Vous avez déjà rêvé de vous enfuir ? Oui, forcément. Quitter cette soi-disant belle sphère qui renferme tant de possibilités aussi effrayantes qu’attrayantes. Quel futur ? Serai-je assez solide pour l'affronter ? Je m’observe, je me compare obstinément à mon entourage. L’impression d’appartenir à cette catégorie de personne qui n’arrivera jamais dépasser cette barrière de la peur pour un jour se démarquer, être douée pour quelque chose de prolifique, reste omniprésente. La tourmente s’élève. S’apaise. Le quotidien nous cloisonne et nous cherchons inévitablement à y échapper. Un affront contre les personnes qui tentent de vous modeler. Un affront contre vous-même afin de mieux vous intégrer et apprendre des concepts économiques, marketing, sociétaux ou que sais-je. That’s life, n’est-ce pas.
Mais notre esprit libre cherche toujours à reprendre ses droits. L’amour, le goût de l’aventure et parfois, celle dont je vous parle qui apparaît comme une évidence irrecevable pour la plupart d’entre nous.
Mon esprit parfois ne peut s’empêcher de rationnaliser notre existence et de me dire qu’un être humain une fois venu au monde, durant sa vie, ne fait que s’occuper, en créant des modèles de société complexe, procréant ou en prenant les armes, tout en étant conscient de son inévitable disparition de cette surface. Oui, on s’occupe. Parce qu’irrémédiablement nos traces disparaîtrons un jour. Nous passons notre existence à fuir le dénouement final.
Se pose donc à moi la question suivante : au fond à quoi cela sert-il d’exister ? Pourquoi évoluer si la finalité est d’un jour vous rayer entièrement ? Profiter de cette enveloppe pour qu’au moins dans cet espace-temps de vie qui vous a été accordé vous ayez signifié quelque chose. Pour que des millions d’entités aient vécues des moments uniques qu’ils soient bons ou mauvais.
Mais ne vous en faites pas, l’amour, la guerre, les marchés boursiers, l’école, la famille, le quotidien sont là pour vous faire oublier. Évoluer chaque jour sans que vous n’en mesuriez la véritable teneur à l’échelle d’une vie entière. Imaginez le véritable fardeau si chaque jour notre conscience nous diffusait en permanence cette fatalité qu’est la vie humaine si on la résume à sa véritable finalité. Vous vous arrêteriez de penser et d’exister.
Parfois j’en ai envie. Mais je dois aller dormir. Et poursuivre le lendemain cet enfermement dans les normes modelées par le genre humain. Reprendre ainsi le métro-boulot-dodo de l'existence qui me pousse inexorablement vers ce perpétuel changement de mon corps et de mes pensées.