue en lâair. Slama fonça vers le couple de jeunes femelles. Alors que les deux jeunes femelles se rapprochaient de plus en plus lâune de lâautre, discutant, une nuĂ©e de Harpies commença Ă tourner autour de la fraternitĂ©. Slama commença Ă gesticuler devant elles ;Â
-âJe ne te comprends pas, essaye de mimer ce qui se passe.â lui dit ZĂ©li.
-âPas besoin, jâai compris le message. Le VipĂ©ride au Bar, il dit : BARREZ-VOUS.â. Lâinterrompit Arylenn. Slama hocha la tĂȘte vigoureusement. ZĂ©li rĂ©flĂ©chi une seconde et dit Ă Slama :
-âMare des rĂȘvesâ. La salamandre reparti en volant aussi vite quâelle le pouvait. Arylenn observait les Harpies descendent avec apprĂ©hension.Â
-â La mare des rĂȘves est Ă une vingtaine de minutes dâici, elle est rĂ©putĂ©e pour ĂȘtre trĂšs froide, et câest dans un coin tranquille. Il y Ă sabbat des Raskers pas loin, câest trĂšs tranquille, et on pourra y chercher Ă boire. Ăa te va ? â Expliqua ZĂ©li en se tournant vers Arylenn. Elle plongea et demanda :Â
-âMais comment tu vas me suivre ? Tu devrais retourner avec tes amis, et on se rejoint au bord de la mare.â. ZĂ©li rit, sâagenouilla Ă hauteur du bassin :
-âNon ma belle, je te laisse pas toute seule ce soir, jâai ma planche, je peux voler Ă tes cĂŽtĂ©s.â Arylenn sâapprocha dâelle et dĂ©posa un baiser furtif sur ses lĂšvres avant de plonger et de rĂ©apparaitre dans la riviĂšre qui coulait en direction du campus un peu plus loin.
-âTu viens ?â ZĂ©li se mordit la lĂšvre en souriant, appela sa planche dâun geste de la main et se dirigea vers Arylenn. Elle sentait son cĆur battre si fort dans sa poitrine ; en un an sur le campus, jamais elle nâavait pu se rapprocher autant dâune autre femelle. Elle se sentait tellement bien avec elle. Ce sabbat avait finalement quelque chose de magique.
Slama arriva en papillonnant des ailes, la gueule grande ouverte vers le groupe. Dâune mĂȘme voix pressĂ©es, EugĂ©nie et Ptolemn sâĂ©criĂšrent ;Â
-âOn bouge maintenant, la mare des rĂȘves.â Les Lycans levĂšrent des sourcils interrogatifs.
-âJe sais oĂč câest, suivez-moi !â rĂ©pondit Nielbek en se levant du canapĂ©. La troupe sâĂ©loigna rapidement du bĂątiment oĂč des cris commençait Ă remplacer la musique.Â
Arylenn sautait rĂ©guliĂšrement en dehors de la riviĂšre, toujours au cĂŽtĂ© de ZĂ©li, qui faisait glisser sa planche Ă la limite de la surface de lâeau, les deux femelles riaient, lâair et les embruns caressant leurs peau. Elles arrivĂšrent les premiĂšres Ă la Mare. Cette derniĂšre Ă©tait situĂ©e au cĆur de la frets, dans une clairiĂšre. Bien que les lunes Ă©clairĂ©s le campus, des Ă©tudiants avaient disposĂ© des lampions remplis de lucioles le long des arbres qui entourĂ©s la mare. Lâambiance avec quelque chose de magique. Les deux jeunes femmes sâarrĂȘtĂšrent, essoufflĂ©es. ZĂ©li sauta de sa planche et plongea dans lâeau. Elle Ă©tait Ă moitiĂ© immergĂ©e. Arylenn sâapprocha dâelle.
-âMais, tu vas ĂȘtre trempĂ©s si tu coninue Ă avancer vers moi.â lui dit, surprise Arylenn.
-âJe nâen fiche, je ferai sĂ©cher mes vĂȘtements. La mare est Ă une trentaine de minutes de marches, on a un peu de temps seules avant que mes amis arrivent.â lui rĂ©pondit ZĂ©li en sâenfonçant dans lâeau. Elle avait Ă prĂ©sent de lâeau jusquâau menton.
