BUREAU 141
Vitrine - septembre/octobre 2024
Minimalism for coffin home par Nicolas Geiser
Cette sĂ©rie dâune centaine de sculptures est une appropriation reproduisant les classiques de lâart minimaliste. InstallĂ©es en vrac, serrĂ©es les unes Ă cĂŽtĂ© des autres, elles dĂ©voilent la saturation dâun paradoxe formel. Cette piĂšce est un souvenir dâavant-garde devenue aujourdâhui simple ornements, la dĂ©sacralisation dâune puretĂ© toute relative.
ParallĂšlement, le mode de vie « minimaliste », en vogue dans nos sociĂ©tĂ©s occidentales, contrastes totalement avec celui dâun nombre grandissant de la population mondiale, contraints dâhabiter dans des espaces dĂ©nuĂ©s du moindre superflu. Alors que nous cherchons Ă nous dĂ©barrasser de lâinconfort dĂ» Ă la surconsommation, dâautres tentent de trouver le stricte nĂ©cessaire Ă leur survie. Les « coffin home », sont des espaces exiguĂ« dans lesquels logent une partie de la population de Hong Kong et dâailleurs.
A peine assez grandes pour sâallonger (voir la surface de lâinstallation derriĂšre la vitrine, reprenant leurs mesures), ces maisons cercueils paraissent dĂ©border des affaires per- sonnelles de leur locataires, qui, vivant dans un inconfort total, en possĂšdent pourtant moins que les adeptes dâutopies aseptisĂ©es.
Câest Ă ces individus que lâurbanisme effrĂ©nĂ© dĂ©vore, que je dĂ©die ces petites sculptures minimalistes, encore trop volumineuses pour tenir dans leurs intĂ©rieurs oĂč toutes espĂšces dâoeuvres dâart sont absentes.













