Le maire Labeaume, un apôtre de la saine gestion des finances?
Depuis son arrivée à la mairie de Québec, Régis Labeaume se proclame comme l'ami des contribuables. Jamais, ce dernier ne rate une occasion pour vanter son bilan des dernières années. Dès les premiers balbutiements de la Commission Charbonneau, il a répété que son administration n'avait rien à se reprocher dans l'attribution des contrats et les dépassements de coûts.
J'ai donc voulu mettre tout cela à l'épreuve en m'intéressant aux contrats accordés par la Ville de Québec à ses fournisseurs entre 2008 et 2012.
Le maire Labeaume est-il un apôtre de la saine gestion des finances?
Afin de réaliser mon enquête maison, j'ai extrait les données ouvertes de la Ville de Québec concernant les contrats sur son site internet qui est accessible à tous. Vous pouvez cliquer sur ce lien afin d'y accéder. D'ailleurs, rien ne vous empêche d'aller consulter d'autres jeux de données qui pourraient vous intéresser.
Après avoir recueilli le fichier dont j'avais besoin, j'ai dû y apporter quelques modifications afin de pouvoir travailler et également dans le but de pouvoir le présenter en ligne. L'outil Google Refine fut particulièrement utile pour regrouper des noms d'entreprise ensemble. Plusieurs d'entre elle avaient deux ou trois appellations différentes. Aussi, j'ai dû trouver un moyen de changer les données des colonnes comprenant des dates qui étaient séparés par des points plutôt que par des tirets. Finalement, j'ai supprimé la colonne NUMERO_APPEL qui n'était d'aucune utilité dans le cadre de ce travail.
Afin d'illustrer certains phénomènes pour vous, j'ai utilisé les tables de fusion Google que l'on peut intégrer à Google Drive.
La table que j'ai utilisé pour créer des graphiques interactifs est disponible ici. Ce document contient environ 2000 colonnes.
Voici le premier graphique produit:
Cette première visualisation démontre que les dix principaux fournisseurs de la Ville de Québec se partagent presque à parts égales les contrats. D'ailleurs, les deux plus importantes se sont vus octroyés seulement 33 contrats chacune sur environ 2000 contrats. La Capitale Nationale ne semble donc favoriser aucune entreprise en particulier.
Voici le second graphique produit:
1ère visualisation (Petits contrats) (Les nombres sont en millions de dollars)
Pour les plus petits contrats octroyés par Québec, on voit que l'écart peut être autant positif que négatif. On remarque que la différence varie pour chaque contrat. Aucune tendance ne se confirme.
2ème visualisation (Gros contrats) (Les nombres sont en millions de dollars)
Voilà, ça devient intéressant! On remarque une tendance générale au niveau des contrats plus faramineux. À partir de 15 millions de dollars et plus qui sont initialement prévus, les dépassements de coûts atteignent en moyenne 2 millions de dollars.
Sans tirer de conclusion qui pourrait incriminer qui que ce soit, on peut tout de même se questionner sur la valeur des contrats accordés à certaines grandes entreprises par la Ville de Québec. Y'a-t-il des bonus accordés volontairement? Est-ce une situation normale pour des contrats de cette ampleur?