-âMais tu vas attraper froid !â rĂ©pondit Arylenn en sâapprochant de ZĂ©li. ZĂ©li commença Ă nager doucement vers elle. Elle comprit alors.
-âAlors tu vas pouvoir te rĂ©chauffer dans mes brasâŠâ termina Arylenn tandis que ZĂ©li se rĂ©fugiait contre elle. Elles nâavaient pas rĂ©alisĂ© leurs diffĂ©rence de taille jusquâĂ ĂȘtre dans les bras lâune de lâautre. ZĂ©li se dĂ©tendit alors que la main dâArylenn descendait le long de son dos. Sa queue lâa maintenant un peu en dehors de lâeau. Elle rĂ©alisa quâelle ne sâĂ©tait jamais senti autant apaisĂ© que dans les bras de cette sirĂšne. Arylenn caressa les cheveux de ZĂ©li qui sâĂ©chappaient en bataille de son chignon. Elle avait lâimpression que son cĆur allait sortir de sa poitrine. Jamais elle nâavait ressenti dâattirance pour une autre SirĂšne. Mais cette sorciĂšre lui faisait dĂ©couvrir des sensations insoupçonnĂ©es en elles. ĂclairĂ© par la douce lumiĂšres des lucioles, les deux femelles sâembrassĂšrent tendrement.
CanĂ© marchait au cĂŽtĂ© de Ptolemn. Ils Ă©taient les deux plus grand du groupe et avait dĂ©cidĂ© de fermer la marche. Ils Ă©taient Ă prĂ©sent suffisamment loin du bĂątiment des Omegomongus pour ĂȘtre en sĂ©curitĂ©. Ils avaient repris leurs discussions avec toujours autant de passions. Ptolemn Ă©tait heureux de cette soirĂ©e. Il sâĂ©tait beaucoup rapprochĂ© dâEugĂ©nie ; elle lui avait jetĂ© des regards toute le soirĂ©e, lui souriant, venant lui demander sâil sâamusait autant quâelle. Il se sentait vivant, amoureux. Jamais encore il nâavait ressenti des sentiments aussi fort pour une femme. Il sourit Ă EugĂ©nie quand cette derniĂšre se retourna. CanĂ© lui
-âTu es amoureux de cette jeune sorciĂšre non ?â Ptolemn le regarda avec des yeux surpris.Â
-âDĂ©solĂ©, je tâai vu la regarder en souriant toute la soirĂ©e. Ton cĆur sâemballe quand elle vient te parler, et tu as une odeur particuliĂšre. Et tu a lâair plus serein aussi quand elle est prĂšs de toi.â Ptolemn rigola. Il sâassura que les deux femelles Ă©taient suffisamment loin devant eux pour rĂ©pondre Ă CanĂ© :
-âOui, tu as raison, tu mâas eu mon frĂšre. Jâai eu le coup de foudre pour elle quand je lâai vu la premiĂšre fois. En fait, ZĂ©li et Nielbek ont pratiquement grandi ensemble, et ZĂ©li et EugĂ©nie se sont rencontrĂ© Ă lâinternat. Jâai rencontrĂ© Nielbek le premier jour du cursus de Potiono. On a direct accrochĂ©s ensemble. Et câest comme ça quâil y Ă trois semaines, on sâest retrouvĂ© Ă dĂ©jeuner tous les quatre ensembles. Et elle mâa Ă©blouie. Je savais pas quoi dire, jâĂ©tais subjuguĂ©. La seconde fois quâon sâest vu, câest Ă peine si jâai rĂ©ussi Ă faire une phrase complĂšte. Nielbek lâa remarquĂ©, et il en a parlĂ© Ă ZĂ©li, qui a manigancĂ© pour quâon puisse se retrouver tous les deux ce soir. Je nâavais jamais autant passĂ© de temps avec elle, jâai lâimpression dâĂȘtre sur un nuage. â CanĂ© lui sourit en retour. Mon frĂšre. Ces mots-lĂ avait pour lui un sens fort. Depuis quâil Ă©tait arrivĂ© dans la FacultĂ©, il nâavait pas eu lâoccasion de discuter avec des ĂȘtres Ă le peau aussi foncĂ© que la sienne. Les codes de sa culture lui manquaient, et il Ă©tait heureux de pouvoir les partagĂ©s avec cet humain, qui lâavait accueilli plus chaleureusement que les Lycans de sa promotion. Â
-âJe suis dĂ©solĂ© de tâavoir accaparĂ© une partie de la soirĂ©e, jâai rarement lâoccasion dâavoir des conversations aussi intĂ©ressantes et pointu avec quelquâun.â lui rĂ©pondit CanĂš en baissant les oreilles.
