All my feelings are mine…
Après une rechute dépressive et une intense fatigue, mes anti dépresseurs ont été augmentés très légèrement.
Je suis toujours fatiguée mais j'ai un peu plus le goût de faire des choses (même les trucs relous comme tout ce qui est administratif) et mes trois dernières séances de thérapie furent très positives.
La fatigue, c'est normal, d'après ma psychiatre, même sur la voie de la guérison.
Normal, mais franchement pas agréable à vivre, parce que j’ai beau dormir beaucoup, je suis toujours fatiguée.
Mais, au moins, je sens et je sais que je suis sur la bonne voie, niveau guérison: Mes idées noires ne reviennent plus trop à la charge, mes crises de colères ou d’angoisses retombent beaucoup plus vite, j’arrive à faire des activités (malgré la fatigue) et je recommence à avoir envie de voir des gens et de fabriquer des choses.
Récemment, j’ai pu exprimer de la colère et de la tristesse sans retourner la colère contre moi.
Dit comme cela, ca a l’air tout bête, hein?
Pourtant, habituellement, j’ai du mal à m’autoriser à être en colère après quelqu’un ou à être triste pour quelque chose que les gens jugeraient sans importance.
Je trouve toujours une excuse pour retourner la colère contre moi. C’est toujours de ma faute dans ma tête. Je me déteste tellement qu’il me paraît impossible de ne pas être fautive ou responsable.
Désormais, j’ai appris que j’ai le DROIT de ressentir de la colère et/ou de la tristesse et surtout que personne n’avait à juger ou silencier mes sentiments même si ielles n’auraient pas été touché-e-s de la même manière.
Et même si je ne le vis pas encore pleinement, ca fait un bien fou.
Rien que de pouvoir exprimer de la colère et de la tristesse pendant une séance de thérapie, c’est salvateur.
Cela va donc mieux pour moi et ca m’a permis d’aller aider mes parents pendant 4 jours en ayant un niveau de fatigue et de stress tout à fait normal d’après ma thérapeute.
Genre il y a quelques mois, je n’aurai pas tenu 2 jours à faire tout ce que j’ai fait.
Là, je me suis sentie utile et aimée et c’était bien. Je ne pensais pas autant kiffer passer ces 4 jours avec eux.
J’ai enchaînée avec une semaine chargée, à arpenter la ville avec mon meilleur ami pendant 2 jours, retourner à l’auto école pour tenter d’avoir mon permis, à faire du sport et à recevoir mon neveu et profiter de me balader avec lui, j’ai aussi commencer à fabriquer (enfin) un cadeau pour une copine que je n’arrive pas à faire depuis des mois.
Bref, tout allait bien malgré la fatigue!
Mais (évidemment, il y a un “mais”) cela n’a pas duré. Je n’ai pas eu beaucoup le temps de me connecter et d’écrire que soit sur ce Tumblr ou mon blog.
Hier, j’ai décidé de jeter un coup d’œil sur ce Tumblr car j’avais vraiment envie d’écrire un article sur mes séances de thérapie très positives et parler de la gestion des sentiments dits “négatifs” comme la colère ou la tristesse.
Et j’ai vu ce commentaire:
Mon ex qui débarque sur mon espace safe.
Mon ex qui a eu un comportement inadmissible pendant et après notre relation qui vient me demander de retirer mes propos sur lui, prétextant que ce sont des “inepties infamantes”.
Alors soyons clairs: cette personne a voulu qu’on soit amis après que je l’ai quitté car je ne l’aimais plus et qui après plusieurs mois à jouer les “meilleurs amis” et à me raconter tous les détails de sa vie intime, m’a balancé un jour qu’il m’aimait encore.
Vu qu’il était en couple et que moi aussi, j’ai immédiatement décidé de rompre tout contact avec lui en lui expliquant que cette “amitié” n’était pas saine.
A partir de ce moment, il a sali ma réputation.
Me faisant passer pour une personne vénale qui aurait profité de son argent pendant ma reprise d’études (études que j’ai payées toute seule). Il a raconté ce genre de choses à nos amis communs, il m’a bloquée sur les réseaux sociaux et plus personne ne devait prononcer mon nom devant lui…
C’était il y a 4 ans. 4 fucking années pendant lesquelles chacun avait fait sa vie de son côté.
J’étais tranquille et je pouvais enfin me reconstruire une vie et apprendre à m’accepter.
Depuis un an, je suis une thérapie et j’ai découvert qu’il avait eu des comportements inacceptables envers moi.
J’ai commencé à écrire sur mon parcours et mon vécu depuis peu, j’ai eu besoin d’extérioriser tout cela.
J’ai fait le choix de ne pas dire à nos amis communs, le mal qu’il m’avait fait. J’ai simplement démenti les mensonges qu’il a dits sur moi et j’ai évité de le critiquer ou le juger devant eux.
J’ai choisi un nouveau pseudo et de ne jamais utiliser les noms des personnes (oui, car il n’est pas le seul) m’ayant faite souffrir pour écrire sur ce site.
Mais voilà qu’il débarque 4 ans plus tard.
M’a t’il stalké sur le net? Quelqu’un lui a t’il filé le lien de cet espace?
Je ne sais pas.
Mais hier, j’ai eu peur, j’ai été en colère. De quel droit vient il me demander de modifier cet espace?
En lisant mes textes, il doit donc savoir que je suis en dépression, que je suis vulnérable. Et pourtant, il se permet de venir se plaindre.
J’ai fait une crise d’angoisse hier après lui avoir répondu et demandé par mail de me laisser tranquille.
Heureusement que je suis en voie de guérison, la crise a été courte et j’ai pu avoir du soutien de mon amoureux et d’une amie.
Cette amie m’a rappelé que je ne lui devais rien. Que ce n’était pas ma faute si je l’avais quitté car je ne l’aimais plus.
Et cette amie a raison. Je ne lui dois RIEN. Son commentaire est déplacé et inapproprié.
Il a choisi de lire mes textes, je ne lui ai pas imposé. Si il n’est pas capable de se remettre en question et préfère m’accuser de mensonges, c’est son problème, pas le mien.
Je me contrefous royalement que mes textes le dérangent. Si il fait le choix de venir les lire, va falloir assumer.
Ce simple message de sa part me rappelle que dès qu’on dénonce une violence, la première réaction de l’auteur de ladite violence va commencer par nier et se plaindre au lieu de prendre du recul et de se remettre en question.
Cela me rappelle que la culture du viol c’est aussi des gens qui violent sans le savoir et qui n’accepteront pas le fait d’avoir violé parce qu’on leur a appris qu’une femme leur devait du sexe même si elles n’en ont pas envie, leur devait de respecter leurs égos, leur devait de se taire.
On leur a appris que culpabiliser sa compagne pour avoir du sexe, ce n’est pas du viol (le devoir conjugal toussa), on leur a fait croire qu’ils avaient des besoins à assouvir et que leurs besoins passent au dessus des besoins des autres.
Et tout cela, c’est du bullshit. C’est faux. Dans un couple, personne ne doit du sexe à l’autre.
La seule chose que l’on se doit, c’est le respect.
Ne nous arrêtons pas de dénoncer les violences que l’on a subies, ne nous laissons pas écraser par la culpabilisation et la honte.
Celleux qui devraient avoir honte et culpabiliser sont celleux qui nous ont fait du mal.
Cet espace est réservé à mon ressenti, mon vécu et au ressenti et au vécu de toutes personnes vivant avec des troubles anxieux dépressifs ou des traumatismes à extérioriser.
Mes sentiments et mon vécu m’appartiennent entièrement, j’en fais ce que je veux.