-âOh non ne tâexcuse pas. Câest pareil pour moi, je veux dire en dehors de Nielbek et encore, jâai rarement lâoccasion dâavoir des conversations aussi poussĂ©s. Et puis ça fait du bien de pouvoir rire de certaines choses, tu vois ce que je veux dire. Et en parlant de sentiment, tu as remarquĂ© que la Renarde qui parle avec EugĂ©nie a le bĂ©guin pour toi au fait ?â
-âQuoi ? Pardon ? Tu dĂ©lires ? Et ce nâest pas une renarde, mais une Arbilouve. Et non, câest pas possible, ce quâelle me trouverait de toute façon non, tu te trompes, je tâassure, câest pas possible, pas moi non. Je suis trop grand, trop noir pour lui plaire non non.â
-âOuh lĂ , ça fait beaucoup de mots pour me contredire. Alors primo, de tout les Lycans prĂ©sent ce soir, y comprit votre ami Scus, tu es le seul Ă qui elle a apportĂ© Ă manger. Elle est allĂ©e te chercher Ă boire toute la soirĂ©e, et elle te regarde sans cesse. Secundo ; tu nâes pas trop grand ou trop noir. Câest des conneries que les jaloux raconte. Tu es trĂšs bien telle que tu es, et câest probablement parce que tu es si diffĂ©rent des autres Lycans que tu lui plais. Tertio : je vais pas te dire que tu devrais avoir plus confiance en toi. Moi-mĂȘme il mâa fallu du temps pour mâassumer et me revendiquer. Je sais ce que câest que dâĂȘtre âle seul de son sous-genreâ. Câest un processus qui prend du temps. Mais si tu as envie dâen parler, et que tu tesens pas de tâouvrir Ă tout ça face Ă tes semblables, sent toi libre de le faire avec moi. Et sâil sâavĂšre que jâai tort au sujet dâEya, je te paye un resto ! Et sâil sâavĂšre un jour que jâavais tort, je te paye un resto ?â
-âAhaha, ça va te couter cher ça mon frĂšre, je suis encore un Lycan en pleine croissance ! Mais tu as peut-ĂȘtre raisons. Câest vrai quâelle est jolie. Câest Scus qui me lâa prĂ©sentĂ©, on a grandi ensemble lui et moi, mĂȘme si on vient de sous-espĂšces diffĂ©rentes, et quâon a pris des chemins de vie diffĂ©rent. Ils font lâĂ©cole dâinfirmiers ensemble. Jâaurai dĂ» me douter quâil avait une raison de faire çaâ.
Eya et EugĂ©nie avaient papotĂ© toute la soirĂ©e. EugĂ©nie adorait sa colocataire ZĂ©li, mais ça nâĂ©tait pas vraiment la Fille avec qui parlait de cuisine, et de mariage ou de futures familles. Eya partageaient cela avec elle.
-âEya, je peux te poser une question indiscrĂšte ?â
-âQuand tu mâas parlĂ© la premiĂšre fois, tu as fait ce geste de la main sur le cĆur, et jâai remarquĂ© que tu tâhabillais toi aussi de maniĂšre pudique. Il y Ă une raison Ă tout ça ?â
-âJe peux bien te le dire, je pense pas que câest toi qui Ă©mettras un jugement de valeurs ; je suis orpheline et jâai Ă©tait Ă©levĂ© dans un couvent de FĂ©es Soignantes. Mes sĆurs ont dĂ©cidĂ© dâentrer dans les ordres et sont partis dans le Sud, mais jâai prĂ©fĂ©rĂ© suivre un cursus dâInfirmiĂšre plus classique. Jâai grandi coupĂ©s des autres Arbiloups, mais quand je vois la plupart dâentre des miennes... Je sais pas comment expliquez ça, je ne me reconnais pas dans leurs comportements. Je ne comprends pas pourquoi elles sont si bruyantes. La seule personne avec qui jâai rĂ©ussi Ă ĂȘtre ai, câest Scus. On Ă©tudie ensemble. Et Ă cause de son orientation sexuel, il se fait rejeter comme moi par les Lycans de ce pays.â
-âJe comprends. Merci de tâĂȘtre ouverte Ă moi. Je tâavoue que je me sens aussi un peu seule. Jâadore ZĂ©li, on se connait depuis nos 11 ans, mais jâai pas grand-chose en commun avec elle. Je serai trĂšs heureuse de pouvoir boire un thĂ© de temps en temps avec toi !â
-âAvec plaisir ! Je termine mes examens le mois prochains. AprĂšs ça on pourra se poser en terrasse et nos bĂ©guins pour ces grands gaillardsâ lui rĂ©pondit enjouĂ©e Eya, en se retournant pour sourire Ă CanĂ©, qui lui rendit maladroitement son sourire. Â
-âQu-est-ce que tu veux dire ?â demanda EugĂ©nie en rougissant.
-âOn est capable de sentir ce genre de choses en tant que Lycan. MĂȘme si Ă force je pense que CanĂ© aurait besoin de sous-titres.â
EugĂ©nie vĂ©rifia par-dessus son Ă©paule si Ptolemn pouvait lâentendre et confessa :
-âJe crois que jâai eu un coup de foudre pour lui. Câest Nielbek qui me lâa prĂ©sentĂ© et je sais pas, mon cerveau sâarrĂȘte de fonctionner quand il est lĂ . Je me suis jamais intĂ©ressĂ© aux mĂąles, jâĂ©tais trop concentrĂ© sur mes Ă©tudes et ma religion, mais lui⊠Il est parfait.â
Les deux femelles pouffĂšrent en sâenfonçant dans la forets.Â
Nielbek menait la marche, beuglant des chansons paillarde avec son nouvel ami Lycan.
-âOn en a encore pour 5 min de marche Ă partir dâici.â. Scus sortit deux champignons de sa veste, et en tendit un Ă Nielbek.
-âTiens, câest marrant et pas trop violent, je les gardais pour un moment spĂ©cial avec CanĂ©, mais je pense quâil nâen aura finalement pas besoin ce soir. Et puis jâai bien envie de voir Ă quoi tu ressembles quand tu planes ; ça vomit des arc-en-ciel les nain gay ?â lui dit-il en lui enserrant lâĂ©paule. Nielbek lança un regard interrogatif Ă son nouvel ami ;
-âComment tu sais ça ?! Jâen ai Ă peine parlĂ© Ă ZĂ©li. â lui chuchota Nielbek en mĂąchouillant.
-âNe tâinquiĂšte pas, ton secret est bien gardĂ© avec moi. Jâen suis aussi. Et je sais pas si câest pareil chez les nains, mais câest dĂ©licat de faire son coming-out parmi les Lycans de ce continent. Ah et je le sais parce quâon a passĂ© la soirĂ©e Ă parler de mĂąles.â
Les deux mĂąles explosĂšrent de rire.
Le petit groupe Ă©tait arrivĂ© Ă la Mare. ZĂ©li Arylenn se sĂ©parĂšrent dans un dernier baiser. Arylenn transporta ZĂ©li dans ses bras jusquâa un rocher. ZĂ©li grimpa dessus et sâagenouilla et embrassa une derniĂšre fois la belle SirĂšne. Dâun claquement de doigts, en fi sĂ©chĂ©s sa robe. Ses cheveux sâĂ©chappĂšrent dans un petit soulĂšvement de vapeurs en une afro aĂ©rĂ©s. Arylenn interrompit la tentative de baiser en voyant Nielbek et Scus arrivaient en sautillant :
-âOn va se revoir hein ?â
-âBien sĂ»r que jâai envie de te revoir, jâai envie dâapprendre Ă te connaitre !â
ZĂ©li salua son groupe et leur prĂ©senta Arylenn. Cette derniĂšre proposa dâaller chercher des boissons. Eya et EugĂ©nie se proposĂšrent pour aider, mais Arylenn leur expliqua quâelle avait accĂšs Ă un bar secret dans le fond de la mare. Pendant ce temps-lĂ , CanĂ© avait trainĂ© un tronc dâarbres pour en faire un siĂšge, et Ptolemn allumait un feu pour rĂ©chauffer tout le monde. Scus et Nielbek courait dans les bois en riant. La soirĂ©e se terminait finalement dans une ambiance douce et agrĂ©able, quâaucun nâaurait soupçonnĂ©s.Â